Qu’on se le dise
Novembre - décembre 2011
Nouvelle série numéro 10

 

 

SOMMAIRE

ÉDITO

 

ACTUALITÉS

ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA DÉFICIENCE VISUELLE ET AMBLYOPES

DESSIN EN RELIEF ET COMMUNICATION GRAPHIQUE

CENTRE GEORGES POMPIDOU - PARIS

MUSÉE DU LOUVRE – PARIS

TOUCHER LES IMPRIMANTES AU MUSÉE DES ARTS ET MÉTIERS - PARIS

LOURDES TACTILE

SPECTACLES AVEC AUDIODESCRIPTION

LE MUSÉE PIERRE CARDIN PAR LE TOUCHER

SOUFFLEURS D’IMAGES

VISITES TACTILES DE LA MAISON DE VICTOR HUGO

DES SOLITUDES – 5ÈME FORUM NATIONAL

CITÉ DE L’ARCHITECTURE

 

DOSSIER

INTRODUCTION : QUEL USAGE FAISONS-NOUS DU BRAILLE ?

LE BRAILLE EN ASIE ET EN AFRIQUE

L’AIDE AUX ÉLÈVES DU SECONDAIRE PAR L’ADAPTATION D’OUVRAGES EN BRAILLE ET EN GROS CARACTÈRES

L’ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE

LIRE EN BRAILLE EN TEMPS RÉEL ET EN TEMPS UTILE

ISENSE : POUR PERMETTRE AUX NON VOYANTS D’UTILISER L’IPAD

 

LA VIE DU GIAA

RÉUNION DE LA COMMISSION DES TECHNIQUES PROFESSIONNELLES

GIAA PARIS - POURQUOI RENDRE VISITE AUX ÉCOLES ?

SCHÉMAS ET DESSINS TRADUITS EN TEXTE : LES MIRAUDS-VOLANT DISENT MERCI AU GIAA

PLUSIEURS DÉLÉGATIONS NOUS COMMUNIQUENT LEURS ACTIVITÉS : LORRAINE, AQUITAINE, PACA-CORSE, PARIS ET PAYS DE LOIRE

JOURNÉES PÉDAGOGIQUES DU GPEAA, 13, 14 ET 15 OCTOBRE 2011- INJA

JOURNÉES NATIONALES DES ASSOCIATIONS D’AVEUGLES ET DE MALVOYANTS - 1 ET 2 OCTOBRE 2011

 

CULTURE

ABBAYE SAINT-GEORGES DE BOSCHERVILLE (EURE)

RAPPEL HISTORIQUE

EDVARD MUNCH, L’ŒIL MODERNE

LES OURSINS PEUVENT-ILS VOIR ?

AU ROYAUME D’ALEXANDRE LE GRAND - LA MACÉDOINE ANTIQUE

 

LOISIRS

« LE HANDICAP EST UNE CHANCE POUR LA SOCIÉTÉ »

LA PEINTURE GOURMANDE

JEU ABES. UN JEU ENTIÈREMENT SONORE

LES GAULOIS, UNE EXPO RENVERSANTE

VOUS DÎTES LOCOMOTION ???

PETIT PALAIS

 

LECTURES

YES, YOU CANNE... APPRENDRE LE BRAILLE

LE POIDS DU PAPILLON

LES ENFANTS D’ALEXANDRIE

LE CAVEAU DE FAMILLE

 

COURRIER

Courriel de ZZ

 

ÉDITO

Portrait de la présidente. Trois-quarts droit, cheveux courts, chemisier blanc, veste sombre.

Eh bien ! Chers amis, voulez-vous que je vous dise ?

Oui, vraiment, ce numéro du QSLD est passionnant et, si vous m’en demandiez les points forts, je vous en citerais deux, à côté de tout le reste évidemment : j’attire donc votre attention sur ce que j’appellerais volontiers «le braille autour du monde» et sur l’évocation de l’exposition Munch au Centre Pompidou... J’espère néanmoins que vous vous attarderez sur le compte-rendu de la Commission des Techniques Professionnelles et que, si vous ne l’avez déjà fait, vous vous intéresserez au programme de la Journée de mobilisation des États Généraux des Déficients Visuels du 26 novembre .....

En fait, c’est toujours un bonheur que d’entendre ce défilé d’informations aboutissant à la liste, toujours variée, des derniers livres enregistrés.

Enfin, puisque la fin de l’année approche, permettez-moi de vous souhaiter déjà de bonnes fêtes de Noël... Soyez bien sûrs que les équipes du GIAA font toujours leur maximum pour la qualité et l’étendue de vos services habituels....

 

Marie de Saint-Blanquat

Présidente du GIAA

 

Dernière minute

Nous sommes heureux de vous annoncer que vous pourrez, dès janvier 2012, vous abonner au journal Elle et aux programmes TV hebdomadaires (synthèse vocale).

 

ACTUALITÉS

ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA DÉFICIENCE VISUELLE ET AMBLYOPES

Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles

Les contraintes du calendrier ne nous permettent pas de rendre compte ici des États Généraux de la déficience visuelle qui auront eu lieu le 26 novembre alors que le QSLD était déjà sous presse. Nos lecteurs en trouveront l’essentiel dans notre prochain numéro, en particulier en ce qui concerne les tables rondes très attendues dont les thèmes prévus sont : accès élargi à la culture, le Web, vous avez dit « accessible », accès à l’emploi, accès aux déplacements et au cadre bati.

DESSIN EN RELIEF ET COMMUNICATION GRAPHIQUE

Stages gratuits à la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, et au Louvre

Le GIAA conseille vivement ces stages à ses membres

À la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris et au Musée du Louvre des stages gratuits sur 4 niveaux de deux jours sont proposés sur l’approche de la lecture tactile.

Ils s’adressent à toutes les personnes handicapées visuelles adultes (aucun pré-requis n’est nécessaire) ainsi qu’aux accompagnateurs voyants intéressés.

Deux sessions de stages sur trois niveaux et un stage quatrième niveau sont proposés :

            Niveau 1 : les représentations d’objets tridimensionnels, ceux du quotidien et de l’architecture : les lundis et mardis 30 et 31 janvier ou 13 et 14 février 2012 (au choix),

            Niveau 2 : les représentations du corps humain à travers les âges et l’histoire de l’art : les lundis et mardis 5 et 6 mars ou les 12 et 13 mars 2012 (au choix),

            Niveau 3 : les représentations des expressions de visage humain réel et artistique : les lundis et mardis 9 et 10 avril, ou les 28 et 29 mai 2012 (au choix),.

            Niveau 4 : atelier de dessin et de modelage où chaque stagiaire exécute les démarches de représentation en 2 et 3 dimensions : le lundi 25 et le mardi 26 juin 2012.

Information et inscription : Hoëlle Corvest, Tél. : 01.40.05.75.35.

Courriel : hoelle.corvestmorel@universcience.fr

Lieu : Cité des sciences et de l’industrie

30, Avenue Corentin Cariou – 75019 – Paris

Accès : métro Porte de la Villette.

La géode de la Cité des Sciences

 

CENTRE GEORGES POMPIDOU - PARIS

Œuvres sonores des collections - Samedi 14 janvier 2012 de 10h à 11h30

La conférencière Catherine Lascault nous fait découvrir un ensemble d’œuvres sonores. Créées par des artistes plasticiens, il s’agit soit d’œuvres purement sonores que nous écouterons dans un espace réservé du Musée, soit d’œuvres où la dimension sonore et la dimension plastique sont intimement mêlées et sont présentées dans les allées du Musée.

Les créateurs tissent le visuel et le sonore. Ils nous donnent à écouter les bruits de la rue et de l’usine, les vibrations des cordes, des poèmes, des jeux ludiques de sons et de mots entrecoupés… Ces œuvres sonores rendent compte des expériences de ces « poètes » qui ont marqué les grands mouvements des 20ème et 21ème siècles. Ainsi nous écouterons des œuvres de Marcel Duchamp, Jean Dubuffet, Annette Messager, Jean Tinguely et d’autres encore…

Toucher pour voir, un parcours d’œuvres originales des collections modernes et contemporaines - Samedi 4 février de 10h à 11h30

À partir des formes et des volumes, figuratifs ou abstraits, en marbre ou en bronze, au sol ou sur socle, le visiteur découvre le projet de l’artiste, ses intentions, son propos. La parole échangée permet de clarifier la position de la sculpture dans l’espace, son échelle, ses matériaux et laisse libre cours aux interprétations de chacun. Faire surgir l’œuvre sculptée sous les doigts, c’est toucher pour voir.

Contact :

Réservation obligatoire une semaine avant. Tél. : 01.44.78.49.54.

 

Vue extérieure de la façade Ouest du Centre Pompidou avec le célèbre escalator visible en son entier jusqu’au 6ème étage.

 

MUSÉE DU LOUVRE – PARIS

Au royaume d’Alexandre le Grand – La Macédoine antique

(Voir la présentation de l’exposition dans notre rubrique « Culture ».

Visite adaptée samedi 10 décembre à 14h30.

Inscriptions : Tél. : 01.40.20.85.88 – Courriel : handicap@louvre.fr

TOUCHER LES IMPRIMANTES AU MUSÉE DES ARTS ET MÉTIERS - PARIS

Sur rendez-vous, le musée des Arts et Métiers propose des visites guidées sur le thème de l’imprimerie, avec possibilités de découvertes tactiles d’une maquette représentant les premières imprimantes, jusqu’au toucher d’une imprimante des années 1850. N’hésitez pas, c’est passionnant !

Contact : serveur vocal : 01.53.01.82.00

60, rue Réaumur - 75003 Paris

LOURDES TACTILE

À Lourdes, vous trouverez des maquettes tactiles à la Basilique du Rosaire représentant les tableaux s’y trouvant !!! Il existe également une grande maquette représentant l’ensemble des sanctuaires.

SPECTACLES AVEC AUDIODESCRIPTION

Théâtre de la Colline

Je disparais

traduction du norvégien Éloi Recoing.

Collaboration artistique Anne-Françoise Benhamou, avec Irina Dalle, Alain Libolt, Pauline Lorillard, Annie Mercier, Luce Mouchel.

Dimanche 20 novembre à 15h30.

Mardi 29 novembre à 19h30, représentation précédée de la présentation de la maquette du décor à 18h.

Programme du spectacle disponible en braille, en caractères agrandis ou en noir sur demande.

Renseignements et réservations :

Christelle Longequeue

Tél. : 01.44.62.52.12 - c.longequeue@colline.fr

15 rue Malte-Brun, 75020 Paris

www.colline.fr

Accès Culture

Comédie française – Paris - L’école des femmes

Mercredi 14 décembre, mardi 3 et vendredi 6 janvier 2012, à 20h30.

Théâtre de Nîmes. Une flûte enchantée d’après WA Mozart

Mercredi 14 décembre à 19h.

Opéra de Nancy - «L’italienne à Alger» de Rossini

Dimanche 19 février 2012 à 15h.

L’équipe d’Accès Culture est à votre service :

Tél. : 01.53.65.30.74 ou accesculture@magic.fr

Tous les spectacles accessibles sur le site www.accesculture.org

LE MUSÉE PIERRE CARDIN PAR LE TOUCHER

Visite organisée par le Comité Régional du Tourisme Paris Île-de-France - Office de tourisme de Saint-Ouen.

Dimanche 20 novembre à 14h.

Découverte de 60 ans de créations : mode, accessoires et meubles. Approche tactile des modèles les plus emblématiques : depuis ceux réalisés pour Christian Dior dans les années 1940, jusqu’aux créations des années 2000, en passant par la période Cosmos des années 1965-1975. La conservatrice Renée Taponier permettra aux participants de toucher certains modèles ainsi que le mobilier dessiné par le couturier.

Visite proposée dans le cadre des balades urbaines.

Durée 2h. Tarif unique : 5€

Inscriptions au 01.40.11.77.36 ou groupes@st-ouen-tourisme.com

 

Quelques-unes des robes du Musée Cardin.

SOUFFLEURS D’IMAGES

Centre Ressources Théâtre Handicap.

Les « Souffleurs d’Images » est un concept gratuit et accessible aux personnes déficientes visuelles.

Un comédien en art dramatique accompagne au théâtre une personne non ou mal-voyante et lui souffle à l’oreille ce qui lui est invisible (décors, scénographie, costumes, déplacements…).

Salles de spectacles, spectateurs déficients visuels, élèves en art dramatique, curieux… venez rencontrer les équipes du Centre Ressources Théâtre Handicap et découvrir ou re-découvrir le concept des Souffleurs d’Images.

Renseignements et inscriptions :

Tél. : 01.42.74.17.87 - information@crth.org

VISITES TACTILES DE LA MAISON DE VICTOR HUGO

Visite tactile du 7 décembre à 10h30.

Victor Hugo l’écrivain et l’homme.

Visite tactile à partir de réduction de sculptures de bustes de Victor Hugo et des membres de sa famille.

Une visiteuse vêtue de blanc palpant une sculpture de son bras gauche.

 

Renseignements et inscriptions : Inga Walc-Bezombes, responsable du service éducatif et culturel.

Maison de Victor Hugo - 6, place des Vosges - 75004 Paris

Tél. : 01.42.72.87.14 - Secrétariat : 01.42.72.10.16

DES SOLITUDES – 5ÈME FORUM NATIONAL

Mardi 6 décembre 2011 - Mairie du 18ème – Paris

Sous le haut patronage de Mme Roselyne Bachelot-Narquin.

L’association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir - FDFA, vous convie à son 5ème forum national le 6 décembre 2011 à la Mairie du 18ème arrondissement de Paris.

Matin :

9h00 - Ouverture de la journée par Daniel Vaillant, Maire du 18ème arrondissement, et Maudy Piot, Présidente fondatrice de Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir. Animation de la journée par Charles Gardou, anthropologue.

10h00 - Partage de « solitudes » par six témoins : solitude et prison, solitude et prostitution, solitude et mystique, solitude et fratrie, mère et solitude, solitude et laïcité.

11h30 - Table ronde : Solitude et handicap : «on naît seul, on vit seul, on meurt seul» - Animateur : Philippe Lefait. Avec des intervenants en situation de handicap ou proches de personnes handicapées : solitude et amour, solitude et surdité, solitude et télévision, solitude et travail, mon fils, ma solitude.

12h30 - Intervention de Anne Quéméré, navigatrice solitaire, marraine de la journée.

13h00 - 14h00 : Cocktail.

Après-midi :

14h00 - Ouverture des débats par Maudy Piot et Anne Quéméré.

14h15 - Conférence de Éric Fiat, philosophe, Université Paris-Est Marne-la-Vallée « Qu’être seul(e), c’est attendre » - Réflexion sur les solitudes en images.

15h45 - Table ronde « Regards des Solitudes ». Animatrice : Laure Adler. Avec :

- Michela Marzano, philosophe : Souffrance et solitude,

- Scarlett Beauvalet, historienne : Représentations et vécu de la solitude à l’époque moderne (XVIe - XVIIIe siècles).

- Chahla Chafiq, sociologue : Exil et solitude.

- Danielle Moyse, philosophe : L’Amour, guérison ou mise en lumière de la solitude ?

- Judith Trinquart, médecin : Médecin et solitudes : avancer avec.

- Michel Mercier, psychologue : Regards sociaux, représentations sociales et solitude de personnes en situation de handicap.

17h30 - Impromptu de Bunny Godillot : « Merci des solitudes ! »

Synthèse par Charles Gardou, Université de Lyon II

18h00 - Conclusion de la journée par Maudy Piot, Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris et Fatima Lalem, adjointe au Maire de Paris chargée de l’égalité femmes-hommes.

Accessibilité totale des débats : traduction en langue française des signes, retranscription en direct sur écran (vélotypie), boucle magnétique pour les personnes malentendantes appareillées, programmes en caractères agrandis et en Braille (sur demande lors de l’inscription).

Mairie du 18ème arrondissement - 1, place Jules Joffrin - 75018 Paris

Entrée libre, dans la limite des places disponibles - et gratuite – participation aux frais laissée à discrétion. Inscription obligatoire : fdfa.asso@free.fr

CITÉ DE L’ARCHITECTURE

Visite tactile et descriptive adaptée «Toucher et écouter l’architecture moderne»

Samedi 11 février à 11 h 15.

Rencontre avec des œuvres d’architectes du XIXe et XXe siècles et appréhension des innovations techniques et des nouveaux matériaux de construction comme le béton armé d’Auguste Perret. Immersion ensuite dans une restitution à l’échelle 1 d’un appartement de la Cité Radieuse de Le Corbusier en l’explorant «du sol au plafond».

Sur réservation à : groupes@citechaillot.fr

Renseignements par téléphone au 01.58.51.50.19

Cité de l’Architecture et du Patrimoine

1, Place du Trocadéro - 75116 Paris

 

DOSSIER

INTRODUCTION : QUEL USAGE FAISONS-NOUS DU BRAILLE ?

Colette Marsan

Rédacteur en chef du QSLD

Les différentes manières d’utiliser l’écriture braille sont illustrées par les articles ci-dessous.

Françoise Madré, présidente de l’Union Francophone des Aveugles (UFA) revient de Corée. À Séoul, elle a lu partout des informations écrites en braille, sur les rampes des escalators avant même d’être sortie de l’aéroport, dans les couloirs de son hôtel, les restaurants, les transports… Même chose au Japon. Elle nous dit que, d’une façon générale, il existe en Asie un enthousiasme pour le braille comme moyen d’autonomie et d’accès à la culture. En Afrique, en revanche, où elle a largement contribué à instaurer l’écriture braille en tant que moyen, pour les personnes handicapées visuelles, d’accéder à une qualité de vie meilleure, les ouvrages en braille se recouvrent de poussière sur les étagères.

Et chez nous, en France ? Les articles que nous proposons montrent la diversité de nos actions. Dans notre précédent QSLD, nous avons parlé de l’accessibilité à la musique. Dans le présent numéro, Marie-Christine Mouttet, déléguée de la délégation PACA-Corse du GIAA, nous parle de l’édition en urgence d’ouvrages en braille, chaque année renouvelée, pour répondre à la demande des scolaires et Hervé Rihal, Professeur de droit public à l’Université d’Angers, lui-même non voyant de naissance, nous dit comment il communique avec ses étudiants voyants.

Un dispositif législatif pour lutter contre l’inégalité d’accès aux livres des personnes handicapées est confié à la BnF qui s’en acquitte par le biais de la plateforme PLATON (Plateforme sécurisée de Transfert des Ouvrages Numériques).

La recherche n’est pas en reste : la tablette iSense, destinée à permettre aux non voyants d’utiliser l’iPad grâce à la production à sa surface de caractères en braille palpables, a fait récemment l’objet d’un prototype présenté lors du concours Futura Lions 2011.

Les loisirs et la culture s’ouvrent largement au public, pas seulement dans les grandes villes (voir dans ce même numéro la visite de l’abbaye Saint-Georges de Boscherville), même si on est un peu décontenancé de voir que l’offre dépasse souvent la demande. Il semble bien qu’un gros effort reste à faire dans le domaine de l’information du public voyant comme du public non voyant pour que les personnes handicapées visuelles se sentent davantage concernées par les activités dites « tous publics ».

Ainsi donc, utilisée comme moyen de suppléer à la vue pour lire et écrire, l’écriture braille n’est pas morte. Le Congrès de 2009, en fêtant le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, a été un puissant stimulant de son développement. Le nom de Louis Braille n’est pas mort non plus. Un petit astéroïde[1], l’astéroïde 9969, a été nommé du nom de Braille en hommage à Louis Braille. Il a pu être récemment photographié de près (à 26 kms) par une sonde de la NASA.

Braille, avec un petit «b» ? Braille, avec un «B» majuscule ? L’évolution de l’adjectif et celle du nom propre sont inéluctables et diversifiées, imprévisibles parfois. Loin d’être étouffé par les audiodescriptions ou l’informatique, comme on a pu le craindre un moment, le braille se porte bien. Nous n’en voulons pour preuve que les demandes de nombreux lecteurs, voyants et non voyants, à qui nous dédions ce dernier QSLD de l’année 2011.

 

L’astéroïde Braille. La photo est floue car il n’a pu être obtenu de meilleure résolution que celle présentée ici par la NASA.

LE BRAILLE EN ASIE ET EN AFRIQUE

Des besoins immenses bien différents des nôtres

Françoise Madray-Lesigne

Présidente de l’Union Francophone des Aveugles

Les très nombreuses initiatives qui ont marqué, sur les cinq continents, le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, ont réuni à travers le monde des dizaines et des dizaines de milliers d’usagers de l’écriture dont il est le génial inventeur. Nous connaissions déjà l’universalité de l’alphabet braille dont le code a été adapté à la quasi totalité des langues écrites. Mais nous avons eu la surprise de découvrir que, au niveau de l’apprentissage et de l’utilisation des six points magiques au quotidien, la France, bien que faisant partie du peloton de tête, est loin de détenir la palme d’or. C’est en Asie, dans les pays champions du développement des nouvelles technologies, qu’il faut la chercher !

La palme d’or de l’utilisation du braille n’appartient pas au pays de Louis Braille mais à plusieurs pays d’Asie.

Au Japon, en Inde, en Corée du Sud, comme les quelques observations qui suivent se proposent de le montrer, informatique et braille cohabitent sans se nuire ou se concurrencer : ils se complètent. Au Japon, par exemple, le vote en braille est institué depuis les années 1930, au niveau local, régional et national, et il est pratiqué par la majorité des personnes non voyantes qui, par conséquent, maîtrisent la lecture en points saillants. Professions de foi et bulletins de vote leur sont adressés en braille. Autre indice, le troisième quotidien national japonais, qui tire à un million cinq cent mille exemplaires, produit une édition hebdomadaire spécifique en braille, diffusée à des dizaines de milliers d’abonnés. L’un des rédacteurs de ce journal n’a pas hésité à se déplacer en France, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Louis Braille, pour faire un reportage sur la maison natale de Louis Braille et sur les cérémonies de janvier 2009. Dans le numéro de la semaine du 4 janvier qu’il a eu la gentillesse de m’adresser, mon ignorance de la langue et de l’alphabet nippon ne m’a permis de repérer que les dates et les noms propres, mais l’article occupait le quart environ du numéro.

En Inde, au Viêt-Nam et dans six autres pays de la zone Asie Pacifique, de vastes programmes d’alphabétisation et d’intégration des enfants aveugles dans des écoles ordinaires sont développés à l’initiative de l’ICEVI (Conseil International pour l’Éducation des Déficients Visuels) en coopération avec les gouvernements concernés, l’Unicef et la Banque Mondiale. Le braille est au cœur de ces programmes d’éducation : des éducateurs capables de l’enseigner sont formés, des imprimeries créées. La Chine vient de rejoindre ce programme d’intégration scolaire massive, fondée sur la maîtrise de l’écriture à six points.

Au pays des matins calmes et de Samsung, le braille est roi.

Un bref séjour en Corée du Sud où j’avais été invitée à parler de Louis Braille, à l’occasion du bicentenaire, devant plusieurs centaines d’éducateurs spécialisés et de professeurs d’université enseignant dans un cursus dédié à la déficience visuelle, m’a profondément impressionnée. Au pays des matins calmes et de Samsung, le braille est roi. On le rencontre partout : dès la sortie de l’aéroport où un tapis podotactile vous conduit devant une borne expliquant en noir et en braille, en coréen et en anglais, directions et ascenseurs; dans le métro où, dès l’entrée de la station, la rampe des escaliers comporte des indications en points saillants métalliques indiquant la ou les directions où l’escalier conduit ; dans les rues où, à chaque carrefour, les plaques sont à hauteur de lecture tactile et imprimées en noir et en braille; à l’hôtel où indications podotactiles et braille permettent de trouver et de retrouver sa chambre sans encombre... Bref, Séoul malgré sa surpopulation et son immense superficie est une ville où l’accessibilité est une préoccupation évidente des pouvoirs publics et s’appuie sur le braille. Il va sans dire que pour en profiter pleinement, il faut parler et lire le coréen !

Un mot pour finir sur les bibliothèques braille et sonores. Intégrées à la Bibliothèque nationale, elles possèdent un fond très riche et ajoutent chaque année des milliers de volumes en braille à leurs collections. On peut constater aussi des succès remarquables en matière d’emploi. Bref, pendant ce peu de jours, j’ai eu l’impression souvent de vivre le rêve d’une intégration réussie pour laquelle nous travaillons tous.

Le contraste avec l’Afrique est saisissant. Là, par centaines de millions, les personnes aveugles ou malvoyantes sont abandonnées sur le bord de la route, au sens figuré et parfois au sens propre. Dans presque tous les pays d’Afrique, on en est encore aux balbutiements de la scolarisation des déficients visuels et donc de l’utilisation du braille. En revanche, la soif de connaissance de cet outil merveilleux qui ouvre les portes du savoir est intense. Une anecdote peut l’illustrer : lors d’une visite d’école primaire spécialisée, dans la banlieue de Tunis, je participais à un cours de français en dernière année. Je demandais aux enfants : «Si j’étais une fée et que je puisse réaliser un de vos rêves, que me demanderiez-vous ?» Et quelles ne furent pas ma surprise et mon émotion d’entendre 30 voix juvéniles s’écrier : «Des livres, Madame, des livres en braille.»

Bien peu de réalisations existent pour étancher cette soif de braille ; la situation varie fortement selon les pays et les aires linguistiques. En secteur anglophone, l’Afrique du Sud fait figure de pays pilote, elle possède un centre important d’imprimerie braille informatisée, une bibliothèque braille et sonore nationale et fabrique à des prix accessibles des machines Perkins qu’elle exporte dans quelques pays voisins. Dans le reste de l’aire anglophone, le Nigeria, le Ghana, le Mozambique, l’Ouganda disposent de petites unités d’imprimerie braille, équipées de machines Everest, ce qui donne une idée des limites de la production. Par ailleurs, à ma connaissance du moins, il n’existe pas vraiment de bibliothèques braille au sens où nous l’entendons. Seules, les écoles gèrent ou laissent dormir sur de poussiéreux rayonnages quelques dizaines à quelques centaines de volumes... Il n’existe pas vraiment, toujours à ma connaissance, de service de prêt organisé. Le braille appris à l’école s’oublie donc souvent, une fois l’école terminée, mais ne demande qu’à être réactivé.

Je ne dispose pas d’informations sur la situation dans l’aire hispanophone africaine mais, en raison de l’importance de l’implication de la Once dans les programmes d’éducation pour les pays où l’espagnol ou le portugais sont les langues véhiculaires, on peut penser que le braille y est en situation moins précaire.

Quant à l’aire francophone, qui représente géographiquement plus de la moitié de l’Afrique, elle offre une situation contrastée ; les pays du Maghreb se sont dotés, grâce à l’intervention de l’État, de nombreuses écoles primaires et secondaires spécialisées où l’on apprend le braille arabe, français et anglais. Mais le manque de livres est criant, sauf en Algérie où, depuis une dizaine d’années, un département de la Bibliothèque nationale a été dédié aux déficients visuels et se développe remarquablement, sous l’impulsion d’un bibliothécaire non-voyant efficace et très motivé. La Tunisie se prépare à créer aussi un secteur déficience visuelle dans sa Bibliothèque nationale. Algérie, Tunisie et Maroc disposent de centres d’impression performants.

En revanche, il n’est pas excessif de dire que l’Afrique francophone subsaharienne se trouve dans un dénuement plus que préoccupant. Signalons un centre d’impression au Niger, un autre au Cameroun, mais l’équipement reste sommaire, le papier manque et les machines, lorsqu’elles existent, sont trop souvent en panne et non réparées faute de services de maintenance sur place. Si l’on ajoute à cela l’absence de bibliothèque braille organisée au plan national et de système de prêt, on peut mesurer l’ampleur de la pénurie de livres en braille. L’aide internationale est impuissante à combler ce vide, malgré ses efforts de solidarité, faute d’infrastructures aptes à accueillir et à gérer les livres, excepté au niveau des rares écoles existantes. Seul un engagement des États, du type de celui qui a eu lieu en Afrique du Nord, permettra la création de bibliothèques pérennes, disposant de locaux appropriés et de personnel formé et rémunéré. Les choses commencent à bouger dans ce sens au Bénin, au Burkina Faso et au Togo, par exemple, ce qui ne peut qu’encourager tous ceux qui, au sein de leurs associations, travaillent à construire des partenariats Nord-Sud solidaires.

Ainsi, en termes d’accès à la culture, les besoins en Afrique et dans une large partie de l’Asie sont considérables. L’attente est immense, et le braille, son apprentissage, sa pratique et sa diffusion sont au cœur de cette attente.

Contact : f.madray@free.fr

 

La Présidente de l’UFA lors de l’inauguration du site Internet de l’UFA le 30 août 2002

 

L’AIDE AUX ÉLÈVES DU SECONDAIRE PAR L’ADAPTATION D’OUVRAGES EN BRAILLE ET EN GROS CARACTÈRES

Marie-Christine Mouttet

Présidente délégation PACA-Corse

Tout faire dans l’urgence : un véritable casse-tête !

En 2011, les jeunes lycéens déficients visuels poursuivent leurs études scolaires en intégration ou, de manière plus moderne, en inclusion. Pour cela, ils ont besoin des mêmes ouvrages que leurs camarades voyants, et ce en braille et/ou en gros caractères, sur papier ou sur support informatique.

En juin, nous recevons les listes des ouvrages qui doivent être transcrits en braille ou adaptés en gros caractères et commandés par les rectorats, les inspections académiques et les établissements scolaires. Nous leur établissons des devis, mais auparavant il nous faut bien vérifier les références données par ces différents organismes et, surtout, le numéro d’ISBN (Numéro d’identification international attribué à chaque ouvrage publié). Nous devons également contrôler, auprès de la Banque de Données de l’Édition Adaptée (BDEA), que le livre n’a pas été déjà réalisé. Et nous, en tant que service de transcription, nous informons cette base de la réalisation de tous nos ouvrages.

Et là, les difficultés commencent ! Tiens, tel ouvrage de français de classe de 1ère porte un ISBN correspondant à un livre de maths ; curieux, n’est-ce pas ? Nous téléphonons à l’établissement en demandant très gentiment : « Il y a peut-être eu une erreur de votre part ? » La réponse nous surprend : « Non, il n’y a pas d’erreur ! À cet instant, nous ne connaissons pas le livre qui sera utilisé par l’élève à la rentrée. Nous vous donnons donc une référence aléatoire car, ce qui est important pour nous, c’est l’établissement d’un devis pour pouvoir demander un budget !!! ». C’est aussi cela un service de transcription, vérifier, contrôler, être le plus méticuleux possible, être le plus efficace possible !

Le travail de réalisation d’une adaptation d’ouvrage n’est pas le même si le livre est déjà transcrit ou non. En effet, si le livre est déjà adapté, une simple édition suffit. Par contre, la réalisation d’un ouvrage non adapté nécessite un travail plus important (il en est de même pour un livre par exemple de mathématiques de 1ère S ou de Terminale S par rapport à un ouvrage littéraire).

Il faut fournir les livres à l’élève dans un délai raisonnable.

L’important est de fournir à l’élève une transcription du livre en braille la plus correcte possible dans un délai très raisonnable. Il doit pouvoir étudier dès la rentrée scolaire les premiers chapitres. Néanmoins, des consignes dans la chronologie pour la réalisation des chapitres peuvent être données par l’enseignant, nous devons alors nous adapter, notre objectif étant de terminer la transcription de tous les chapitres le plus tôt possible.

Début juin, les devis sont établis et envoyés aux différents organismes mais, souvent, l’accord de certains financeurs ne nous parvient, hélas, qu’après la rentrée scolaire avec, parfois, un changement d’ouvrage scolaire. Aussitôt que le lycée a envoyé les livres, la réalisation de l’ensemble des ouvrages d’une classe de 1ère par exemple : maths, physique, SVT, Histoire-Géographie peut débuter.

Les problèmes administratifs et les contrôles étant réglés, le scannage peut commencer.

Ainsi, le travail de scannage, puis le commencement de la transcription en braille du livre s’effectueront, si tout va bien, à la mi-septembre. Avec l’aide de tous les transcripteurs de l’association, les premiers chapitres réalisés partiront début octobre. Le travail effectué restera néanmoins très bon même si le risque de « coquilles » dans le texte est réel. Pour que le texte soit parfait, il faudrait une ou deux corrections complémentaires, un tirage sur papier braille et une relecture spécifique... mais, dans l’urgence, nous n’en avons pas le temps !

Tout faire dans l’urgence.

La problématique de notre engagement est cornélienne. Tout faire dans l’urgence, à la dernière minute, avec la pression des établissements, qui, dans certain cas, une fois la commande passée, voudraient voir les ouvrages livrés aussitôt. C’est tout à fait légitime, et nous les comprenons bien. C’est difficile d’être non voyant, de commencer les cours sans support surtout dans des matières telles que la comptabilité, le secrétariat, les exercices de maths...

Avec des moyens informatiques modernes, en recherchant en permanence l’apport des nouvelles technologies dans notre domaine : logiciels de reconnaissance de caractères, logiciels de dessins pour la réalisation de schémas en relief... nous devenons des moines copistes qui réalisent dans la saison deux ou trois livres de lettres, de maths d’un même programme avec des éditeurs différents. Mais notre satisfaction est grande lorsque, d’une année à l’autre, les mêmes établissements nous commandent au fil des classes de nouveaux ouvrages pour leurs élèves. Nous avons ainsi pu apporter grâce au braille une aide à la scolarité, à l’inclusion scolaire, à l’insertion sociale si importante.

Et à l’écoute en permanence.

Nous sommes à l’écoute permanente des besoins des jeunes, en leur apportant les adaptions en fonction de leurs besoins individuels. Si, par exemple, un centre de transcription a fait tel livre en braille abrégé pour un élève parce qu’il est en âge de le connaître, mais qu’un autre jeune a besoin d’un ouvrage en braille intégral, nous le réalisons. De même pour un établissement qui désire, pour deux élèves, un livre d’espagnol recomposé l’un en Arial 18 et l’autre en Arial 20, le livre est fait deux fois. Chaque jeune est différent, chacun à une problématique visuelle distincte; à notre association de lui faciliter l’accès à la lecture et aux études. C’est la mission du Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes !

Contact : contact.paca-corse@giaa.org

 

L’ENSEIGNEMENT UNIVERSITAIRE

Hervé Rihal

Professeur de droit public à l’Université d’Angers, administrateur du GIAA

Non voyant depuis ma naissance, j’ai toujours travaillé en braille qui est mon seul mode de lecture et d’écriture. Durant mes études supérieures, je prenais mes cours en sténo braille, les complétant par des bandes ou cassettes du GIAA. J’ai préparé ma thèse en copiant tous les documents nécessaires en braille.

Depuis 1989, je travaille également et avant tout avec un ordinateur mais la plage braille a été préférée pendant 10 ans à la synthèse vocale. Depuis lors, j’utilise les deux mais j’ai toujours la plage braille allumée pour corriger et vérifier l’orthographe. Le scanner puis Internet m’ont permis une utilisation optimale du braille, numérisation d’articles de revues, téléchargement de textes législatifs ou réglementaires. Les étudiants me fournissent une version électronique des mémoires de master et des thèses, ce qui me permet une lecture et une correction directes.

Pour rédiger mes cours que je modifie sans cesse, j’ai toujours préféré utiliser la machine Perkins : les feuilles braille me donnent davantage de fluidité et de spontanéité que la lecture sur un bloc-notes. J’enseigne donc toujours avec mes feuilles en braille, ce qui intrigue les étudiants auxquels je distribue tous les ans des alphabets afin de satisfaire leur curiosité. Ne croyez pas que le braille soit une écriture ringarde : il ne suscite jamais la moquerie quand on sait le lire vite et le valoriser.

Vive le braille et que les jeunes générations ne s’en détournent surtout pas : c’est notre marque de fabrique, il convient d’en être fiers.

 

Machine à écrire Perkins.

 

LIRE EN BRAILLE EN TEMPS RÉEL ET EN TEMPS UTILE

D’après un texte de Hélène Leblois

Responsable du Centre Exception handicap à la BnF

Lire en braille en même temps qu’une personne voyante lit en noir.

Lire en braille en temps utile pour bénéficier des documents proposés par les enseignants.

C’est désormais possible.

Transposant la directive européenne de 2001 relative au droit d’auteur et droits voisins, cette exception en faveur des personnes handicapées, introduite par la loi française DADVSI de 2006, permet à des organismes préalablement agréés de demander et recevoir les fichiers numériques des éditeurs dans un délai maximum de deux mois, via la Plateforme sécurisée de Transfert des Ouvrages Numériques (PLATON), dont nous avons déjà parlé dans un précédent QSLD.

L’objectif du législateur est de lutter contre l’inégalité d’accès aux livres par les personnes handicapées. La très grande majorité, plus de 99 % des œuvres scolaires, universitaires et littéraires, pour adultes et enfants, demeuraient inaccessibles.

C’est à la BnF, en raison de sa neutralité et de son expertise technique et documentaire, qu’a été confiée par le décret n°2009-131 la mission de centraliser les demandes de tous les organismes agréés, et de garantir la sécurité des transferts et du stockage des fichiers reçus des éditeurs. Parmi les textes soumis à la BnF pour traduction sur supports adaptés, 21% sont traduits en braille.

Rappelons que, depuis deux ans, le QSLD paraît en même temps dans la même version en Noir et en braille.

Pour en savoir plus :

Consulter les pages du site www.bnf.fr : exception handicap pour l’édition adaptée.

Contact : helene.leblois@bnf.fr

 

ISENSE : POUR PERMETTRE AUX NON VOYANTS D’UTILISER L’IPAD

iSense est un dispositif permettant aux non voyants d’utiliser une tablette, un iPad pour être plus précis. Il s’agit en fait d’un filtre transparent dont la surface externe produit des caractères en braille palpables. Ce filtre est équipé de capteurs qui réagissent à la lumière. Tous les textes ainsi que les diverses commandes tactiles sur la tablette sont alors convertis en braille. Un non voyant pourra alors utiliser son iPad de manière assez simple. Le filtre ne recouvre pas le bouton unique de la tablette Apple. iSense a été imaginé par Kristina Tham Sterner et Johan Ollas, des étudiants de la Berghs School of Communication de Stockholm.

Présenté lors du concours Future Lions 2011, iSense n’est pas encore réalisable avec la technologie actuelle. Il se peut que les tablettes tactiles ne soient plus au goût du jour bien avant une éventuelle réalisation de ce concept, néanmoins l’idée demeure intéressante.

L’iPad adapté aux personnes non voyantes devient l’iSense

L’iPad adapté aux personnes non voyantes devient l’iSense.

 

LA VIE DU GIAA

RÉUNION DE LA COMMISSION DES TECHNIQUES PROFESSIONNELLES

Le 15 octobre 2011 – Résumé des interventions.

Laetitia Pegaz-Fiornet

Secrétaire de la CTP

Cette réunion a rassemblé 18 participants. Son ordre du jour comprenait plusieurs interventions résumées ci-après.

Présentation du travail de recherche fondamentale sur la perception et la production de la parole par les déficients visuels réalisé par Fabrice Hirsch, maître de conférences à l’Université Montpellier 3. Celui-ci enregistre des déficients visuels afin d’étudier les mouvements de leur langue, leurs mâchoires et leurs lèvres grâce à un logiciel spécialisé. Ils sont différents selon les consonnes et les voyelles prononcées. Par exemple, Fabrice Hirsch constate que la position de la langue est généralement plus centralisée chez les déficients visuels que chez les voyants. Les mal et non-voyants comprennent des paroles prononcées à une vitesse plus rapide que les voyants. Cette étude peut permettre d’améliorer les logiciels de reconnaissance vocale.

Démonstration de matériels adaptés par ACCESS SOLUTIONS.

Ce fut une présentation particulièrement intéressante de plusieurs équipements dont la description ne saurait être résumée sans ressembler à un catalogue. Nous nous proposons avec l’aide des responsables de la CTP, d’y consacrer un article du prochain QSLD.

Aménagements des visites destinées aux déficients visuels à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine par Marie-Pierre Warnault, chargée de projets.

Visites guidées pour des groupes sur réservation, visites individuelles programmées une fois par trimestre et visites mensuelles gratuites dénommées «Les Incontournables». La prochaine aura lieu jeudi 15 décembre à 15h30. Marie-Pierre WARNAULT a formé les conférenciers pour qu’ils développent dans leurs commentaires les descriptions à l’intention des visiteurs mal et non-voyants. Des moulages d’œuvres, des plans en relief et une maquette démontable d’une cathédrale aident à la visite.

Marie-Pierre Warnault invite les visiteurs déficients visuels à la contacter afin de bien organiser leur accueil. Ligne directe : 01.58.51.59.35.

 

Informations pratiques et renseignements :

Cité de l’Architecture et du Patrimoine - 1, Place du Trocadéro - 75116 Paris

Métro : Trocadéro (Lignes 6 et 9) - Bus 22, 30, 32, 63, 72, 82 – arrêt Trocadéro

Tél. : 01.58.51.50.19. (du lundi au vendredi de 11h00 à 13h00 et de 15h00 à 17h00) Achat des billets aux caisses du hall principal le jour même.

Durée de la visite: 1h30 – Tarif : 5 euros

Sur réservation à groupes@citechaillot.fr

Un nouveau responsable de la CTP

Après 20 ans d’une présidence dynamique et appréciée de tous, Hervé Rihal cède la place de responsable de la CTP à Pierre Marragou qui est non-voyant, élève de Sciences Politiques et administrateur du GIAA.

Prochaine réunion de la CTP

La prochaine réunion est fixée au samedi 28 janvier 2012, à 14h au siège du GIAA.

L’ordre du jour est le suivant :

1. Séjours d’étude à l’étranger des jeunes déficients visuels : quel est l’usage fait des technologies adaptées à l’étranger, retours d’expériences et organisation des voyages de mal et non-voyants.

2. La technique Tomatis ou audio-psycho-phonologie.

3. Présentation d’un téléphone mobile adapté pour les aveugles et malvoyants par Loïc Dubié.

4. Questions et informations diverses.

GIAA PARIS - POURQUOI RENDRE VISITE AUX ÉCOLES ?

Marie de Saint Blanquat

Présidente du GIAA

C’est toujours un bonheur, en ces débuts d’année scolaire, d’aller rendre visite à des écoles de la région parisienne pour des séances de sensibilisation ou des ateliers sur le handicap visuel. C’est souvent, mais pas toujours, en rapport avec la participation de ces établissements aux journées de collecte-JNAA. Il y a, par exemple, le collège Louis Braille à Esbly, près de Meaux, qui « court pour le GIAA » : c’est un cross auquel participent élèves, surveillants et professeurs et à l’occasion duquel les élèves vendent, au profit de l’association, des porte-clés et des peluches. Pour sa part, le GIAA anime des ateliers de braille et de locomotion et applaudit très fort lors de l’énoncé du palmarès du cross !

Les étudiants de la section VIEWS du GIAA sont très présents pour toutes ces animations. Mais ce sont deux bénévoles d’un âge certain, l’une aveugle, l’autre mal-voyante qui sont allées au lycée Saint-Michel témoigner de leurs expériences et répondre aux questions, parfois existentielles, des élèves de 1ère et de terminale...

Une dernière manière de faire, quand nous répondons aux demandes des établissements, consiste à s’adresser à tout un amphi où sont rassemblées toutes les classes de 6ème ou de 5ème. Et puis, il y a eu cette classe de 3ème, un vendredi après-midi où il faisait très chaud, « ça sentait le week-end », les élèves semblaient plutôt agités et distraits et cependant la rencontre a été, de manière presque inattendue, agréable et facile.

C’est parce que nous savons que des enfants bien informés et sensibilisés feront des adultes attentifs et responsables que nous avons à cœur de poursuivre ces expéditions d’information.

SCHÉMAS ET DESSINS TRADUITS EN TEXTE : LES MIRAUDS-VOLANT DISENT MERCI AU GIAA

Message de Jean-Claude Laporte au Service Transcription et à ses bénévoles : transmis par Stéphane Guasson

En 2003, les pilotes aveugles, via l’association des Mirauds-Volants, avaient reçu en mécénat des mains de Thalès, le SOUNDFLYER, un appareil électronique qui nous donne de façon sonore et vocale les données de vol de l’avion. C’était alors comme si on nous avait allumé l’éclairage du tableau de bord. En 2011, on peut dire que, grâce à vous tous, le GIAA a mis la lumière sur la bible du pilotage, le guide ZILIO. Si le passage à l’audio est facilité par les techniques de scanners, la qualité de la toute nouvelle voix « Antoine » nous rapproche du grain de la voix humaine. Mais l’inaccessible pour nous, les schémas et dessins pédagogiques, complémentaires de l’écrit, que vous avez ici traduits en texte, c’est bien la cerise sur le gâteau.

Au delà de vos expériences et connaissances aéronautiques personnelles, il vous a fallu mobiliser vos intelligences pour transformer des traits de crayon en mots, chercher la phrase la plus synthétique en conservant le sens originel.

Nous voulons ici vous témoigner de toute notre reconnaissance pour ce magnifique don de vous-même et ce précieux temps que vous nous avez consacré. Vous avez fait des Mirauds-Volants heureux. De tout cœur, merci.

Au nom des Mirauds Volants, Jean-Claude LAPORTE.

 

NDLR. Fondée en février 1999, l’Association Européenne des Pilotes Handicapés Visuels «LES MIRAUDS VOLANTS» propose aux adultes aveugles ou amblyopes d’accéder au pilotage des avions, planeurs et autres aéronefs. Bien sûr ils ne sont jamais seuls aux commandes. En l’état actuel des choses et des connaissances techniques, ils restent des «pilotes accompagnés».

«Tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait.» Marcel Pagnol

 

Le logo des Mirauds-Volants : schéma stylisé d’un petit avion dont les hélices figurent des yeux.

 

 

PLUSIEURS DÉLÉGATIONS NOUS COMMUNIQUENT LEURS ACTIVITÉS : LORRAINE, AQUITAINE, PACA-CORSE, PARIS ET PAYS DE LOIRE

Délégation Lorraine

Nouvelle antenne en Meuse

Une antenne du GIAA se met en place en Meuse. La correspondante est Nicole Regnauld par ailleurs secrétaire du bureau de la délégation Lorraine. Vous pourrez la joindre par téléphone au 03.29.78.51.57 ou par courriel : nicoleregnauld@orange.fr

 

À Nancy, un après-midi détente chaque 3ème mercredi du mois.

La délégation Lorraine propose chaque 3ème mercredi du mois dans ses locaux un après-midi détente autour de jeux, lectures, etc. Le premier rendez-vous est fixé au mercredi 16 novembre, et c’est Jean-Pierre Fillatre qui conduira la séance. N’hésitez pas à vous y rendre nombreux.

Adresse de la délégation : 14 rue Aristide Briand – 54000 Nancy

 

GPS pour piétons

La société EO-Guidage vous propose de découvrir « Kapteo », un GPS piéton à destination des personnes déficientes visuelles, ainsi que d’autres produits permettant la localisation, comme les balises sonores.

Renseignements auprès de Dominique BOUCHERAT. Tél. : 06.82.15.94.89 ou au GIAA.

La délégation Paca Corse en soutien pour la MDPH du Var

En juin dernier la MDPH du Var a lancé un appel d’offre pour des prestations spécifiques en fonction des handicaps.

La délégation Paca Corse a répondu à cet appel d’offre et a été sélectionnée dans le cadre de la déficience visuelle. Elle interviendra ainsi pour des demandes d’aides techniques sollicitées par les varois. La mission consiste à évaluer, conseiller, préconiser et suivre les dossiers jusqu’à l’obtention des financements puis l’acquisition du matériel compensatoire, et ce pour trois ans.

Délégation Aquitaine (Lu dans La Tablette N°63) :

Comment regarder un film en audivision ?

Handimap.org, un serveur Internet gratuit qui calcule les trajets optimisés dans les transports urbains.

« Apprenti.Braille », un logiciel pour apprendre le braille français destiné aux personnes voyantes…

Courriel : contact.aquitaine@giaa.org

JOURNÉES PÉDAGOGIQUES DU GPEAA, 13, 14 ET 15 OCTOBRE 2011- INJA

Michèle Collat

Vice présidente

Elles se sont déroulées cette année les 13, 14 et 15 octobre à l’Institut national des jeunes aveugles boulevard des Invalides à Paris.

Le thème retenu était :

L’enfant déficient visuel : entre particularités et banalisation.

Tout au long de ces journées a été évoquée la difficulté pour l’entourage des élèves déficients visuels de préserver leurs spécificités tout en leur permettant d’accéder à leurs apprentissages au milieu de leurs camarades voyants. Pour cela diverses approches : psychologique à travers la construction identitaire, le danger de la stigmatisation, l’apprentissage de la compensation, centrée sur l’enfant, afin de lui garantir le libre choix de son projet de vie, et sur l’enseignement qui doit trouver un équilibre entre singularité et normalité des élèves.

Des témoignages d’adultes sont venus conforter ces réflexions, les professionnels et les parents doivent aider le jeune à accepter l’évidence sans oublier de lui manifester leur confiance. Est présenté ensuite un logiciel particulier Not Braille, qui permet de produire facilement et rapidement des transcriptions auquel s’ajoute une méthode d’apprentissage progressif du braille abrégé.

 

De grands principes pédagogiques sont rappelés : différenciation pédagogique, gestion de l’adaptation, distinction entre indispensable et superflu. Le groupe s’est ensuite partagé entre plusieurs ateliers.

 

L’unicité de l’individu et de l’enfant : c’est la conclusion de ces journées qui soulignent encore la nécessité d’une connaissance fine et sensible des enfants que nous accompagnons si nous voulons atteindre l’équilibre subtil permettant de respecter particularités et banalisation.

 

JOURNÉES NATIONALES DES ASSOCIATIONS D’AVEUGLES ET DE MALVOYANTS - 1 ET 2 OCTOBRE 2011

Charlotte, quêtant pour le GIAA :

« Ma plus grande appréhension : revenir avec un tronc vide »

Lors de ma deuxième année de BTS, j’ai effectué un stage de 6 semaines au GIAA. Je suis tombée en plein dans la période «après JN (Journées Nationales)». C’est ainsi que j’ai connu la quête. Depuis mon stage, je retourne souvent au GIAA et lorsque j’ai su quand se déroulaient celles de 2011, j’ai tout de suite voulu participer.

Le fait de bien connaître l’association et d’y avoir travaillé m’a donnée l’envie de participer. Mon stage au GIAA m’a beaucoup apportée tant sur le plan humain que sur le plan professionnel. J’étais donc totalement motivée pour les aider.

Afin de récolter de l’argent, je me suis installée toute une matinée dans une rue commerçante dans le centre de Crépy-en-Valois dans l’Oise. Je me suis mise entre une boulangerie et un fleuriste. Cela a très bien fonctionné. J’avais peur que personne ne m’écoute et donc que personne ne donne ! Même si beaucoup de personnes ont continué leur route en prétendant ne pas m’avoir vue ni entendue, j’ai quand même su être convaincante. Ma plus grande appréhension était de revenir avec un tronc vide. Le samedi après-midi, j’avais décidé de faire le tour du village où j’habite afin de récolter de l’argent. Là encore, j’avais peur que les gens me claquent la porte au nez. C’était une crainte fondée puisque la plupart des gens, à peine après avoir vu le tronc, me disaient « nous ne sommes pas intéressés » et me claquaient la porte au nez ! C’était d’ailleurs très dur d’avoir refus sur refus. Je ne conseille pas de déranger les gens chez eux car ils sont beaucoup moins réceptifs. Cela peut démotiver mais quand on pense au but de cette mission, la motivation revient.

Dans l’ensemble, ces journées de quête se sont très bien passées. La plupart des gens a été réceptive. Le vrai problème a été le manque de connaissance de cet évènement. En effet, beaucoup de personnes n’avaient jamais entendu parler de cette quête et étaient donc très méfiants.

Un conseil pour les futurs quêteurs ?

N’hésitez pas à vous mettre dans un endroit où il y a beaucoup de passage (un marché, une rue commerçante) et surtout, parlez-en autour de vous car le bouche à oreille, ça marche !

 

Illustration de la quête : deux tirelires blanches portant une mention de la Journée nationale.

 

 

CULTURE

ABBAYE SAINT-GEORGES DE BOSCHERVILLE (EURE)

Maîtrise d’ouvrage : Association Touristique de l’Abbaye Romane (ATAR)

Plus de 30 abbayes normandes sont ouvertes à la visite. Bien que non spécifiquement adaptée aux personnes handicapées visuelles, l’abbaye Saint-Georges de Boscherville mérite d’être présentée pour plusieurs raisons : c’est une des plus belles abbayes romanes de Normandie ; elle possède dans son jardin de senteurs de superbes cadrans solaires et gnomons accessibles; elle propose un audio-guide gratuit et ses responsables, particulièrement motivés, continuent chaque année à en améliorer l’accessibilité tous publics.

Le site

Tout près de Rouen, au cœur d’un méandre de la Seine, se dresse l’une des plus prestigieuses abbayes romanes de Haute-Normandie. Nichée dans la vallée de la Seine, en bordure de la forêt de Roumare, l’abbaye Saint-Georges de Boscherville offre un but de visite et de promenade dans un site riche d’un passé millénaire.

L’église abbatiale a été construite au XIIème siècle ; elle est restée dans un état de conservation remarquable. Le domaine abbatial, dominé par l’imposante tour-lanterne, s’étend sur sept hectares. La salle capitulaire, de la fin du XIIème, présente un remarquable ensemble de statues-colonnes et de chapiteaux historiés. Le bâtiment monastique, édifié par les moines au XVIIème siècle, a conservé ses élégantes voûtes de pierre. Les jardins sont restaurés d’après des plans et documents d’archives du XVIIème siècle.

Abbaye Saint-Georges de Boscherville (Eure), photogrpahie

 

La visite

Visiter, voir, comprendre... c’est tout l’enjeu de cette abbaye qui se dote d’année en année de nouveaux outils pédagogiques pour permettre à tous les visiteurs de s’intéresser et de comprendre les contenus touristiques, chacun à son rythme.

2005 : un site internet accessible et performant (Polymorph Design).

Le site est mis à jour par l’association elle-même. Des rubriques ont été ajoutées régulièrement depuis 2005 pour compléter l’offre : newsletter (2005), rubrique relation-presse sur code d’accès (2006), photos du site (2006 et 2007), photos de la maquette (2007). Le site est actuellement en cours de refonte, pour s’adapter aux nouvelles contraintes du web, et répondre au mieux aux attentes des internautes : refonte de la page d’accueil dans un esprit «portail», ajout de nouvelles rubriques (lexique, bibliographie, outils pédagogiques...)

Capture d'écran du site internet

Une maquette de l’abbaye, malheureusement non tactile, réalisée en 2006 est effectuée au 1/80ème. Elle reconstitue le domaine vers 1659. Un bandeau explicatif, posé sur une tablette inclinée à hauteur de main, permet une meilleure compréhension de la maquette exposée, avec un jeu de photo-montage qui met en évidence les éléments expliqués.

Depuis 2007 : l’abbaye propose des visites guidées. Faute de moyens humains, elle ne peut en revanche assurer ces visites tous les jours et dans toutes les langues. L’association décide de doter l’abbaye d’audioguides en 6 langues (Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol, Néerlandais), mis à disposition du public gracieusement. Ces audioguides accompagnent une signalétique, en particulier dans les jardins. Des parcours thématiques sont proposés, dont le parcours des cadrans solaires et gnomons (cadrans solaires d’autrefois).

Il y a en particulier un cadran-sphère que l’on peut palper. Autrefois, il n’était pas destiné en priorité à donner l’heure, mais constituait un élément décoratif et pédagogique pour des moines soucieux de tâches intellectuelles et férus de science. Sur la colonne le supportant a été tracé un cadran-colonne. Au XVIIIème siècle, c’était un complément fréquent des cadrans-sphères. Certains textes anciens décrivent ce type de cadrans dans la rubrique «Récréations mathématiques» et cela illustre l’intérêt de ce siècle pour la science et ses applications concrètes.

Photographie : cadran solaire.

Une plaque en lave émaillée disposée en extérieur, permet de comprendre l’origine et le fonctionnement des différents cadrans solaires présentés dans les jardins.

Depuis 2008, l’objectif est de faire évoluer les outils pour s’adapter aux nouvelles demandes. L’abbaye a mis en place un parcours-enfant (le parcours de la Salamandre), avec des outils de visite adaptés.

Accès :

En provenance de Paris A13 et du nord du département A29. À 12km de Rouen sur la D982 (Rouen - Duclair). En provenance de Caen et du sud de la Normandie : A13 : Sortie Bourg-Achard, direction Pont-de-Brotonne, Rouen par la vallée de la Seine.

Photographie : pupitre informatif

Contact : Abbaye Saint-Georges de Boscherville - 12, route de l’Abbaye - 76840 Saint-Martin de Boscherville

Tél. : 02.35.32.10.82.

Courriel : ass_atar@club-internet.fr - www.abbaye-saint-georges.com

 

RAPPEL HISTORIQUE

La Normandie fête cette année son 11ème centenaire (911-2011)

Il y a onze siècles, les Vikings s’installaient en Normandie, après des raids successifs échelonnés sur plus de 70 ans. Qui étaient-ils ? Des Scandinaves, Norvégiens ou Danois, aventuriers hardis téméraires cherchant fortune sur toutes les mers depuis l’éclatement de l’Empire carolingien. Quoi de plus tentant que ces grandes abbayes jalonnant la vallée de la Seine dont la puissance s’était affirmée depuis le VIIème siècle ? Bien que les moines aient fui emmenant les reliques, il y restait de l’or et de l’argent et, dans les villages, les vikings trouvaient de quoi alimenter leur commerce d’esclaves.

Ces pilleurs vont devenir de merveilleux organisateurs de la province. La paix sera rétablie, les moines reviendront, on restaurera, on construira de nouveaux monastères, l’essor économique le permettant.

En 1066, Guillaume le Conquérant amplifie le pouvoir du duché de Normandie en annexant l’Angleterre.

L’œuvre des moines est remarquable, dans un esprit de dépouillement, de grandeur et de recherche technique. Elle marque une étape dans l’histoire de l’art roman.

Après Guillaume, les querelles parmi ses descendants vont amorcer le déclin du duché et, en 1204, Philippe-Auguste, roi de France, reprendra la Normandie.

EDVARD MUNCH, L’ŒIL MODERNE

CENTRE POMPIDOU - Paris
21 SEPTEMBRE 2011 - 9 JANVIER 2012

Dossier de presse (Extraits)

Edvard Munch (1869-1944) était pleinement «moderne», c’est la thèse défendue dans l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou, à travers près de cent quarante œuvres, dont une soixantaine de peintures, cinquante photographies en tirages d’époque, une trentaine d’œuvres sur papier, des films et l’une des rares sculptures de l’artiste.

À travers cet ensemble, l’exposition Edvard Munch, l’œil moderne éclaire l’œuvre du célèbre peintre norvégien (1863-1944) sous un jour nouveau en montrant comment la curiosité de l’artiste pour toutes les formes de représentation de son époque a nourri et transformé son inspiration et son travail.

Son expérience de la photographie, du cinéma, ses lectures de la presse illustrée ou encore ses travaux pour le théâtre ont en effet profondément inspiré une œuvre dont l’exposition dévoile la fulgurante modernité.

À travers les neuf thèmes d’un parcours en douze salles, l’exposition présente un ensemble de peintures majeures et d’œuvres sur papier comme il a rarement été possible de les voir, ainsi associées à ses expérimentations photographiques et filmiques. Elle s’interroge sur l’habitude qu’avait Munch de reprendre les mêmes motifs. On y découvre aussi combien son expérience du cinéma, ses lectures de la presse illustrée ou encore ses travaux pour un théâtre intimiste ont induit un nouveau rapport de spatialité entre le motif pictural rapproché et le spectateur. L’impact de ces images modernes, renforcé par la pratique photo-cinématographique de Munch, est aussi perceptible dans les effets de transparence, une forme de dynamisme et un mode de narration tout à fait spécifiques à ces nouveaux médiums.

Une salle ovale de l’exposition présente ses travaux à l’époque (1930) où la rétine de son œil droit fut atteinte (un ophtalmologue l’explique fort bien dans le catalogue) et où il craint de perdre la vue (son œil gauche ayant déjà été abîmé dans une rixe au Danemark en 1904). Se cachant de tous, il décide alors de faire, scientifiquement, systématiquement, l’expérimentation de ce qu’il voit vraiment, avec cette tache ronde dans son champ de vision, face à du papier blanc ou face à une source lumineuse, comme s’il était une camera un peu bancale. Cela donne des dessins parfois figuratifs (la tache ressemble alors à un oiseau) et parfois aux limites de l’abstraction, mais qui témoignent toujours de ce qu’il a vu réellement, même si c’est une vision entoptique. Une historienne américaine a parlé de physiologie du symbolisme à son propos. Face à l’angoisse qui l’étreint (« je ne pourrai plus travailler »), il analyse, étudie, teste, découvre, et continue à produire. Sa vision s’améliore au bout de six mois.

Une hypothèse est que, pendant cette période de demi-cécité, incapable de trouver ses marques et se repérer, il ne peut plus faire de photographies comme avant et se met donc à tenir l’appareil à bout de bras, tourné vers lui et à se prendre en photo : ce geste si commun aujourd’hui, il est apparemment le premier à le faire dans l’histoire de la photographie.

Edvard Munch est décédé à Ekely, près d’Oslo en Norvège le 23 janvier 1944, un mois après ses 80 ans. Il lègue environ un millier de tableaux, 4 500 dessins et aquarelles et six sculptures à la ville d’Oslo, qui construit en son honneur le Musée Munch à Tøyen. L’effigie d’Edvard Munch apparaît sur les billets de 1 000 krones, la monnaie norvégienne.

Internet - Le Monde Par Lunettes Rouges - Publié le 21 septembre 2011.

 

Trois toiles de Munch représentées alignées sur un même panneau, telles qu’elles sont dans la salle d’exposition montrant des cercles foncés en périphérie, s’éclaircissant vers le centre, interprétés par le peintre comme des images de sa propre rétine. Un cercle sur la toile de gauche, cinq sur celle du milieu, trois sur celle de droite.

Vue de la salle d’exposition des tableaux sur la rétine

LES OURSINS PEUVENT-ILS VOIR ?

Certaines créatures, marines essentiellement, sont dépourvues d’organes de la vision mais ne sont pas aveugles pour autant car elles sont sensibles à la lumière. Ce serait le cas des oursins.

Selon un travail suédois récent[2], ceux-ci possèdent en effet des photorécepteurs situés sur les piquants, dotés d’un grand nombre de gènes comparables à ceux liés au développement de la rétine et également de plusieurs gènes codant pour une protéine largement répandue dans l’œil : l’opsine. En fait les oursins se servent de ces récepteurs pour se déplacer.

Des coquillages comme les bénitiers ont aussi de nombreux «yeux» qui leur permettent de se refermer quand ils voient une menace.

 

Trois oursins munis de longs prolongements sur un amas de galets entourés d’algues.

Photo Ifremer. © Ifremer-Nautile/Campagne Futuna 2010 d’après J.I. Sciences et Avenir.fr 01/07/2011

 

AU ROYAUME D’ALEXANDRE LE GRAND - LA MACÉDOINE ANTIQUE

 La nouvelle exposition du Musée du Louvre est adaptée en temps réel aux personnes handicapées visuelles. (Voir précisions dans notre rubrique « ACTU »).

Le personnage d’Alexandre III de Macédoine, devenu Alexandre le Grand, relève autant de l’Histoire que de la légende. Sa jeunesse et son destin extraordinaire l’ont auréolé d’une gloire sans pareille. Pourtant que sait-on vraiment de ce personnage ? Les témoignages parvenus jusqu’à nous sont rares.

Alexandre est né en 356 av. J.-C. Il est le fils d’Olympias, une princesse de la famille des Molosses, et de Philippe II, roi de Macédoine. Ce royaume, situé au nord de la Grèce, est alors prospère et possède une puissante armée. Philippe II a su imposer son autorité aux autres tribus et cités grecques. Alors qu’il prépare l’invasion de l’Empire perse voisin, il est assassiné en 336 av. J.-C. Proclamé à son tour roi de Macédoine, le jeune Alexandre, qui a 20 ans, reprend les projets de son père et engage une expédition militaire sans précédent. La conquête est fulgurante et les butins fabuleux. Les troupes du conquérant pénètrent le continent asiatique jusqu’à l’Indus. De nombreuses cités sont fondées. Cette épopée s’achève brutalement à Babylone : Alexandre, qui souffre de fortes fièvres, meurt en 323 av. J.-C., sans héritier. S’ouvre alors une période très troublée, durant laquelle ses généraux, les Diadoques, se disputent les territoires conquis et réclament un pouvoir sans partage. Pourtant à partir de 306 av. J.-C., ces derniers se résignent au morcellement des terres et prennent le titre de roi. Naissent alors les royaumes hellénistiques dominés par de puissantes dynasties. La dernière d’entre elles, celle des Lagides d’Égypte, disparaît en 30 av. J.-C., vaincue par la force romaine.

 

Tête d’Alexandre vue de face, chevelue bouclée, yeux clos.

Alexandre le Grand, dit Alexandre Guimet. Vers 300 avant J.-C. © Photo RMN / H. Lewandowski

 

 

LOISIRS

« LE HANDICAP EST UNE CHANCE POUR LA SOCIÉTÉ »

Entretien avec Hamou Bouakkaz, adjoint aveugle au maire de Paris.

Propos recueillis par Alain Masson

Journaliste au GIAA

âgé de 47 ans, père de trois enfants, cet ingénieur fut un trader syndicaliste.

Il vient de publier un livre d’entretiens avec Noël Bouttier intitulé «Aveugle, Arabe et homme politique, ça vous étonne ?». Pour évoquer cette trajectoire, l’auteur a reçu QSLD dans son bureau, de l’Hôtel de Ville, en compagnie de son chien roux nommé Bacchus. Chemise et cravate bleues, le cheveu ras et rare, l’élu est entouré d’écrans et de claviers qu’il manipule en virtuose.

Hamou Bouakkaz assis, l'air souriant. Buste vu de trois-quarts gauche, la main droite sous le menton, la gauche posée sur le genou droit.

 

«J’ai toujours été sensible à la langue politique, à la rhétorique, à cette forme de spectacle et aussi à cette envie de convaincre qu’ont les hommes politiques… Cette envie de partager, d’être un peu un leader dans les groupes, de « faire société » m’a amené à choisir la voie politique. Ma cécité native fut tour à tour un avantage et un inconvénient. Un atout, dans le sens où nous sommes dans une époque qui connaît une forme de prise de conscience de la nécessité de faire recouper le personnel politique avec la diversité du corps social… Mais cela a aussi été un défaut, parce que, quand il faut jouer des coudes, quand il faut se placer, capter la lumière, je suis moins bien placé que les personnes voyantes. Je n’aborde jamais les problèmes comme un technocrate, ni comme une personne blasée : ces deux caractéristiques font que je pratique la politique autrement que la plupart des politiciens.

J’ai ainsi vécu un moment difficile quand j’ai compris que, même si on était arrivé à une position de pouvoir, quand on est arabe et aveugle, on n’est jamais totalement légitime… Parce qu’on ne fait pas partie de la classe qui est supposée gérer les affaires. Il y a une sorte de perpétuelle demande de preuves, de compétences qui est demandée. Autre moment difficile, c’est lorsqu’on mesure le rapport entre le temps qu’on passe à élaborer des politiques et, finalement, la petitesse des progrès entraînés ! J’avoue que, là, c’est un peu frustrant et même énervant.

Nos résultats sont ceux de toute une équipe, je ne peux m’en attribuer le mérite à moi seul. Mais disons que l’amélioration de la qualité du débat public à Paris, les outils mis à la disposition des Parisiens pour qu’ils entrent dans le processus d’élaboration de la décision publique est quelque chose qui, je crois, me survivra. En effet, la collecte des avis des citadins, l’effort de compréhension partagée des enjeux, le compte-rendu de ce qui est accompli, cela fait partie des choses que j’ai initiées. La démocratie locale commence à pénétrer des couches de la population qu’elle n’atteignait pas jusqu’alors… En particulier, les habitants des logements sociaux, les personnes handicapées ; il y a beaucoup plus de femmes dans nos réunions, beaucoup plus de gens des communautés étrangères, donc on progresse… Même si la démocratie locale n’a pas d’obligation de résultats, il n’y a qu’une obligation de moyens ; cela a généré de la citoyenneté. La vie associative, la société civile et la démocratie locale font partie des instruments par lesquels le citoyen peut, peut-être, se réconcilier avec le politique. À mon avis, le fait que de plus en plus de gens soient lucides sur la déplorable dimension spectacle de ce milieu va obliger le personnel politique à évoluer. Il va y avoir des recompositions parmi les mouvements politiques pour que les citoyens éloignés reviennent dans le jeu, par le biais notamment de la militance associative, de l’économie solidaire ou de nouveaux rapports sociaux dans les entreprises. Voyez le phénomène des Indignés parti d’Espagne, des gens exclus qui tentent de s’organiser pour retrouver voix au chapitre. Et bien, je crois qu’on aurait tort de mésestimer ces mouvements là, de les mépriser. À mon sens, il faut repousser la dictature de la norme qui donne de notre société une image de style alpin, c’est-à-dire « noir en bas, blanc et chauve au sommet ! »

« Halte à la dictature de la norme »

QSLD - En quoi le handicap est-il « une chance pour la société, une valeur d’avenir », comme vous l’affirmez dans le sixième chapitre de votre livre ?

Hamou Bouakkaz : « Le handicap, c’est l’opportunité pour la société de se questionner elle-même sur les limites, de dépasser ces limites. C’est l’opportunité d’avoir plusieurs modèles d’accès à l’information, à la vie quotidienne. De réfléchir aussi sur l’utilisation de ses sens. Et puis, c’est extrêmement stimulant pour la recherche et très vite cette recherche sert à tout le monde. En ce sens, le handicap constitue bien une chance. On voit bien qu’il n’y aurait pas de scanner dans nos bibliothèques sans qu’on ne l’ait imaginé pour lire des livres aux aveugles. Ou encore le téléphone, initialement conçu pour trouver un moyen de dialoguer avec les personnes sourdes grâce aux vibrations d’une membrane ! Et la télécommande, utilisée désormais quotidiennement par chacun, elle fut inventée pour aider les tétraplégiques ! Je pourrais citer des dizaines d’autres exemples.

Dans toutes les civilisations, vous avez autour de la cécité une sorte de cortège de peurs et de préjugés flagrants. Chez les Grecs, Tirésias aveuglé parce qu’il regardait Vénus au bain. Dans la plupart des religions, les gens sont aveuglés parce qu’ils ont mal agi. Ainsi Jésus guérit l’aveugle-né donc, du coup, quelque part, la cécité est assimilée à un défaut (de foi). Souvent, la perte de la vue est considérée comme une disparition du champ social. Mais, par ailleurs, c’est une chance ; il y a des héros positifs, voyez Homère le poète aveugle, Ray Charles ou ce roi hindou Dhritarashtra, qui participe au Mahâbhârata »

QSLD - Vos projets ?

H.B. : « Personnellement, mon idée serait de siéger à l’Assemblée Nationale (H.Bouakkaz est actuellement député suppléant). Et puis, si j’ai toujours une utilité, si notre équipe est reconduite, si j’ai l’opportunité de rempiler, je pense que ce serait bien que je fasse un deuxième mandat, avec l’envie de prendre part à d’autres chantiers : affaires internationales, finances, action contre les discriminations, culture…

J’ai aussi pour 2014 un projet de livre sur ce que veut dire « démocratie locale ». Comment on peut déconcentrer la décision publique pour la rapprocher du citoyen. Comment on peut mélanger les expertises, qu’elles soient d’usage ou professionnelles. Le vrai défi, pour le bateleur d’estrade que je suis devenu, ce n’est pas seulement de faire de la bonne politique qui serve sa cité, c’est aussi d’être pleinement un homme, au sens que lui donne Rudyard Kipling »

 

Pour en savoir plus : l’ouvrage d’Hamou Bouakkaz est disponible en version adaptée pour les non voyants.

 

LA PEINTURE GOURMANDE

Pour la seconde fois, le Petit Palais s’est associé à la « Semaine du goût » (du 17 au 23 octobre 2011) en proposant une découverte gourmande de ses collections.

Basée sur une approche originale et grâce à une mallette multi sensorielle, cette visite permettait au public déficient visuel de découvrir les œuvres d’art par les autres sens que la vue. Indissociable du goût, l’odorat a été particulièrement sollicité, avec des senteurs à « déguster » tout au long du parcours. Le toucher était également présent, à travers la reconstitution d’un tableau de nature morte de fruits et de fleurs par le biais d’éléments tactiles à manipuler. La visite s’est terminée par un goûter gourmand au café du musée.

 

Nature morte tactile  Isaac Soreau, Nature morte de fruits et de fleurs © Petit Palais/Roger-Viollet

Isaac Soreau, Nature morte de fruits et de fleurs - © Petit Palais/Roger-Viollet

 

JEU ABES. UN JEU ENTIÈREMENT SONORE

L’utilisation d’un jeu vidéo pourrait-elle permettre à des aveugles de mémoriser à l’avance le lieu dans lequel ils souhaitent se rendre ? C’est l’objectif de Jaime Sanchez, chercheur en informatique à l’Université du Chili à Santiago. Avec Lofti Merabet, neuroscientifique de l’Institut du Massachusetts pour les malentendants et les non voyants, à Boston, il vient de mettre au point un jeu auditif qui favorise de façon ludique la mémorisation des espaces virtuels dans lesquels se déplace le joueur.

AbES (Audio based Environnement Simulator) est un des rares divertissements accessibles aux non-voyants. Pour y jouer, ces derniers portent un casque audio qui leur permet de s’immerger dans un labyrinthe virtuel. Ils doivent y collecter des objets tout en échappant à des monstres. La localisation des murs, des objets et des monstres est signalée par des «icônes» sonores, par exemple un «toc» pour une porte.

Un jeu entièrement sonore.

Comment les joueurs peuvent-ils visualiser des espaces en trois dimensions grâce à des sons émanant de seulement deux écouteurs? Leur cerveau localise la provenance d’un son principalement grâce à trois effets, un son provenant de la droite atteint l’oreille droite avant l’oreille gauche. Ce délai est interprété comme une information sur la localisation de la source sonore. Par ailleurs, l’oreille droite perçoit une intensité plus importante que l’oreille gauche car la présence de la tête atténue la propagation du son. Enfin, l’onde sonore subit des interactions avec le haut de notre corps (tête, épaules et pavillons des oreilles).

Dès le plus jeune âge, le cerveau apprend à interpréter ces effets et à localiser les sons. De même, l’éloignement de la source sonore, son rapprochement sont caractérisés par des variations de fréquence et d’intensité liées à l’atténuation de l’onde par l’air. Le logiciel d’AbES signale la localisation et la distance d’un objet en émettant un son dans l’un ou l’autre des écouteurs du joueur ou en faisant varier sa fréquence et son intensité.

Se divertir pour mieux mémoriser.

Les non voyants, et même les jeunes enfants, ont accepté le concept de jeu auditif. Ils ont apprécié sa simplicité et la communication sonore a favorisé leur attention. Les résultats montrent qu’ils ont facilement créé une représentation mentale de l’espace parcouru. De plus, grâce à l’aspect ludique du jeu, les joueurs ont élaboré des stratégies, ce qui les a incités à faire preuve d’inventivité. Ils ont ainsi mémorisé la carte du jeu sans que cela leur soit demandé.

Ce jeu a ensuite été testé sur une dizaine de non voyants afin de savoir s’il leur permettait de mieux se déplacer dans un environnement réel similaire à celui du jeu. Après seulement trente minutes de jeu, les joueurs ont été introduits dans un vrai bâtiment : ils ont immédiatement été capables de rejoindre leur destination sans avoir jamais consciemment mémorisé les lieux.

Ce jeu pourrait-il s’adapter à l’environnement quotidien des non voyants ? La majorité des villes occidentales disposent en effet de cartes topographiques numériques. L’équipe d’AbES espère bientôt les intégrer dans le jeu pour rendre de nombreux lieux accessibles aux non voyants.

 

Une jeune femme non voyante joue en écoutant.

 

LES GAULOIS, UNE EXPO RENVERSANTE

Cité des sciences et de l’industrie - Paris

Du 19 octobre 2011 au 2 septembre 2012, la grande exposition temporaire de la Cité des sciences bouscule les idées reçues sur les Gaulois, grâce aux découvertes archéologiques de ces 30 dernières années.

Cette nouvelle exposition accessible propose un riche parcours polysensoriel, dans lequel sont inclus un audioguide spécifique, de très nombreux objets et maquettes à manipuler, et de l’audiodescription. Ces dispositifs invitent le visiteur handicapé visuel et son accompagnateur à découvrir qui étaient nos « fameux ancêtres » les Gaulois.

 

Affiche de l’exposition. Au centre un gaulois debout sur la tête dans un champ. Il porte une culotte rouge, il a un casque muni de petites ailes blanches, il tient dans la main droite une grande fourchette sur laquelle est embroché un petit cochon rose ; son bras gauche est protégé par un bouclier. À droite du personnage, un petit coq gaulois.

 

VOUS DÎTES LOCOMOTION ???

Janet Greene

Responsable du Service Locomotion Association Valentin Hauy
Comité Île-de-France

Vous êtes non voyant ou malvoyant ?

Vous vous cognez, vous vous perdez, vous limitez vos déplacements dans les lieux connus, vous ne vous déplacez plus seul ? Vous êtes déjà tombé, vous heurtez les personnes ou les objets sur le trottoir ou dans les transports en commun ? Est-ce que vous vous déplacez avec un parapluie ou une canne de marche pour détecter ou vérifier les dénivellations ou les escaliers ?

Pour éviter les risques d’accidents, il ne suffit pas simplement d’acheter une canne blanche, bien qu’elle soit reconnue comme « un signalement » par les automobilistes, les cyclistes et les piétons. Il est indispensable pour vous d’acquérir les techniques spécifiques de la locomotion.

Qu’est-ce que la locomotion ?

C’est une rééducation fonctionnelle qui s’adresse aux personnes malvoyantes ou non voyantes leur permettant de retrouver sécurité, confort et autonomie dans les déplacements. Elle ne se réduit pas à l’utilisation de la canne blanche, ni à l’apprentissage de trajets par cœur.

C’est un enseignement de techniques (de protection, de détection, de traversée de rues...) basées sur le développement optimal des possibilités sensorielles (auditive, tactile, kinesthésique et possibilités visuelles pour la personne malvoyante) et cognitives (mémoire, concentration, construction d’une image mentale de l’environnement). Cela dans le but que la personne déficiente visuelle puisse se représenter l’espace, s’y orienter et s’y déplacer en toute sécurité.

La locomotion incite la personne déficiente visuelle à explorer et découvrir, méthodiquement, l’environnement et à effectuer les trajets, même dans des lieux inconnus. Elle est dispensée par les instructeurs de locomotion, les professionnels du déplacement pour les personnes déficientes visuelles, qui ont reçus une formation spécifique.

Pour les personnes malvoyantes, un travail de développement de la vision fonctionnelle fait également partie de la rééducation. Parfois, afin de leur permettre d’être protégées et de pouvoir détecter les obstacles et les dénivellations, l’apprentissage de l’utilisation de la canne peut s’avérer nécessaire. Pour certaines personnes malvoyantes, selon la luminosité et l’encombrement sur un trajet, cet outil peut n’être utilisé que ponctuellement.

Suite à un entretien et à une évaluation, un projet individualisé de rééducation est défini. Les séances sont adaptées à chaque personne selon ses possibilités, ses limites et ses besoins. Le nombre de séances est très variable car le cadre est déterminé en fonction du projet de chaque personne.

Nous travaillons en liaison avec d’autres spécialistes : ophtalmologistes, orthoptistes, opticiens, psychiatres, assistantes sociales, éducateurs, etc. Notre équipe se tient au courant des nouvelles normes d’accessibilité (bandes d’éveil de vigilance, feux sonores, aménagements dans les établissements recevant le public...) et des aides électroniques destinées à faciliter les déplacements (GPS, détecteurs d’obstacles, télécommandes pour les feux sonores aux carrefours...).

N’hésitez pas à contacter l’instructrice de locomotion dans votre département, pour faire une évaluation de vos capacités afin de gagner en sécurité et en autonomie et de vous permettre de retrouver une meilleure assurance dans vos déplacements.

Le service locomotion du Comité Île-de-France de l’Association Valentin Haüy propose des cours de locomotion aux adultes habitant à Paris et en Île-de-France.

7, rue du Général Bertrand - 75007 Paris - Tél. : 01.44.49.27.27.

comite.paris.iledefrance@avh.asso.fr

Du lundi au jeudi de 9h à 17h30, et le vendredi de 9h à 17h.

 

PETIT PALAIS

Le service éducatif et culturel du Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, propose aux visiteurs déficients visuels une découverte de la peinture grâce à une médiation adaptée : une mallette multi sensorielle, permettant d’aborder les œuvres par le toucher, l’écoute et l’odorat. Le commentaire descriptif des tableaux est enrichi de la découverte de supports tactiles, de senteurs évocatrices, de textes et de musiques. Chaque visite se déroule devant les œuvres et en atelier.

Ces visites multi sensorielles «La peinture les yeux fermés» sont proposées aux visiteurs en individuel, à dates fixes avec conférencière.

La prochaine séance aura lieu le jeudi 1er décembre à 14h30 (l’espace du tableau autour de La balayeuse de Pieter Janssens) et des dates ultérieures sont à préciser.

Tableau " La Balayeuse"

L’espace du tableau : autour de La balayeuse de Pieter Janssens.

Dans un intérieur hollandais du XVIIe siècle une femme est occupée à balayer. Une maquette en volume reconstituant la scène peinte et une plaque en relief, permettent d’évoquer l’art savant du peintre dans la représentation de l’espace et le rendu de la lumière. Le talent des peintres hollandais du siècle d’or à rendre la réalité de la vie quotidienne sera évoqué par des textes sur l’art et des contes ainsi que par le biais d’odeurs variées et de musique d’époque.

Sur réservation auprès de :

Catherine André : 01.53.43.40.44 - catherine.andre@paris.fr

Nathalie Roche : 01.53.43.40.67 - nathalie.roche@paris.fr

Accès : Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Avenue Winston Churchill 75008 Paris.

 

 

LECTURES

YES, YOU CANNE... APPRENDRE LE BRAILLE

Marion Ripley

Petit livret destiné à tous ceux qui entourent un enfant déficient visuel. Apprendre le Braille en même temps que cet enfant, en s’amusant, un peu comme lorsque dans les transports en commun on fait des mots croisés ou des Sudoku. Très ludique, progressif, facile… et il suffit d’un simple crayon !

À commander sur www.ldqr.org

Les Doigts Qui Rêvent

ldqr@wanadoo.fr - 03.80.59.22.88

 

Couverture du livre

 

LE POIDS DU PAPILLON

Erri De Luca

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une puissance exceptionnelle, il pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes.

Face à lui, un braconnier dont la dernière ambition de chasseur est d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé, malgré son extrême agilité d’alpiniste : ce chamois à l’allure majestueuse.

Erri de Luca nous parle de montagne et de solitude pour affirmer plus que jamais son immense talent de conteur.

Éditions Feryane sept 2011 - Corps 18 - 110 pages

contact@feryane.fr - 01.39.55.18.78

 

Couverture du livre

 

LES ENFANTS D’ALEXANDRIE

Françoise Chandernagor

« En ce temps-là, le monde était jeune, et Alexandrie, la plus belle ville du monde.

Au ras des flots, la « Très-Brillante » éblouissait par sa blancheur. Blanches, les terrasses de pierre tendre, les colonnes d’albâtre, les avenues pavées de marbre, et blanc, le grand Phare... » Alexandrie : joyau d’un empire qu’Antoine et Cléopâtre vont entraîner dans leur chute. Des amours, une vie méconnue de la dernière des Ptolémées, la Reine oubliée. De l’Imperator et de la reine d’Égypte étaient nés trois enfants : des jumeaux magnifiques, fille et garçon, brune et blond, puis un bébé fragile.

Princes éphémères, qui grandissaient dans l’or et la pourpre du Quartier-Royal auprès de leur demi-frère aîné, l’enfant-pharaon est né de César et de Cléopâtre. Tous étaient si jeunes encore, si protégés, si confiants quand la tourmente s’abattit sur eux. Quatre enfants au destin tragique. Âgée de dix ans lors de la prise de la ville et du suicide de ses parents, la petite Séléné, unique rescapée de cette illustre famille, n’oubliera jamais l’anéantissement de son royaume, de sa dynastie, de ses dieux.

Prisonnière en terre étrangère, elle va vivre désormais pour venger ses frères et faire survivre dans le monde des vainqueurs la lignée des vaincus. Avec la sensibilité d’écriture et la force romanesque qui ont fait de L’Allée du Roi un classique, Françoise Chandernagor s’empare du silence de l’Histoire, elle questionne un passé deux fois millénaire.

Un récit singulier, haletant. Une fresque grandiose.

L’auteur en quelques mots... Dès sa parution, L’Allée du Roi valut d’emblée à Françoise Chandernagor une reconnaissance internationale (plus de 2 millions d’exemplaires en France, traduction en 15 langues, adaptation pour la télévision), confirmée par les 9 romans qui suivront.

Éditions Feryane 2011 - Prix du Roman historique 2011 - Corps 18 – 460 pages

contact@feryane.fr - 01.39.55.18.78.

 

Couverture du livre.

 

LE CAVEAU DE FAMILLE

Katarina Mazetti

Après l’immense succès du Mec de la tombe d’à côté, nous sommes des centaines de milliers de lecteurs à nous demander ce qu’il advient de Désirée, la bibliothécaire, et de Benny, le paysan.

Elle dévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.

Éditions À vue d’œil éditeur 2011 - 16-17 – 330 pages.

info@avued’œil.fr

 

Couverture du livre

 

 

COURRIER

COURRIEL DE ZZ

Il y a des jeunes malvoyants (jeunes quant à leur basse vision mais généralement plutôt seniors) qui ont du mal à s’adapter à cette situation. Tous ne sont pas idiots, tous ne lisent pas uniquement le dernier roman à la mode, ils sont nombreux à avoir des souvenirs du temps où l’on étudiait au lycée « ses classiques ». mais ils ne sont pas encore mûrs pour la lecture sur écran adapté et ils ne sont pas du tout assez souples pour apprendre le braille.

Il me semble que les éditions dites « Grands Caractères » et les CD-audio peuvent être pour eux des solutions, au moins temporaires. Mais ils ont du mal à se procurer des ouvrages autres que les parutions récentes. Pouvez-vous nous conseiller ?

Réponse de la Rédaction

Il y a bien dans cette affaire un « maillon faible » commun : l’information passe mal.

Certains des éditeurs avec qui nous sommes en contact développent actuellement la publication d’ouvrages « classiques » en grands caractères mais ils se plaignent du peu de demandes, ce qui les contraint à des tirages restreints, donc parfois plus coûteux que l’édition en noir. Les lecteurs de CD-audio, eux, se plaignent de la médiocrité des enregistrements trop souvent encore réalisés par une voix de synthèse, alors que de nombreux CD, enregistrés par des artistes réputés, sont désormais disponibles. Mais les uns et les autres font peu de publicité et… nos lecteurs malvoyants attendent de nous un rôle d’interface.

Nous allons essayer de répercuter plus régulièrement dans nos colonnes, indépendamment des nouveautés Daisy, certaines des dernières parutions d’auteurs classiques et les coordonnées de quelques éditeurs.

 

Éditions Feryane - Tél. : 01.39.55.18.78. – Site internet : www.feryane.fr

Le Livre Qui Parle - Tél. : 09.79 54.69.15.

Éditions Thélème - Tél. : 01.43.29.09.64 - Courriel : contact@editionstheleme.com

À vue d’œil - Tél. : 01.30.36.75.69. – courriel : info@avuedoeil.fr

Éditions Libra Diffusio - Tél. : 02.43.75.25.00. – Courriel : libradiffusio@yahoo.fr



[1]           Petit corps du système solaire composé de roche, de métaux et de glace

 

[2]  Travail de l’Université de Göteborg, département d’écologie marine (Annales de la National Academy of Sciences, juillet 2011).