Qu'on se le dise
Bulletin d'information du Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes
Numéro 22 - nouvelle série.
Mars 2015.

En couverture : Dossier : l'engagement.

 

 

SOMMAIRE

ÉDITO

 

ACTUALITÉS

Claria Vox, le logiciel de vocalisation pour mobiles est disponible chez Orange

Œil bionique, rétine artificielle, prothèse rétinale

Bourses FÉDÉEH pour la réussite des jeunes handicapés : Appel à candidatures

Des aveugles au volant sur le plus beau circuit F1 du monde

« Vis ma vue », un jeu pour vivre le quotidien d’un enfant malvoyant

Une rue pour l’évaluation des prothèses rétiniennes

 

DOSSIER – Le sens de l’engagement

La pensée en actions

Aveugles en résistance

Le mot engagement a-t-il un sens ?

L’engagement associatif, un shoot à l’aventure humaine

L’historien et le mathématicien

Entretien avec Hamou Bouakkaz : “Dans dix/ quinze ans, la France aura un ministre de premier plan handicapé”

 

VIE DU GIAA

Hommage à René Gouarné

Sensibilisation chez Snecma (Safran) et Nutrixo

Apéro-lecture résistances allemandes au nazisme

Les mots s’amusent au printemps avec le GIAA

Appel à suggestions pour la bibliothèque sonore

Les déficients visuels suivent l’actualité grâce à la presse adaptée

Bordeaux : Étiquette en braille et partenariat avec le GIAA

 

CULTURE ET LOISIRS

Huit lieux culturels accessibles

Les nouvelles salles symphoniques à Paris

Découvrir l’œuvre d’Idel Ianchelevici

Spectacles en audiodescription

 

LECTURE

Le livre du moment

Éditions Gros Caractères

 

NOUVEAUTÉS DAISY

Arts et Loisirs

Biographies

Généralités

Géographie

Handicap

Histoire

Jeunesse

Littérature

Philosophie

Psychologie

Religion et spiritualité

Santé et médecine

Sciences et Techniques

Sciences sociales

 

OURS

Nos délégations

Services du GIAA

Services audio :

Services Braille et gros caractères :

La lecture directe :

Un Club Emploi :

Les boutiques du GIAA :

Sections du GIAA

 

ÉDITO

Semblables mais non identiques

Portrait de Mme Marie-Renée HectorLors de leur venue au monde, tous les êtres humains n’atterrissent pas avec le même avion, dans le même aéroport. Cette image vous parle-t-elle ? Je la crois suffisamment évocatrice des facteurs circonstanciels dont vont dépendre, dès la naissance, le départ d’un enfant sur les routes de la vie et son cheminement d’adulte.

Les deux seuls cas dans lesquels les hommes sont égaux résident dans le fait de naître et de mourir un jour. Mais dans la « vraie vie », celle de tous les jours, l’égalité en droit, l’égalité des chances sont étroitement dépendantes de nombreux facteurs familiaux, sociaux et environnementaux. L’engagement des parents dans la prise de responsabilité qu’ils devraient assumer pour le bien-être futur de leur nouveau-né est perçu fort différemment suivant ces facteurs. En effet, si, comme on le dit, « nul n’est sensé ignorer la loi », bon nombre de citoyens du monde l’ignorent ou la connaissent mal ; et même souvent, lorsqu’ils en connaissent quelque chose, ne savent pas toujours comment s’en servir pour défendre leurs droits et se protéger des abus et outrages de quelque nature qu’ils soient. Parfois aussi, ces citoyens n’ont pas de moyens culturels ou financiers leur permettant de faire appel aux professionnels de la justice. Ceux-ci ne portent donc pas plainte et se résigneraient sans l’aide de certains de leurs concitoyens mieux armés qu’eux.

C’est pourquoi il existe des héros du quotidien, des sortes de rebelles des causes perdues, qui, à travers les âges, se sont battus et ont milité pour la paix et la dignité durant les guerres, mais aussi dans la vie de tous les jours pour défendre les droits des personnes à une vie meilleure. L’engagement implique un don de soi, de son temps, de ses compétences, un désir de ne pas vivre que pour soi-même. Il s’agit d’agir avec conviction, pour des causes fort diverses mais choisies, par esprit de solidarité et un certain désintéressement. Pourtant, ne rêvons pas : il existe des engagements qui sont loin d’être toujours honnêtes et désintéressés. Ceux-là ne valent pas la peine d’être évoqués ici.

De tout ceci, les aveugles et les malvoyants ne sont pas exclus, qu’ils soient du côté des victimes ou des bagarreurs. On les dit souvent « doués d’un sixième sens » ! Nous savons bien que nous n’avons pas de sixième sens, nous, les personnes « en situation de handicap visuel » ! Et pourtant, ce « sixième sens » ne serait-il pas celui qui fait oser, oser franchir des fossés d’idées reçues, oser affronter la réticence et le regard d’autrui, oser naviguer, oser se battre au quotidien pour défendre des causes citoyennes, quand d’autres croient la personne déficiente visuelle rendue totalement invalide ? « Le pauvre, il ne voit pas. » C’est vrai, il ne voit pas ou il voit très mal. Et alors ! Il lui reste quoi ? Il lui reste beaucoup, semble-t-il, à condition que l’on veuille bien lui accorder du crédit ou même simplement un petit coup de pouce, loin des idées préconçues. Oser faire n’est pas aisé lorsqu’on vous a convaincu que vous ne pouvez pas. Ce sens qui fait oser, n’est-il pas celui du vivre actif avec autrui, pareillement et différemment tout à la fois ? Alors, les déficients visuels ne sont certainement pas les seuls à avoir un sixième sens !

Marie-Renée HECTOR, présidente du GIAA

 

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ACTUALITÉS

Claria Vox, le logiciel de vocalisation pour mobiles est disponible chez Orange

En partenariat avec Telorion et HandiCaPZéro, Orange lance Claria Vox, une solution de vocalisation pour smartphones Android destinée aux déficients visuels.

Cette solution numérique est disponible depuis le jeudi 5 février.

 

Illustration du conceptSimplifier le quotidien des non-voyants à la faveur d’un téléphone à écran tactile, tel est l’objectif de Claria Vox, un logiciel pour smartphone commercialisé depuis le début du mois de février dans les boutiques Orange. L’éditeur français de solutions numériques pour déficients visuels Telorion a conclu un accord en ce sens avec l’opérateur téléphonique.

Cette solution, commercialisée depuis 2013 à travers plusieurs réseaux associatifs et primée au dernier mondial de l’optique à Paris, est désormais en vente dans 285 boutiques Orange bénéficiant du label accessibilité, au prix de 244 euros au lieu de 329 euros, grâce à une subvention de 85 euros versée par l’opérateur.

Une fois la solution installée dans le smartphone, on équipe celui-ci avec une coque spéciale en silicone fournie par Telorion dont les trous apposés sur l’écran tactile forment un clavier, redonnant ainsi des repères physiques aux non-voyants. Une interface vocalisée avec des menus déroulants rend possible la navigation sur Android, le système d’exploitation de Google, utilisé par des marques comme Sony, Nexus, ou Samsung.

Claria Vox rassemble “une trentaine d’applications qui permettent de répondre à presque 100% des besoins de la personne aveugle au quotidien”, selon Telorion. Parmi celles-ci figurent notamment un lecteur d’ebooks, un GPS piéton vocal et une application de reconnaissance de caractères.

Les possesseurs de Claria Vox peuvent par ailleurs accéder à la presse écrite, notamment aux contenus gratuits mis en ligne sur les sites de journaux, grâce à la synthèse vocale.

Orange s’appuie par ailleurs sur son partenaire HandiCaPZéro pour proposer à ses clients un support technique afin de les accompagner à optimiser l’utilisation de cette solution. HandiCaPZéro propose également la facture et des documents adaptés en braille, caractères agrandis et audio.

La liste des boutiques labellisées “autonomie” du réseau commercial Orange est disponible sur le site www.orange.fr.

 

Œil bionique, rétine artificielle, prothèse rétinale

Un point sur la recherche

L’œil bionique (ou prothèse rétinale ou rétine artificielle) destiné aux patients atteints de rétinite pigmentaire, permet de récupérer une perception visuelle « utile » Formes, contrastes, parfois lettres de grande taille et reconnaissance d’objets. Une puce est implantée dans le globe oculaire, elle reçoit des infos et de l’énergie à partir d’un transmetteur situé dans une paire de lunettes équipée de caméra et de champ magnétique. L’info obtenue est transmise à la puce reliée au nerf optique. Une centaine de personnes sont actuellement équipées. Trois équipes concurrentes travaillent sur ce dispositif :

1. Le dispositif allemand Alpha IMS a été mis au point en 2010. Il s’agit d’une puce électronique de 3 mm de large qui est placée au fond de l’œil. Elle est munie de 1.500 électrodes. Sensible à la lumière, le dispositif est capable d’envoyer les signaux correspondants à l’image formée au fond de l’œil directement au nerf optique. Le tout est alimenté par un câble fin connecté à un petit appareillage placé sous un pli de peau derrière l’oreille utilisant une technologie sans fil externe.

L’implant permettrait à une personne aveugle de distinguer une image en noir-et-blanc avec une définition de 1.500 pixels.

2. Le dispositif californien Argus II a été crée en 2011 avec l’aide de l’institut de la Vision. Cet « Œil bionique » dispose de 60 électrodes. L’implant est une prothèse épirétinienne implantée à l’intérieur et autour de l’œil par voie chirurgicale. Il est composé d’une antenne, d’un boîtier électronique et d’un faisceau d’électrodes.

L’équipement externe comprend des lunettes, une unité de traitement vidéo (VPU) et un câble.

3. Le groupe français Pixium Vision travaille sur « Intelligent Retinal Implant System » (REVIRIS ®) chez les patients atteints d’une dystrophie rétinienne. Le système IRIS ® vise à démontrer que l’implant épirétinien permettra l’amélioration de la perception des patients, leur offrant ainsi une plus grande autonomie et une meilleure qualité de vie.

La première génération d’IRIS®, actuellement en essai clinique, a été conçue de sorte que les patients atteints de RP puissent «voir» des objets en reconnaissant leur taille, position, orientation et mouvement.L’objectif de ce système de restauration de la vision épirétinienne est de permettre aux patients de voir et reconnaître certains objets, comme une assiette, une table, une porte ou une chaise. Il a été essayé à l’Institut de la Vision sur une patiente aveugle en septembre 2013.

L’équipe des Pr Henry Chung-hung et Dr Chan Lai-hang du département de génie électronique de la City University of Hong Kong a amélioré ces trois dispositifs en permettant d’alléger les batteries et en augmentant leur autonomie.

 

Bourses FÉDÉEH pour la réussite des jeunes handicapés : Appel à candidatures

La FÉDÉEH (Fédération Étudiante pour une Dynamique Études et Emploi avec un Handicap) et ses partenaires lancent les bourses FÉDÉEH, destinées à consolider les parcours des lycéens et étudiants handicapés.

Les bourses FÉDÉEH ont pour objectif de conforter les parcours de formation vers l’emploi des jeunes handicapés qui ne trouvent pas toujours les solutions de financement pour compenser les besoins liés à leur situation. À travers ces bourses, la FÉDÉEH et les différents partenaires du dispositif souhaitent répondre à ces besoins, sans se substituer aux dispositifs existants, et à lancer un message d’encouragement et de soutien à l’ensemble des élèves et étudiants handicapés pour aller au bout de leur potentiel et de leur projet. Sont éligibles à l’appel à candidatures des bourses FÉDÉEH :

les lycéens handicapés en classe de terminale souhaitant poursuivre des études supérieures ;

tous les étudiants handicapés souhaitant poursuivre leur cursus supérieur

 

Dotation : 84.000 euros

Partenaires de l’appel à candidatures : HP, GE Healthcare, Fondation Harmonie Solidarités, Nestlé, Fondation Optic 2000

Calendrier de l’appel à candidatures :

24 avril 2015 : date limite de dépôt des dossiers 24 avril

15 mai : traitement des dossiers

30 mai 2015 : remise des premières bourses

Contact : Marc Sprunck, Responsable des projets vie étudiante et insertion professionnelle. Tél. 01.77.37.38.93 – Mail. marc.sprunck@fedeeh.org.

 

Des aveugles au volant sur le plus beau circuit F1 du monde

En Belgique, une auto-école forme des non-voyants au pilotage : ils conduisent en étant guidés par la voix. Après une initiation sur une piste balisée, le stage se termine dans les courbes mythiques de Spa-Francorchamps.

 

Un homme, lunettes noires et canne blanche, s'assoie aux commandes d'une voiture.Depuis 5 ans maintenant, l’auto-école Bara, installée à Fontaine-l’Évêque en Belgique, accueille durant une journée des élèves aveugles. Après avoir suivi une mini-formation dispensée par deux moniteurs, les non-voyants s’installent au volant et pilotent sur une piste sinueuse, slalomant entre les cônes. Une performance effectuée en suivant uniquement les indications orales des copilotes. Indications dispensées selon un code oral précis. « C’est comme si le volant était une horloge. Axe signifie d’aller tout droit. Pour savoir à quel degré il faut tourner à gauche ou a droite, on utilise les chiffres 5, 10, 15... », indique Luc Costermans, initiateur du projet. M. Costermans a une longue expérience dans le rallye. Il a perdu la vue en 2004, à la suite d’un accident.

La piste de Fontaine-l’Évêque est une mise enbouche. À l’issue de cette formation pratique, les stagiaires s’attaquent à un morceau de choix : le mythique circuit de Spa Francorchamps, reconnu comme l’un (si ce n’est le) des plus beaux et difficiles circuits automobiles du monde.« Beaucoup aimeraient être à notre place », sourit avec gourmandise Luc Costermans. « On va faire des pointes jusqu’à 180 km/h, avec nos copilotes. »Pour la sécurité de tous, les voitures sont munies de doubles commandes (comme à l’auto-école) qui permettent au copilote de réaliser un freinage d’urgence si nécessaire. À l’issue de leurs tours de piste, les stagiaires livrent leurs sensations. Pour Robert, originaire de Namur, qui a perdu la vue progressivement et a du arrêter de conduire à 45 ans, ce retour derrière le volant a été « une expérience merveilleuse ». Virgile, originaire de Lyon, aveugle de naissance qui n’avait jamais conduit, témoigne : « Avoir accès à cette expérience a été extraordinaire. J’ai ressenti des sensations complètement inédites ».

 

« Vis ma vue », un jeu pour vivre le quotidien d’un enfant malvoyant

“Vis ma vue” est un jeu destiné aux enfants afin de leur faire vivre le quotidien, avec un handicap visuel. Pour cela, vous incarnez dans une école soit Mila, qui voit flou avec une tache qui masque le centre de sa vision et peut être éblouie, soit Mathis, qui a un champ de vision réduit et a du mal à se déplacer.

Vous évoluez à travers huit missions quotidiennes pour les enfants : aller à la cantine, jouer avec les copains dans la cour de récré... L’idée est de mieux comprendre ce que vivent les enfants aveugles ou malvoyants.

Vis ma vue, développé à l’initiative de Streetlab (filiale de l’Institut de la Vision) avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (direction du numérique pour l’Éducation), en lien avec le réseau Canopé et la MGEN, permet aux enseignants de cycle 3 (CE2, CM1, CM2 et 6è) d’aborder la question du handicap visuel avec leurs élèves en leur faisant prendre conscience des difficultés rencontrées par les élèves déficients visuels.

Dans le contexte familier de la salle de classe, la cour de récréation ou encore la cantine, le jeu propose 8 missions de 3 minutes. Chaque mission met en exergue une situation où les enfants malvoyants sont en difficulté. Un quiz de validation des connaissances vient clôturer chaque mission.

 

Le jeu est téléchargeable sur ordinateur ou tablette à l’adresse suivante : http://www.reseau-canope.fr/vis-ma-vue/

 

Une rue pour l’évaluation des prothèses rétiniennes

Une séance d'apprentissage de locomotion dans une rue factice.Le journal Le Parisien s’est fait ouvrir les portes de Streetlab, une société créée par l’Institut de la vision et située au cœur du centre hospitalier national des Quinze-Vingts à Paris. Les reporters ont notamment pu découvrir les dispositifs de réalité virtuelle destinés à valider in vivo les progrès des prothèses rétiniennes.

 

Créée principalement par l’Université Pierre et Marie Curie et la Fondation « Voir et Entendre » représentant l’Institut de la Vision, Streetlab est une société de service labellisée par l’État et la Caisse des Dépôts et Consignations. Elle a pour mission de produire des expertises, d’évaluer et éventuellement de labelliser des services ou des produits et d’accompagner les industriels tout au long du développement de produits et services innovants pour améliorer l’autonomie, la mobilité et la qualité de vie des personnes déficientes visuelles.

Les journalistes ont suivi les pas d’un patient équipé d’un œil bionique, dans un environnement virtuel créé par Streetlab.Le journal relate que le patient, rebaptisé Jean à des fins de discrétion, a été le premier en France à être implanté de cette prothèse rétinienne “qui lui a permis de retrouver partiellement la vue et donc un peu d’autonomie”. Ils sont actuellement cinq dans l’Hexagone à participer à des essais cliniques.

L’opération de Jean a été effectuée il y a dix-huit mois. Il a aujourd’hui 72 ans. Les journalistes l’ont suivi le jour où il testait ses lunettes lui permettant de distinguer formes et objets. Les médecins et chercheurs l’ont fait évoluer dans un environnement virtuel : une rue ou un appartement, une bande-son simulant les bruits de la ville...

Le Streetlab reproduit ainsi des lieux de vie pour y faire évoluer des personnes malvoyantes et aveugles avec les dernières techniques chargées d’améliorer leur quotidien. Outre tester des produits « finis », cette plate-forme aide aussi en amont à la conception de technologies innovantes pour compenser le handicap avec une équipe d’ergonomes, d’orthoptistes ou d’ingénieurs. Soit une quinzaine de personnes au total.

Pendant son parcours sécurisé, le déficient visuel peut également être doté de capteurs de mouvement et de regard pour évaluer sa « stratégie de déplacement ».

Sources : Journal Le Parisien, édition du 10 février 2015 / Photo : (LP/Philippe Lavieille.)

 

 

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DOSSIER – Le sens de l’engagement

La pensée en actions

Par Marie-René Hector

 

Qui que nous soyons, quelles que soient nos opinions, les événements de ce début d’année 2015 nous ont choqués et continuent de le faire. La DER des DER, le PLUS JAMAIS ÇA, la Liberté Chérie, les valeurs chèrement défendues par la foi et l’enthousiasme de tant d’hommes et de femmes, tant de citoyens connus et inconnus de nous, tout serait- il si fragile ? Si la peur fait baisser la garde, qu’adviendra-t-il des progrès sociaux de la pensée qui ont su générer la tolérance et le foisonnement d’idées ?

Parce que nous avons choisi d’informer et de faire découvrir ce qu’était cette publication à des personnes qui n’ont jamais eu le moyen d’accéder à l’art de la caricature ou de la bande dessinée.

Parce que, sans être nécessairement d’accord, beaucoup d’aveugles voulaient savoir ce que leurs concitoyens pouvaient voir et lire.

Parce que la liberté d’expression est exigeante pour ceux qui en font usage, qu’ils soient du côté de ceux qui s’expriment ou de ceux qui reçoivent le contenu d’un media.

Nous avons eu une réaction immédiate, un besoin de partager et de faire partager le numéro de Charlie Hebdo du 14 janvier 2015.

En prenant la décision de faire une version sonore avec description des dessins, je pensais à tous les acquis liés aux actions de nos anciens, à tout ce qui pourrait bien être perdu pour l’avenir si, face à la haine et à l’intolérance, notre société devait reculer et se mettait à penser seulement en termes de « politically correct »... Je pensais plus que jamais peut-être à toute l’étendue de l’ignorance et de la bêtise dont les humains sont malheureusement si capables, aux souffrances engendrées par les incohérences et le conditionnement culturel.

J’y pensais d’autant plus que, le 25 novembre 2014, à l’Institut National des Jeunes Aveugles, fut posée une pierre commémorant les Aveugles Résistants. Ce fut une cérémonie extrêmement émouvante à laquelle participa l’un des Aveugles Résistants, M. Aimé Daly.

Quelle coïncidence ! Le dossier de ce numéro de notre QSLD porte sur le thème de l’engagement ! Quel engagement ? Sous quelle formes et pour quelles causes ?

Aveugles en résistance

Marie-Renée Hector

 

La plaque commémorative posée à l’INJA, ce 25 novembre 2014, nous indique que 132 aveugles ou malvoyants ont été résistants. Jusqu’à ce jour-là, je connaissais les noms de deux d’entre eux, soit Arthur Poitevin dont nous vous avons déjà parlé dans l’un des numéros du QSLD et auteur de « Souvenirs d’un aveugle déporté » (cf. QSLD n° 19 article de Philippe LUMBROSO), et Jacques Lusseyran sur qui Jérôme Garcin vient de publier un livre intitulé « Le Voyant ». J’avais lu deux ouvrages de Jacques Lusseyran « Et la lumière fut » et « Le monde commence aujourd’hui » ; et j’ignorais qu’il en avait écrit plusieurs autres que je n’ai pas encore pu trouver à ce jour.

Jacques Lusseyran et Arthur Poitevin sont revenus de déportation. Ils ont témoigné et ces témoignages sont accessibles grâce au GIAA.

Mais parmi ces 132 résistants, 2 furent fusillés en 1944 – l’un dans la région lyonnaise et l’autre en Bretagne. Trois autres moururent en déportation.

Tous furent des « combattants de l’ombre ».

Engagés aux côtés de leurs camarades bien voyants, ils apportèrent leurs compétences au service des réseaux de leurs régions. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’être « sur le terrain » avec des fusils ou de participer à des actions de sabotage.

 

Plaque commémorative dont voici le texte :
"A la mémoire des avegles combattants volontaires de la résistance (1940-1944) plusieurs furent victimes de sévices, de déportation et d'exécution capitale. Ici fut le siège de leur association."M. Aimé DALY, rencontré à l’INJA le 25 novembre, par exemple, nous a expliqué que, chaque jour, en allant au lycée avec sa canne blanche, quittant seul l’école d’aveugles ou il était interne, il transportait des documents dans son cartable au milieu de ses propres textes et notes, et passait ainsi tous les jours devant les sentinelles sans jamais être soupçonné. Il nous a déclaré n’avoir pas eu peur parce qu’il fallait agir. Il avait quinze ans. La grande modestie de cet homme m’a, je dois l’avouer, émue au plus haut point. Voici quelques éléments de sa biographie qui suffisent à comprendre l’ampleur de son engagement une fois la guerre terminée.

« Aimé Daly est né le 22 mars 1928. Kinésithérapeute de formation, il a exercé son métier pendant 45 ans de 1949 à 1993 en cabinet libéral et à l’hôpital. Il est officier de la légion d’honneur. Parallèlement à ses activités professionnelles, M. Daly a eu de nombreuses responsabilités associatives dans le secteur du handicap. En particulier, en 1979 il a cofondé l’Association pour le développement des aveugles surhandicapés à Lyon, qu’il a présidée pendant 18 ans et qui a donné lieu en 1989 à l’inauguration d’une maison pour aveugles surhandicapés de 60 lits à l’Arbresle dans la région lyonnaise.M. Daly a été membre du bureau puis secrétaire de l’Union Nationale des Aveugles de la Résistance à partir de 2004 ».

De nombreux témoignages tout aussi éloquents nous sont décrits dans « La Bataille des Ombres » de Charles DAVIN et nous font mesurer l’ampleur des tâches auxquelles participaient les aveugles résistants. Ce livre, paru en 1953, s’ouvre sur une lettre du Général de Gaulle suivie d’un avant-propos de Georges BIDOT.

Dans ces années-là, on citait seulement 120 aveugles résistants, tous ne s’étant pas encore manifesté, semble-t-il (l’Union nationale des Aveugles Résistants – UAR - fut créée en 1945). Cet ouvrage cite des tâches diverses : « ... Le combat clandestin qui, dès lors commençait, offrit aux aveugles de la résistance des possibilités d’actions que beaucoup d’entre eux n’hésitèrent pas un instant à transformer en héroïque réalité : missions de renseignement, réseaux de transmission, accueil des prisonniers alliés ou évadés, distribution de tracts et de journaux, propagande quotidienne. Aucune des tâches qui eût effrayé bien des hommes aux forces physiques intactes ne leur parut inutile ou inaccessible. » (Extrait de l’avant-propos).

 

L’un d’entre eux transporta même toute une imprimante, pièce par pièce, à travers la ligne de démarcation, guidé par un jeune adolescent. Il y eut en effet, différentes façons pour ces aveugles de se déplacer, avec la canne blanche seuls ou guidés ; l’un d’eux parle de son chien-guide.

Voici à présent deux extraits d’interviews où s’expriment deux autres résistants déficients visuels :

 

Roger François CLAPIER, Pdt de l‘Union nationale des Aveugles Résistants

Vous êtes malvoyant et pourtant vous êtes résistant pendant l’Occupation...

FC. Élevé dans le culte des combattants de la Grande Guerre, je n’ai pas accepté l’armistice. J’étais anti-Allemand, je ne faisais pas de politique. Le fait d’être malvoyant ne m’a pas empêché d’agir. J’habitais Marseille. J’ai voulu faire « quelque chose » avec des camarades de faculté. À la rentrée de 1940, avec des moyens quasi inexistants, nous avons décidé de fabriquer des tracts. Après avoir acheté des bandes de papier gommé, nous avons demandé à un imprimeur de fabriquer des tampons qui disaient «Mort aux boches », «À bas l’Allemagne »... Le papier gommé était tamponné, puis découpé en affichettes et collé dans les rues.

En mars 1941, après l’entrée des Allemands en Yougoslavie, nous avons pensé à déposer des fleurs devant le monument à la mémoire d’Alexandre de Yougoslavie et de Louis Barthou, assassinés à Marseille en 1934. Le « bouche à oreille » a bien fonctionné. Cette manifestation a été très suivie. La police française a laissé faire mais, découvrant que les fleurs étaient truffées de tracts, elle a fait retirer toutes les gerbes.

En mai 1941, un policier en civil m’a surpris en train de coller une affichette. Sans qu’il s’en aperçoive, j’ai réussi à me débarrasser du paquet de tracts qui se trouvait dans ma poche. Il m’a emmené aux Renseignements généraux où j’ai été maltraité pendant 48 heures. La police voulait savoir d’où provenaient les documents. Comme je n’ai pas parlé, ils m’ont finalement relâché.

 

Qu’avez-vous fait après ?

Photographie noir et blanc, la légende indique :
"Le fondateur et Président de l'Union des Aveugles de la résistance" entouré de ses premiers compagnons.FC. Je me suis fait oublier pendant un moment puis j’ai repris mes activités. Un peu plus tard, j’ai rejoint l’abbé Blanc qui était à la tête d’un réseau de Résistance de l’Office Strategic Service (OSS). C’était autrement plus sérieux que ce que j’avais connu avant. À l’époque, en plus de mes études, j’étais rédacteur auxiliaire à la Préfecture. J’utilisais des tampons de l’administration. Nous nous en sommes servis pour fabriquer des faux papiers. Mais il nous fallait aussi un tampon de la police. En 1943, j’ai réussi à subtiliser celui, personnel, de l’intendant régional de police. Après la guerre, j’ai fait don de ce tampon au musée de l’armée.J’avais un oncle qui était commandant adjoint du port de Marseille. Grâce à lui, j’ai pu transmettre à la Résistance toutes les informations sur les activités portuaires. En 1944, la Gestapo a fait des ravages terribles dans la Résistance de Marseille. Certains de mes amis ont été arrêtés et fusillés à Signes. Je me suis réfugié chez des amis résistants près d’Avignon ; là, nous avons harcelé les troupes allemandes qui battaient en retraite et participé à la sécurisation de la basse vallée de la Durance. J’ai reçu une Citation pour cette action.

 

Quelles étaient les activités des aveugles dans la Résistance ?

FC. Les Allemands ne se méfiaient pas de personnes avec une canne blanche. Les résistants aveugles ont donc pu faire du transport d’armes, de radios... Des kinésithérapeutes ont fourni la Résistance en matériel médical. Des standardistes ont transmis des renseignements. Des aveugles ont aidé les juifs, un des nôtres a été reconnu «Juste d’Israël ».

À part deux universitaires, un Père dominicain, un Pasteur, quelques kinés et standardistes, la plupart étaient des gens modestes qui ont servi courageusement. Deux ont été fusillés et cinq déportés.

 

Jean LABOURET – Membre de l’Union nationale des Aveugles Résistants

Où la guerre vous surprend-elle ?

JL. Dans l’Allier. J’habitais dans un petit village sur le Cher qui allait être coupé en deux par la ligne de démarcation. Orphelin de mère à onze ans, je vivais avec mon père, chaudronnier de profession. À quatorze ans, en 1934, j’ai perdu la vue après un très grave accident de la circulation. Quand la guerre a éclaté, j’étais dans une école de rééducation où je suis resté jusqu’à ma majorité, en 1941. Là, j’ai appris le braille et j’ai été formé à divers métiers. Comme j’étais doué pour la musique, j’ai travaillé en zone libre chez un accordeur de piano. Pour gagner un peu mieux ma vie, je fabriquais aussi des brosses dans l’ancien atelier de mon père. Mais ces activités ne me rapportaient pas assez pour vivre correctement. J’ai appris que la sous-préfecture de Saint-Amand-Montrond cherchait un standardiste pour gérer quarante lignes de téléphone, car les services étaient éparpillés dans toute la ville. J’ai tenté ma chance bien que n’ayant pas de formation spéciale dans ce domaine. L’entretien d’embauche s’est bien passé et j’ai été recruté. Le 13 décembre 1941, j’ai pris mon poste. J’étais installé dans un cagibi où se trouvait le standard. À côté de moi, une personne déchiffrait les messages secrets en provenance de Vichy. À cette époque, la sous-préfecture était séparée de sa préfecture par la ligne de démarcation. Les autorités de Vichy ont donc décidé que notre sous-préfecture serait rattachée à Châteauroux dans l’Indre. D’ailleurs, cela fonctionnait assez mal.

 

Pourquoi êtes-vous entré dans la résistance ?

JL. Mon père avait été grièvement blessé pendant la Grande Guerre. Cela m’avait marqué. Je me sentais profondément français et je n’aimais pas les Allemands.

Je me souviens que, en octobre 1940, quand j’ai appris par la radio de l’école que Pétain avait serré la main de Hitler à Montoire, ça m’a profondément choqué. Mais c’est un événement local qui a déclenché mon engagement.

Il y avait, près de Vierzon, une entreprise de transports internationaux dont les camions circulaient partout en Europe. Profitant de cette activité, les chauffeurs transportaient parfois clandestinement des prisonniers de guerre français évadés.

Mais un jour les Allemands l’ont su. Ils ont mis la main sur presque tout le personnel de l’entreprise. Ils ont aussi pillé les maisons d’habitation des personnes qui avaient été arrêtées.

Quand le sous-préfet l’a appris, il m’a demandé si j’avais un moyen pour établir une communication téléphonique avec la zone occupée. Je me suis débrouillé et il a pu entrer en contact avec le commandant de la Gestapo. Je ne connaissais pas l’allemand, mais j’ai bien compris que la discussion était très houleuse. Quelques jours plus tard, le sous-préfet était révoqué et remplacé par un chef de la Milice. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à faire plus attention à ce qui se passait autour de moi.

 

Comment avez-vous participé à la lutte clandestine ?

JL. J’ai découvert qu’il existait un réseau de résistance appelé la Compagnie Surcouf. Je voulais le rejoindre mais, étant donné mon handicap, je ne pouvais pas m’engager dans des actions de terrain. Je me suis donc orienté vers le renseignement. J’écoutais toutes les communications téléphoniques qui passaient par mon standard. J’étais ainsi au courant de pas mal de choses. J’ai collecté des renseignements partout où cela était possible. J’avais un ami alsacien qui parlait couramment l’allemand et faisait office de vaguemestre. Il dépouillait le courrier dans un bureau à côté du mien. Un jour, il m’a confié qu’il voyait passer de nombreuses lettres de dénonciation et il m’a demandé si j’étais d’accord pour les prendre et les détruire dans mon cagibi car, dans le bureau principal, des miliciens surveillaient son travail. Bien entendu, j’ai accepté. Il me transmettait les lettres en les cachant dans un annuaire téléphonique. Je les déchirais en mille morceaux et je les mettais ensuite dans un petit sac que j’allais vider dans les toilettes. Je faisais également mon possible pour m’informer sur les mouvements des troupes allemandes afin de prévenir les résistants du maquis Surcouf. Je passais aussi des petites pièces de rechange pour les voitures de la Résistance qu’un garagiste ami me demandait de transmettre au maquis.

 

Vous n’avez jamais été découvert ?

JL. Non, j’ai eu beaucoup de chance. Les Allemands ne m’ont jamais inquiété. Le danger est venu une fois, de la Milice. Un jour où je passais à côté de son quartier général, deux miliciens m’ont violemment pris à partie. Heureusement, quand ils ont découvert que je travaillais à la sous-préfecture, ils n’ont pas insisté. Après la guerre, j’ai repris des études et je suis devenu kinésithérapeute.

 

Ces entretiens sont extraits de la revue Les Chemins de la mémoire, numéro 164 - septembre 2006, éditée par le ministère de la Défense.

 

Jérôme Garcin raconte Lusseyran

Yanous

 

Dans un exercice d’admiration qui vient de paraître, l’écrivain et critique littéraire Jérôme Garcin évoque la vie du résistant aveugle Jacques Lusseyran, et explique comment cet homme de lumière est encore étouffé par la noirceur collabo. Interview.

 

Portrait, photographie noir et blanc,Jacques Lusseran s'allume une cigarette.

 

Pendant la Seconde guerre mondiale, la France occupée par l’Allemagne nazie a compté des résistants emblématiques. Parmi eux, Jacques Lusseyran, lycéen parisien aveugle devenu chef d’un réseau de jeunes gens, les Volontaires de la Liberté. Intégrés dans Défense de la France, ils diffusaient par centaines de milliers d’exemplaires un journal qui devint France Soir à la Libération. Mais le réseau est tombé en juillet 1943, victime d’un traître infiltré condamné à mort en 1945, et ses membres ont été déportés, Jacques Lusseyran réussissant à survivre à quinze mois d’abominations. Il a raconté son enfance et cette jeunesse en résistance dans l’autobiographie Et la lumière fut, rééditée en 2005 par les Éditions du Félin, à l’occasion d’une exposition consacrée à Défense de la France au musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). C’est la vie de ce grand résistant qu’évoque l’auteur Jérôme Garcin à la manière d’un éloge lucide, Le Voyant, paru début janvier chez Gallimard, soit une semaine avant l’assassinat à Paris des journalistes dessinateurs de Charlie Hebdo, de policiers, et de clients juifs d’un supermarché casher. Des événements tragiques avec lesquels la personnalité lumineuse de Jacques Lusseyran résonne particulièrement.

 

Question : Parmi tous les résistants oubliés, qu’est-ce qui vous a conduit à évoquer Jacques Lusseyran ?

Jérôme Garcin. Ce n’est pas le premier résistant auquel je me suis intéressé. Il y a 20 ans j’avais écrit le portrait de Jean Prévost, écrivain de la NRF, stendhalien émérite qui avait fait le choix de rejoindre le maquis du Vercors où il est devenu le capitaine Goderville et qui a été tué à Sassenage par les Allemands en 1944. Ce qui m’a attiré vers Lusseyran, c’est qu’avant le résistant il y a d’abord l’aveugle et l’écrivain qui m’ont captivé, la résistance est venue après. Elle illustre très bien les combats menés tout au long de sa vie par Lusseyran, mais le choc fondateur qui m’a poussé vers lui, c’est son livre, Et la lumière fut. Je pense que s’il n’y avait pas eu ce choc-là, dans tous les sens du terme, je ne me serais pas à ce point passionné pour cet homme, Résistance ou pas.

 

Question : Vous avez découvert ce texte dans la réédition d’il y a une dizaine d’années par les Éditions du Félin ?

JG. Absolument. Je ne l’avais pas lu avant, il y avait eu d’autres éditions. C’est François Georges qui à l’époque était le coordinateur de la collection Résistance-Liberté-Mémoire au Félin qui me l’avait adressé en me disant que le livre pourrait m’intéresser. Il ne pensait pas à quel point il allait me captiver ! Après, j’ai lu la réédition du récit de Lusseyran Le monde commence aujourd’hui. La bonne fortune a voulu que Claire Lusseyran [fille de Jacques NDLR] m’écrive ; on s’est rencontrés et elle a mis à ma disposition des livres publiés et jamais réédités, y compris la toute première version de Et la lumière fut, et surtout la masse de ses textes non publiés, romans, nouvelles, contes. J’ai eu accès à la part méconnue, et pour cause, non publiée de Lusseyran.

 

Question : Dans cette biographie, vous faites à la fois un travail d’écrivain...

JG. Ce n’est pas une biographie, je n’ai pas cette prétention-là, j’espère que d’autres la feront. C’est un exercice d’admiration, comme le livre Pour Jean Prévost il y a vingt ans. Évidemment, cela s’apparente à un récit biographique, mais tout n’y est pas, et je me suis davantage attaché à ce qu’a écrit et pensé Lusseyran qu’à ce qu’il a vécu. Dès le début, je me suis interdit un double travail. D’abord celui de romancier, alors que dans le passé il m’est arrivé de romancer les vies de personnages réels. Je l’ai exclu pour une raison morale parce que je ne voulais pas réinventer une vie qui déjà est inimaginable, fût-ce pour un romancier, et qu’il y a ce chapitre central de la traversée de Buchenwald où je m’interdisais encore plus d’être romancier. Je pense que cette expérience-là, seuls ceux qui l’ont vécue peuvent, soit la réinventer, soit prendre avec elle des libertés. De la même manière, l’exercice biographique aurait été voué qu’à ne mettre bout à bout les éléments d’une vie brève : Lusseyran n’avait que 47 ans quand il est mort, et cela n’aurait pas donné a mesure de cet homme. Il fallait passer par l’admiration, l’enthousiasme, même une forme de ferveur dont je pense que c’était la seule manière de le rendre communicatif.

 

Couverture du livre "Le Voyant" de Jérôme Garcin.Question : On lit dans cet éloge une partie qui l’est un peu moins, lorsque vous expliquez que Jacques Lusseyran de retour de Buchenwald se retrouve aux prises avec une dépression et entre les mains d’un “gourou” dont il ne parle pas dans Et la lumière fut.

JG. Non, mais en revanche il lui a consacré un livre, Georges Saint-Bonnet Maître de joie. Vous savez, la pire chose qu’on puisse faire quand on rédige un éloge, c’est de mettre de côté la partie ombreuse d’un personnage, même solaire. Il fallait montrer aussi les fragilités de cet homme qui peut ressembler à un roc, la période de l’après-guerre, de la Libération et du retour à Paris, de cette dépression que je mets d’abord sur le compte du désarroi d’un rescapé - ils n’ont pas été si nombreux à sortir de Buchenwald - de l’indifférence totale dans laquelle il a été accueilli à Paris. Je ne parle même pas du refus de reconnaissance : pas de médaille, pas de pension, pas d’honneurs, rien qui ne soit donné à un tout jeune homme de 20 ans qui avait été résistant, déporté, et dont la conduite avait été exemplaire. Ensuite, il y a la pire chose qu’ait pu connaître Lusseyran rentré dans ce pays libéré : il veut repasser pour la seconde fois ce concours de Normale Sup qu’il n’a pu passer en 1942 puisqu’il a été exclu manu militari de la salle où il le présentait du fait du décret du ministre de l’Éducation Abel Bonnard qui interdisait aux handicapés de se présenter aux postes de la fonction publique. On lui ressort ce texte daté de 1942 et venu du Régime de Vichy pour à nouveau lui interdire de présenter ce concours qui était la seule chose pour laquelle il survivait, si j’ose dire ! Pour être prof, pour enseigner, pour être un passeur de grands textes. En raison de cette opposition de se présenter à Normale Sup, Lusseyran a pour la première fois le sentiment d’être un handicapé. Il dit : “Je ne l’étais pas au lycée, je ne l’étais pas dans la Résistance, je ne l’étais même pas dans un camp de la mort, mais je l’ai été pour des raisons administratives dans un pays qui venait de recouvrer sa liberté.”


Question : Vous évoquez la singularité de Jacques Lusseyran, mais c’est d’être aveugle, ou d’être seul ? Visiblement, c’était un homme qui n’était pas autonome, il avait toujours un bras pour le guider, des lecteurs pour connaître les livres, il était aux antipodes de l’aveugle autonome et indépendant.

JG. Quand j’ai compris que tout au long de sa vie, entre ses 8 ans, l’accident qui le rend aveugle, et ses 47 ans, sa mort, jamais il n’a fait usage d’une canne blanche et même pas d’un chien guide, quand j’ai compris qu’il avait toujours eu une épaule sur laquelle mettre sa main, une main dans laquelle mettre la sienne, alors j’ai compris qu’il n’avait jamais été seul. D’où son sentiment, à la prison de Fresnes, d’être pour la première fois aveugle. S’il ressent pour la première fois l’obscurité, d’être dans la nuit dans cette cellule de Fresnes, c’est qu’il n’a pas de main ou d’épaule pour poser sa main. Il a toujours été entouré, aimé, voire admiré, donc il n’a jamais manqué. C’est quelqu’un dont la vie est une sorte de défi un peu insolent à l’autonomie. Sauf intellectuellement.

 

Question : Comment expliquez-vous que Lusseyran ait plus tomber dans l’oubli ?

JG. C’est une question capitale. Il y a une première raison qui vaut malheureusement toujours, d’ordre purement littéraire, que j’ai déjà invoquée et évoquée il y a 20 ans dans Pour Jean Prévost. Il était l’auteur d’une trentaine de livres, essais, romans, précoce puisqu’il est mort à 43 ans. Quand j’ai écrit Pour Jean Prévost, c’était d’abord un livre de colère avant d’être un exercice d’admiration et de réhabilitation. Aucun des titres de Prévost n’était disponible, même ceux publiés chez Gallimard. Et l’année où j’ai commencé ce livre, j’ai reçu trois biographies différentes de Robert Brasillach, écrivain collaborateur qui n’est pas sans talent d’ailleurs, et j’en ai conclu - même si c’est un petit peu expéditif comme jugement – en France en tout cas et à cause du génie littéraire incontestable de Céline, que les écrivains qui avaient fait le bon choix étaient de mauvais écrivains, des écrivains du bon sentiment, de la philosophie pour classes terminale, c’est-à-dire Saint-Exupéry, Albert Camus, Jean Prévost. Et qu’en revanche, tous les écrivains un peu noirs, un peu sulfureux, qui avaient collaboré, qui avaient pactisé avec les Allemands, qui avaient parfois écrit des articles odieux y compris antisémites dans la presse collaborationniste, comme Céline, comme Brasillach, Drieu la Rochelle, comme beaucoup d’autres, étaient crédités d’un supplément de talent, de verve. Cette équation a fait un tort terrible à l’édition de ces 20 dernières années. Effectivement, on ne trouvait quasiment plus rien des écrivains résistants et en revanche il n’y avait pas un seul inédit, un seul carnet de ces écrivains collabos qui n’ait été édité ! Tout cela a été valable pour Prévost, et malheureusement aussi pour Lusseyran.


Il y a aussi une seconde raison qui touche en particulier Lusseyran, qui est vraie aujourd’hui comme elle l’était de son vivant : on a fait de lui le témoin exclusif et le rescapé exclusif de Buchenwald. Et la lumière fut témoigne de l’enfer concentrationnaire, il l’a connu pendant quinze mois, il en est sorti, il a témoigné. Effectivement le livre est admirable. Cela veut dire que le reste qu’il a pu écrire, d’abord les éditeurs de son vivant n’en voulaient pas parce que le romancier Lusseyran, le conteur Lusseyran, le dramaturge Lusseyran, le poète Lusseyran, ils n’en voulaient pas. Il ne voulait que le témoin de Buchenwald, et ça, il en a beaucoup souffert parce que c’est toute sa raison d’être qui a été éradiquée de son vivant. Et si je devais donner une troisième raison qui est plus complexe à analyser, qui demanderait peut-être un peu de temps et de doigté, c’est que je pense que notre pays, plus que d’autres, à du mal avec ses héros et se complaît volontiers dans un masochisme, une amertume, une forme de détestation de soi qui est très propre à la France, qui fait que tous ceux qui sortent de l’ordinaire, qui sont lumineux comme l’était Lusseyran ont moins leur place que les dépressifs avantageux... Alors que ma conviction est que les gens ont envie, ont besoin de lui. Je suis très frappé depuis que Le Voyant est sorti, le 1er janvier de cette année, il y a eu la tragédie que l’on sait, les attentats. Ce livre a été déjà quatre fois réimprimé, des gens ne cessent de m’écrire “Enfin vous nous faites connaître quelqu’un qu’on va lire, tout de suite, dont on a besoin aujourd’hui”, qui est considéré comme un contemporain capital parce que lui a su s’opposer à d’autres tragédies, à d’autres drames que ceux qu’on vit aujourd’hui, une force, une vaillance, une résistance hors du commun. Je pense que les gens ont davantage envie de ce message lumineux que de modèles dépressifs et négatifs. Lusseyran, ce porteur de lumière, vient au bon moment.

Propos recueillis par Laurent Lejard, février 2015.(Lettre d’information de Yanous n°441 du 6 au 20 février 2015)

http://www.yanous.com/tribus/aveugles/aveugles150206.html

 

Le mot engagement a-t-il un sens ?

Maudy Piot, Psychanalyste, présidente- fondatrice de l’association “Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir”

 

Portrait de Mme Maudy PiotParler d’engagement est aujourd’hui chose fréquente. Mais que recouvre ce mot ? Quel sens a-t-il ?

Si je fais un retour en arrière, il me semble que ce mot faisait partie du langage de mon enfance, de mon adolescence. Il évoquait pour moi un acte individuel au sein d’un collectif. C’était tout d’abord un choix personnel, la réalisation d’un désir, la volonté de participer à des activités qui avaient de la valeur.

Je suis catalane du Sud de la France, région où nous avons connu l’afflux des résistants espagnols, leur internement, les résistants français en zone dite libre. Les échanges allaient bon train et mes oreilles d’enfant entendaient des récits extraordinaires de luttes clandestines, de défense des droits, de parole donnée, d’engagement, de silence. L’injustice a toujours été pour moi impossible à supporter, à admettre tout simplement. La rébellion était une arme extraordinaire devant l’injustice. Enfant, déjà, je ne supportais pas l’injustice en classe. La petite école communale de mon village où se retrouvaient tous les enfants des environs, regroupait des enfants de la terre viticole, des enfants d’ouvriers agricoles, des gros grangers, des régisseurs et quelques enfants de parents exerçant des professions libérales. La maîtresse traitait différemment les uns ou les autres en fonction de leur condition sociale. Petite anecdote : je suis atteinte d’une maladie génétique ; enfant je voyais mal. Je demande à la maîtresse si je peux me mettre au premier rang. Réponse : Non ! puisque tu l’as demandé, tu seras au dernier rang toute l’année ! Que peut ressentir une petite fille de 6 ou 7 ans devant une telle réponse ? Une épouvantable injustice, une colère terrible qu’elle ne peut exprimer, de l’incompréhension et le désir de ne pas se soumettre à cette injustice. Que se passe-t-il dans la tête d’une enfant qui souffrait déjà de sa différence, qui grandissait dans un milieu où le handicap était considéré comme une “tare” ? Au collège, au lycée, je militais dans les mouvements chrétiens comme la JEC, toujours pour combattre les injustices, défendre les libertés. C’était une nécessité vitale.

Je traversais une période où la fougue de la jeunesse, la soif d’aventure, d’inconnu, faisaient que tout me paraissait possible, que s’engager était une évidence.

Ma vue s’en allait doucement, mais je ne voulais rien en savoir, j’étais dans le déni, l’héroïsme. Je découvrais en même temps que la femme était quantité négligeable. Toutes les instances dans lesquelles j’étais engagée (syndicat, mouvements de jeunesse, etc.) avaient comme “chefs” des hommes. Mais où étaient les femmes ? Elles étaient là, peu nombreuses, militantes mais dirigées par la gent masculine...

Vivre Mai 68 m’a permis une ouverture fantastique, efficace, et m’a donné le désir de défendre avec encore plus de véhémence la Liberté, plus de ténacité, de force pour combattre les injustices.

En 1973, la mort d’Allende raviva cette fougue. On s’engageait pour soutenir les Chiliens qui arrivaient en France pour fuir la Junte de Pinochet. Alors oui, mon engagement n’a jamais été aussi fort.

Mais de quel engagement suis-je en train de parler ?Il y a d’une part tous ces engagements successifs dont je ne pouvais me passer, qui nourrissaient ma vie, mon intelligence et surtout qui m’ont permis de partager des aventures extraordinaires. Ces engagements entrainaient parfois beaucoup de souffrance, d’incompréhension, de mise à l’écart. J’ai vécu une aventure qu’aujourd’hui je trouve drôle mais qui à l’époque n’a pas été facile à vivre.

Je crois que l’engagement est cette étincelle qui un jour, au détour d’une rencontre imprévue, vous est donnée. Les valeurs que l’on défend sont celles que l’on a intégrées dans son cœur et dans son corps. Elles sont plus essentielles que les règles, les lois.

Tout au long de ce chemin de vie ma vue s’en allait. J’ai dû reprendre des études pour garder toute mon autonomie de femme, de citoyenne. J’étais infirmière, mais ai été obligée de suivre un cursus de kinésithérapeute. Mon diplôme en poche, j’ai travaillé en milieu hospitalier et dans le privé.

Que de rencontres fantastiques, riches, étonnantes ont jalonné ces années ! J’ai eu la chance extraordinaire de vivre dans mon milieu de travail avec les féministes de l’époque. Je me suis trouvée dans l’équipe qui a pratiqué des avortements clandestins. J’ai vécu le procès de Bobigny. Mon engagement aujourd’hui, mon infatigable besoin de crier haut et fort que les femmes handicapées sont des Citoyennes à part entière, viennent de toutes ces années de lutte, du courage des autres et de mon désir irrésistible de la vie.

Aujourd’hui, je me bats contre les violences que vivent les femmes handicapées. 80% d’entre elles (36% chez les femmes valides) sont sous le joug des violences physiques, psychologiques, de la maltraitance au travail, du viol ... Mais qui y croit réellement ? Qui accepte de voir ces violences ?

Le handicap ne renvoie pas une image ludique, joyeuse. Il renvoie à la singularité, à la différence. Il engendre de l’angoisse, de la frustration. Le handicap dérange, il faut le savoir et ne pas se leurrer. « Ces handicapés ils nous emmerdent avec leurs problèmes d’accessibilité !»

Bien sûr qu’il y a eu des progrès, mais quand vous voulez organiser un colloque et que vous cherchez une salle accessible, il faut se rendre à l’évidence, il y a très peu de salles accessibles aux différents handicaps. Le handicap dérange car il n’est pas prévu.

Mon engagement est de ne jamais laisser passer un manque d’accessibilité ou une violence; il est de dénoncer le refus des personnes handicapées dans certains lieux. Mon engagement est de dénoncer le manque d’accessibilité des hôpitaux, des centres médicaux ; de dire que les femmes handicapées n’ont pas les soins gynécologiques adaptés à leur singularité comme par exemple une table gynécologique accessible.

Mon engagement est d’exiger la parité dans l’embauche des personnes handicapées : 3% de femmes pour 3% d’hommes dans le quota légal. Aujourd’hui c’est plus de 5% d’hommes et donc à peine 1% de femmes. Mon engagement est aujourd’hui le temps donné, partagé, pour l’Association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir dont je suis la présidente et la fondatrice.

 

Les femmes handicapées en première ligne.

Tout en poursuivant ma route, je suis allée à la rencontre des grandes associations de personnes aveugles. J’ai été horrifiée par les propos entendus et surtout par la détresse des jeunes femmes aveugles : leur manque de féminité, leur abandon, leur manque de soins.

À l’époque les filles aveugles ne suivaient pas obligatoirement une scolarité, les garçons bien sûr que oui... J’ai rencontré des femmes aveugles qui mangeaient avec leurs doigts, qui étaient sales, mal habillées... Mes échanges avec elles m’ont bouleversée, m’ont interpellée, m’ont fait comprendre et décider que le combat à mener était là. Je découvrais enfin, me semble-t-il, le lieu de mon Engagement. Je suis Femme, je suis une personne handicapée, je suis une Citoyenne à part entière. Mon handicap n’est pas mon identité, il est dû au hasard de la vie. Je veux citer Lucie Aubrac (lors du premier colloque de l’association que j’ai fondée) : « Je me permets de vous dire, du haut de mes 91 ans, à vous adultes, professionnels qui êtes venu(e)s, je vous dis que votre présence ici prouve que vous êtes des citoyennes, et donc que vous êtes prêtes au combat et à la victoire ».

En effet, en 2003, année européenne des personnes handicapées, j’organisais avec mon mari et une poignée de copines le premier forum national consacré aux femmes handicapées, sur le thème « Femmes handicapées citoyennes ».

Trois tables-rondes sur « Femmes handicapées : Maternité, Emploi et Vie quotidienne ». Six femmes à chaque table- ronde avec une animatrice. Six femmes singulières, d’âges différents, de professions diverses, de milieux sociaux multiples tout au long de la journée ont échangé, partagé leur expérience de vie. Mille personnes, handicapées ou non, remplissaient la salle de l’Hôtel de Ville de Paris.

On parlait de Citoyenneté, de Solidarité, de Ténacité. À la fin de la journée l’Association « Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir » nouvellement créée comptait 250 adhérentes et adhérents. Ce 25 novembre 2003 signe pour toujours l’engagement des femmes handicapées dans la vie Citoyenne. Plus jamais nous ne lâcherons.

Ne plus vouloir accepter que les femmes handicapées soient considérées comme inférieures. Savoir revendiquer nos droits, exiger l’égalité des chances, Aujourd’hui, poursuivre les engagements pris, ne jamais baisser les bras, dire et agir tous les jours pour la citoyenneté des femmes handicapées. Être engagées toujours et partout. Lutter contre les violences que subissent les femmes handicapées.

Il y a un an personne ne parlait des violences envers les femmes handicapées. Aujourd’hui, nos politiques, nos associations, les médias commencent à nous entendre.

« Je vous parle d’un temps... »J’ai l’impression de parler comme une ancêtre d’un temps révolu « que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » et d’autres plus âgés ! Il est vrai qu’aujourd’hui le terme d’engagement n’a pas la même résonnance que dans mon histoire. Non, les jeunes ne sont pas moins généreux que de mon temps, c’est ridicule de le répéter. Mais le contexte sociétal a changé du tout au tout. J’observe que la mobilisation des citoyens se fait maintenant beaucoup plus dans l’émotion, dans l’affectif, encouragée en cela par le système médiatique, son immédiateté, privilégiant ce ressort plutôt que la réflexion. Nous l’avons vu récemment avec « Je suis Charlie » ! Les grandes causes ont besoin de télévision, de spectacle (comme le Téléthon...), et du coup les « petites causes », celles du quotidien, de la vie en entreprise, dans les quartiers, sont délaissées, peut-être même « dévalorisées ». L’engagement politique a pris, comme on dit, « un coup dans l’aile » et recueille le scepticisme alors qu’il devrait mobiliser la citoyenneté.

J’observe cependant à partir de mon vécu quotidien que l’univers associatif captive encore de nombreux jeunes et adultes.

Le bénévolat n’est pas mort. Pourquoi ? Peut- être parce que l’engagement qu’il requiert a quelque chose d’immédiatement palpable, qu’il est à l’abri des injonctions idéologiques, de ce qui peut être ressenti comme de l’embrigadement. On peut penser loin des dogmes, du « politiquement correct », l’on y trouve plus de convivialité qu’ailleurs. Je pense sincèrement que le monde associatif peut devenir le ferment du renouveau social, citoyen. Je souhaite que ce soit vrai. Je l’espère ardemment !

 

L’engagement associatif, un shoot à l’aventure humaine

Patrice Radiguet

Lorsque Marie-Renée Hector m’a demandé si je voulais bien rédiger un article pour la revue du GIAA, je lui ai peut-être répondu « oui » un peu vite. En effet, comment parler de « l’engagement associatif » pour quelqu’un qui baigne dedans, peu ou prou depuis l’âge de quatorze ans ? Afin de ne pas me fourvoyer dans l’affectif le plus flou, j’ai tenté, dans un premier temps d’interroger sur les deux termes : engagement et associatif, quelques uns de nos penseurs et sources modernes d’information.

Pour ce qui est de l’engagement, je me suis donc reporté à l’enseignement que nous a dispensé Sabrina Labbé, pendant la formation IPFA que j’ai suivi à l’Université de Toulouse-le-Mirail en 2013. La notion d’engagement renvoie à la motivation, à l’implication, au contrat et à l’atteinte des objectifs.

Selon la définition qu’en donne Kiesler (1966) : la question de l’engagement c’est le « qu’est- ce qui fait qu’une personne s’engage dans une certaine ligne de conduite » ? C’est le « lien entre l’individu et ses comportements, ses actes ».

Pour certains, il s’agirait d’un état, alors que pour d’autres, ce serait plutôt un processus. L’engagement interne, (lignée du psychologue Lowen) relève d’une conception mentaliste : explication des comportements par les cognitions : je fais ce que je pense.

À l’inverse, allant avec l’engagement externe, est le comportement matérialiste : je pense ce que je fais. Normalement, si je fais quelque chose, c’est parce que cela est conforme à mon système de pensée. Si ça ne l’est pas : si mon comportement est contraire à ma pensée, j’ai besoin de rationaliser afin de réduire l’écart entre mes cognitions et mes comportements ou « réduire la dissonance cognitive ». Là est la lignée des psychologues sociaux : Kiesler (1971), Joule et Beauvois.

Pour l’encyclopédie Wikipédia, « une association est la réunion, le rapprochement de plusieurs entités, tant physiques (personnes, entreprises) que conceptuelles (idées, couleurs etc.) Le terme peut aussi bien désigner l’action du rapprochement que le résultat de ce rapprochement.

En résumé : à partir du moment ou un groupe d’individu s’est rassemblé autour d’une idée afin de la promouvoir et de la défendre, il existe (au moins chez certains d’entre eux) une mise en adéquation comportementale entre cette ou ces idées et leur système de pensée. À l’opposé, c’est peut-être cette convergence initiale et intrinsèque à chaque individu du groupe qui les a poussé l’un vers l’autre et dans ce cas, l’association qui en découle ne serait que le résultat d’une somme.

Mais, dites-moi, que ce soit dans un cas où dans l’autre, cet engagement associatif peut provoquer, chez les plus atteints d’entre nous, des manifestations gravissimes pouvant aller jusqu’à l’oublie de notre entourage, de nos loisirs et même des êtres qui nous sont les plus chers. N’y aurait-il pas, là, quelque similitude avec la rage, ou tout au moins avec la passion capable de dévorer un être ?

Pour le dictionnaire français Larousse, la passion est définie comme « un mouvement affectif très vif qui s’empare de quelqu’un en lui faisant prendre partie violemment pour ou contre quelque chose ou quelqu’un ».

Oh, on n’en est pas là... Quoi que !Le dictionnaire Internaute, lui, nous apprend que : la passion est une « affection, un intérêt très vif pour quelque chose, pour quelqu’un... »On pourrait essayer de synthétiser en disant que, notre groupe s’étant rassemblé autour d’une idée commune à défendre, tout ou partie des individus qui le composent trouvent en cette association un investissement plus ou moins modéré pour un système de pensée d’action que l’on peut supposer préexistant.

J’en reviens maintenant à quelque chose que j’ai déposé en cours de route et qui, maintenant, va prendre tout son sens. Je vous ai dit que l’engagement renvoie à la motivation, à l’implication, au contrat et à l’atteinte des objectifs. Chaque association, en principe, est régie par des statuts et, c’est dans l’un des tout premiers articles de ceux- ci que sont définis ses objectifs (ou ses buts). Vous voyez là où je veux en venir ? C’est simple. Nos gaziers, après s’être réunis en association et après avoir défini ce qu’ils veulent faire de ce truc qu’ils viennent de créer s’engagent à fond dans la défense de leurs idées et dans l’atteinte des objectifs qu’ils ont définis. Si c’est pas de la rage, ça !

Remarquez que, dans nos associations, on trouve aussi (et en bien plus grand nombre) un autre groupe d’individus : celles et ceux qui se comportent en « consommateurs ». Et ça, lorsqu’on s’est engagé à fond, ça nous met en rage. Nous qui consacrons à la mise en œuvre et à l’atteinte des objectifs le plus clair de notre temps avons toutes les peines du monde à admettre que d’autres ne voient dans cette « œuvre merveilleuse et unique » un simple moyen supplémentaire de consommer...

Je crois que j’ai fini par m’égarer ! Je vous avais prévenu, il n’y a rien de rationnel là dedans. Alors, comment voulez-vous que je suive un fil, que j’arrive à vous donner des points de repère ? L’engagement associatif, comme tout engagement passionnel est une affaire... de passionnés. Alors, ne cherchez chez nous aucune rationalité, aucune mesure dans notre engagement.

Vous n’avez rien signé, et l’activité associative fait quand-même partie de vos loisirs ! Vous n’y avez aucune obligation, et surtout pas une obligation de résultat, de production, comme dans votre travail quotidien.

C’est peut-être justement parce que personne ne nous y oblige que nous, les passionnés de l’action associative engagée, de l’action juste, de l’action qui fait sens, nous recherchons cette perfection. Bien sûr, personne ne nous y oblige, mais c’est justement, à l’opposé du « chagrin » quotidien parce que nous percevons enfin tous les tenants et les aboutissants de notre action que nous la voulons de qualité. C’est cela qui donne un sens à notre vie.

Refuge ? Fuite de la réalité ? Narcissisme primaire ? Va falloir consulter !

Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient, et vous verrez du pays ! Du pays, peut-être pas, quoique... Ça dépend justement des objectifs de l’association. En tout cas, vous y découvrirez une fabuleuse aventure humaine, et c’est peut-être ça qui nous motive. Ah non ! Je n’ai pas dit que c’était facile ou drôle tous les jours ! Mais au fond, je crois que c’est ça qui nous fait avancer. Nous sommes tous shootés à l’aventure humaine, et c’est pour cela qu’on vous aime autant !

 

L’historien et le mathématicien

Marie de Saint-Blanquat

Portrait de M. Patrice Radiguet

Un soir d’hiver, à la gare de Toulouse, dans la salle d’attente des personnes handicapées à accompagner, j’ai rencontré Pierre Outteryck. D’un naturel liant autant l’un que l’autre, nous avons engagé la conversation. Il me raconte entre autres, qu’il a ouvert le chemin du CAPES et de l’agrégation d’Histoire aux déficients visuels, aveugles ou malvoyants, grâce à son obstination et à l’accompagnement de ses parents, mais aussi grâce à sa rencontre avec René Gouarné, alors président du GIAA et agrégé de mathématiques.

On peut aisément imaginer mon contentement car je ne suis pas sûre que l’histoire de notre association ait enregistré cette “conquête”... René Gouarné et Pierre Outteryck s’étaient rencontré dans les Pyrénées et avaient eux aussi engagé la conversation sur leur cheminement réciproque. Rencontrer un historien aveugle enthousiasma le Président qui avait lui-même dû lutter pour que les concours d’enseignement soient ouverts aux déficients visuels. (Rappelons qu’en 1942, le gouvernement Laval y avait mis un interdit.)

J’apprends, dans la foulée, que Pierre Outteryck a écrit le récit de sa vie, avec ses combats et ses engagements : Mon destin : ne pas être aveugle. Les lecteurs déficients visuels qui le souhaitent pourront le trouver à la Librairie sonore ou sur la BNFA.

Historien, Pierre Outteryck est donc devenu enseignant chercheur. Puis il a pris des engagements associatifs au Secours Populaire et se dépense pour que, dans cette association, les personnes handicapées puissent avoir le même engagement que les autres... et il arrive un beau jour à la direction de cette œuvre caritative.

Enfin, il est également l’auteur de nombreuses biographies de personnes engagées, résistants, féministes, syndicalistes et politiques.

La lecture de son livre me laisse à penser que Pierre Outteryck nous réserve encore d’autres combats et d’autres engagements.

Mon destin : ne pas être aveugle est édité aux éditions du Geai bleu.

 

Entretien avec Hamou Bouakkaz : “Dans dix/ quinze ans, la France aura un ministre de premier plan handicapé”

Marie-Renée Hector et Stéphanie Zoccola

 

En matière d’engagement, Hamou Bouakkaz est une référence. La liste des combats, activités, engagements associatifs et politiques de ce Francilien quinquagénaire né aveugle en Kabylie, a de quoi donner le vertige.

Hamou Bouakkaz est surtout connu pour sa présence aux côtés de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, en tant tout d’abord que conseiller en charge de l’inclusion des personnes handicapées à la vie de la cité, puis comme adjoint en charge de la démocratie locale et de la vie associative. On connaît le franc-parler de cet homme de gauche qui milite pour une égalité des chances aux antipodes de l’assistanat.

M. Bouakkaz et son verbe piquant et direct nous a accordé un entretien sur la thématique de l’engagement. En voici la transcription.


QSLD. Comment définiriez-vous la notion d’engagement ?

HB. C’est la part que chacun doit donner à la construction d’un tout cohérent.

 

QSLD. Quand et comment s’est manifesté chez vous votre envie et/ou besoin d’engagement ?

HB. Ça s’est manifesté très tôt, vers l’âge de 9/10 ans quand j’ai constaté que pour que je devienne quelqu’un ou quelque chose, des dizaines de gens s’engageaient. Sur le plan professionnel ou bénévole, des dizaines de personnes y mettaient d’elles-mêmes. J’ai commencé avec la troupe de louveteaux de mon école primaire. Puis ensuite, très vite, je me suis engagé comme délégué de classe. J’ai eu des engagements successifs mais toujours tournés vers la construction d’un tout cohérent.

 

QSLD. À la base c’est de la gratitude pour ceux qui œuvraient pour vous faciliter la tache ou c’est une nécessité, une prise de conscience, l’envie d’en être ?

HB. Les deux. Et peut-être probablement la satisfaction égotique de mon envie d’être un leader, d’impulser des choses, de porter des choses. La perception que j’avais une personnalité un peu singulière qui avait peut-être quelque chose à offrir.

 

QSLD. Tout cela fait-il partie de l’éducation que vous avez reçue ou est-ce un constat personnel ?

HB. Mes maîtres ont beaucoup fait pour ça, mes instituteurs, mes éducateurs et les assistantes sociales qui nous aidaient beaucoup... Toutes ces personnes ont probablement construit cette envie d’aller faire quelque chose avec les autres.

 

QSLD. Qu’est-ce que la cécité change dans ce domaine ?

HB. Me concernant, j’ai très vite eu conscience que le fait d’être aveugle me rendrait débiteur vis-à-vis du reste de l’humanité. Je songe que tous les jours pour que je puisse me déplacer, lire, satisfaire un certain nombre d’actes de la vie quotidienne, je recours à peu près à 30 minutes d’aide quotidienne de plusieurs bénévoles accidentels. Tout ça me fait prendre conscience que pour que je puisse vivre bien, il faut qu’il y ait une chaîne vertueuse qui se constitue. J’ai toujours eu le sentiment qu’il me fallait dans la mesure du possible faire partie de chaînes vertueuses pour d’autres.

 

QSLD. On en arrive à l’engagement politique, même si l’on ne va pas réduire votre engagement au seul domaine politique...

HB. Non, non... D’ailleurs surtout que la politique m’a réduit considérablement.

 

QSLD. Le handicap en politique en est-il vraiment un ?

HB. Oui. Évidemment. Dès lors que vous voulez en politique être à une place qui n’est pas celle qui vous est assignée, le handicap est utilisé comme une faiblesse, évidemment.

 

QSLD. Pour préparer notre entretien, nous avons effectué quelques recherches. Nous avons lu que vous aviez déclaré lors d’une interview avec Yves Calvi sur RTL que « vous avez fait de votre handicap un argument marketing en politique ». Comment avez-vous fait cela ?

HB. J’ai expliqué que le fait d’être handicapé me donnait un rapport au monde différent et que ce rapport au monde me donnait une vision de la société et de la place de chacun dans la société. Place qui était différente et que moi, handicapé, j’étais par définition mieux outillé pour faire de la place à ceux qui n’en avaient pas.

 

QSLD. Les aveugles qui assument des responsabilités politiques ou qui portent la chose politique sont-ils condamnés à ne traiter que des questions de mobilité ou d’accessibilité ?

HB. Sûrement pas. Je connais un aveugle qui est maire de sa ville (Sylvain Nivard, édile de Méry-sur-Cher, ndlr)

 

QSLD. Reposons la question de façon moins polie : les politiques ne confinent- ils pas leurs homologues aveugles exclusivement aux questions de mobilité et accessibilité ?

HB. Ah oui... Je comprends... À partir du moment où vous êtes atypiques, vos camarades de jeu ont tendance à vouloir vous cantonner à ce qui fait votre singularité. Et je vais même aller plus loin : je pense que si j’avais accepté de jouer le jeu, si j’avais été adjoint chargé des handicapés, je serais toujours en politique.

 

QSLD. C’est-à-dire que vous n’auriez pas été écarté de la liste PS de Paris entre les deux tours des élections municipales de 2014 ? (il a rejoint la candidate PS Anne Hidalgo, figurant sur la liste du 20e arrondissement. Il était en positon éligible lors du premier tour, mais à la suite de l’accord passé avec Europe Écologie Les Verts, il est rétrogradé à la 14e position sur la liste du 20e le rendant inéligible au Conseil de Paris, ndlr).

HB. Non. Je pense que les choses auraient été différentes parce que je n’aurais pas occupé un créneau qui était supposément affecté à d’autres gens. Personne n’est conscient de ça. Il n’y a pas de volonté consciente d’agir de cette façon, mais la politique est construite de manière extrêmement grégaire et aujourd’hui les appareils s’apparentent beaucoup plus à des mafias légales qu’à des laboratoires d’idées.

 

QSLD. C’est quand même affreusement réducteur tout ça...

HB. Réducteur pour qui ?


QSLD. Pour tout le monde : pour les personnes qui s’engagent et pour la société elle-même.

HB. Non, ce n’est pas réducteur. C’est plus pratique. La politique c’est un paysage alpin, c’est-à-dire noir et fourni en bas et blanc et chauve au sommet. On commence par admettre l’altérité, mais dans des espèces de cases. C’est une évolution somme toute logique. Vous avez vu que les femmes sont entrées en politiques par les domaines de la santé, du social... et qu’aujourd’hui il va de soi qu’une femme pourrait devenir premier ministre. Il y a eu Édith Cresson... Mais c’est d’ailleurs la droite, il faut le reconnaître, qui a donné aux femmes des postes de premier plan. Les handicapés, ça viendra aussi. Dans dix vingt ans le problème sera résolu. La génération suivante, je pense.

 

QSLD. Est-ce que ça coince uniquement au niveau des sommets alpins, blancs et chauves, ou est-ce que les handicapés eux-mêmes ne se brident pas ?

HB. Il y en a sûrement qui se brident parce que c’est quand même beaucoup plus facile. Celui qui veut arriver vite a intérêt à rester dans cette case car pour lui ce sera plus facile. Il vaut mieux être handicapé d’élevage qu’handicapé sauvage qui veut aller brouter son herbe. C’est comme l’histoire du loup et du chien. Il y a un proverbe africain que j’aime beaucoup qui dit : « tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Et moi je construis pour la génération suivante et je veux être un jalon. Et je vois très bien d’ailleurs la façon dont les handicapés d’aujourd’hui s’organisent est beaucoup plus en prise avec les outils les plus fins de leur génération que notre façon à nous de nous organiser. Aujourd’hui les handicapés qui arrivent dans la vie active sont beaucoup plus acclimatés aux outils de la norme et donc ils iront plus vite et je prédis que dans dix ou quinze ans il y aura un ministre de premier plan qui sera handicapé en France.

 

QSLD. Qu’est-ce que ça changera selon vous ?

HB. Rien. Par exemple, des fois quand je n’avais pas le moral et que je réfléchissais à mon apport, je me disais « rien que le fait d’être là et d’obliger les méthodes à tenir compte du fait que je suis là, c’est déjà en soi une avancée ».

 

QSLD. Votre handicap vous-a-t-il consciemment ou inconsciemment freiné dans vos engagements ?

HB. Dans le cinéma qu’est la politique, il y a des choses plus difficiles à faire lorsque vous êtes aveugle. Typiquement : distribuer des tracts. Vous distribuez des tracts, des fois vous les donnez à des feux rouges. Cela dit, j’ai eu de la chance, j’étais à Paris. Mon engagement n’a donc pas tellement été limité parce que globalement les choses étaient accessibles. Je suis arrivé à l’époque du net. Beaucoup de choses étaient faisables par Internet. Honnêtement, je n’ai pas eu la sensation d’être limité.

 

QSLD. Et dans les relations humaines ?

HB. Ça a permis aux gens de s’affranchir des codes sociaux. Tous les gens qui disent « bonjour » machinalement quand on les voit, quand ils sont avec moi ils ne disent pas « bonjour » s’ils n’en ont pas envie ou ne m’aiment pas. La comédie sociale n’existe pas.

 

QSLD. Votre cécité pousse-t-elle vos adversaires politiques à retenir leurs coups ? Et vos amis politiques n’ont-ils pas tendance à vous infantiliser, vous materner un peu ?

HB. Mes adversaires ont toujours été corrects et mes amis politiques ont toujours eu tendance à me faire des problèmes parce qu’ils ne voulaient pas que j’avance. J’ai toujours eu plus de problèmes avec mes amis politiques qu’avec mes adversaires. Avec mes adversaires, c’était à la loyale : on cogne mais dans les règles. Mes adversaires m’ont toujours pris au sérieux et je n’ai jamais eu de traitement particulier de leur part, ni de tarif réduit.


QSLD. Avez-vous l’impression, lorsque vous prenez la parole, qu’il vous faut toujours être deux fois plus éloquent ?

HB. Je suis aveugle, c’est consubstantiel à ce que je suis depuis tout petit. On nous a toujours enseigné que pour nous ce serait plus dur, on l’a intégré. L’exigence, l’idée de perfection dans ce que l’on fait... ça fait partie de nous.


QSLD. Il y a à peu près un an de cela vous avez déclaré au Bondy Blog, « je fais de la politique parce que j’incarne des valeurs et que je représente une partie de la diversité ». Il est vrai M. Bouakkaz que vous cumulez. Alors dans votre bouche, le terme diversité couvre-t-il votre naissance kabyle et votre cécité ou l’une ou l’autre ?

HB. Ça couvre plus globalement toutes les personnes qui sont victimes de la dictature de la norme, qui sont invisibles pour ce qu’elles sont, pour ce que l’on imagine qu’elles sont. Tous ces gens qui sont à côté, qui n’ont pas les clés de ce système. Évidemment les personnes handicapées, celles d’origine étrangère, mais bien au-delà toutes celles qui n’ont pas voix au chapitre.

 

QSLD. Qu’est-ce qui vous a rendu le plus invisible : votre état-civil ou vos yeux ?

HB. Je pense que l’un a neutralisé l’autre. L’aveugle a été traité de manière très volontariste par la république. On lui a appliqué la discrimination positive et l’aveugle a éclipsé l’Arabe. À l’INJA, il n’y avait pas d’arabes, de noirs, de blancs, il n’y avait que des aveugles. On nous a tous éduqué et cultivé de la même façon.


QSLD. Placeriez-vous votre engagement associatif au même niveau que votre engagement politique ?

HB. Pour moi, je suis d’une seule pièce. Quand je m’engage, je m’engage. Pour moi, c’est la même énergie, c’est le même don aux autres que je fais quand je m’engage en politique, dans la vie associative, vis-à-vis de mes actions amicales, mes actions de père. Pour moi, il n’y a pas de césure.


QSLD. En retour avez-vous reçu à la hauteur de votre engagement ?

HB. J’ai reçu beaucoup plus. Pas forcément des gens auxquels j’avais donné, mais j’ai reçu énormément. Tous les jours j’ai une histoire avec une belle inconnue ou un bel inconnu qui me donne un coup de main et on blague. Il me fait traverser la rue, je lui fais traverser la vie et c’est formidable.


QSLD. Sans vous faire offense, on peut dire que vous êtes un vieux routier de l’engagement, que diriez-vous à un jeune aveugle d’une vingtaine d’années qui veut défendre des idées et qui veut s’engager ?

HB. Je lui dirais fonce ! Vas-y ! Fais tes études, sois rigoureux dans les études. Ne t’oublie pas. Assure-toi un boulot et de la valeur de façon à ce que tu puisses la vendre si t’en as besoin, mais fonce parce que de toutes façons, l’avenir, ce sont les aveugles et les handicapés qui l’ont entre leurs mains. Il n’y a plus rien à attendre des élites, c’est terminé.

Les handicapés ont eux aussi des choses à faire pour ce pays. Par nécessité, ils ont le don de faire se rencontrer les élites. Celles de l’éducation, mais aussi celles du pavé. Il y a vraiment de l’intérêt à se côtoyer. Dans tous mes engagements, j’ai veillé à ce que les gens se rencontrent. Par exemple, quand j’ai voulu changer la mentalité de Bertrand Delanoë (maire de Paris de 2001 à 2014, ndlr) sur le handicap. Il était comme les autres hommes politiques : il considérait que les handicapés, il fallait leur donner de l’aide et s’en occuper. Mais je lui ai fait voir les choses différemment en le faisant sortir de la mairie. Je l’ai emmené voir un match de foot entre aveugles. Là, il a vu des types courir, dribbler, se bousculer les yeux bandés. Il a été surpris. Je lui ai dit « : voilà comment il faut que l’on traite le handicap. Ces jeunes hommes-là ne veulent pas d’aide, ils veulent juste des stades pour s’éclater. Ils veulent des amours, faire la fête, picoler, s’éclater la tronche... Voilà ce qu’ils veulent.

 

QSLD. Est-ce que vous sentez une génération militante se lever chez les jeunes handicapés ?

HB. Je suis un peu dubitatif. J’ai fait des gosses dans cette espérance-là. Les miens ne sont pas handicapés, mais j’ai fait des enfants dans l’espoir que tout le boulot que l’on n’a pas fait, ils le feront. Mais j’ai quand même gardé en tête la chanson Le Dialogue de Maxime Leforestier avec un couplet qui dit : « Ce monde je l’ai fait pour toi, disait le père. Je sais, tu me l’as dit déjà, disait l’enfant. J’en demandais pas tant. Il est foutu et je n’ai plus qu’à le refaire un peu plus souriant pour tes petits-enfants. » Fondamentalement, tout est là.

Les nouvelles technologies plus une formation, une éducation, qui a quand même beaucoup progressé font que je trouve nos jeunes handicapés beaucoup plus armés pour la société. J’ai l’impression que les jeunes handicapés sont plus proches des jeunes valides que nous l’étions. Ça veut dire qu’ils sont très peu militants, énormément consommateurs, ils sont très proches de tous les jeunes.

 

QSLD. Cela veut dire qu’il n’y aurait plus rien à revendiquer ?

HB. Si, si, il y a encore beaucoup. Mais l’engagement évolue aussi. Peut-être que nos vieux modèles associatifs ne tiennent plus la route. Peut-être que désormais c’est Facebook, le communauty organizing, l’économie circulaire, le crowdfunding...

 

En mai 2011, Hamou Bouakkaz a publié Aveugle, Arabe et homme politique ça vous étonne ?, un livre d’entretiens avec le journaliste Noël Bouttier, préfacé par Stéphane Hessel.

 

 

 

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VIE DU GIAA

Hommage à René Gouarné

Françoise Madray-Lesigne,Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Sèvres, ancienne Secrétaire Générale de l’Association Valentin Haüy.

 

Le décès de René Gouarné prive la communauté des personnes déficientes visuelles de l’un des grands précurseurs de l’insertion sociale et professionnelle des aveugles dans la société de notre pays. Après Maurice de la Sizeranne et Pierre Villey, il était intimement convaincu que l’accès au savoir était la voie royale de cette insertion. Doué d’une intelligence exceptionnelle qui lui permit de devenir un mathématicien brillant, et d’un courage et d’une volonté remarquables, il choisit de consacrer sa vie à inventer et à développer un réseau d’aide efficace pour tous ceux qui s’engageaient sur le chemin des études et des travaux intellectuels. Très jeune, il eut l’heureuse initiative de créer une association entièrement dédiée à cet objectif. En 1949, avec l’aide de l’AVH qui mit gracieusement à sa disposition pendant plusieurs années un local à son siège rue Duroc, il créa le Groupement des Intellectuels Aveugles auquel tous les déficients visuels qui ont entrepris depuis cette date des études universitaires sont redevables : lecteurs à domicile, livres spécialisés enregistrés dans les meilleurs délais, conseils, aide dans les démarches administratives, activités culturelles et sportives, encouragements, disponibilité d’écoute... Cette structure qu’il a animée pendant cinquante ans avec dynamisme et autorité par une présence quotidienne a facilité les études et l’entrée dans la vie active de centaines de professeurs, juristes, chercheurs, ingénieurs privés de la vue.

Pour René Gouarné, la cécité n’était pas un obstacle pour qui veut réussir sa vie. Il se plaisait à dire qu’il souffrait plus de sa petite taille que de son absence de vision, et, pour qui le connaissait, il était clair qu’il ne s’agissait pas d’une boutade. Convaincu de la nécessité d’une forte coopération associative, Il fut de longues années administrateur de l’AVH et de l’INJA, en animant dans les années 70 avec Pierre Schneider-Maunoury un Comité technique qui jeta les premières bases de l’adaptation des nouvelles technologies aux non-voyants en France.

Infatigable défenseur de la cause des aveugles, il y est resté engagé jusqu’à ses derniers moments.

 

Sensibilisation chez Snecma (Safran) et Nutrixo

Le handicap visuel au cœur de l’industrie

Sylvie Coelho, Responsable Mécénat et Partenariat

 

Une SEPH 2014 trépidante

La 18ème Semaine pour l’Emploi des Personnes Handicapées (17 au 23 novembre 2014) fut l’occasion pour le GIAA de sensibiliser au handicap visuel les collaborateurs de 2 grands groupes industriels : Snecma (Safran) et Nutrixo (Grands Moulins de Paris). Une première pour l’association qui, jusque là, était intervenue dans des sociétés de services.

 

Le site Snecma Villaroche (77 - Seine et Marne) est dédié à la recherche avancée, à la conception et au montage des moteurs civils et militaires. Nutrixo (94 - Ivry-sur-Seine) est une entreprise agroalimentaire, de meunerie et de boulangerie.C’est donc avec un grand enthousiasme que bénévoles et salariés ont animé des ateliers de sensibilisation ludiques et interactifs, permettant d’éprouver les sensations d’une personne handicapée visuelle et ainsi de mieux comprendre les implications de leur handicap dans les situations de travail : le Braille, la basse vision, le sensoriel, les nouvelles technologies adaptées, la locomotion et les dégustations dans le noir, un large choix pour répondre à toutes les attentes.

 

Logo NutrixoLa motivation, source d’une forte mobilisation

Logo Safran SnecmaDébut 2014, la Fondation Safran pour l’insertion décidait de soutenir le Club Emploi du GIAA, avec le souhait pour l’avenir d’intégrer des personnes handicapées visuelles au sein du Groupe (voir l’interview de Claude Legouix, Secrétaire général des Fondations d’entreprise Safran - QSLD n° 20, juillet 2014). Première étape : sensibiliser les collaborateurs ; chose faite le 20 novembre 2014 : ce sont plus de 200 salariés qui ont participé, sur leur temps de déjeuner, aux différents ateliers proposés. Parmi eux, le directeur de l’établissement Grégoire Babinet, le responsable RSE / Diversité du Groupe Alain Lorgeoux, les chargés de mission handicap et, à notre grande surprise, des salariés confrontés eux-mêmes à une déficience visuelle, en quête d’informations.

Chez Nutrixo, la préoccupation du Responsable Diversité et Santé au travail Jérémy Vaudelle, d’avoir au sein de l’entreprise tous les handicaps représentés excepté le handicap visuel, a donné corps à cette mobilisation, la Handicap Week, qui a duré toute la semaine et s’est déroulée sur tous les sites du groupe (40 en France et 15 à l’étranger). Une collecte de fonds était organisée auprès du personnel au profit de l’association : 11.367€ ont ainsi été récoltés suite à la vente de farine et de viennoiseries. L’équipe du GIAA était présente au Siège social du groupe le 21 novembre et a pu échanger avec une centaine de collaborateurs, dont le PDG Frédéric Duverger et plusieurs représentants des ressources humaines.

Résultat : suite à cette opération, 18 collaborateurs se sont rapprochés de la mission handicap du groupe pour entamer une RQTH ! (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé).

Travailler ensemble, égaux et différents

Bien plus que des actions ponctuelles, nous travaillons désormais étroitement avec la mission handicap de Nutrixo pour la prochaine intégration d’un étudiant stagiaire déficient visuel au sein de leur département qualité. Parallèlement, nous œuvrons pour le renouvellement de notre partenariat avec la Fondation Safran pour l’insertion, pour un meilleur emploi des personnes aveugles ou malvoyantes.

Paroles de participantes

Audrey Voisin, ergonome à Snecma Villaroche

« Grâce à cet événement, je me suis rendu compte de la capacité des malvoyants à développer d’autres sens. De plus, la déficience visuelle peut être un handicap non visible et donc mal perçu par certaines personnes. Il est nécessaire de continuer les sensibilisations sur ce handicap ».

Céline Graux, responsable environnement à Snecma Villaroche

« Cette sensibilisation m’a permis de prendre conscience des difficultés que les personnes en situation de handicap rencontrent quotidiennement. Le moindre geste devient très compliqué ce qui nécessite de leur part une adaptation et une anticipation permanentes. Il faut poursuivre ces sensibilisations auprès du grand public ».

 

 

Photographie des participants dans un salon lumineux.Apéro-lecture résistances allemandes au nazisme

Inès Duhesme

 

2014-1944 : Soixante-dixième anniversaire de la Libération. Maintes célébrations ont (eu) lieu, mais des hommes et des femmesont été injustement oubliés : lesAllemands qui ont lutté contreHitler, même si l’un d’entre eux est connu : Staufenberg. Il y a aussi le cercle de Kreisau, les hommes d’églises catholiques, le rôle insuffisamment connu du Vatican (Pie XI), des pasteurs, et sur le sol français le groupe travail Allemand, notamment dans le maquis des Cévennes. Une vingtaine de Gi2a-iens se sont retrouvés le samedi 9 décembre 2014 chez l’une d’entre nous pour écouter des lectures et des exposés faites par Philippe, Inès, Séda autour de Wolf Joëckel, l’historien allemand des relations franco-allemandes déjà venu pour 14-18. Nous remercions encore très chaleureusement celui-ci ainsi que notre hôtesse.

 

 

Les mots s’amusent au printemps avec le GIAA

Pour fêter le printemps, nous vous invitons à un après-midi lecture et divertissements littéraires animé par Nicolas Graner, fin connaisseur de l’OULIPO, ce groupe constitué en 1960, passionné par les lettres, les sons et les mots. Il aura lieu le samedi 21 mars. Nous irons dans un café-restaurant aveyronnais de Belleville qui nous servira des petites gourmandises.

Cette invitation est réservée aux abonnés du GIAA qui recevront bientôt un courriel leur donnant les détails pour s’inscrire. Si vous venez accompagné, merci de nous préciser le nom de la personne pour des raisons d’assurances. Les places seront limitées.

 

Appel à suggestions pour la bibliothèque sonore

Comme vous le savez, la spécificité du GIAA est l’enregistrement à la demande de tout type d’ouvrage.

N’hésitez pas à nous confier les livres qui vous ont été offerts ou vos derniers coups de cœur. Vous participerez ainsi à faire vivre votre catalogue !

Toute l’équipe de la Bibliothèque se tient à votre écoute tous les après-midi de 14 h à 17 h au 01.47.34.95.40 ou par mail : contact.daisy@giaa.org.

Les déficients visuels suivent l’actualité grâce à la presse adaptée

Dans le Kiosque du GIAA, les abonnés achètent à la carte ! Il y en a pour tous les âges ! Fidèle à une revue, choisissez-la parmi les 30 revues hebdomadaires ou mensuelles adaptées. Enregistrées en voix humaine ou en voix de synthèse, elles couvrent un large éventail de sujets.

 

Actualité et économie : Le Point, Le Canard Enchainé, Marianne, La Sélection Hebdomadaire du Monde...

Culture et loisirs : L’histoire, Géo, Lire, Science et Avenir...

Santé et bien être : Psychologie Magazine, Santé Magazine.

Jeunesse : Le Monde des Ados, Virgule, Je Lis Déjà...

Religion : Le monde des religions, Prions en l’Église.


Le kiosque s’élargit avec la toute récente adaptation de Challenges et les Inrockuptibles. Informez vous sur tous les sujets d’actualité en choisissant de vous abonner aux forfaits de plusieurs revues sur CD ou en téléchargement. Retrouvez tout le kiosque : http://www.giaa.org/Liste-des-revues.html. Contactez nous pour un essai: giaa@giaa.org ou 01.47.34.30.00.

 

Les amateurs du kiosque ont aimé : Les revues de presse quotidienne nationale et régionale adaptées par Vocale presse permettent aux aveugles et aux malvoyants d’écouter la presse quotidienne au même titre que les valides. Le monde, l’Équipe, 01NET, Courrier international, les quotidiens régionaux tels le Parisien, Ouest France, La dépêche du midi, L’Est Républicain....sont disponibles sur votre ordinateur, votre téléphone mobile, iphone, Android, Nokia, Java, sur votre tablette iPad ou Android, ainsi que sur votre boîtier DAISY.

 

Pas besoin de vous rendre sur un site web, Vocale Presse récupère les journaux pour vous sur internet. Vous pouvez écouter votre journal où vous voulez, quand vous voulez ! Aucune compétence informatique n’est nécessaire !Grâce à Claire, voix de synthèse de qualité, l’affichage en gros caractère, et la possibilité de lire le Braille, Vocale presse s’adresse à tous les déficients visuels.

Pour essayer gratuitement Vocale presse, rendez-vous sur le site: fr.vocalepresse.com, rubrique essai gratuit, ou appelez le 04.91.65.51.19.Contact mail: info@vocalepresse.com.

Le magazine en gros caractère et le magazine de jeux de Mieux voir

Maryse Verhille atteinte de dégénérescence maculaire en 1995 a rêvé d’un magazine en gros caractères. Elle le créée l’année suivante, avec des sujets divers, de société, de santé, de loisirs: portraits, Histoire, Art, Médecine, Sciences, savoir, Droits, Tourisme....La revue est suivie d’un magazine de jeux, d’aides visuelles pour les mal voyants.

Le magazine de jeux Mieux Voir est un bimestriel de jeux en gros caractères. Les malvoyants pourront ainsi passer de bons moments avec des jeux comme les mots croisés, le sudoku ou les mots fléchés. Mieux Voir est imprimé sur un papier mat avec anti-reflet pour mieux voir les grilles. Chaque jeu en gros caractères devient ainsi lisible par tous les malvoyants. Vous ne trouverez aucune couleur dans les textes et le contraste maximum entre le noir et le blanc vous facilite la lecture.

Chaque magazine de jeux en gros caractère pour malvoyants peut être livré dans toute la France.

Retrouvez les magazines d’actualité et de jeux: http://www.mieux-voir.fr/

 

Étiquette du vin Château Corbin Michotte
Grand cru Saint ÉmilionBordeaux : Étiquette en braille et partenariat avec le GIAA

Le Château Corbin Michotte, vénérable maison viticole du Bordelais, exploitée par la famille Boidron, longue lignée de viticulteurs depuis 1760, a dédié son millésime 2012 aux déficients visuels, en partenariat avec le GIAA Aquitaine.

Ainsi, les étiquettes du Château Corbin Michotte 2012, Saint-Emilion Grand Cru, sont transcrites en braille et 10 centimes sur la vente de chaque bouteille sont reversés à l’antenne aquitaine de notre association.

Plus d’information sur ce grand cru : www.vin-boidron.com.

 

 

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CULTURE ET LOISIRS

Huit lieux culturels accessibles

Un autre regard sur la Seine-Saint-Denis

 

Parce qu’elle ne saurait être un luxe à la portée de quelques-uns, la culture s’invite partout en Seine-Saint-Denis. Bien loin de l’image négative que l’on s’en fait parfois, ce département francilien regorge de lieux d’exceptions qui proposent toutes sortes d’activités et de parcours accessibles aux personnes déficientes visuelles. Musées, archéosite, basilique, espaces dédiés à l’art contemporain, à la danse ou à la musique... Découvrez le top 8 des sites incontournables à visiter au plus vite !

 

1. Le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget

Avions militaires d’avant et d’après-guerres, planeurs, fusées mais également Boeing 747, Concorde ou encore Super Mirage ...le Musée de l’Air et de l’Espace est à la fois le plus grand musée du monde et l’un des mieux dotés par l’étendue et la qualité de ses collections consacrées à l’aérostation, l’aviation et l’espace.

L’équipe du musée et l’association “les MiraudsVolants” proposent aux personnes déficientes visuelles de découvrir 5 appareils sélectionnés pour leur représentativité technique ou pour les exploits qu’ils ont permis de réaliser. Exemplaires uniques, habituellement fermés au public, ils ouvrent la porte de leurs cockpits pour une expérience tactile et sonore hors du commun.

Pour faciliter le reste de la visite, les cartels d’information ont été transcrits en braille et en très gros caractères. Des maquettes de chaque appareil sont présentées, permettant ainsi de se rendre compte des proportions et des différents types de matériaux utilisés : bois, tissus, etc. Des audioguides sont également disponibles et des visites guidées peuvent être organisées sur demande.

Pour toutes demandes d’informations, les équipes du musée sont disponibles du mardi au dimanche de 10h à 17h et joignables au 01.49.92.70.00.

Site web : www.museeairespace.fr.

 

 

 

2. Le Centre national de la Danse à Pantin

Créé en 1998, le Centre national de la Danse possède des atouts qui font de lui un lieu unique au service de la danse. Ses principales missions s’articulent autour de 4 grands thèmes :

Le soutien à la création et à la diffusion

Les formations destinées aux artistes chorégraphiques et aux enseignants de la danse

La prise en compte des conditions d’exercice des professions de la danse

Le développement de la culture chorégraphique Depuis plusieurs années, le CND propose des activités pour permettre aux personnes déficientes visuelles de découvrir l’art de la danse. Un partenariat a ainsi été conclu avec la compagnie Acajou afin de proposer des ateliers de danse, des spectacles, des conférences et bien d’autres animations à découvrir seul ou en groupe. Ces parcours s’inscrivent dans la durée et permettent à tous de ressentir et d’analyser la danse, car celle-ci met, peut-être plus que toute autre discipline artistique, la question du corps au centre de ses enjeux.

Récemment, André Fertier, compositeur, auteur, chercheur et expert en accessibilité culturelle a publié, en collaboration avec l’association Cemafore, un ouvrage intitulé Le Cahier de la pédagogie, Danse et handicap visuel - pour une accessibilité des pratiques chorégraphiques, en vente à l’accueil du CND. Véritable mémento pratique consacré à la question du handicap visuel, c’est un outil précieux pour les enseignants et professionnels de la danse.

Pour toute information complémentaire, les équipes du CND sont disponibles du lundi au samedi de 9 h à 19 h au 1, rue Victor Hugo à Pantin. Téléphone : 01.41.83.98.98.Mail : reservation@CND.fr. Site web : www.cnd.fr.

 

3. L’Archéosite du parc de la Haute-Île

À Neuilly-sur-Marne, au cœur du parc départemental de la Haute-Île, l’Archéosite est un lieu de découverte du passé. Par une approche dynamique et interactive, il permet de découvrir l’ensemble des étapes qui mènent de la fouille archéologique aux hypothèses de restitution. À travers un parcours pédagogique ponctué de haltes dédiées à la découverte du climat, de la faune, de la flore et du mode de vie des hommes et des femmes de la Préhistoire, c’est l’ensemble des relations entre l’Homme et l’Environnement qui est ainsi évoqué (taille du silex, allumage du feu, reconstitutions d’habitats, techniques de pêche et de chasse,...). Les archéologues et les équipes du parc accueillent régulièrement des personnes malvoyantes ou non-voyantes, en petit groupe, pour des parcours de découvertes tactiles. Chaque atelier comprend une part d’expérimentation, où les visiteurs apprennent les gestes, opèrent des manipulations, réalisent des constructions et échafaudent ensuite des hypothèses et des conclusions.

L’archéosite est ouvert tous les mercredis après-midi. Les réservations se font par téléphone au 01.43.93.75.32. Le Parc départemental de la Haute-Île est accessible par l’avenue Jean-Jaurès (Route Nationale – RN 34) à Neuilly-sur-Marne.

 

4. Le Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis et le jardin des cinq sens

Photographie d'un jardinInstallé dans l’ancien carmel de Saint-Denis, le musée accueille des collections riches et variées : le fonds Paul Éluard, la Commune de Paris, l’archéologie médiévale, l’histoire du Carmel, de l’Hôtel Dieu et de l’apothicairerie, des collections d’art religieux...

Visites commentées, balades, atelier en famille, jeux-parcours, conférences, lectures, performances, l’équipe du musée propose une offre diversifiée pour découvrir les expositions permanentes et temporaires. Des livrets d’accompagnement du visiteur sont disponibles en braille.

Le jardin des 5 sens a été créé en 2009 dans le domaine des carmélites pour permettre aux personnes non voyantes et malvoyantes, mais également à toutes et tous, d’accéder à une expérience sensorielle unique. Par le toucher, les odeurs, le goût et les bruits du jardin c’est toute l’histoire de la ville et des collections du musée qui est contée. Un livret d’accompagnement, publié en braille, avec des images en relief accompagne le visiteur tout au long de sa visite.

Le musée et le jardin se situent au 22 bis avenue Gabriel Péri à Saint-Denis. Pour tout complément d’information, les équipes du musée sont disponibles par téléphone au 01.42.43.37.57.

 

 

Des adultes jouent dans la neige.5. L’Espace Mains d’œuvres à Saint-Ouen

Lieu pour l’imagination artistique et citoyenne, l’espace Mains d’œuvres a été pensé pour transmette à tous l’envie de créer, de ressentir et d’imaginer la société ensemble. A travers des expositions, des concerts, des spectacles, des ateliers et des rencontres, toutes les formes artistiques peuvent ainsi être explorées.

Des visites guidées sont organisées régulièrement pour les personnes déficientes visuelles. Pour plus de renseignements, les équipes de l’espace Mains d’œuvres sont disponibles du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 18 h 30 au 01.40.11.25.25.

Site web : www.mainsdoeuvres.org.

 

 

6. La Basilique de Saint-Denis

Photographie de sépulturesChef d’œuvre de l’art gothique et dernière demeure des rois de France. L’ancienne abbaye de Saint-Denis regroupe sur des siècles l’histoire artistique, politique et spirituelle de la France. Avec sa nécropole royale et sa collection unique en Europe de plus de 70 gisants et tombeaux sculptés, c’est un lieu exceptionnel et chargé d’histoire.

La basilique est équipée de stations tactiles, d’audioguides et de documents de visites en gros caractères. Des ateliers sont organisées toute l’année sur réservation au 01.48.13.14.73.Des visites commentées et tactiles peuvent également être proposées aux groupes, les réservations se font également par téléphone au 01.48.09.83.54.

 

 

7. Le Mémorial de la Shoah à Drancy

Le Mémorial de la Shoah de Drancy est un lieu d’histoire et d’éducation qui a pour vocation de présenter l’histoire du camp de Drancy, lieu d’internement puis de regroupement des Juifs de France en vue de leur déportation vers les camps d’extermination. Le bâtiment a été conçu par l’architecte suisse Roger Diener pour en faire un lieu de médiation entre le site de l’ancien camp et le public, un lieu d’histoire et de transmission. Il comporte une exposition permanente sur l’histoire du camp, mais également un centre de documentation, une salle de conférence, des espaces d’accueil et des salles pédagogiques pour recevoir les groupes. Des aménagements spécifiques ont été réalisés pour faciliter les visites. Des audioguides sont également disponibles. Les visites guidées se déroulent tous les dimanches, à 15 heures. Le Mémorial est ouvert du dimanche au jeudi, de 10 h à 18 h. Il est situé au 110-112 avenue Jean-Jaurès à Drancy.

Tél. : 01.77.48.78.20. Mail : contact@memorialdelashoah.org. Site web : www.memorialdelashoah.org.

 

Photographie de concert8. Le 2 pièces cuisines au Blanc-Mesnil

Inauguré en juin 2010, le Deux Pièces Cuisine est un lieu exceptionnel en Seine-Saint-Denis. Doté d’un équipement son et lumières de pointe, il propose de nombreux concerts et accompagne une vingtaine d’artistes en résidences. Il se distingue par un important programme d’actions de sensibilisation (rencontres, débats, stages, répétitions publiques, ateliers, immersions) menées en collaboration avec de nombreux partenaires. Équipé de bande podotactiles et bandes de guidage contrastées, il vous accueille chaque jour au 42 avenue Paul Vaillant-Couturier au Blanc-Mesnil. Site web : www.deuxpiecescuisine.net.

Par ailleurs, un grand nombre de cinémas, bibliothèques, théâtres et autres lieux culturels en tous genres vous attendent en Seine-Saint-Denis. Retrouvez les en téléchargeant le guide « Vivre la Culture » sur http://www.seine-saint-denis.fr/Accessibilite-des-equipements.html.

 

Les nouvelles salles symphoniques à Paris

La Philharmonie, l’auditorium de Radio-France

Inès Duhesme

Ça y est ! Paris est dotée d’une grande salle philharmonique. Le nouvel édifice bâti Porte de la Villette vient combler un manque qui faisait un grand trou dans Les habits de grande ville de culture de la capitale.

 

Vue intérieure de la salle.Petit retour à l’Histoire. Quand la musique symphonique est-elle apparue ? Le concert, d’abord d’église et de cour, s’affranchit de ces cadres à partir du XVIIème avec les Abendmüsiken veillées musicales de Lübeck, les Collégiale musicale de Londres, les concerts de Marie de Guise à Paris. Au XVIIIème siècle, Philidor crée le Concert Spirituel, le mécène La Pouplinière crée son orchestre privé en 1731-1762, dirigé par Rameau. Le duc de Soubise crée en 1769, en son palais, le Concert des amateurs, première société privée de musique. Avec ces initiatives privées émerge un public plus large, noblesse de robe et bourgeoisie. Après La Révolution vont se multiplier les concerts non religieux et publics où toutes les classes sociales vont se mêler. La musique est alors surtout vocale. En 1780-1820 la musique instrumentale est encore peu jouée devant le grand public, mais elle est étudiée par les étudiants du Conservatoire, situé au Faubourg Poissonnière. C’est là, dans la ravissante salle de 900 places construite sous Napoléon et qualifiée de « petit Stradivarius » que les symphonies de Beethoven ont été jouées pour la première fois en France. Le public a eu accès à la musique symphonique par le biais de ces auditions du Conservatoire, officialisées par la création en 1828 de la Société des Concerts du Conservatoire.

Cette salle a été affectée en 1910 au Conservatoire d’art dramatique (théâtre). Mais des concerts y ont été donnés jusqu’en 1938 et même plus tard. Elle a été restaurée en 1985. On peut encore y entendre de temps en temps de la musique symphonique, jouée notamment par l’ensemble Le Palais Royal (http://le-palaisroyal.com).

Les capitales d’Europe disposent de salles philharmoniques, de 2.000 places et plus : à Vienne, le Musikverein (1870), le Concertgebouw (1888), la Philharmonie de Berlin (1963), Le Parco della Musica de Rome (2002). De plus, une véritable « course à l’armement symphonique » a eu lieu ces dernières années de par le monde . Mais à Paris, point. Les grands orchestres parisiens travaillaient dans de mauvaises conditions : l’Orchestre de Paris a dû être hébergé à la salle Pleyel sans salle de répétition, puis à Mogador. La Maison de la Radio n’offrait que 980 places à ses deux formations symphoniques avec son studio 104. L’Orchestre National de France devait jouer au Théâtre des Champs-Élysées. L’OrchestrePhilharmonique de Radio- France devait se partager entre la salle Pleyel et le théâtre du Châtelet ; sans compter la maîtrise et le chœur de Radio France. La salle Pleyel existe depuis 1927. Elle ne donne plus de concerts classiques mais sa programmation plus éclectique servira à financer la Philharmonie. Dès le début des années 80, le chef d’orchestre Pierre Boulez s’est battu pour obtenir une institution dédiée à la musique symphonique comprenant une vraie salle philharmonique. Une première étape fut franchie avec la Cité de la Musique inaugurée en 1995 mais son auditorium était plus petit que prévu, 1000 places, car le président Mitterrand voulut déplacer le projet de grande salle à Bastille et le consacrer à l’Opéra, plus populaire à l’époque. Le projet de grande salle ressurgit en 2001-2005.

L’architecte Jean Nouvel gagne le concours en 2007 pour une grande salle philharmonique située contre la Cité de la Musique. Des difficultés se font jour. Le coût prévu de 200 millions passe à 386,5. De péripéties en mésententes, d’arrêts des travaux en querelles, l’histoire de la construction de la Philharmonie aboutit tout de même à son inauguration le 15 janvier 2015.

Des grues sont encore sur le chantier à la date où nous mettons sous presse.L’institution est dirigée par Laurent Bayle, un disciple de Boulez. Elle abrite 4 formations : l’Orchestre de Paris et son chœur, l’Ensemble Intercontemporain, les Arts Florissants de Christie. Le bâtiment ressemble à une sculpture abstraite géante, une sorte de polyèdre irrégulier, (avec l’un des côtés très anguleux, pointu), en mille-feuilles à plusieurs épaisses couches disposées en biais, où un haut rectangle vertical dessine une silhouette un peu rude. Depuis les pelouses du parc, de profil, ce rectangle est perçu comme un clocher ou une crête iroquoise. Un objet architectural anguleux, adouci par des effets de matière, brillant, nuances de gris, dessins des oiseaux serrés les uns contre les autres sur les bardages et au sol à l’extérieur. De loin on voit cette sculpture reliée au sol par de grandes lignes obliques : rampe, escaliers. Dans la journée, l’accès du public se fait du côté du périphérique et de la station de tramway Porte de Pantin par une rampe descendante arrivant à une entrée obscure un peu comme une grotte. La salle d’accueil est vaste comme une salle des pas perdus, très vide et austère malgré les deux guichets d’accueil en béton. Heureusement une porte latérale donne sur un couloir rouge et cosy bordé par les ateliers pédagogiques vitrés où des classes assises sur la moquette jouent des instruments. Lorsque des concerts ont lieu en soirée, l’accès depuis la station de métro Porte de Pantin se fait par un cheminement marqué au sol par de petites lumières bleues, le long de la Philharmonie 2, nouveau nom de la Cité de la musique. On aboutit au grand escalier majestueux en « perspective accélérée », forme de triangle ouvert vers le bas. En haut la terrasse qui offre une vue sur le parc, le 19ème arrondissement et Pantin, permet d’accéder à l’intérieur. Les coursives donnent une impression de clarté. Vastes et arrondies, elles permettent un accès commode à la salle via les ascenseurs ou escaliers. La salle, de l’architecte Brigitte Métra, est un vaste bijou de bois tout en rondeurs blondes, très différente de l’enveloppe extérieure anguleuse de Nouvel.L’orchestre se situe à peu près au centre comme à la Philharmonie de Berlin, et les gradins autour disposés “en vignoble”, modulables, offrent entre 2.400 et 3.400 places. Le défi était d’isoler la salle des bruits du périphérique voisin. On a donc construit « boîte dans la boite ». L’acoustique (Marshall et Toyota) est excellente. Les sons se propagent bien de façon diffuse, réfléchis plusieurs fois, grâce aux formes irrégulières et pièges à sons. Le temps de réverbération (l’écho) est de 2 à 2,3 secondes, un peu long, mieux adapté à la musique que l’Opéra Bastille qui ne dépasse pas 1,7.Pour conclure, outre cette grande salle de la Philharmonie 1, nous avons une salle de concerts de 1.000 places et un amphithéâtre de 250 places pour la musique de chambre et les récitals, situés à la Philharmonie 2 comme le Musée de la Musique, et la médiathèque.

 

Informations pratiques

Métro et station de tram Porte de Pantin.

Accessibilité :les personnes déficientes visuelles peuvent demander à être placées près de la scène. Une réduction de 20% leur est accordée sur le prix du billet.
Programme des concerts et activités :
http://philharmoniedeparis.fr/fr/agenda

Renseignements et réservations : 01.44.84.44.84 du lundi au samedi de 11 h à 19 h, le dimanche de 11h à 18h.

Musée de la musique (Philharmonie 2)

Parcours accessible : Voir sur www.giaa.org le QSLD n°16 de juillet 2013

 

 

L’auditorium de Radio-France.

Au sein de la vénérable Maison de la radio (1963) restaurée à partir de 2003, les studios 102 et 103 de 900 sièges ont fait place à un vaste auditorium de 1.461 places tout en bois, commencé en 2012 et inauguré en novembre 2014. Cette très belle salle contrainte par les espaces mitoyens, est tout en hauteur, construite par le cabinet A.S. Architecture studio selon le principe de boîte dans la boîte sur ressorts pour une bonne isolation phonique et acoustique (cabinet japonais de Yashuhiha Toyota). Comme à la Villette, l’orchestre est au milieu et les spectateurs non loin de lui. Pour rapprocher le plafond trop haut (18 m) une canopy, lentille réfléchissante a été suspendue à 15 m. Les balcons ont des parements de bois et derrière des polycylindres, troncs striés juxtaposés permettent au son d’être réfléchi plusieurs fois avant d’arriver à nos oreilles.

Quatre formations y jouent : L’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, le Choeur et la Maîtrise de Radio-France. De plus le studio 104 voisin a été lui aussi restauré.

 

Informations pratiques

Maison de la Radio 116 avenue du président Accès Porte Seine. Métro Passy, Ranelagh, Bus 70, 72, 52.

Renseignements et réservation concerts et émissions publiques :01.56.40.15.16.

Brochure des concerts version CD et braille : Donne-moi tes yeux, 01.47.05.40.30.

 

Découvrir l’œuvre d’Idel Ianchelevici

Venez à la rencontre de Idel Ianchelevici et de ses œuvres : toucher des sculptures, écouter des contes, découvrir matières et parfums, ... permet d’appréhender, de manière privilégiée, l’œuvre de cet artiste d’origine roumaine. Cela aura lieu le samedi 25 avril à 15 h au Musée Ianchelevici de La Louvière en Belgique. Les enfants sont les bienvenus dès 8 ans.

Réservation obligatoire pour le 1er avril au plus tard par mail à cette adresse : accueil@musee.ianchelevici.be. Chaque visiteur déficient visuel est prié de venir accompagné d’un voyant pour vivre la visite dans les meilleures conditions de confort et de sécurité.

Tarif : 5,5 € par personne (gratuit pour l’accompagnant).

 

Informations pratiques

Musée Ianchelevici - Place communale 21, 7100 La Louvière Tél. : +32-064.28.25.30.

Site internet : www.musee.ianchelevici.be

E-Mail : accueil@musee.ianchelevici.be

 

 

Spectacles en audiodescription

Nouveau théâtre d’Anger

«Platonov » de Anton Tchekhov

Mise en scène : Rodolphe Dan

Dans la campagne russe, des êtres s’ennuient, rêvent d’une vie meilleure, cherchent l’être aimé ou regrettent le passé enfui. Platonov, l’instituteur, est au centre de tous les chassés- croisés amoureux. Emmanuelle Devos, grande actrice au théâtre comme au cinéma, joue Anna Petrovna, la femme au cœur de cette sarabande tchékhovienne.

Représentation adaptée :

Mercredi 8 avril 2015 à 19 h 30 Réservations : 02.44.01.22.44.

Théâtre des Célestins (Lyon)

« Le malade imaginaire » de Molière

Mise en scène : Michel Didym

Pour son ultime chef-d’œuvre, Molière réunit les thèmes qui lui sont chers : pédanterie, hypocrisie, vanité, mariage forcé. Avec humour, Michel Didym ajoute son désir de régler son compte à la médecine, à la maladie et à la mort.

Représentation adaptée :

Mercredi 8 avril 2015 à 20 h 00.

Réservations : 04.72.77.40.00.

Théâtre national de Chaillot (Paris)

« Sœurs » de Wajdi Mouawad

Mise en scène : Wajdi Mouawad

La famille est le centre remuant du théâtre de Wajdi Mouawad, comme dans cette œuvre écartelée entre le Liban des origines et le Canada où ses parents émigrèrent quand il était encore adolescent.

Représentations adaptées :

Vendredi 10 avril à 21 h 00 dimanche 12 avril à 15 h 00.

Réservations : 01.53.65.30.00.

 

Programme complet sur : www.accesculture.org

 

 

 

 

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LECTURE

Couverture du livre
Le livre du moment

« L’écrivain national » de Serge Joncour - Prix des Deux Magots 2015

Lorsque Serge, romancier, arrive dans la petite ville de province où il est invité par le libraire, il découvre dans la presse locale qu’un certain Commodore, vieux maraîcher que tous disent richissime, a disparu sans laisser de traces. On soupçonne deux jeunes “néoruraux”, Aurélik et Dora, de l’avoir tué. Mais dans ce fait divers, ce qui fascine le plus l’écrivain, c’est une photo parue dans le journal : celle de Dora.

Sous le regard de plus en plus suspicieux des habitants de la ville, cet “écrivain national” va enquêter à sa manière, dans l’espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.

 

Éditions Gros Caractères

Nouveautés Feryane

« Le fils maudit » de Françoise Bourdon

De 1868 à 1920, dans le Luberon. Ne supportant plus les humiliations de son père, Lorenzo part sur les routes de France. Devenu compagnon menuisier, il revient plusieurs années après. Mais, le jour de son mariage, son père le traite publiquement de bâtard et lui donne sa malédiction. Commence une nouvelle errance pour Lorenzo. À Roussillon, son destin croisera celui de Virginie, institutrice, héritière d’une dynastie de maîtres ocriers. Sans que jamais ne le quitte l’espoir de découvrir le secret de ses origines...

Françoise Bourdon nous enchante avec cette nouvelle saga provençale tissée de destinées mémorables.

 

«Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » de Patrick Modiano

« – Et l’enfant ? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant ?– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie...

– Ils l’avaient certainement inscrit à une école...– Oui. À l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe.– Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage... »

 

 

Nouveautés Éditions de La Loupe

« Berezina » de Sylvain Tesson

 Octobre 1812, Napoléon entame la retraite de Russie. 4000 kilomètres d’une course mortelle contre la faim et la neige, où les hommes, harcelés par les cosaques, devenaient fous. Deux cents ans plus tard, Sylvain Tesson décide de mettre ses pas dans ceux de l’empereur. Pour ça il lui faut : de la neige, du froid, le géographe Cédric Gras, le photographe Thomas Goisque, deux amis russes, trois side-cars soviétiques et beaucoup, beaucoup d’humour. Un récit très drôle, où l’on galope à 80 km/h (l’Oural ne va pas plus vite).

 

« Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gounelle

Imaginez-vous à San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais dans l’instant son regard se fige, elle devient livide. Ce qu’elle va finalement vous dire... vous auriez sûrement préféré ne pas l’entendre. À partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle. C’est ce qui va arriver à Jonathan dans ce nouveau roman de Laurent Gounelle. À la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi ponctuée d’expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie.

 

 

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NOUVEAUTÉS DAISY

DU 11 NOVEMBRE 2014 AU 13 MARS 2015

Catégorie ; Auteur ; Titre ; Éditeur ; Année ; Durée.

 

Arts et Loisirs

-          Chardonnet ; En Alsace ; Valoire-Estel ; 2013 ; 03:48.

-          Guibert, Hervé ; Lettres d'Égypte ; Actes Sud ; 1995, cop. 1995 ; 0:54.

-          NC ; Jérusalem, le Sépulcre et la mosquée d'Omar ; Éd. Atlas ; 1967 ; 01:36.

-          Dréer, Francis ; Les camions de légende ; Éd. Atlas-Glénat ; 2004 ; 09:30.

-          Holtzmann, Bernard ; La sculpture grecque ; Librairie générale française ; 2010 ; 17:24.

-          De La Beaumelle, Agnès ; Pierre Klossowski ; Centre Pompidou ; 2007 ; 04:07.

-          Rouan, François ; Balthus ou son ombre ; Galilée ; 01:47.

-          Cheng, François ; Assise, une rencontre inattendue ; Albin Michel ; 00:51.

-          Gaborit, Jean-René ; Michel Ange - les esclaves ; Réunion des musées nationaux ; 2004 ; 02:08.

-          Antoine-König, Elisabeth ; La Descente de Croix ; Louvre Éditions ; 2013, cop. 2013 ; 01:11.

-          Selz, Jean ; Foujita ; Flammarion ; 01:44.

Biographies

-          Dhôtel, André ; Rimbaud et la révolte moderne ; la Table ronde ; 2004 ; 04:19.

-          Leroy, Géraldi ; Charles Péguy ; A. Colin ; 2014, cop. 2014 ; 17:16.

-          Birenbaum, Halina ; L'espoir est le dernier à mourir ; Musée d'état d'Auschwitz-Birkenau ; 2008 ; 9:27.

-          Yousafzai, Malala ; Moi, Malala ; Librairie générale française ; 2014, cop. 2013.

-          Pessis, Jacques ; Joséphine Baker ; Gallimard ; 2007 ; 06:07.

-          Carcopino, Jérôme ; Jules César ; Bartillat ; 2013, cop. 2013 ; 18:25.

-          Rance, Didier ; John Bradburne, le vagabond de Dieu ; Salvator ; 2012 ; 24:42.

-          Weissman, Susan ; Dissident dans la révolution ; Éditions Syllepse ; 2006 ; 14:46.

-          Trierweiler, Valérie ; Merci pour ce moment ; Les Arènes ; 2014 ; 06:28.

-          Zaraï, Rika ; L'espérance a toujours raison ; M. Lafon ; 2006 ; 08:42.

-          Mallet, Francine ; George Sand ; Librairie générale française ; 1984 ; 17:11.

-          Binoix, Marguerite ; Battue ; Presses de la Renaissance ; 2006 ; 05:57.

-          Bouchenot-Dechin, Patricia ; André le Nôtre ; A. Fayard ; 2013 ; 23:43.

-          Germain-Thomas, Olivier ; Marco Polo ; Gallimard ; 2010 ; 06:31.

-          Dauchez, Matthieu ; Le prodigieux mystère de la joie ; Artège ; 2014 ; 02:38.

-          Chiron, Yves ; Louis-Édouard Cestac ; Artège ; 2012 ; 6:28.

-          Depardieu, Gérard ; Ça s'est fait comme ça ; XO éd. ; 2014 ; 05:13.

-          Junge, Traudl ; Dans la tanière du loup ; Tallandier ; 2014 ; 09:38.

-          Jacquard, Albert ; Conversations intimes ; Stock ; 2014, cop. 2014 ; 02:29.

-          Pons, Frédéric ; Poutine ; Editions Calmann-Lévy ; 2014 ; 11:41.

-          Kardorff, Ursula von ; Le carroussel de la peur ; B. Grasset ; 1964, cop. 1964.

-          Lebrun, Jean ; Notre Chanel ; Bleu autour ; 2014 ; 07:16.

-          Leyson, Leon ; L’enfant de Schindler ; Pocket jeunesse ; 2014 ; 03:47.

-          Hugo, Victor ; Choses vues ; Gallimard ; 1972 ; 15:34.

-          Hugo, Victor ; Choses vues ; Gallimard ; 1972 ; 15:43.

-          Elliott, Grace Dalrymple ; Journal de ma vie durant la Révolution française ; Ed. de Paris ; 2001 ; 04:23.

-          Smith, Patti ; Glaneurs de rêves ; Gallimard ; 2014 ; 01:42.

-          Hugo, Victor ; Choses vues ; Gallimard ; 1972 ; 13:35.

-          Hugo, Victor ; Choses vues ; Gallimard ; 1972 ; 13:29.

-          Assouline, Pierre ; Une Éminence grise ; Balland ; 1986 ; 16:08.

-          NC ; La petite chronique d’Anna Magdalena Bach ; Buchet-Chastel ; 1978 ; 4:40.

-          Barine, Arvède ; Louis XIV et la grande Mademoiselle ; Hachette ; 1923 ; 09:19.

-          Assouline, Pierre ; Albert Londres ; Gallimard ; 1990 ; 21:25.

-          Berberova, Nina Nikolaevna ; Chroniques de Billancourt ; Actes Sud ; 1992 ; 07:26.

-          Huston, Nancy ; Bad girl ; Actes Sud ; 2014, cop. 2014 ; 04:08.

-          Legardinier, Gilles ; Demain j'arrête ! ; À vue d'oeil ; 2014 ; 09:07.

Généralités

-          Van Cauwelaert, Didier ; Dictionnaire de l'impossible ; J'ai lu ; 2014 ; 13:22.

-          Lacarrière, Jacques ; Dictionnaire amoureux de la Grèce ; Plon ; 2002 ; 18:35.

Géographie

-          Bonduelle, Michel ; Les plus belles voies vertes de France ; Édilarge - Éd. Ouest-France ; 2010 ; 04:54.

-          Bonte, Pierre ; La France que j'aime ; A. Michel ; 2010.

Handicap

-          Brousse de Montpeyroux (de), Patrick ; Autrement tout simplement ; AMD ; 2014 ; 3:36.

-          Rencontres d'histoire de la médecine, des pratiques et des représentations médicales dans les sociétés anciennes ; Handicaps et sociétés dans l'histoire ; l'Harmattan ; 2010.

Histoire

-          Lacarrière, Jacques ; Dictionnaire amoureux de la Grèce ; Plon ; 2002 ; 18:35.

-          Birenbaum, Halina ; L'espoir est le dernier à mourir ; Musée d'état d'Auschwitz-Birkenau ; 2008 ; 9:27.

-          Testart, Alain ; Avant l'histoire ; Éditions Gallimard ; 2012, cop. 2012 ; 17:45.

-          Reeman, Douglas ; Rendez-vous atlantique sud ; Omnibus ; 2004 ; 13:19.

-          Reeman, Douglas ; Les destroyers ; Omnibus ; 1974 ; 15:04.

-          Fustel de Coulanges, Numa Denis ; La cité antique ; Flammarion ; 2009 ; 13:42.

-          Ménabréa, Henri ; Histoire de la Savoie ; La Fontaine de Siloé ; 2009 ; 17:10.

-          Mehring, Franz ; Histoire de la social-démocratie allemande ; les Bons caractères ; 2013, cop. 2013 ; 29:47.

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-          Constant, Gwladys ; Mamie passe le bac ; Oskar éd. ; 2013 ; 02:35.

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-          Gallo, Max ; De Gaulle ; le Grand livre du mois ; 1998 ; 13:29.

-          Peyramaure, Michel ; Soupes d'orties ; A. Carrière ; 2001 ; 7:02.

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-          James, E. L. ; Cinquante nuances plus claires ; Librairie générale française ; 2014 ; 24:17:00.

-          Cassady, Neal ; Un truc pas très beau qui contient tout ; finitude ; 2014 ; 12:57.

-          Fustel de Coulanges, Numa Denis ; La cité antique ; Flammarion ; 2009 ; 13:42.

-          Tremain, Rose ; Les silences ; J'ai lu ; 2012 ; 9:08.

-          Foenkinos, David ; Charlotte ; Gallimard ; 2014 ; 4:26.

-          Marsangy, Bernard de ; La quatrième invention ; Lepère Editions ; 2005 ; 15:40.

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-          Lark, Sarah ; Le pays du nuage blanc ; Éd. France loisirs ; 2013 ; 20:58.

-          Rutledge, Lynda ; Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling ; Actes Sud ; 2014 ; 08:27.

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-          Guibert, Hervé ; Mes parents ; Gallimard ; 1994 ; 3:42.

-          Guibert, Hervé ; Fou de Vincent ; Éd. de Minuit ; 1989 ; 1:21.

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-          Fischer, Élise ; Villa sourire ; Calmann-Lévy ; 2014 ; 8:50.

-          Garrido, Antonio ; Le lecteur de cadavres ; B. Grasset ; 2014, cop. 2014 ; 18:18.

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-          Bao Ninh ; Le chagrin de la guerre ; P. Picquier ; 1997 ; 08:51.

-          Niffle Aude et Zumkir Anne ; Orealla, Enfer ou Paradis? ; Editions Azimuts ; 2012 ; 06:37.

-          Errera, Eglal ; Tous les discours de réception des prix Nobel de littérature ; Flammarion ; 2013 ; 30,07.

-          Frédéric, Louis ; Le tigre et la rose ; Éd. Kailash ; 1997 ; 12:36.

-          Rouart, Jean-Marie ; Ne pars pas avant moi ; Gallimard ; 2014 ; 05:33.

-          Coben, Harlan ; Sans un adieu ; Belfond ; 2010 ; 11:38.

-          Thilliez, Franck ; Atomka ; Fleuve noir ; 2012 ; 16:10.

-          Diesbach, Ghislain de ; Aix-Marseille 1949-1955 ; simped ; 05:11.

-          Zola, Émile ; Roman expérimental(le) ; Garnier-Flammarion ; 2006 ; 16:47.

-          Lapeyre-Desmaison, Chantal ; Mémoires de l'origine ; Les Flohic éditeurs ; 2001 ; 10:10.

-          Fossum, Karin ; L'oeil d'Ève ; Seuil ; 2001 ; 10:05.

-          Basc, Anne ; La maison du silence ; Bastberg ; 08:04.

-          Noré, Sergio ; Aimé Césaire, Paulo Rosine et leur musique d'éternité ; Orphie ; 2013, cop. 2013 ; 05:07.

-          Teodorescu, Irina ; La malédiction du bandit moustachu ; Gaïa éd. ; 2014 ; 4:16.

-          Mathieu, Nicolas ; Aux animaux la guerre ; Actes Sud ; 2014 ; 10:23.

-          Corbin, Alain ; La douceur de l'ombre ; Fayard ; 2013, cop. 2013 ; 10:50.

-          Joyce, James ; Gens de Dublin ; Gallimard ; 1993 ; 09:03.

-          Dürrenmatt, Friedrich ; La Visite de la vieille dame ; Flammarion ; 1957 ; 03:04.

-          Grisham, John ; Theodore Boone ; Oh ! éd. ; 2010 ; 5:26.

-          Peake, Mervyn ; Titus dans les ténèbres ; J. Losfeld ; 1995.

-          Roumanoff, Anne ; Normal Ier, roi des Français ; Archipoche ; 2014 ; 04:13.

-          Des Cars, Jean ; Le sceptre et le sang ; Perrin ; 19:27.

-          Krúdy, Gyula ; N.N ; La Baconnière ; 2013, cop. 2013 ; 04:36.

-          Crozes, Daniel ; La fille de La Ramière ; Éd. France loisirs ; 2002 ; 12:22.

-          Trassard, Jean-Loup ; L'ancolie ; Gallimard ; 2009.

-          Berroyer, Jackie ; Rock'n'roll et chocolat blanc ; Wombat ; 2013 ; 04:55.

-          Oulitska, Ludmila Evguenievna ; Le chapiteau vert ; Gallimard ; 2014, cop. 2014 ; 21:47.

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-          Beigbeder, Frédéric ; Oona & Salinger ; B. Grasset ; 2014, cop. 2014 ; 7:17.

-          Thuillier, Jean ; Le Paria du Danube ; Balland ; 1983 ; 10:32.

-          Selby, Hubert ; Chanson de la neige silencieuse ; Éd. de l'Olivier ; 2014 ; 07:24.

-          Maravélias, Éric ; La faux soyeuse ; Gallimard ; 2014 ; 07:38.

-          Betancourt, Ingrid ; La ligne bleue ; Gallimard ; 2014 ; 08:32.

-          Brocas, Sophie ; Le cercle des femmes ; Julliard ; 2014 ; 06:30.

-          Failler, Jean ; Le visiteur du vendredi ; Éd. du Palémon ; 2013.

-          Crozes, Daniel ; Le pain blanc ; Pocket ; 1996 ; 07:22.

-          Stendhal ; La Chartreuse de Parme ; Audin ; 1948 ; 22:13.

-          Gracq, Julien ; En lisant en écrivant ; Corti ; 2011 ; 10:34.

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Philosophie

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-          Cohen-Halimi, Michèle ; Stridence spéculative ; Editions PAYOT & RIVAGES ; 2014 ; 16:42.

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-          Finkielkraut, Alain ; L'identité malheureuse ; Stock ; 2013, cop. 2013.

-          Souriau, Étienne ; Les différents modes d'existence ; suivi de Du mode d'existence de l'œuvre à faire ; Presses universitaires de France ; 2009 ; 09:56.

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-          Lonsdale, Michel ; Entre ciel et terre Péguy ; Les Éditions du Cerf ; 03:00.

-          Péguy, Charles ; Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc(le) ; Gallimard ; 1943 ; 05:41.

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Psychologie

-          Carré, Nicolle ; Préparer sa mort ; les Éd. de l'Atelier-les Éd. ouvrières ; 2013 ; 3:58.

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-          Charbonnier, André ; Entre vous et le bonheur ; à compte d'auteur ; 2014 ; 15:06.

Religion et spiritualité

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-          Küng, Hans ; Jésus ; Éd. du Seuil ; 2014 ; 9:42.

-          Biglino, Mauro ; Le Dieu de la bible vient des étoiles ; Ed. nouvelle terre ; 2014 ; 13:49.

-          Drouot, Patrick ; Nous sommes tous immortels ; Éd. du Rocher ; 2004 ; 10:16.

-          Drouot, Patrick ; Le chaman, le physicien et le mystique ; Éd. du Rocher-J.-P. Bertrand ; 1998 ; 11:43.

-          Péguy, Charles ; Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc(le) ; Gallimard ; 1943 ; 05:41.

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-          Svatmarama ; Hatha-yoga pradîpikâ ; Fayard ; 1974 ; 14:32.

-          Boyes, Dennis ; Yoga du sommeil éveillé(le) ; Épi ; 1973 ; 04:15.

-          Lecroq, Dominique ; ABC des Chakras ; J. Grancher ; 1995 ; 4:35.

-          Clerc, Roger ; Yoga de l'énergie ; le Courrier du livre ; 1976 ; 4:41.

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-          Messadié, Gerald ; Jésus dit Barabbas ; JC Lattès ; 2014, cop. 2014 ; 12:14.

-          Maharshi, Ramana ; La lumière du soi ; Éd. Accarias-l'Originel ; 2012 ; 03:13.

-          Gheorghiu, Virgil ; Christ au Liban ; Plon ; 1979 ; 05:43.

-          Rampa, T.Lobsang ; Vivre avec le lama ; Éd. du Rocher ; 05:41.

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-          Dretz, Brigitte ; ABC de la sophrologie ; Grancher ; 2002 ; 03:50.

-          Mouge, Audrey ; Le mystère des guérisseurs ; La Martinière ; 2013 ; 3:42.

-          Cochet, Hervé ; De la clinique comme d'un regard ; De Boeck-Estem ; 2014 ; 11:52.

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-          Campbell, Thomas Colin ; L’enquête Campbell ; Les Arènes ; 2014 ; 17:33.

-          Droulhiole, Michel ; Le bicarbonate malin ; Leduc. s éd. ; 2014 ; 2:54.

Sciences et Techniques

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-          Allègre, Claude ; Dieu face à la science ; Fayard ; 1997 ; 07:34.

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-          Fischetti, Antonio ; La symphonie animale ; Vuibert ; 2007 ; 03:28.

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-          Catala, Jean-Pierre ; Joaben - Les hauts grades introduction au débat ; grand chapitre général du grand orient de France ; 2011 ; 04:29.

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-          Catala, Jean-Pierre ; Joaben - Franc-maçonnerie, entre lumières et occultisme ; grand chapitre général du grand orient de France ; 2013 ; 03:51.

-          Fiore, Edith ; les esprits possessifs ; Éd. Exergue ; 06:06.

-          Gagos, Geneviève ; L’EFT pour tous ; Marabout ; 2013 ; 06:35.

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-          Bellamy, François-Xavier ; Les déshérités ; Plon ; 2014, cop. 2014.

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-          Jeffrey, Grant R. ; Le gouvernement de l'ombre ; Éd. Vida ; 2011 ; 7:35.

-          Méchoulan, Henry ; Le droit et le sacré chez Spinoza ; Berg international ; 2013 ; 1:48.

-          Dupin, Éric ; Les défricheurs ; La Découverte ; 2014 ; 11:00.

-          Finel, Kévin ; Apprivoiser le changement avec l'auto-hypnose ; InterÉditions ; 2009 ; 05:57.

-          Cotta, Jacques ; Riches et presque décomplexés ; Fayard ; 2008 ; 08:52.

-          Holbecq, André-Jacques ; Argent, dettes et banques ; Y. Michel ; 2012 ; 03:55.

-          Chögyam Trungpa ; Le chemin est le but ; Seuil ; 2007 ; 05:22.

-          Aubenas, Florence ; En France ; Le Seuil / Seuil Jeunesse / L'Olivier / Points / Pointdeux ; 2014 ; 05:42.

-          Claret, Nathalie ; Stratégie ; Nathan ; 2012 ; 8:21.

 

 

 

OURS

Revue de l’Association des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA)

Revue trimestrielle5, avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris Téléphone : 01.47.34.30.00.

Site internet : www.giaa.org

Courriel : giaa@giaa.org

Directrice de la publication : Marie-Renée HECTOR

Comité de rédaction : Inès Duhesme, Marie-Renée Hector, Philippe Lumbroso, Aurélie Grelier, Marie de Saint-Blanquat, Patrice Radiguet, Maudy Piot, Stéphanie Zoccola

Mise en page : Stéphanie Zoccola

Coordination transcription supports adaptés : Stéphane Guasson

Version audio : Stéphane Guasson

Relecture : Guy Béranger, Michèle Collat

Abonnements : GIAA

IMPRESSION GIAA

ISSN : 1772-4031

 

 

 

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Nos délégations


GIAA Alsace

14 A rue de Mulhouse - 67100 Strasbourg

Tél. : 03.69.09.22.31

Mail : contact.alsace@giaa.org

 

GIAA Aquitaine

14 rue de la Réole - 33800 Bordeaux

Tél. : 05.56.31.48.48

Mail : contact.aquitaine@giaa.org

 

GIAA Auvergne

35 avenue Franklin Roosevelt

63000 Clermont-Ferrand

Tél. :04.63.79.70.55

Mail : contact.auvergne@giaa.org

 

GIAA Centre

288 Chemin Lucien Bonneau

18100 Mery-sur-Cher

Tél. : 02.48.71.30.36

 

 

GIAA Île de France

5 avenue Daniel Lesueur

75007 Paris

Tél. : 01.47.34.30.00 – Mail : giaa@giaa.org

 

GIAA Lorraine

BP 23703

54097 Nancy Cedex

Tél. : 03.83.27.70.33

Mail : contact.lorraine@giaa.org

 

GIAA Paca-Corse

Le Placer A - 72 avenue Benoît Malon

83100 Toulon

Tél. : 04.94.36.77.48

Mail : contact.paca-corse@giaa.org

 

GIAA Pays de Loire

109, rue Eblé

49000 Angers

Tél. : 02.41.86.13.25

Mail : contact.paysdeloire@giaa.org


 

Services du GIAA

Services audio :

- La bibliothèque = propose près de 7180 titres enregistrés sur CD DAISY.

- Le kiosque sonore = service d’abonnement presse à 24 revues.

- L’enregistrement à la demande.

 

Services Braille et gros caractères :

- transcription à la demande de tout document, ouvrages, document professionnel…

- revues jeunesse et adulte.

 

La lecture directe :

Le GIAA met en contact la personne aveugle ou malvoyante avec un bénévole voyant. Le rôle du bénévole est d’assister pour la lecture : rechercher puis feuilleter des livres dans une bibliothèque, lire des documents manuscrits ou polycopiés, le courrier…

 

Un Club Emploi :

Le Club Emploi du GIAA propose un accompagnement individuel personnalisé, centré sur la spécificité de la personne déficiente visuelle en situation de recherche d’emploi.

 

Les boutiques du GIAA :

Le GIAA dispose pour ses adhérents de boutiques qui proposent, selon les délégations, des méthodes d’apprentissage du Braille, de matériels pour lire et écrire du Braille ou des gros caractères, et divers produits adaptés qui facilitent la vie quotidienne des aveugles et malvoyants (loupes, montres, ...).

 

 

Sections du GIAA

Amitiés Pouget : regroupe des prêtres, diacres, religieux et religieuses malvoyants ou non voyants. Ils publient la "lettre d'Ananie.

 

GPEAA (Groupement des Professeurs et Éducateurs d'Aveugles et Amblyopes) : groupe de professeurs et éducateurs, acteurs sociaux, parents qui travaillent ou vivent pour/avec des personnes aveugles ou malvoyantes. Ils organisent les journées pédagogiques.

 

Views France : concerne les jeunes malvoyants et non voyants qui souhaitent faire des échanges et organiser des voyages en Europe.