Qu’on se le dise
Bulletin d’information du GIAA
Décembre 2015
Nouvelle série – numéro 24

En couverture :
Dossier : Déficience visuelle et 3e âge
Réouverture du musée Rodin à Paris
Les nouveautés littéraires en gros caractères

 

 

Sommaire

ÉDITO

 

ACTUALITÉS

Transports adaptés : PAM75 répond aux questions des usagers

DMLA : Implantation réussie d’un “œil bionique” sur un Britannique de 80 ans

Unseen Art Project – Imprimer en 3D les peintures célèbres pour les malvoyants

Ebooks : Scribd travaille sur une plateforme dédiée aux aveugles aux USA

Un bracelet connecté pour aider les aveugles dans leurs déplacements

Dot Watch, une montre connectée pour les aveugles

Le château de Champs sur Marne se dote d’une maquette au 1/50e pour les visiteurs déficients visuels

Dans le Pas-de-Calais, les restaurants proposent des menus sonores

 

DOSSIER - Déficience visuelle et 3e âge : ne pas se voir vieillir...

Grand âge et cécité :  « un surcroît d’énergie à avoir »

L’accueil spécifique des personnes déficientes visuelles en Ehpad

Quelles prestations et aides pour les personnes handicapées à partir de 60 ans ?

 

LA VIE DU GIAA

Sport adapté en Île de France

Le GIAA, partenaire de la librairie l’Île Lettrée pour le troisième salon des écrivains

Le GIAA de Nancy rouvre son marché de Noël

Visite guidée de la Maison de la Radio

Le GIAA Aquitaine récupère et recycle les lecteurs Victor

Compte-rendu des 51e journées pédagogiques du GPEAA

Agenda : La 36e Convention de pédagogie pour les aveugles et malvoyants

 

CULTURE ET LOISIRS

Il a rouvert ses portes à l’automne : le musée Rodin tout beau, tout neuf

Activités accessibles

Théâtre : Plus j’avance plus le chemin s’étire, le monde vu par une petite fille aveugle

Calendrier culture et loisirs du Club Culturel Vaugirard pour les Aveugles et leurs Amis

Théâtre : Les yeux Revolver Re-vue

 

LECTURE

Le livre du moment

Éditions Gros Caractères

 

OURS

 

Nos délégations

 

Services du GIAA

Services audio

Services Braille et gros caractères

La lecture directe

Un Club Emploi

Les boutiques du GIAA

 

Sections du GIAA

 

 

ÉDITO

Vous avez dit Dignité ?

 

À l’heure où les services des Maisons des Personnes Handicapées sont sur le point d’être regroupés avec ceux des personnes âgées dans les Maisons de l’Autonomie, les citoyens « en situation de handicap » ont tous les droits de s’interroger. La loi de 2005 sur l’égalité des chances et la citoyenneté des personnes handicapées a ouvert de grandes perspectives souvent valorisantes pour tous ceux qui sont concernés. Cette loi, enfin, a reconnu que les handicapés affrontent, comme tout être humain, tous les âges de la vie et que leurs besoins sont ceux des personnes de leur âge auxquels s’ajoutent ceux que leur handicap rend spécifiques.

De même que toutes les personnes âgées ne sont pas grabataires ou atteintes de la maladie d’Alzheimer, tous les handicapés passent par leur jeunesse ! Négliger ces points, c’est faire peu de cas de l’histoire des personnes et souvent nier leurs droits de faire des choix :

- choix du projet de vie fait par les parents ou les éducateurspour un jeune,

- droit de prise de décision dans certains lieux de résidencepour personnes âgées menant parfois à les priver de vie privée.

 

Si le fait d’être « en situation de handicap » crée naturellement quelques entraves au quotidien, la pression sociale de l’entourage en est souvent une autre très affligeante pour la personne qui la subit. Toute personne âgée qui a travaillé et/ou élevé des enfants et qui se retrouve seule, peut se confronter à l’isolement social. Impossible ici de développer davantage sur ce point. Disons seulement que le handicap visuel, entre autres handicaps, est un facteur aggravant, plus particulièrement lorsque la perte de la vue survient au crépuscule de la vie. La raison en est que la personne peut ne plus avoir le temps de se rééduquer pour dompter son handicap autant que faire se peut. Elle se retrouve souvent démunie. C’est alors que l’entourage se met à penser pour elle, à vouloir tout faire à sa place, même ce qu’elle serait capable de faire en toute autonomie, à lui ôter tout droit de décider de la manière dont elle pourrait organiser son quotidien...

Chaque être humain a droit à son espace de liberté, si quotidien, si petit ou si grand soit-il ; Portrait de Marie-Renée Hectorc’est le droit à cet espace de libre choix autonome qui laisse la porte ouverte à la dignité de la personne. La maltraitance commence là où le non-respect de cet espace s’impose comme incontournable pour l’individu alors mis sous une tutelle injustifiable pour celui ou celle qui peut encore choisir et décider en toute lucidité. On oublie fréquemment que la maltraitance peut être psychique et devenir infernale lorsqu’elle est assénée par des professionnels ou des familles qui se croient investis du pouvoir des bonnes intentions.

Aider avec respect exige que l’on prenne le temps de le faire sans idée toute faite sur ce qu’est ou ce que peut la personne âgée. Accompagner le choix, là demeure le bien agir vers la dignité d’autrui. Malheureusement, le temps de l’écoute et de la compréhension mutuelle, n’est-ce pas ce qui manque actuellement autour de nous ? N’a-t-on pas trop souvent tendance à infantiliser, en oubliant que la personne âgée ne perd pas son statut d’adulte, dès lors qu’elle est en capacité faire un choix ?

 

                                                                                                                                                                      Marie-Renée HECTOR

                                                                                                                                                              Présidente du GIAA

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ACTUALITÉS

Transports adaptés : PAM75 répond aux questions des usagers

PAM75 est le service de transport pour les Parisiens en situation de handicap et à mobilité réduite.Il permet de se déplacer dans Paris et toute l’Île-de-France, à la demande, pour tout type de motifs.

 

Il est réservé aux titulaires d’une carte d’invalidité délivrée par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (taux de 80% minimum) et aux bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, GIR 1 à 4.Pam75 est un service organisé par le Département de Paris, en collaboration avec le Syndicat des Transports d’Île de France (STIF) et la Région Île-de-France.

 

La Confédération Française Pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA), par la voix de Thierry Jammes, Président de la Commission d’Accessibilité, s’est entretenue avec Benoit Poincaré, Chargé de clientèle PAM75.Ensemble ils ont abordé les sujets qui peuvent fâcher, entendez par là que leur entretien a porté pour l’essentiel sur les questions et retours d’expérience des usagers.

 

Une personne en fauteuil roulant monte à bord d'un véhicule de la PAM75.

 

CFPSAA. Est-ce que la détention de la carte Améthyste (gratuité des transports) exclut les usagers du service PAM ?

PAM75. Non, PAM75 ne tient pas compte de cette carte.

 

CFPSAA. Nous constatons que les personnes handicapées ont de grandes difficultés à être prises en charge à leur arrivée de l’avion dans les aéroports de Paris. Comment résoudre cette difficulté ?

PAM75. Cette difficulté est connue ; cet été, des tests ont été réalisés à Orly et à Roissy Charles de Gaulle. La solution qui parait la meilleure et qui sera prochainement mise en place est la suivante : la personne handicapée prise en charge par le service de l’aéroport est ramenée au point d’accueil P.M.R. où le conducteur PAM75 la retrouve.

Le point à confirmer concerne les avions les plus tardifs car certains accueils P.M.R. sont fermés après 23h. Le point de rendez-vous reste le point d’accueil P.M.R, la personne handicapée pouvant trouver un siège à proximité.

 

CFPSAA. Dans le cas où un usager souhaite faire parvenir au service un mail de réclamation, est-il possible de mettre en place une adresse mail unique de réclamation avec une procédure de suivi ?

PAM75. L’adresse mail est pam75@keolis.com. Le délai pour le traitement d’une réclamation est de 15 jours. Il est respecté pour 95% des cas.Il est également important de donner dans les réclamations le maximum de détails (date, horaire et lieu de prise en charge, numéro de client, problème rencontré) afin que nous puissions ensuite prendre les dispositions nécessaires.

 

CFPSAA. Abordons la question des annulations de demande de transport. Les demandes d’annulation ne sont pas toujours prises en compte et lorsque c’est du à un manque de rigueur de vos équipes, l’erreur est tout de même facturée au client. Comment améliorer le service sur ce point ?

PAM75. Les annulations pour un transport à plus de 48h peuvent être faites par mail. L’accusé de réception fait foi et permet de faire une réclamation ultérieure. À moins de 48h, il est préférable de le faire par téléphone. La confirmation peut se faire par l’écoute de l’enregistrement téléphonique. Si vous êtes informé que le véhicule s’est quand même déplacé, il faut faire la réclamation avant facturation. Si malgré tout il y a facturation, un remboursement vous sera adressé après paiement de la facture dans sa totalité.

 

Logo de la PAM75 : la carte de Paris en rouge, cerclée de blanc. En bleu la Seine.
Au lilieu : PAM 75, Paris Accompagnement, Mobilité.CFPSAA. Nous avons eu beaucoup de retours sur le peu d’amabilité des interlocuteurs au téléphone...

PAM75. Les contrôles qualité réalisés chaque mois par une société extérieure ne font pas remonter d’anomalie en termes de politesse et plus largement d’attitude de nos téléconseillers. Si toutefois une réclamation est à faire, il faut indiquer dans le mail, le numéro d’appelant, la date et l’heure précises de l’appel en expliquant ce qui s’est passé. Une écoute téléphonique sera pratiquée et l’agent sera rencontré par son responsable.

 

CFPSAA. Les usagers pointent également un manque d’anticipation. Citons pour exemple les textos indiquant les retards qui arrivent après l’heure du rendez-vous.

PAM75. Les remontées client que nous avons concernant le service d’information voyageur sont positives. Toutefois, certaines font effectivement état de dysfonctionnements concernant les messages de retard. Nous travaillons actuellement sur ce point. D’ici le début de l’année 2016, le service va être enrichi. Lors d’un retard les clients seront informés de la nouvelle heure d’arrivée de leur véhicule dès le message de retard. Un message (mail, SMS ou message vocal) informera nos clients de l’approche de leur véhicule, que celui-ci subisse ou non un retard.

 

CFPSAA. Parlons d’Alpha Taxi. On nous a fait remarquer que les chauffeurs viennent exceptionnellement au contact de la personne aveugle : le plus souvent ils restent assis dans leur fauteuil et attendent. Ceci pose, vous vous doutez bien, un réel problème pour les personnes déficientes visuelles. Voici le type de SMS qui est envoyé à l’usager : “veuillez-vous rapprocher du chauffeur”.

PAM75. Nous allons faire remonter à Alpha Taxi qu’il est important d’aller à la rencontre d’un client non ou mal voyant lorsque celui-ci se présente sur le trottoir.

Il nous est rappelé que le règlement d’exploitation rédigé par le Département de Paris prévoit une prise en charge sur le trottoir qu’il neige ou qu’il pleuve. Le conducteur ne peut aller chercher la personne à l’intérieur uniquement si une procédure spéciale a été mise en place ce qui peut se faire sur les adresses où l’usager se rend régulièrement.

La validation de l’accompagnement se fait généralement après une visite et doit rester exceptionnelle. La CFPSAA rappelle qu’il serait important de communiquer à nouveau sur ces deux procédures.

 

CFPSAA. Concernant les réservations... Lorsqu’une réservation est refusée pour cause de planning complet, il serait intéressant de créer une liste d’attente automatique afin de pouvoir combler les désistements.

PAM75. Nous partageons votre avis sur la pertinence d’une liste d’attente. L’outil de planification utilisé ainsi que la spécificité des clients que nous transportons, ne nous permette actuellement pas cette organisation. Nous étudions la faisabilité à moyen terme.

 

CFPSAA. Compte individuel sur Internet (paiement par prélèvement). On reçoit des documents mensuels qui récapitulent les transports effectués. Il n’est pas aisé pour un déficient visuel d’en prendre connaissance.

PAM75. La consultation des factures sur internet n’est actuellement pas prévue. Depuis peu, un grand nombre de clients mal ou non-voyants nous ont effectivement fait part de cette difficulté. Nous allons donc travailler prochainement à leur accessibilité.

 

CFPSAA. Pourquoi ne pourrait-on pas consulter en ligne l’historique de ses transports avec pour chacun le tarif qui a été appliqué ?

PAM75. Aujourd’hui le site pam75.info permet, après s’être identifié, de consulter les transports réalisés en plus de pouvoir réserver les voyages et de consulter les transports à venir.

Pour avoir accès à son historique sur internet, il faut se connecter à : http://www.pam-info.fr/se-deplacer/reserver-un-transport-pam-75/comment-reserver/mes-reservations-en-ligne/

Et compléter l’identifiant par votre nom de famille en majuscule suivi du tiret du 8 suivi de votre numéro de client. Pour le mot de passe c’est simplement votre numéro de client. Ensuite cliquez sur « mes transports passés » et vous avez accès à l’historique du mois.

 

CFPSAA. Lors de la lecture d’une facture, nous constatons de nombreuses codifications : ne serait-il pas possible de les rendre plus compréhensible pour les usagers ?

PAM75. Un grand nombre d’améliorations ont été apportées depuis 2 ans sur les factures, dans le but justement de faciliter leur compréhension. Les codifications utilisées sont réduites à leur minimum et explicitées dans une légende en fin de facture.

PAM75 comprend néanmoins que l’exercice n’est pas des plus aisés pour les personnes déficientes visuelles.

PAM75 s’engage à étudier la question et à voir en collaboration avec la CFPSAA comment améliorer le tableau. Pourriez-vous d’ores et déjà nous préciser les éléments qui posent le plus de difficulté ?

 

CFPSAA. À propos de tarifs, parlons de ceux d’Alpha taxi. Nous avons tous constatés que lorsqu’il s’agit d’un Taxi Alpha mandaté par le PAM, sur un trajet comparable, la note augmente fortement. Comment réguler cette situation ?

PAM75. PAM75 assure un suivi des transports faits par un sous-traitant et conteste en cas d’abus. Le client doit sortir du véhicule avec le ticket bleu sur lequel doit être mentionné le montant, l’horaire et les adresses de départ et d’arrivée de la course. Si l’un de ces éléments n’y figure pas, faites le parvenir à PAM75.

 

CFPSAA. Pourquoi ne faites-vous pas appel àdes chauffeurs privés ? Ceci pourrait permettred’abaisser les factures.

PAM75. C’est une idée qui est à l’étude. Actuellement aucun accord n’a été trouvé avec les sociétés de VTC.

 

DMLA : Implantation réussie d’un “œil bionique” sur un Britannique de 80 ans

Un retraité britannique de 80 ans souffrant de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) a bénéficié de l’implantation “réussie” d’un “œil bionique” posé à même la rétine, a annoncé l’équipe médicale de l’hôpital de Manchester qui a pratiqué l’opération.“Les progrès de Ray Flinn sont vraiment remarquables. Il voit vraiment bien les contours des gens et des objets”, a déclaré le professeur Paulo Stanga, chirurgien ophtalmologiste au Manchester Royal Eye Hospital qui présente cette intervention comme une première mondiale pour un patient atteint de DMLA.

La maladie, marquée par une dégradation d’une partie de la rétine (la macula), est une importante cause de handicap visuel chez les plus de 50 ans et sa fréquence augmente avec l’âge. Elle peut mener à la perte de la vision centrale.

“Les premiers résultats sont un succès total et je suis impatient de traiter davantage de malades souffrant de DMLA sèche avec l’Argus II dans le cadre de cet essai clinique”, a ajouté le professeur Stanga.

 

Exemple type d'une déficience visuelle causée par la DMLA : une tâche sombre occupe le centre de la vision.

 

Vendu 115.000 euros en Europe et fabriqué par la société californienne Second Sight, Argus II est un implant oculaire jusqu’à présent utilisé sur les personnes aveugles par rétinopathie dégénérative, une maladie génétique. Cet implant “stimule” artificiellement, par des impulsions électriques, la rétine déficiente.L’appareil se présente sous la forme d’une paire de lunettes de soleil, équipée d’une caméra miniature, d’un boîtier électronique portatif pour retraiter les données visuelles captées par la caméra et d’un système de transmission jusqu’à l’implant oculaire.Des systèmes similaires de “rétines artificielles” mis au point par trois sociétés, aux États- Unis, en Allemagne et en France, équipent actuellement une centaine de personnes dans le monde.Cette intervention de quatre heures, qui a déjà permis à plusieurs dizaines d’aveugles souffrant de rétinopathies pigmentaires de recouvrer en partie la vue, pourrait bénéficier aux plus de 30 millions de personnes dans le monde qui souffrent de DMLA, selon les chiffres de la fondation américaine Foundation Fighting Blindness (FFB).Deux autres voies radicalement différentes sont à l’étude pour soigner la DMLA : la thérapie génique, qui consiste à modifier les gènes à l’origine de la maladie, et la thérapie cellulaire, quand des cellules souches sont injectées dans la rétine pour se substituer aux cellules déficientes.

 

Unseen Art Project – Imprimer en 3D les peintures célèbres pour les malvoyants

Imprimer des tableaux ou sculptures en 3D pour permettre aux visiteurs aveugles et malvoyants d’apprécier l’art à leur façon n’est pas une idée nouvelle. Après l’expérience du Prado de Madrid et l’initiative de Tri-D, une startup de Lille, c’est au tour d’Unseen Art, une jeune entreprise finlandaise de se lancer dans la modélisation 3D d’œuvres d’art. Un projet financé par le crowdfunding.

 

 

 

Des mains explorent le visage d'une Joconde. Celle-ci est représentée par une sorte de haut relief gris.“Imaginez ne pas savoir à quoi ressemblent Mona Lisa ou les tournesols de Van Gogh. Imaginez en avoir entendu parler toute votre vie sans jamais n’avoir pu les voir vous- même. Pour des millions de personnes aveugles, c’est une réalité”. Telle est le thème de la campagne d’Unseen Art, un projet porté par une entreprise finlandaise qui veut mettre le développement de l’impression en 3D au profit des malvoyants.

 

Leur objectif est ainsi de reproduire les toiles incontournables de l’histoire de la peinture, en trois dimensions, pour permettre aux aveugles d’apprécier ces œuvres en les touchant.Pour illustrer leur démarche, quoi de plus simple et de plus impactant que de transformer la Joconde en un « objet » 3D qui peut se toucher ?Dans une vidéo mise en ligne par Unseen Art, une malvoyante touche le plus fameux portrait du monde, celui de Mona Lisa, créé d’après Leonard de Vinci.Basée à Londres, Caroline Delen est le premier artiste contributeur. Elle a fait don de son temps pour réinterpréter le Mona Lisa présenté pour le projet. Unseen Art « parle avec d’autres artistes » pour créer d’autres reproductions 3D.Marc Dillon, initiateur du projet Invisible Art, le voit comme un programme mondial open source par lequel divers artistes et autres créateurs pourraient se porter volontaires pour modéliser les peintures 3D classiques comme un autoportrait de Vincent Van Gogh, ou la statue de Michel-Ange de David. Ces œuvres classiques imprimées en 3D seront alors à la fois touchées et ressenties par les malvoyants, à la fois dans des expositions et à leur domicile.Dans une interview au site web Dazed, Dillonexplique : « bien que nous commençons avecdes personnes aveugles et malvoyantes, nouscomprenons aussi que nous pouvons atteindreplus de (personnes). Toute personne auraitenvie de pouvoir toucher une œuvre d’art,expérience impossible aujourd’hui. En outre, denombreux événements « dans le noir » sont déjàtrès populaires dans le monde entier tels quemanger dans le noir, comédie ou concert dansl’obscurité. Nous pourrions créer une expositiondans le noir où les visiteurs pourraient découvrirl’art à tâtons, et ainsi ressentir des impressionsdifférentes qu’ils ne le feraient dans un musée etdans la lumière ».En outre, les initiateurs du projet Unseen Artfont le pari de la démocratisation de l’impressionVue générale de la Joconde imprimée en 3D. Le relief est impressionant : il s'agit plus d'une sculpture que d'un relief habituel (de quelques millmètres de profondeur).en 3D, et imaginent que ces œuvres en reliefpourraient rapidement être imprimées à domicile.Dans cette perspective, l’équipe d’Unseen Artprépare la création d’une plateforme interactivepermettant à des particuliers de contribuer et télécharger des œuvres d’art gratuitement.

Pour financer ce projet, ses initiateurs font appel au crowdfunding, via la plateforme Indiegogo sur laquelle ils espèrent collecter 30.000 dollars américains.De janvier à octobre 2015, le musée du Prado (Madrid) a proposé une exposition spécialement conçue pour les aveugles qui pouvaient toucher les œuvres d’art. L‘exposition intitulée Hoy toca el Prado (Toucher le Prado), a permis aux non-voyants d’utiliser leurs mains pour découvrir les tableaux des plus grands maîtres, tels que Goya et El Greco. L’événement s’est arrêtée le 18 octobre 2015 mais ses reproductions de tableaux en relief sont maintenant exposées dans d’autres villes espagnoles.Le Prado n’est pas le seul lieu espagnol à proposer des visites adaptées aux non-voyants. Au musée Reina Sofia de Madrid, certaines sculptures peuvent être touchées tout comme les tenues du Musée du Costume qui sont rendues accessibles. Des initiatives largement soutenues par ONCE (Organisation Nationale des Aveugles Espagnols). L’organisation gère son propre musée, dans lequel elle propose aux non-voyants de toucher les répliques de 34 monuments, de la tour Eiffel au Taj Mahal.

 

 

Une initiative Lilloise

La start-up lilloise Tri-D, dont nous avons parlé dans le QSLD n°23, a également développé un projet permettant aux déficients visuels d’appréhender l’art et le monde qui les entoure. Cette expérimentation de l’impression 3D dans un contexte muséal devrait se dérouler au LaM, Lille Métropole musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut à Villeneuve d’Ascq. Un projet similaire se déroulera également au Musée International du Carnaval et des Masques à Binche en Belgique : scan 3D de 2 masques puis reproduction à taille réelle par impression 3D pour une plus grande accessibilité.

Au-delà des œuvres du LaM, le projet « Toucher pour voir », consiste à « imprimer en 3D les monuments et les symboles de notre région Nord-Pas de Calais pour faire découvrir notre belle région à ceux qui l’habitent et n’ont pas la chance de la contempler. Par exemple, le Lion des Flandres, les beffrois, la Citadelle de Lille et bien d’autres lieux et symboles emblématiques deviendront accessibles à tous par le biais de médiations culturelles originales et inédites ».

Pour financer le projet, ils ont également fait appel au crowdfunding. Objectif : 10.000 euros pour acheter des imprimantes 3D. La campagne sur KissKissBankBank leur a permis de collecter 13.000 euros et ainsi de démarrer la production. Une campagne réussie qui promettait notamment aux généreux donateurs (plus de 100 €) de manger à deux au restaurant “ Dans le noir ” à Paris pour « profiter d’une expérience tactile et gustative unique ».

 

Ebooks : Scribd travaille sur une plateforme dédiée aux aveugles aux USA

 

La Fédération américaine pour les aveugles, The National Federation of the Blind, a passé un accord avec Scribd, la plateforme de lecture de livres numériques en illimité.

Ensemble, ils vont travailler au développement d’une offre d’abonnements aux ebooks dédiés spécifiquement aux personnes aveugles ou malvoyantes. Cette offre d’abonnement sera disponible fin 2017.Mark A. Riccobono, président de la Fédération nationale des aveugles, a déclaré dans un communiqué : « Le manque d’accès à l’imprimé a toujours été l’un des obstacles les plus importants auxquels font face les aveugles, mais les livres et les documents électroniques, quand ils sont conçus pour être accessibles, peut donner accès à plus d’informations, conduisant à l’éducation et l’emploi avec de meilleurs résultats, pour nous aider à vivre la vie que nous voulons. Nous sommes ravis que les lecteurs aveugles aient bientôt accès à la vaste bibliothèque numérique de Scribd, et nous félicitons Scribd d’avoir accepté de travailler avec nous pour que cela se produise. »

Il faut savoir qu’aux États-Unis, la question est sensible. Récemment, les aveugles de New York ont réussi à faire capoter un immense contrat entre Amazon et les écoles de l’État, la raison, Amazon ne propose pas des livres numériques suffisamment accessibles. (Source : idboox.com)

 

Un bracelet connecté pour aider les aveugles dans leurs déplacements

Deux entrepreneurs mexicains viennent de créer un bracelet connecté qui permettra aux personnes déficientes visuelles de se déplacer en toute sécurité.

 

Un bracelet en caoutchouc noir et orange, imposant, au poignet d'une personne.À partir d’un système d’écholocation, le bracelet Sunu émet des ondes haute fréquence qui lui reviennent après avoir touché un obstacle, permettant ainsi de calculer la distance à laquelle il se trouve. Le bracelet envoie ces informations à la personne qui porte le bracelet grâce au moyen de vibrations, la fréquence de ces dernières augmente à mesure qu’il se rapproche de l’objet. Ce bracelet peut être utilisé en intérieur, mais aussi à l’extérieur.

Marco Antonio Trujillo Tejeda et Cuauhtli PadillaArias, les concepteurs de cet accessoire, qui travaillent pour l’institut Tec de Monterrey au Mexique, ont aussi développé une étiquette qui, une fois associée au bracelet permet de localiser des objets perdus. Il suffit de placer cette étiquette sur ses clés pour aisément les retrouver grâce au Bluetooth. Les informations de proximité peuvent être envoyées au bracelet ou à un smartphone, qui grâce à des vibrations indiquera à l’utilisateur la proximité de l’objet recherché.

Le brevet de ce bracelet a été déposé et est en cours de commercialisation à l’international. Ses précommandes ouvriront grâce à une campagne de financement participatif sur indiegogo.com qui débutera bientôt.

 

 

Dot Watch, une montre connectée pour les aveugles

Une startup Coréenne a créé la première montre connectée pour les malvoyants : elle s’appelle Dot. L’objet dispose de quatre lots de six points (d’où le nom « Dot ») lesquels s’élèvent pour afficher quatre caractères de Braille à la fois. Les nouveaux caractères apparaissent à une vitesse variant de 1 à 100 secondes.

 

Un fin bracelet plastique présente 4 cellules braille superposées en lieu et place de cadran. Trois coloris sont illustrés : blanc, gris et noir.

Les solutions actuelles sur le marché sont chères ou peu élégantes, et les logiciels des smartphones offrent le plus souvent des applications qui lisent les informations à haute voix – pas toujours évident pour une utilisation en public. D’où l’idée de créer cet objet connectée qui mise sur le toucher pour transmettre des informations. Les créateurs de Dot ont déjà réussi à récolter plusieurs milliers de dollars de la part d’investisseurs et du gouvernement coréen pour poursuivre la réalisation de cette montre connectée et visent désormais une mise au marché internationale.

Dot va bénéficier d’une autonomie de 10 heures, ce qui correspond à peu près 5 jours d’utilisation. Disponible dès ce mois de décembre aux États-Unis, l’objet connecté sera commercialisé au prix de 300 dollars.

 

Le château de Champs sur Marne se dote d’une maquette au 1/50e pour les visiteurs déficients visuels

Le château de Champs-sur-Marne, dans le département de la Seine et Marne, possède désormais une maquette et une table tactiles à destination des publics déficients visuels et intellectuels. «C’est la seule maquette de ce type au monde», a précisé l’un des spécialistes de Tactile Studio (conception et réalisation de supports sensoriels en relief).

 

Photographie de la maquette du château.

 

La maquette du château à l’échelle 1/50e est facilement démontable par niveaux. Le nom de chaque pièce est inscrit en Braille sur le seuil de la porte. En introduction à la visite, cette maquette, utilisable aussi bien par les voyants, que par les non- voyants, permet d’appréhender le bâtiment dans lequel ils se trouvent, son architecture et ses proportions, mais également son histoire, sa construction et l’évolution du site dans son ensemble. Elle a cependant vocation à être utilisée dans le cadre de visites adaptées accompagnées d’un animateur ou d’un guide, et sera présentée dans l’ancienne chapelle du château, désormais réservée à cet usage.Le second outil présenté est une table tactile. Celle-ci présente trois des décors les plus prestigieux du château, qui, pour des raisons de préservation, ne sont pas accessibles aux personnes non-voyantes ou malvoyantes. Il s’agit d’un décor peint du salon chinois, un décor en bois sculpté de la chambre d’honneur, et un décor de tenture du salon rouge.

À l’avenir, la table tactile pourra accueillir d’autres séries de détails issus de collections du château.

Le domaine qui a obtenu en 2014 le Label Tourisme et Handicap mental et auditif ne compte pas en rester là. Courant 2016, un audioguide proposera une piste en audiodescription.

 

À gauche : la reconstitution d'un intérieur.
À droite : la maquette présente des parties amovibles qui laissent découvrir les intérieurs.

 

Situé à 18 km à l’est de Paris, le château de Champs-sur-Marne est un joyau de l’architecture classique en Île-de-France. Son décor rocaille et son mobilier estampillé ressuscitent le cadre raffiné des maisons de plaisance du siècle des Lumières. Entouré d’un des plus beaux parcs de France, il allie un jardin à la française et un jardin à l’anglaise sur 85 hectares. Le jardin est labellisé Jardin remarquable.

 

Dans le Pas-de-Calais, les restaurants proposent des menus sonores

Écouter ce que l’on va manger. La Jeune chambre économique (JCI) de Saint-Omer met en place un dispositif de menus sonores pour les déficients visuels dans une vingtaine de restaurants de la ville et des communes alentour.

 

Sur une nappe sont posés les couverts et un dispositif sonore, certaines touches sont rehaussées de gommettes en relief rouge.

 

Le concept semble unique en France : mettre àdisposition des déficients visuels des « cartessonores » dans les restaurants. « Lorsque l’onest aveugle, le geste simple de commander unplat peut vite devenir problématique si l’on n’a pas un ami ou un voisin de table conciliant pour lire la carte », explique Émilie Ducourant de la JCI.

En partenariat avec la Maison des aveugles, la JCI a monté ce projet.Sur un dictaphone numérique un peu amélioré, le restaurateur enregistre tout simplement son menu. « Au minimum, il faut le nom du plat, son prix et un numéro, plus facile à mémoriser qu’un nom compliqué, poursuit Émilie Ducourant. Pour les cartes avec peu de plats, il peut même y avoir une description ».L’appareil utilisé est un des rares dictaphones sur le marché avec des touches en relief. « Nous lui ajoutons des petites perles collées sur les boutons pour que le mal voyant s’y retrouve encore plus facilement ».Les kits de cartes sonores ont été distribués aux 18 restaurateurs que la JCI a su convaincre. Vendu à 60 euros pièce, le kit est composé du fameux dictaphone et d’autocollants du logo pour identifier le restaurant comme participant à l’opération.

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DOSSIER - Déficience visuelle et 3e âge : ne pas se voir vieillir...

Stéphanie Zoccola et Inès Duhesme

 

La vieillesse est un naufrage, disait Charles de Gaulle. Peut-être, mais que se passe-t-il lorsque l’on cumule beaucoup de temps de vie écoulé et handicap ? Notamment le handicap visuel ? Est-ce un naufrage au milieu d’une tempête ? Cette période de la vie qui nous voit vieux et mal ou non voyant s’apparente-t-elle dès lors à une double peine ?

 

Illustration du tableau "Le vieux guitariste" de Pablo Picasso (1903).
Dans un camaieu de bleu, un homme aux cheveux blanc et aux joues creusées, portant des haillons, joue de la guitare. Il semble presque endormi, sa tête tombant à l'horizontal sur son épaule.

 

Pour être tout à fait honnêtes, c’est un peu l’idée que nous avions lorsque nous avons décidé d’aborder ce sujet.Nous avions l’image d’un troisième âge où le temps écoulé a fait fondre les muscles et les appétits, réduit à néant les envies et où le handicap visuel est vécu comme une entrave de laquelle on ne peut s’affranchir. Le handicap s’alourdit-il avec le temps qui passe ? Nous étions enclins à le croire.

Comme nous étions ignorants !Pour explorer “cet enfer” de la cécité au crépuscule de l’existence, nous avons rencontré deux femmes. Dire qu’elles sont extraordinaires est un cliché, pourtant jamais qualificatif n’a aussi bien résumé la réalité d’un fait ou d’une personne.Les deux dames que nous avons rencontrées et dont vous avez lire l’expression dans les pages à venir, sont en dehors de tout ordinaire. Du moins en dehors de l’ordinaire que nous leur supposions. Si la vieillesse est un naufrage, nous avons rencontré deux vaillants marins qui n’ont pas l’intention de se laisser saborder sans combattre. Le handicap visuel ? Une péripétie de plus dans des vies bien remplies. “Passionnante et passionnée”, déclare l’une d’elles pour définir son existence.Une péripétie conséquente, contraignante, émotionnellement difficile, mais une péripétie parmi d’autres à affronter. Avec la même détermination et vaillance. Comment ont-elles fait ? Ont-elles réussi ? Comment vivent- elles le handicap et la vieillesse ?Voici leurs réponses.

 

Grand âge et cécité :  « un surcroît d’énergie à avoir »

Stéphanie Zoccola

 

Nous sommes parties à la rencontre de deux personnes âgées non ou malvoyantes. Nous nous sommes ainsi entretenues avec Jacqueline Tollard, 74 ans, et Anne-Marie Mangin, 93 ans.

La première est atteinte de rétinite pigmentaire depuis l’enfance, elle n’a jamais vraiment vu. « Juste un point central vu de l’œil gauche. Maintenant je suis dans le brouillard », précise-t-elle.

La deuxième a perdu progressivement la vue à 80 ans passés. Elle distingue encore les couleurs et quelques formes globales.

 

Le jour où nous l’avons rencontré, Mme Tollard était encore l’épouse d’un mari, aveugle comme elle, mais très malade et hospitalisé. Depuis, M. Tollard est décédé. Mme Mangin, elle, est veuve depuis 23 ans, mais compte ses années de veuvage comme autant d’années de mariage. Ainsi, elle annonce avec un brin de fierté dans la voix être mariée « depuis 73 ans ». Jacqueline Tollard est petite et brune. Anne-Marie Mangin nous donne l’impression d’avoir été plutôt grande et blonde. La première a vécu son enfance et son adolescence en Algérie du temps de la France, à Oran. La seconde est née à Meaux de parents originaires de Neuilly sur Seine.

 

Mme TollardMadame Tollard a eu un fils, Madame Mangin a adopté quatre enfants dont deux sont décédés depuis.Toutes les deux ont travaillé : l’une comme secrétaire au sein de l’Armée, l’autre comme conseillère technique et pédagogique à la Jeunesse et aux Sports.

 

Elles vivent désormais seules en résidence : Madame Tollard à la résidence Saint Louis dans l’enceinte de l’hôpital des Quinze Vingts, Madame Mangin à la résidence Antoine Portail dans le 6e arrondissement. Toutes les sont mues par une foi inébranlable qui les a porté tout le long de leur vie. Toutes les deux nous ont accordé un long entretien et toutes les deux ont fait voler en éclats tous nos préjugés, présupposés sur le grand âge, le handicap et la combinaison des deux.

Jacqueline Tollard a 74 ans et l’air d’en voir 60 ans. De son enfance nord-africaine, elle a gardé le verbe franc et clair et une pointe d’accent qui transparaît parfois, quand son propos s’envole.

Jacqueline Tollard n’a jamais vu, ou pas grand-chose. Elle est atteinte de rétinite pigmentaire. « Je voyais un point central de l’œil gauche pendant l’enfance et l’adolescence. Quand je vous regardais le nez, je n’en voyais que le bout. Maintenant, je suis dans le brouillard », raconte-t-elle. Sa malvoyance puis sa cécité n’ont pas posé problème pendant l’enfance, entourée d’un frère très complice et prévenant et d’une bande de copains et copines qui lui tenaient la main.

« À l’adolescence, je me suis rendue compte quand même que je ne voyais pas, que j’étais limitée, mais j’avais toujours mon frère et mes amies ».La Guerre d’Algérie explose ses repères. Elle quitte l’Afrique du Nord en 1962 et se retrouve à Paris. Elle se battra (y compris contre l’administration qui confond timidité, cécité et débilité) pour décrocher une formation puis un emploi de secrétaire. « Après j’ai rencontré mon mari. On s’est mariés, on a eu Laurent, notre fils ». Il est âgé aujourd’hui de 47 ans. Roger, le mari, est lui aussi aveugle...

Mais ce double handicap n’a jamais freiné Jacqueline dans ses choix de femme. « C’était la jeunesse, c’était l’inconscience et j’avais un caractère à foncer, rien ne me faisait peur ».

Très décidée à retourner travailler, elle met son fils en nourrice quand il a 2 ans et demi et reprend le chemin du bureau. Un chemin tortueux : « deux heures de train aller et retour par jour, des métro et des bus, des correspondances » dans lesquels elle s’engage bille en tête. Peur de rien, on vous dit... « J’avais des difficultés quand même, mais ça n’a duré que les deux premiers mois. Les gens se sont habitués à moi et ont commencé à m’aider. La vie était beaucoup plus facile avant, les gens étaient plus humains, beaucoup plus à notre portée. » Le temps a passé et Madame Tollard, toujours aussi vive, reconnaît toutefois qu’elle a plus de mal à se déplacer dans la ville. « Maintenant je ne prends plus le métro seule. Le bus, ça va quand je sais où je rencontre quelqu’un. Je suis beaucoup plus prudente, moins casse-cou ».

Se sent-elle plus vulnérable ? « Oui, répond- elle comme à regret. Parce que il faut être prudent quand même. Je l’ai constaté quand je prends les transports seule. Les gens, même pleins de bonne volonté, peuvent vous faire dévier de votre chemin. Moi, je connaissais mon chemin, on ne pouvait pas me faire dévier ».

À la façon dont elle le dit, on imagine volontiers qu’il fallait se lever tôt pour faire dévier Jacqueline Tollard de quoique ce soit. Maintenant, elle est moins assurée quand elle se déplace. Elle a besoin de repères dont elle se passait bien volontiers plus jeune. Le positionnement dans l’espace est plus difficile à appréhender. Elle se rassure en touchant les murs du bout de sa canne. Comme un petit Poucet, elle parsème ses trajets de détails comme autant de repères dont elle a besoin désormais non pour se déplacer mais pour se rassurer dans ses déplacements.

Elle ne va plus dans les endroits qu’elle ne connait pas, « parce que je crains et que j’ai moins confiance dans les gens ».C’est le moment dans notre conversation où sa voix s’éteint un peu et laisse échapper que Jacqueline Tollard a moins d’énergie, moins de force physique et mentale. « On supporte moins, conclut-elle. La fatigue vient plus vite. Et avec tous les soucis de la vie... »

Pourtant, à l’époque où nous la rencontrons, elle rend encore visite tous les jours à son époux, hospitalisé depuis 2009.Elle vit seule depuis plus de six ans. Elle revendique son autonomie, fait ses courses, prépare ses repas, tient son appartement impeccable. Seule. D’ailleurs souffre-t-elle de solitude ? Sa réponse fuse, très ferme : « Pas moi, non ! Je ne suis pas isolée. Je suis très entourée, moi ».

Devant sa vigueur et sa vivacité, à l’écouter raconter sa vie et son quotidien, on finit par se demander, si voir changerait fondamentalement les choses.

« Si j’étais voyante, je pourrais faire une retraite ou une adoration où je veux, assister à la messe où je veux. Il faut que vous sachiez que je suis très croyante. Pour les activités laïques, je pourrais aller faire des voyages où je veux. En groupe notamment. Il faut beaucoup d’énergie pour être en groupe, sinon on vous laisse ».

Lui faut-il dès lors se plier à une double compensation et brûler plus d’énergie pour compenser 1) son handicap et 2) désormais son âge ?« Ah ben oui... quoique mon âge, je ne le ressens pas tellement encore. Pour le moment, je le dis franchement, je ne le ressens pas. Peut-être parce que je fais beaucoup d’efforts. Peut-être parce que... Je ne sais pas en fait. Mais il faut de l’énergie quand même ».

L’énergie, Madame Tollard semble en être une source intarissable. Mais ce flux là est- il naturel ou forcé ? C’est plus simple que ça : il n’y a pas d’autre alternative. « Je sais que si je restais ici, je serais triste. Si je n’ai pas cette énergie, alors là je me sentirais amoindrie. C’est moi, cette énergie. Si je ne l’ai plus, ce n’est plus moi. »

Derrière tout cela se dessine peu à peu l’image du fils à qui elle refuse d’infliger deux parents souffrants. « Il a déjà son père comme ça. Je ne veux pas lui montrer qu’il a deux personnes très âgées et qu’il se dise ma mère elle ne peut plus rien faire. Il faut que je la porte. Moi, je ne veux pas. Je veux être indépendante. Je ne veux pas être mise sous tutelle. Voyez ! Ce truc-là ? Moi, non ! Et c’est pour cela que j’ai cette volonté de dire : moi, je vais rester moi. »

 

Nous abordons alors la question du reflet dans le miroir qu’elle ne voit pas mais perçoit. Quel regard a-t-elle sur la femme qu’elle est ?

« La femme ne se sent pas vilaine. Elle ne se sent pas trop vieille encore. C’est peut- être ça qui me tient. C’est vrai que je ne me sens pas trop vieille pour le moment. Et je fais confiance au coiffeur, à ce que j’achète, comment je me sens dans quelque chose. Je me sens pas mal dans ma peau, comme on dit ».

Alors, le Général avait-il raison ? La vieillesse est-elle un naufrage ?« Je ne sais pas. On se sent vieillir bien sûr, mais... Si on vieillit bien, si on est bien dans sa peau... La vieillesse peut devenir difficile à peut-être 85 ans quand on ne peut plus rien faire. Pas sortir... Mais moi, je ne suis pas encore à ce stade-là. Alors, je ne sais pas. Moi, j’ai beaucoup d’énergie et j’essaye de faire beaucoup de choses. Et comme je vous le dis, je ne me sens pas encore très vieille. J’ai mes 74 ans, c’est sûr... Ils sont là. Mais bon... Je ne fais pas non plus des choses de jeunes. Je ne m’habille pas en mini-jupe ou me maquiller. Voyez ! Des choses invraisemblables pour me rajeunir. Mais j’ai toujours été comme ça. Le maquillage ne m’a jamais rien dit. Je me sens suffisamment belle comme ça ». Cela dit, elle se méfie des compliments. Elle nous croit lorsque nous lui disons qu’elle est une belle femme, mais elle se méfie des autres, forte de l’adage que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Elle a toujours été ainsi. « Vous ne voyez pas. Alors comment savoir ? »

 

Au présent, le vrai problème de Madame Tollard lié à l’âge et au handicap, c’est la mobilité qui va se réduisant. « Et ça n’ira pas en s’arrangeant », soupire-t-elle fataliste. Justement comment envisage-t-elle les années à venir ? Les appréhende-t-elle ?

« Non !, répond-elle dans un claquement de bouche. Je n’appréhende pas parce que j’ai aussi un caractère d’acceptation. Certes, j’ai la volonté, mais l’acceptation est là quand même. Ce qui est est. On ne peut pas faire ce qui n’est pas. J’accepte quand même de dire que je suis une handicapée, que les yeux m’ont toujours manqué. J’ai eu la volonté d’aller au-delà, mais c’est là. Je vais aller en acceptant les choses bien sûr, mais pas en me laissant aller. Pas en disant « tu vieillis, tu ne peux plus rien faire... ».

Elle raconte avoir pleuré quand elle a dû réaliser et accepter qu’elle était aveugle, mais toute sa vie, elle a compensé par l’activité. Qu’en sera-t-il avec l’âge qui ne permettra plus l’activation de mécanismes professionnels et sociaux ?

« Et bien que voulez-vous ? Je baisserai de rythme, je ne ferai plus ce que je ne pourrai plus faire. » Et elle ajoute, espiègle, que même à son âge, « il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai pas de ton eau. Même à mon âge il ne faut pas dire je veux ou je ne veux pas. Il faut dire je ne sais pas. Parce que l’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Moi, je ne dis jamais non, je dis pourquoi pas ? »

Nous lui avouons que lorsque nous avons préparé cet entretien, nous nous sommes demandés si le fait d’être âgé et mal ou non voyant n’était pas une double peine en fait... Elle sourit et fait non de la tête. « Ce n’est pas une peine, c’est un surcroît d’énergie à avoir. Peut-être pour ceux qui ont vu c’est plus dur. »

 

C’est le cas d’Anne-Marie Mangin qui a vu les 80 premières années de sa vie. Elle en a 93 aujourd’hui. Madame Mangin avait déjà porté plusieurs deuils, quand elle a perdu la vue. Son mari, deux enfants...

 

Portrait d'Anne-Marie Mangin

 

Elle occupe une chambre avec salle de bains dans une résidence du 6e arrondissement de Paris qu’elle a intégrée en février dernier. Elle vit entourée de plantes et de fleurs, vestiges d’une vie passée. Certaines viennent de sa maison de campagne en Normandie où elle ne va plus.Avant cela, elle était « à Catherine Labouré », comme elle dit, un établissement spécialisé sis avenue de Reuilly. Et avant cela, elle a vécu 65 ans en face du métro Bel Air, boulevard de Picpus.

Bien malin celui qui pourrait dire que cette femme énergique dont on devine très vite le caractère plus que bien trempé est nonagénaire.

Elle a 4 enfants, 11 petits-enfants et 19 arrière-petits-enfants, tous ou pour la plupart en photos sur les murs de sa chambre studio.

Mme Mangin a commencé à perdre la vue vers l’âge de 80 ans. Ce sont d’abord ses oreilles qui l’ont lâché. « Et après, ça s’est porté sur la vue. Mais je me débrouillais, je pouvais marcher, je faisais ma cuisine. Je faisais mes courses, j’allais à la paroisse. J’ai monté les visiteuses à Rothschild, j’ai fait le catéchuménat. Je faisais plein de trucs, ça allait. Et puis brusquement ça s’est accentué ».

Sacré coup d’accélérateur que ce jour où elle a failli mettre le feu à son immeuble parce qu’elle avait rabattu le couvercle de la cuisinière sur le gaz qui marchait encore. « Je conduisais encore ma voiture à ce moment-là. J’allais à la maison de campagne pour recevoir mes petits-enfants le samedi et le dimanche. Je me suis dit : si je me fais quelque chose de mauvais, pour moi, ça n’a pas d’importance. Mais si je fais pour l’immeuble, pour les gens, pour d’autres, je n’ai pas le droit. J’ai donc donné ma voiture à l’un de mes petits-fils et j’ai commencé à déposer mes dossiers pour vivre en résidence ».

Madame Mangin est entrée volontairement dans la vieillesse, comme elle a tout fait dans sa vie : en gardant la main. Est-ce parce qu’elle était occupée à mettre en place sa nouvelle vie qu’elle ne s’est pas rendue compte qu’elle voyait de moins en moins ? « C’est vrai que je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite. J’arrivais à lire avec une loupe, j’écoutais la télé au casque, c’était facile. Puis, tout s’est dézingué au fur et à mesure il y a cinq ou six ans ».

Un jour, il a pourtant bien fallu qu’elle se rende à l’évidence : elle ne voyait plus bien du tout. La réaction a été violente : « J’ai pleuré. J’ai pleuré comme jamais je n’avais pleuré. Je suis une nature un petit peu dure. Je n’ai jamais pleuré de ma vie, mais là... » Madame Mangin, à 85 ans, a eu peur « d’être diminuée. J’avais tellement de ressources en moi que j’ai eu l’impression que tout s’effondrait ».

Et puis comme d’habitude, elle a fait front et s’est organisée en conséquence. Surtout que le choc passé, elle a décidé de « ne pas en faire une tarte à la crème ». Entre la perte de deux enfants et celle d’un époux plus que chéri, Anne-Marie Mangin en a vu d’autres. « Au début ça n’a pas posé de problème. Je continuais à recevoir chez moi boulevard de Picpus. J’étais fatiguée mais lucide.

Quand je sis arrivée à Catherine Labouré, ma vue avait commencé à baisser mais je pouvais distinguer si j’avais des tâches et je m’apercevais quand on me volait... Malgré tout, arrivant là-bas, ça a été difficile. J’ai pris conscience qu’une nouvelle phase de ma vie commençait ».

S’est-elle sentie fragilisée ? Plus vulnérable ? Ah la la, malheureuse question ! La vulnérabilité de Madame Mangin, si elle existe, ne se montre jamais en public. La dame a l’esprit vif, le sens de la répartie saillante et n’hésite jamais à en faire usage si on l’y pousse ne serait-ce qu’un peu.

Madame Mangin parle volontiers de sa vie « passionnante et passionnée », tant au niveau professionnel, social que familial ou dans ses engagements religieux. Une vie bien remplie qui aurait sans doute été bien différente si la malvoyance était survenue plus tôt. « J’ai tellement fait de choses dans ma vie. Ça m’aurait empêchée de faire tout ce que j’ai fait. C’est sur ».

Maintenant, elle n’est plus mobile et se déplace en fauteuil depuis quatre ans. Pourtant, ses journées sont chargées. « J’arrête pas », commente-t-elle. Elle est complètement indépendante et autonome pour les soins du corps. « Je fais ma toilette, je déjeune, je vais à la messe ». Elle n’a pas de souci pour s’habiller, car elle voit encore les couleurs. Elle participe aux ateliers et sorties de la résidence, à condition que l’on n’y parle pas trop fort, car son appareillage acoustique amplifie beaucoup les sons.

La veille de notre entretien, elle a notamment participé à une session d’analyse d’un tableau de Picasso, « Les demoiselles d’Avignon ». L’occasion d’une belle crise de rire avec d’autres résidents. On s’est dit : « il aimait tellement les femmes qu’il les a esquintées ». Elles ont les yeux là, les coudes qui pointent... Ah vraiment !!! (Elle rit) « La prochaine fois c’est Fragonard », annonce-t-elle avec vivacité.

Au final, la vie de Madame Mangin a pris une tournure différente, mais ne s’est pas arrêtée dans une attente extatique de la survenance de la mort.

Ce qui lui manque le plus dans le fait de ne plus voir ?« Lire ». La réponse fuse avec une vivacité inattendue chez une femme de cet âge. « Voyez j’ai là un livre extraordinaire (Même les bourreaux ont une âme) ». C’est fabuleux (elle s’enflamme) ». Elle ne peut lire elle-même et ne lit plus de livre audio car ça la fatigue trop. Mais son fils lui fait la lecture deux fois par semaine. Le reste du temps, la télévision et la radio prennent le relais. « Avec le casque, j’entends bien alors ça compense la vue ». La mémoire et l’affection aussi. Elle vit entourée des photos des siens, partout sur les murs. Et si elle ne les voit plus bien, ce n’est pas grave : elle les connaît par cœur.

 

L’accueil spécifique des personnes déficientes visuelles en Ehpad

Odile Gnanaprégassame

 

Comme toutes les personnes qui avancent dans l’âge, les personnes déficientes visuelles sont confrontées à la question du vieillissement et de la perte d’autonomie. Or, les personnes en situation de handicap sont plus facilement orientées en Ehpad dès 60 ans, voire même avant, faute d’établissement intermédiaire. De nombreux déficients visuels sont concernés. Ils doivent alors cohabiter avec des résidents beaucoup plus âgés (entre 80 et 85 ans), ce qui rend difficile l’intégration, et pour peu que l’établissement compte une part très minoritaire de résidents déficients visuels, le sentiment d’isolement est plus fort. Il faut savoir tout de même que quelques Ehpad disposent d’un accueil spécifique, souvent sous l’impulsion d’associations qui agissent pour le handicap visuel. C’est le cas de la maison de retraite du Bartischgut située à Strasbourg dans laquelle nous nous sommes rendus.

 

L’Ehpad Bartischgut

 

En ce mardi de novembre, l’Ehpad Bartischgut organise son déjeuner annuel des bénévoles, qui sont une cinquantaine à participer à la vie de l’établissement. Un déjeuner fait sur place comme c’est la cas de tous les repas proposés chaque jour aux 129 résidents, âgés de 55 à 104 ans. 60% d’entre eux sont déficients visuels, parmi eux une vingtaine sont non-voyants. La majorité des résidents déficients visuels sont malvoyants, principalement à cause de la DMLA. Marie-France Marchal, la psychologue de l’établissement, souligne la différence de prise en charge : “en général, les personnes déficientes visuelles vieillissantes accueillies chez nous sont plus jeunes que les autres résidents, et beaucoup plus autonomes, dans le sens où leur handicap est intégré dans leur mode de vie. La problématique est très différente pour les personnes présentant une déficience visuelle liée à l’âge : dans ce cas, nous devons rester davantage vigilants aux signes de découragement, d’isolement, voire de dépression, et laisser du temps à la personne pour faire ce cheminement vers l’acceptation de la perte visuelle.”

 

Un personnel sensibilisé

La déficience visuelle et ses conséquences diffèrent en fonction des résidents. Au Bartischgut, un travail de sensibilisation est entrepris avec l’ensemble du personnel, par le biais de formations en interne dispensées par le médecin coordonnateur. “C’est un travail qui se fait en équipe au quotidien : il y a des principes de base que les chefs de service, y compris moi-même, relayent auprès des équipes soit lors des transmissions, soit de manière plus individuelle, pour le nouveau personnel par exemple. Je fais part aussi de certaines informations et indications nécessaires aux équipes pour comprendre ce qui se passe pour la personne au niveau psychologique, avec son accord, pour permettre de réadapter la prise en charge si besoin, et si possible, parfois pour permettre aux autres professionnels de s’adapter à la vitesse du résident (vitesse d’acceptation, d’adaptation : si on va trop vite, parfois les résidents bloquent, d’où la nécessité d’être vigilants de ne pas aller trop vite, dans la proposition d’aides techniques par exemple)”, précise Marie-France. Ainsi sensibilisé aux difficultés quotidiennes que peut rencontrer cette population, le personnel adapte la prise en charge, ce qui a un impact positif sur le résident. Ce dernier se sent mieux compris et il est moins confronté à des situations de mise en échec. Agents hôteliers, de restauration, de nettoyage, aides-soignants, infirmiers, ainsi que les bénévoles sont briefés sur les conduites à adopter. On peut le constater notamment en arpentant les couloirs entièrement dégagés de l’établissement pour ne pas créer d’obstacles aux déplacements des résidents déficients visuels. Cathy Massing, la gouvernante, veille à ce que les consignes soient respectées : le contenu de l’assiette est décrit lors des repas, les objets et mobiliers sont systématiquement remis à leur place dans les chambres.

 

L’autonomie encouragée couplée à des services indispensables

Il s’agit aussi de savoir s’adresser à ce public : se présenter systématiquement, verbaliser, signaler lorsque l’on quitte la pièce ou une conversation, et proposer son aide. “Mais il faut laisser le résident faire ce qu’il peut faire tout seul”, insiste Béatrice de Peyrecave, l’infirmière Idec, qui indique par ailleurs que les infirmiers et aides-soignants sont encadrés lors de leur première semaine. C’est sur cette question de l’autonomie, du confort et de la sécurité des résidents qu’agit, sur prescription médicale, Marie Gaillard, ergothérapeute dans l’établissement. La prise en charge individuelle a pour but de faire en sorte que le résident réussisse à accomplir une tâche bien définie, par exemple aller d’un point A à un point B, ce qu’on appelle le guidage. L’ergothérapeute peut utiliser la verbalisation +++ de l’environnement, avec prise de repères tactiles. Mais en fonction des besoins de chacun, les méthodes appliquées ne seront pas les mêmes. “J’ai été amenée à poser une bande de guidance tactile sur le mur de la chambre d’un résident pour indiquer l’accès aux toilettes. Pour une résidente présentant des troubles cognitifs et visuels, qui était très anxieuse et qui voulait que sa chambre reste dans la pénombre, j’ai dans un premier temps verbalisé l’espace de sa chambre, puis conçu un plan 2D en relief de sa chambre”, explique Marie. Au niveau institutionnel, elle intervient sur le choix de matériels comme la vaisselle par exemple, car beaucoup de résidents se sont habitués à utiliser des assiettes à rebord. La maison de retraite met à disposition plusieurs téléagrandisseurs dans la salle polyvalente et la bibliothèque, où sont disponibles des ouvrages en gros caractères. Par ailleurs, l’établissement bénéficie d’éléments pour favoriser l’autonomie des résidents : ascenseurs avec dispositif vocal, avec de grandes touches sur lesquelles les chiffres sont en relief et le bouton du niveau 0 plus épais que les autres ; des barres de guidance à l’intérieur comme à l’extérieur. “On joue aussi sur les contrastes de couleurs, j’ai fait installer des barres de guidance rouges au niveau du bar pour faire contraste avec le sol”, poursuit l’ergothérapeute. Néanmoins, les membres du personnel sont toujours attentifs aux demandes des résidents. L’équipe du secrétariat de l’établissement n’est pas en reste et sait se rendre disponible. “Il nous arrive souvent d’effectuer de l’administratif (courrier, impôts etc.) pour les résidents qui le souhaitent, explique Caroline Weissbach. Nous proposons également un service de banque : nous avançons de l’argent avec un bon que le résident signe, cela lui évite des déplacements, la somme lui étant prélevée en fin de mois.”

 

Un environnement stimulant

L’intérêt d’un établissement comme Bartischgut est que les résidents déficients visuels ne se retrouvent pas isolés. “Le fait de côtoyer d’autres personnes souffrant du même handicap et ayant réussi à le surmonter et à s’adapter leur donne aussi la possibilité de se projeter vers un futur avec des possibilités qu’ils n’osaient plus imaginer”, confirme Marie-France. Danielle Dicker, responsable des animations depuis 6 ans, constate même un rapprochement entre les résidents. Ayant un membre de sa famille déficient visuel, elle est sensibilisée et a toujours souhaité travailler au contact de personnes handicapées : “J’ai continué à me former de manière autodidacte à ces questions. Ces connaissances m’aident à mieux comprendre la cécité et les handicaps, et à adapter mes animations à tous les publics de façon à ce que tous puissent participer ensemble, sans exclusions.” Sur les 129 pensionnaires, 90 participent à entre 1 et 3 activités par mois au minimum. 34 résidents participent tous les jours, dont beaucoup de déficients visuels. L’animatrice supervise et accompagne des bénévoles qui “apportent une dimension plus humaine et plus conviviale à l’institution. Certaines animations, sorties ou actions ne seraient pas possibles sans leur aide”, affirme- t-elle reconnaissante. Les deux activités du jour sont annoncées au micro. “Mais nous allons frapper à la porte de tous les résidents pour les convier”, explique Maria, animatrice stagiaire, qui s’occupe des ateliers saveurs et goûts. Le projet d’animation, conclu pour une année, prend en compte les centres d’intérêts et l’avis des résidents. Une grande diversité d’activités est proposée : sculpture, peinture, chorale, musique, thé dansant, danse en position assise, relaxation, ateliers d’écriture et d’expression créative, atelier mémoire, atelier du toucher, diapositives commentées, et bien d’autres encore. Les résidents déficients visuels sont accompagnés par le geste pour certaines activités, comme la gym douce. Les mouvements sont accompagnés dans un premier temps, puis les participants les intègrent et les reproduisent. Pour d’autres activités, il y a beaucoup de verbalisation. Lors d’un atelier cuisine, les résidents ont fait du pain, et Maria indiquait où étaient placés les ingrédients. L’association Unis vers le sport, qui propose des activités à des jeunes Strasbourgeois de 6 à 12 ans, a reconduit son partenariat avec l’Ehpad, pour des rencontres intergénérationnelles. “Quand les enfants sont venus, nous avons organisé des animations pour les sensibiliser aux handicaps sensoriels. Avec des lunettes en tissus sur les yeux, ils devaient reconnaître des saveurs et des goûts, faire un parcours à l’aveugle ; se déplacer en chaise roulante ; mettre des boules quiès dans les oreilles pour ressentir ce que c’est de ne pas ou de ne pas bien entendre. Des liens se sont tissés entre ces deux publics et ils se sont mutuellement aidés”, raconte Danielle. Des parties de bowling sont parfois même organisées, l’établissement disposant au sous-sol de ses propres pistes adaptées !

Courant 2016, la maison de retraite, qui a aujourd’hui 34 ans, va subir une restructuration architecturale. Sont prévues 4 années de travaux qui se dérouleront progressivement, aile par aile.

 

3 questions à Didier Fuchs, directeur de la maison de retraite Bartischgut

Pourquoi votre établissement a choisi de proposer un accueil spécifique destiné aux personnes déficientes visuelles ?

La résidence Bartischgut a été créée en 1981 par l’Association des Aveugles et Amblyopes d’Alsace et de Lorraine (AAAL). En 2006, une nouvelle entité, l’association Bartischgut, a été créée pour reprendre la gestion de l’établissement qui a conservé sa volonté d’une prévalence de la déficience visuelle.

Nous faisons également partie de la Fédération des Aveugles de France (FAF), nous menons une réflexion commune pour devenir un pôle ressources de la fédération qui permettra :

- d’être référent déficient visuel âgé en Ehpad pour les établissements du secteur - de former les personnels sur cette spécificité, dans cette optique, nous enverrons un ou plusieurs professionnels se former à la FAF, pour qu’ils puissent à leur tour transmettre les savoirs au niveau local ;

- que le bâtiment, après restructuration, devienne une vitrine architecturale d’un établissement adapté aux déficients visuels âgés ;

- de devenir une centrale d’information sur la déficience visuelle en complément de l’AAAL ;

- de travailler avec la FAF pour la reconnaissance de la déficience visuelle dans les recommandations ANESM, AGGIR, PATHOS et autres textes législatifs.

 

Au-delà de la restructuration architecturale, vous projetez de créer un lieu qui ferait le lien entre les personnes déficientes visuelles de moins de 60 ans et les résidents de l’Ehpad. Quel en sera le fonctionnement ?

La logique que nous voulons développer est l’accompagnement du déficient visuel de l’âge adulte jusqu‘à la fin de vie dans un lieu facilitant les différentes étapes de l’entrée en dépendance. Pour cela, nous souhaitons mettre en place une résidence handicap pour les moins de 60 ans, avec une prévalence déficience visuelle, proposant des services optionnels (traitement linge, nettoyage, restauration, secrétariat, animation etc.) ; un service à domicile complétant les services notamment par du soin aides- soignants et/ou infirmiers ; un accueil de jour pour les plus de 60 ans entrant dans la dépendance, complétant le service à domicile ; un accueil temporaire permettant de soulager les aidants quand la dépendance devient plus importante ; et l’entrée en Ehpad si nécessaire. La complémentarité de ces services permettra à l’usager d’être accompagné dans l’évolution de ses besoins dans un environnement connu.

 

Vous avez également la volonté de développer encore plus les activités intergénérationnelles ?

Notre objectif est de maintenir le lieu de vie. Les résidents ayant de plus en plus de mal à sortir, nous voulons faire venir les populations. La micro-crèche destinée au personnel permettra de faire venir les tous petits à des moments choisis tout en respectant une intimité de fonctionnement. Nous développons également des échanges avec d’autres maisons de retraites proches pour que nos résidents puissent retrouver certaines anciennes connaissances régulièrement. Dans cette optique, nous participons à la Semaine bleue (consacrée aux retraités et personnes âgées, et permettant de faire le lien entre les générations lors de manifestations locales, NdR). Nous essayons tant que possible de développer des partenariats avec d’autres associations comme des clubs du 3e âge par exemple. Ces initiatives nous permettent d’avoir toutes les tranches d’âge de la population présentes régulièrement au sein de l’établissement et évite à nos résidents d’être coupés du monde en adaptant systématiquement les échanges et animations à la déficience visuelle.

 

Quelles prestations et aides pour les personnes handicapées à partir de 60 ans ?

Odile Gnanaprégassame

L’octroi de certaines prestations va dépendre selon que le handicap soit intervenu avant ou après 60 ans. Si le handicap est survenu avant 60 ans, il faut le faire reconnaître, et l’on est alors concerné par les aides destinées aux personnes handicapées. Les personnes dont le handicap survient après 60 ans n’ont pas le statut de personne handicapée, sauf si elles sont encore en activité lorsque le handicap survient ou si leur situation avant 60 ans était susceptible de leur ouvrir un droit à la Prestation de Compensation du Handicap. D’un côté, il existe des prestations destinées aux personnes âgées, de l’autre, des prestations destinées aux personnes handicapées. Certaines peuvent être cumulées de manière transversale, sous conditions.

 

Sur une vitrine, deux pictogrammes indiquent que l'établissement est accessible aux personnes handicapées moteur et déficientes visuelles.

 

Retraite anticipée pour handicap

En cas d’incapacité permanente d’au moins 50 % reconnue par la CDAPH ou en cas de reconnaissance du statut de travailleur handicapé avant le 31 décembre 2015, il est possible de bénéficier de la retraite anticipée calculée à taux plein, à partir de 55 ans. Mais, selon l’année de naissance et l’âge envisagé du départ, il faut respecter une certaine durée totale d’assurance et une durée d’assurance cotisée depuis que le handicap a été reconnu. L’incapacité doit avoir été concomitante avec les durées d’assurance en question.

La pension de retraite ouvre droit à la liquidation sans abattement de la retraite complémentaire. Le bénéficiaire d’une retraite anticipée pour handicap peut bénéficier d’une majoration du montant de sa pension s’il ne totalise pas une durée d’assurance qui permettrait le versement d’une retraite entière. Cependant, le montant de la pension majorée ne peut dépasser le montant correspondant à une pension entière.

 

 

 

Depuis le 1er janvier 2015, les conditions d’accès à la retraite anticipée ont changé : le taux d’incapacité minimum est abaissé de 80 à 50 %, et avoir bénéficié de la RQTH n’entre plus dans les critères d’attribution. Cependant, afin de ne pas pénaliser les personnes proches du bénéfice de la retraite anticipée, le critère RQTH est conservé pour les périodes antérieures au 1er janvier 2016.

 

Retraite pour inaptitude au travail

Les personnes qui ont atteint l’âge minimum de départ à la retraite peuvent bénéficier d’une retraite pour inaptitude au travail calculée à taux plein, quelle que soit la durée d’assurance, à condition de remplir l’un des critères suivants :

- Avoir été reconnu inapte au travail par le médecin de la caisse de retraite : c’est-à-dire être atteint d’une incapacité de travail d’au moins 50% et dans l’impossibilité de poursuivre son emploi sans nuire gravement à sa santé.

- Être bénéficiaire d’une pension d’invalidité ou de l’Allocation aux adultes handicapés : dans ce cas il n’est pas nécessaire de constater médicalement l’inaptitude.

- Justifier d’un taux d’incapacité d’au moins 50% .La retraite complémentaire est liquidée sans abattement.

La retraite peut être complétée de la majoration pour tierce personne, lorsque l’état de santé nécessite une aide pour effectuer les actes ordinaires de la vie. Cette nécessité doit avoir été reconnue par la caisse avant 65 ans. La majoration pour tierce personne continuera d’être versée, une fois le bénéficiaire à la retraite.

 

À partir de l’âge légal de départ à la retraite la pension d’invalidité est remplacée par une pension de vieillesse pour inaptitude au travail, si le titulaire n’exerce pas d’activité professionnelle. Cependant, depuis le 1er mars 2010, le titulaire d’une pension d’invalidité qui travaille encore après l’âge légal de départ, peut continuer à percevoir la pension d’invalidité et la cumuler avec son salaire, jusqu’à ce qu’ils cesse son activité professionnelle ou lorsqu’il atteint l’âge auquel il peut prétendre à une retraite à taux plein, c’est-à-dire entre 65 et 67 ans, selon l’année de naissance. Dans ce cas, la pension de vieillesse pour inaptitude n’est pas concédée automatiquement, il faut en faire la demande, ce 4 mois avant la date de départ envisagée, pour éviter toute rupture de paiement entre les deux pensions.

 

Allocation aux adultes handicapés (AAH)

Cette allocation assure un revenu minimum aux personnes dont le taux d’incapacité reconnu par la CDAPH est d’au moins 80 % ou entre 50 et 79 % (dans ce dernier cas, la CDAPH doit avoir reconnu que le handicap entraîne une restriction substantielle et durable à l’accès à l’emploi). Elle est attribuée sous conditions de ressources.

Si aucun revenu n’est perçu par le bénéficiaire, le montant de l’AAH est de 807,65 € par mois pour une personne seule. Si le bénéficiaire perçoit une pension qui ne dépasse pas le montant maximum de l’AAH (invalidité, retraite, rente accident du travail), il perçoit le différentiel. Et en cas d’activité professionnelle, le montant de l’AAH est recalculé en fonction des revenus, selon que l’activité ait lieu en milieu ordinaire ou en Esat.

L’AAH peut-être cumulée avec le complément de ressources (pour les personnes handicapées dans l’incapacité de travailler, attribué sur demande) ou la majoration pour la vie autonome (pour les personnes qui peuvent travailler, mais ne travaillent pas, attribuée de manière automatique) sous certaines conditions.

 

À partir de l’âge légal de départ à la retraite, l’AAH n’est plus versée aux bénéficiaires ayant un taux d’incapacité de 50 à 79 %, c’est la retraite pour inaptitude qui prend le relais. En cas d’incapacité égale ou supérieure à 80 %, un montant différentiel de l’AAH peut être accordé selon les ressources et le complément de ressources ou la majoration pour la vie autonome peuvent être accordés si l’avantage vieillesse du bénéficiaire est d’un montant inférieur à l’AAH.

Les titulaires de l’AAH peuvent prétendre à l’Aspa, à partir de l’âge minimum de départ à la retraite.

Le bénéfice de l’AAH n’a pas d’impact sur la succession.

 

Prestation de compensation du handicap (PCH)

La PCH permet d’aider au financement des besoins engendrés par la perte d’autonomie avant 60 ans. Elle est versée jusqu’à la fin de la vie. Cette prestation n’est pas soumise à condition de revenus, mais le taux de prise en charge des dépenses, à 80 ou 100 %, varie selon les ressources du bénéficiaire.

Elle est attribuée sous conditions d’avoir des difficultés à réaliser certaines activités (se lever, marcher, prendre ses repas, se laver, communiquer, s’orienter dans le temps et l’espace etc.) :

- soit une difficulté absolue pour la réalisation d’1 activité ;

- soit une difficulté grave pour la réalisation d’au moins 2 activités.

La PCH est personnalisée et modulable en fonction des besoins. Elle concerne 6 types d’aides :

- Aide humaine pour l’assistance d’une tierce personne dans certains actes de la vie quotidienne. Les personnes atteintes de cécité ne sont pas tenues de justifier du besoin de l’aide d’une tierce personne ni de justifier de l’effet produit par cette aide. Le forfait cécité est de 619,50 €/mois à condition d’être titulaire de la carte d’invalidité mention cécité.

- Aide technique pour l’achat ou la location de matériel compensant le handicap- Aide à l’aménagement du logement de la personne handicapée ou de la personne qui l’héberge, à condition que cette dernière soit liée familialement au bénéficiaire ;

- Aide au transport notamment aménagement du véhicule et prise en charge sous conditions du surcoût lié à des trajets en transport fréquents et réguliers ;

- Aides spécifiques ou exceptionnelles pour prendre en charge des dépenses permanentes ou ponctuelles non prises en charge par les autres aides de la PCH, comme des frais d’entretien d’un matériel par exemple ;

- Aide animalière pour l’acquisition et l’entretien d’un animal améliorant l’autonomie du bénéficiaire.

La PCH remplace l’Allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP). Les bénéficiaires de l’ACTP peuvent continuent de la percevoir si elles remplissent toujours les conditions ou bien opter pour la PCH.

La PCH n’est pas cumulable avec l’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa). Après 60 ans, il est possible d’opter pour l’Apa lors du renouvellement de la PCH, sous réserve de remplir les conditions d’accès. En revanche, la PCH peut être cumulée avec l’ASH, sous conditions.

 

La PCH doit être demandée avant 60 ans sauf dérogations :

- la personne de plus de 60 ans dont le handicap répondait aux autres critères d’éligibilité, avant cette âge, peut bénéficier de la PCH sous réserve de demander cette aide avant 75 ans ;

- la personne de plus de 60 ans qui exerce une activité professionnelle au-delà de 60 ans et dont le handicap répond aux autres critères d’éligibilité peut aussi demander la PCH, sans qu’elle soit tenue pour autant de justifier de l’existence d’un handicap avant 60 ans.

 

Une personne handicapée de plus de 75 ans ou dont le handicap est survenu après 60 ans peut demander l’Apa.

 

 

 

Allocation personnalisée d’autonomie (Apa)

Gros plan sur des mains tenant une canne.Cette aide est versée aux personnes dépendantes âgées d’au moins 60 ans, rattachées au niveau 1 à 4 de la grille Aggir qui définit le degré de dépendance du demandeur dans la vie courante. Dans le cadre d’un maintien à domicile, l’Apa sert à rémunérer un salarié qualifié ou un service d’aide agréé pour certaines tâches de la vie quotidienne. Dans le cadre d’un hébergement dans un établissement médico-social, notamment au sein d’un Ehpad, l’Apa sert à payer le tarif dépendance fixé par l’établissement.

 

Le montant mensuel maximum est de 1312,67 € en Gir1 ; 1125,14 € en Gir2 ; 843,86 € en Gir 3 ; 562,57 € en Gir 4.

L’Apa n’est pas soumise à condition de ressources, mais une participation financière à la charge du bénéficiaire est demandée en fonction de ses revenus (ticket modérateur). L’Apa est cumulable avec certains revenus comme les pensions de retraite, et/ou l’Aspa, et/ou l’Aide sociale à l’hébergement, mais pas avec d’autres : l’allocation simple à domicile, l’aide-ménagère à domicile, la PCH, la majoration pour aide constante d’une autre personne, la prestation complémentaire pour recours à tierce personne.

 

Aide sociale à l’hébergement (ASH)

Attribuée sous conditions de ressources, l’ASH prend en charge tout ou partie des frais d’hébergement de la personne âgée chez un accueillant familial ou en un établissement :

- Avoir plus de 65 ans ou plus de 60 ans pour les personnes reconnues inaptes au travail (pas de condition d’âge pour les personnes handicapées) ;

- Avoir des ressources inférieures au montant des frais d’hébergement ;

- Être hébergé chez un accueillant familial agréé ou dans un établissement, en Ehpad ou unité de soin longue durée notamment.

 

La possibilité d’une contribution des obligés alimentaires (enfants, petits-enfants) est prise en compte dans le calcul de l’aide mais pas pour les personnes reconnues handicapées. Par ailleurs, la somme d’argent mensuelle qui doit être laissée à disposition du bénéficiaire est un peu plus élevée pour les personnes handicapées que pour les personnes âgées.

 

Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa)

L’Aspa assure un revenu minimum pour les personnes âgées d’au moins 65 ou 60 ans en cas d’inaptitude, qui ont peu ou pas cotisé, et un complément pour les personnes dont les ressources sont inférieures à 800 € par mois, ce qui correspond au montant maximum de l’Aspa pour une personne seule.

L’âge minimum pour en bénéficier a été abaissé à l’âge minimum de départ à la retraite pour les personnes âgées de 60 à 62 ans selon l’année de naissance, qui justifient d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50 % ou qui sont reconnues inaptes au travail et atteintes d’un taux d’incapacité définitif de 50 %, ou qui perçoivent une retraite anticipée pour handicap.

 

L’examen porte sur les ressources des 3 mois précédant la date d’effet de l’Aspa, parmi ces ressources étudiées, figurent les pensions de retraite et d’invalidité, ainsi que les revenus professionnels (uniquement pour la fraction de revenus supérieure à 1311,77 € par mois pour une personne seule et 2186,27 € par mois pour une personne vivant en couple).Depuis le 1er janvier 2015, un abattement sur les revenus professionnels pris en considération est effectué afin d’améliorer le pouvoir d’achat des retraités les plus modestes.

Les revenus professionnels trimestriels pris en compte pour la détermination des droits au titre de l’ASPA font l’objet d’un abattement forfaitaire :

- égal à 0,9 fois la valeur mensuelle du SMIC calculé sur la base de la durée légale du travail, en vigueur au 1er janvier de l’année pour une personne seule ; ce chiffre est porté à 1,5 fois la valeur mensuelle du SMIC pour les couples (décret n°2014-1568 du 22 décembre 2014).

 

L’Aspa remplace le minimum vieillesse qui continue d’être versé aux anciens bénéficiaires, pouvant désormais opter pour l’Aspa. Les sommes versées au titre de l’Aspa sont récupérables sur la succession si l’actif net de la succession est supérieur à 39.000 €.

 

Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI)

L’Asi peut être versée sous conditions de ressources aux personnes invalides titulaires d’une pension de retraite ou d’invalidité n’ayant pas atteint l’âge légal de départ à la retraite et par conséquent ne pouvant pas encore bénéficier de l’Aspa. Sont concernées notamment les personnes titulaires d’une retraite anticipée pour handicap, à condition que l’invalidité réduise la capacité de travail ou de gain des deux tiers.

Son montant pour une personne seule : 4845,17 € par an (403,76 € par mois) pour des ressources inférieures ou égales à 3578,88 € par an (298,24 € par mois) ; la différence entre 8424,05 € et le montant annuel des ressources pour des ressources comprises entre 3578,88 € et 8424,05 € par an.

 

L’Asi remplace l’Allocation supplémentaire au minimum vieillesse. Celle-ci continue d’être versée aux bénéficiaires, mais ils peuvent opter pour l’Asi si son montant est plus avantageux. Les sommes versées au titre de l’Asi sont récupérables la succession, si l’actif net de la succession dépasse 39.000 €.

 

Les cartes destinées aux personnes handicapéesLa carte d’invalidité est délivrée par la MDPH, sur demande, à toute personne dont le taux d’incapacité permanente est d’au moins 80 % ou qui est titulaire d’une pension d’invalidité de 3e catégorie. À savoir qu’il n’est pas nécessaire de percevoir une allocation ou une indemnité pour l’obtenir. Il existe trois types :

- sans mention ;

- avec la mention “besoin d’accompagnement”, notamment pour les personnes bénéficiaires de l’aide humaine de la PCH, de l’Apa ou encore de la majoration pour aide constante d’une tierce personne ;

- avec la mention “cécité” pour les personnes dont la vision centrale est inférieure à un vingtième de la normale.

 

Elle est délivrée de manière définitive ou temporaire (de 1 à 10 ans). Elle permet d’accéder de manière prioritaire aux place assises dans les transport, les espaces d’attente, les manifestations qui accueillent du public, ainsi qu’une priorité dans les files d’attentes des lieux publics. Les chiens guide d’aveugles doivent être acceptés dans tous les lieux ouverts eu public, par ailleurs, leur présence ne doit pas entraîner de surfacturation.

 

La carte de priorité pour personne handicapée est destinée aux personnes dont l’incapacité est inférieure à 80 %, mais dont la station debout prolongée est pénible.

La carte d’invalidité ne donne pas le droit de se garer sur les places de stationnement réservées, pour cela il faut la Carte européenne de stationnement. Celle-ci est délivrée par la préfet après avis de la MDPH pour les civils, pour une durée renouvelable de 1 à 10 ans ou de manière définitive, aux titulaires de la carte d’invalidité mais également aux personnes ayant un taux d’incapacité inférieur à 80 %. Sont concernées les personnes pour qui l’autonomie et la capacité des déplacements à pieds sont limitées de manière importante et durable ; ou si la personne a besoin de l’aide d’une tierce personne pour ses déplacements. Cette carte permet d’utiliser gratuitement toutes les places de stationnement ouvertes au public, sans limitation de durée (hormis si la commune impose une limite de 12 heures de stationnement).

 

Les anciens bénéficiaires de la plaque “Grand Invalide de guerre” ou du macaron “Grand Invalide civil” doivent faire la demande de la carte européenne de stationnement.

 

Aide à domicile

Certaines aides à domiciles peuvent être accordées sous conditions d’âge et de ressources, il faut contacter le Centre communal d’action sociale. Le cas échéant, il faut également regarder du côté de la caisse de retraite qui peut aussi proposer certaines aides.

 

Cesu

Lorsque l’on fait appel à un salarié à domicile pour bénéficier d’une aide-ménagère par exemple, il est possible d’embaucher directement, de passer par une association ou une entreprise agréée. Le Chèque emploi service universel (Cesu) peut être utilisé pour payer cet employé, à condition d’avoir son accord.

Les employeurs remplissant certaines conditions, titulaires d’une carte d’invalidité, de la Prestation de compensation du handicap ou de la majoration pour tierce personne par exemple, peuvent bénéficier de l’exonération des charges patronales de sécurité sociale.

 

Allocation simple à domicile

Les personnes âgées de 65 ans ou plus, ou de 60 ans si reconnues inaptes au travail, peuvent demander une allocation simple versée par l’État, à condition de ne pas percevoir de pension de retraite. Les ressources ne doivent pas dépasser 800 € pour une personne seule, c’est-à-dire le montant maximum de l’aide.

Cette aide est récupérable sur la succession sous conditions.

 

Aide-ménagère à domicile

Les personnes âgées de 65 ans ou plus, ou de 60 ans si reconnues inaptes au travail, avec des revenus de moins de 800 € peuvent demander cette aide au département, également les personnes rattachées aux niveaux 5 ou 6 de la grille Aggir. Il s’agit de services ménagers comme le ménage, la préparation des repas, l’aide pour se laver pour favoriser le maintien à domicile.

 

Portage des repas

Les personnes âgée d’au moins 65 ans, ou 60 si reconnues inaptes au travail, dont les ressources ne dépassent pas 800 € par mois pour une personne seule, et qui ne bénéficie pas de l’Apa, peuvent avoir accès à un service de portage à domicile des repas ou à l’accès à un foyer-restaurant communal.

 

Pour en savoir plus

www.service-public.fr ; www.social-sante. gouv.fr ; www.cesu.urssaf.fr

 

 

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LA VIE DU GIAA

Sport adapté en Île de France

Suite à une initiation à la déficience visuelle et au sport organisée en novembre 2014 par le GIAA auprès de moniteurs de la Ligue d’Île de France, des activités sportives peuvent occasionnellement être proposées à des déficients visuels de la région parisienne.Deux activités ont été proposées en septembre dernier ; sortie en péniche en lien avec les Impressionnistes et randonnées pédestres.

Dès que des activités seront proposées, des informations seront mises en ligne sur le site du GIAA : www.giaa.org.

 

Le GIAA, partenaire de la librairie l’Île Lettrée pour le troisième salon des écrivains

 

L’Île lettrée est une association d’intérêt général créée en 2005 par Samia Berramdane, libraire devenue mal voyante. Samia a fermé sa librairie du 10e arrondissement en 2011 et poursuit son activité d’animation autour du livre et de la lecture via l’association.

 

Façade de l'Île lettrée.

 

Aidée de plusieurs bénévoles, elle a créé un nouvel événement littéraire, « Écoute... on lit ! » destiné à tous les publics, y compris les déficients visuels, qui se tiendra à Paris les 9 et 10 avril 2016 et sera accueilli par la Médiathèque Françoise Sagan et le Pari’s des faubourgs (10e arrondissement).

Le GIAA est partenaire de cet événement qui se déroule selon les principes suivants : - chacun peut venir écouter des lectures faites par les auteurs ;

- un auteur invite un auteur qu’il veut faire découvrir ;

- la première journée sera réservée aux enfants.

 

Parmi les auteurs présents, nous pouvons dores et déjà citer Lydie Salvayre, prix Goncourt 2014 pour Pas pleurer aux éditions du Seuil, mais également d’une quinzaine de romans dont La Déclaration (1990, Julliard), La Compagnie des spectres (1997, Le Seuil), Les Belles âmes (2000, Le Seuil), BW (2009, Le Seuil). L’événement accueillera également Thierry Illouz, Prix Simenon 2015 pour La nuit commencera, paru en 2014, mais également auteur de trois autres romans et plusieurs pièces de théâtre et chansons.

Les organisateurs confirment dores et déjà la présence également de Sophie Bessis, ancienne rédactrice en chef de l’hebdomadaire Jeune Afrique, actuelle directrice de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris et secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), est également l’auteur de plusieurs ouvrages dont une biographie en deux volumes de Habib Bourguiba.

Avant de nous rencontrer au salon, lisez leurs œuvres : de nombreux ouvrages existent à la bibliothèque du GIAA.

 

Les tables bien garnies de l'association.Le GIAA de Nancy rouvre son marché de Noël

Pascale de Moura

 

Depuis deux ans, le GIAA délégation Lorraine organise un marché artisanal pour faire connaître notre association. Grâce aux travaux manuels de nos amis bénévoles et aux talents culinaires des adhérents et bénévoles, nous proposons à la vente divers objets, travaux d’aiguille, broderies, bijoux ainsi que des douceurs sucrées et salées. Tout ou partie de la vente revient en don au GIAA. Ce marché remporte depuis sa création un vif succès. Outre le soutien financier non négligeable qu’il constitue pour la délégation de Lorraine, il offre avant tout un beau moment de partage convivial et amical.

 

 

 

 

Visite guidée de la Maison de la Radio

Dans le cadre des Invitations d’Inès, une visite en deux étapes de la Maison de la Radio à Paris est organisée dans le courant des mois de janvier et février.À l’heure où nous mettons sous presse, les dates restent à finaliser.Une invitation par courriel sera adressée prochainement aux abonnés. Surveillez vos boîtes mail.

Le GIAA Aquitaine récupère et recycle les lecteurs Victor

Béatrix Alessandrini

 

L’antenne Aquitaine du GIAA a mis en place un service de collecte, recyclage et réparation des lecteurs Victor.Les audio-lecteurs qui ont acheté, il y a quelques années un lecteur VICTOR, sont désemparés lorsque celui-ci, à bout de souffle, rend l’âme. Les personnes bien souvent n’ont pas les moyens de racheter cet appareil (350 €), notre politique est donc de prêter des appareils anciens qui nous ont été remis pour diverses raisons : non usage et pourquoi ne pas le dire.... décès de la personne.

Même si le Victor n’est plus en état de fonctionnement, il nous est quand même utile, car notre technicien peut le réparer ou récupérer des pièces utiles.Certaines personnes âgées, isolées, n’ont pour seul loisir que la lecture de nos livres, nous n’avons plus les outils nécessaires pour faire face à leur demandes de remplacement d’appareils, aussi, si vous avez oublié au fond d’un placard un Victor, pensez à nous, il peut faire le bonheur d’un autre.

 

Compte-rendu des 51e journées pédagogiques du GPEAA

Michèle Collat

Cette année, Toulouse a accueilli les 8, 9 et 10 octobre derniers, les 51e journée pédagogiques du Groupement des professeurs et éducateurs d’aveugles et amblyopes (GPEAA).Le CESDV-Ija et l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT) ont hébergé ses réflexions et échanges.

Le thème retenu cette année était « Éducation connectée et déficience visuelle ». Il a été décliné en trois sous-thèmes : e-pédagogie, e-recherche et e-éducation.

e-pédagogie

En préambule, il a été rappelé que si la maîtrise du numérique peut générer des résultats encourageants dans le domaine des apprentissages, il est incontestable que ceux-ci reposent sur d’autres compétences spécifiques.Après avoir mesuré les possibilités offertes par l’impression en 3D, le dispositif Eye School propose un logiciel d’aide à la vision afin de lire et sauvegarder des documents éloignés, enfin il a été rappelé les services que peut rendre l’informatique et l’utilisation d’un matériel non spécialisé dans le quotidien scolaire de nos élèves.

e-recherche

Des chercheurs de l’IRIT ont évoqué l’importance que revêt pour eux la recherche et le développement de nouvelles technologies d’assistance afin d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie des déficients visuels, tout d’abord au travers de tables collaboratives interactives qui permettent de comprendre des cartes géographiques , puis en proposant aux élèves accédant à des contenus textuels un accès fonctionnel à la sémantique de leur mise en forme, enfin sont présentés plusieurs outils permettant de faciliter l’accessibilité des partitions musicales aux non-voyants.

Un petit saut à la Cité de l’Espace a plongé les participants à ces journées dans un autre monde où ils ont pu rêver autour d’expositions, où manipulations et simulation leur ont été proposées. À nouveau au sein de l’IRIT des ateliers ont donné l’occasion aux chercheurs de présenter des outils en cours d’expérimentation.

e-éducation

Une vidéo conférence a permis aux participants de ces journées de mesurer les difficultés rencontrées par les marins déficients visuels et d’apprécier l’importance des recherches actuelles qui portent sur l’amélioration des techniques d’interaction pour l’exploration des configurations spatiales maritimes sur tablette.

Après la mer, l’art et en particulier la peinture contemporaine à travers un logiciel donnant des repères qui permettent à notre public d’être en mesure de l’apprécier.Il est toujours difficile de répondre à la question : “que voit-il ?”. Un outil de sensibilisation individualisé est proposé aux participants afin d’y répondre de manière précise, au plus près de la réalité visuelle du jeune déficient visuel.

Pour conclure ces échanges, il est réaffirmé que si les changements associés à l’usage des nouvelles technologies sont fructueux et incontestables, les permanences liées à la mission d’enseignement du GPEAA doivent demeurer son objectif principal.

 

Agenda : La 36e Convention de pédagogie pour les aveugles et malvoyants

La 36e Convention de pédagogie pour les aveugles et malvoyants aura lieu du 1er au 5 août 2016 à Graz en Autriche.La convention est une plateforme de différents points de vue sur le thème de l’inclusion des personnes ayant une déficience visuelle, la cécité et des déficiences multiples.

Ces perspectives concernent plusieurs concepts différents dans les domaines de la pédagogie, des sciences sociales, de la médecine, des techniques et disciplines thérapeutiques, ainsi que des approches régionales, nationales et transnationales de développement à venir concernant l’apprentissage inclusif et la vie des personnes handicapées, afin de favoriser les principes de la convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées.

Pour plus d’informations : www.VBS-2016.at

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CULTURE ET LOISIRS

Il a rouvert ses portes à l’automne : le musée Rodin tout beau, tout neuf

Inès Duhesme

 

Bonne nouvelle pour les déficients visuels : leur musée-ami a rouvert ses portes le 12 novembre 2015 après trois années de travaux. Il est installé dans le superbe hôtel de Biron, habité déjà par le sculpteur qui l’a légué à l’État avec toutes ses collections.

 

Affiche pour la réouverture du musée.
On voit la sculpture "Le baiser" éclairée par le côté.

 

Le bâtiment a fait l’objet d’une soigneuse restauration : les parquets usés par le piétinement des 700.000 visiteurs annuels ont été refaits, les murs abîmés par l’humidité rafraîchis et une mise aux normes, avec l’installation d’un ascenseur, conduite. Les murs restaurés ont été repeints dans des couleurs raffinées destinées à augmenter les contrastes et à mieux appréhender les reliefs des œuvres sculptées.

Sont présentées dans 18 salles 600œuvres dont plusieurs sorties desréserves notamment des œuvres d’atelier, non destinées à l’origine à être présentées au public. Les sculptures ont été restaurées, nettoyées. La présentation est chronologique au rez-de-chaussée, thématique au 1er étage. Une liste de sculptures, autorisées au toucher, toutes de bronze, est établie pour une période donnée. Elle changera régulièrement pour ne pas les endommager.

 

Activités accessibles

Le musée a une très ancienne tradition d’accueil des déficients visuels. À partir de 1990, Alexandre François, diplômé en arts plastiques, a organisé des visites tactiles de bronzes (note 1). La sculptrice Susanna Lamberti également. Aujourd’hui la référente Handicap est Eva Bouillo. Dans l’actuelle configuration du musée, les déficients visuels bénéficient de l’entrée prioritaire au 79 rue de Varenne, le bâtiment de verre, ancienne entrée générale du public. Ils peuvent venir individuellement et gratuitement. On leur prête au vestiaire contre une carte d’identité un cartable rouge contenant des gants de coton spéciaux et la liste en noir et braille des œuvres touchables, et les dessins en relief de certaines œuvres non touchables.S’ils ne sont pas accompagnés par un proche, un agent du musée les accompagnera auprès des œuvres concernées. Téléphoner au préalable au musée pour s’assurer de la disponibilité de celui-ci. Téléphone : 01.44.18.61.10.

 

Devant un portrait de l'auteur dans son atelier, les visiteurs et Inès Duhesme sont attentifs.

 

Des visites en petit groupe (5 déficients visuels + 6 accompagnants) peuvent être organisées sous la direction de la personne référente Handicap du musée ou d’une conférencière formée au tactile telles qu’Élodie Schaeffer (note 2).Renseignements et réservation au 01.44.18.61.85.

Dans ce cas, le déficient visuel règle 4 euros et son accompagnateur a la gratuité et les gants ne sont pas nécessaires.

Mardi 1er décembre 2015 était programmée dans les collections permanentes à nouveau présentées une visite tactile pilotée par Élodie Schaeffer, une conférencière du musée. Nous avons étudié avec les doigts le portrait en buste du père de Rodin, Les Trois ombres, La femme accroupie, l’avant-dernière version du Balzac, et La Danse de Camille Claudel. Pendant qu’un demi-groupe se trouvait autour des statues, l’autre demi-groupe écoutait Philippe lire des textes des artistes et écrivains : Cocteau, Rilke Duncan... Visite unanimement appréciée. Bien-entendu, nous avons terminé la demi-journée à refaire le monde devant un verre de Chenas et des denrées reconstituantes. Et cela aussi fut apprécié...

D’autres visites sont prévues au musée autour de différents thèmes : à renouveler sans modération !!...

Notes :

1. Entretien avec Claude Gilbert, retraitée de la Direction des Musées de France chargée des programmes d’activités handicap. Chantal Lavigne, « Voir autrement, une initiative exemplaire du musée Rodin », Dossier « Ces publics qu’on dit différents », in Argos, la revue des BCD et CDI 2003 n°31 page 54

2. Voir les numéros 22 et 23 de QSLD

 

Théâtre : Plus j’avance plus le chemin s’étire, le monde vu par une petite fille aveugle

Dans sa pièce « Plus j’avance, plus le chemin s’étire », le Théâtre de l’Arpenteur nous a entraîné les 13, 14 et 15 décembre dans les pas d’une petite fille aveugle. Entretien avec le metteur en scène et scénographe, Hervé Lelardoux.

 

Dans cette création, est-ce le son qui a guidé l’écriture dramaturgique ?

C’était vraiment un challenge pour moi de concevoir une scénographie sonore. J’ai écrit une histoire mais cela a toujours été pensé pour que ce qu’on voit sur le plateau ne soit pas ce qu’on voit dans sa tête. Le son a guidé le projet et amené à se poser plein de questions. J’ai fait l’expérience de me balader dans la ville, guidé par un aveugle, quand j’ai commencé mon travail avec les non-voyants.

 

Comment représenter cet univers qu’on ne voit pas, qui est dans la tête d’un malvoyant ?

Cela fait des années que je travaille avec des non-voyants. J’ai fait un premier spectacle à Rennes qui était un parcours dans la ville où des aveugles nous racontaient des histoires. J’ai fait beaucoup d’autres expériences à Marseille. Je travaille avec des enfants dans une école et puis j’ai des amis aveugles avec qui je discute beaucoup. Il y a eu beaucoup d’échanges sur comment les choses se représentaient dans la tête d’un aveugle, dans la journée mais aussi dans ses rêves. Une bonne partie du spectacle se passe dans un rêve et toutes les sensations oniriques sont inspirées du vécu des non-voyants. Il y a des transformations du réel comme pour nous mais liées à des odeurs, à des touchers, à des questions qu’on se pose sur sa propre image, le rapport au miroir. La question qui me passionne depuis très longtemps c’est comment un spectateur de théâtre lit dans sa tête intimement le spectacle qu’il a devant les yeux.

 

Cela suppose un dispositif scénique particulier ?

L’idée est de ne pas représenter directement sur scène l’histoire de cette petite fille pour laisser la place à l’interprétation du spectateur. Sur scène, il y a deux comédiens en train d’enregistrer une histoire. Le décor évoque un studio et on assiste à cette séance d’enregistrement. Chaque spectateur a un casque. Il est à la fois dans sa bulle, à la fois avec les autres et surtout projeté dans l’espace du personnage principal. Il se promène avec lui dans le métro, sous la terre, dans un manège qui accélère. Les comédiens font aussi des bruitages sur scène et interprètent toutes les voix des personnages que la petite fille rencontre dans son rêve. C’est une invitation parfois à fermer les yeux.

 

L’idée est-elle de faire vivre une expérience particulière au spectateur ?

L’objectif premier est d’embarquer les gens dans une histoire étonnante d’une façon originale. Ce n’est pas un spectacle seulement « accessible » aux aveugles, c’est vraiment fait pour eux. C’est plutôt un spectacle « accessible » aux voyants.

 

Affiche de la pièce de théâtre, représente des jouets. Une figurine de cavalière y chevauche une tortue, on aperçoit une girafe, un éléphant et un chimpanzé.

 

Calendrier culture et loisirs du Club Culturel Vaugirard pour les Aveugles et leurs Amis

Voici le programme des activités culture et loisirs du Club Culturel Vaugirard pour les Aveugles et leurs amis pour les mois de février et mars 2016.

Nous vous rappelons que les adhésions à cette association sont renouvables dès le 1er janvier de chaque année. La permanence du club est ouverte chaque mardi de 14 h 30 à 18 h au 103 de la rue Vaugirard dans le 6e arrondissement de Paris. L’association est joignable le jour de la permanence par téléphone au 01.45.48.87.41 ou par email : colette.terral@orange.fr.

Vendredi 5 février à 14 h 30.

Exposition Les Shadows et autres œuvres d’Andy Warhol, au musée d’art moderne de la Ville de Paris (Paris 16).Prix : 8 € par personne, gratuit pour l’accompagnateur.Réservations auprès du CCVAA au plus tard le mardi 19 janvier.

Samedi 13 février à 15 h

Grand loto d’hiver couronné par une dégustation de crêpes afin de célébrer (avec un petit retard) la Chandeleur 2016. Tout ceci aura lieu dans les locaux de l’association. Participation par personne : 5 €.Réservation au plus tard le vendredi 5 février.

Jeudi 18 février à 13 h 30

Bowling. Rendez-vous à la station de métro Charles Michel sur la ligne 10, sur le quai en tête.Prix : 5,30 € sur place.Réservation auprès d’André Clauzel (06.76.47.40.86) avant le samedi 13 février.

Jeudi 25 février de 14h30 à 16h

Musée de la contrefaçon adapté aux non-voyants, 16 rue de la Faisanderie à Paris 16. Prix : 8 € par personne, gratuit pour l’accompagnateur.Réservation au plus tard le lundi 1er février.

Mercredi 9 mars à 20h30

Concert de Benjamin Beilman (violon) et Andrew Tyson (piano) à l’auditorium du Louvre. Programme : Mozart : sonates en si bémol majeur K454, en mi mineur K304, en sol majeur K301, en la majeur K526, variations en sol mineur K360.Prix : 20 € pour les adhérents et les premiers accompagnateurs, 22 € pour les accompagnateurs suivants.

Réservation au plus tard le mardi 16 février.

Jeudi 17 mars à 20 h 30

Concert des The King’s Singers à la salle Gaveau (Paris 8).Prix : 20 € pour les adhérents et les premiers accompagnateurs, 22 € pour les accompagnateurs supplémentaires.

Réservation au plus tard le mardi 19 janvier.

Samedi 19 mars à 15 h

Repas choucroute au club.Participation : 22 €.Réservation au plus tard le jeudi 10 mars.

Jeudi 31 mars à 20 h

Spectacle Superbarrio au Théâtre 13 (Paris 13)Le spectacle est audio-décrit.Écrit et mis en scène par Jacques Hadjaje, il relate un conte social. À Mexico, en 1985, Superbarrio défend les droits des sinistrés du tremblement de terre. Bravant tous les dangers, suscitant toutes les passions, il écrit sa légende. Mais quel homme se cache derrière ce masque de clown magnifique ?Prix : 15 € pour les adhérents et les premiers accompagnateurs, 17 € pour les accompagnateurs supplémentaires.

Réservation au plus tard le mardi 9 février.

 

Théâtre : Les yeux Revolver Re-vue

Métro, boulot, resto, son fils, ses amis, ses ennuis... Monie Méziane, comédienne non- voyante, brosse au vitriol une galerie de portraits et d’anecdotes tirés de son quotidien, tous plus drôles les uns que les autres.Observatrice, énergique, elle décortique les petites choses de la vie qui deviennent autant d’occasions de rire. Rire des autres, de nous aussi, mais surtout d’elle-même !

Après ce one woman show d’une heure mené à toute allure, vous ne regarderez plus les non-voyants de la même manière !

 

Portrait de Monie Méziane.
La jeune femme souriante lève les bras en signe de victoire.

 

La scène, Monie Méziane a toujours voulu y être. Après l’école de danse à Nice, c’est Paris qui l’attend : le cours Charpentier Art Studio et le Conservatoire d’art dramatique. Elle monte sur les planches et joue Brecht, Le journal d’une femme de chambre de Mirbeau, Pour l’amour de Marie Sarlat de Régine Desforge... aux théâtres de la Main d’or, de la Tempête, Pixel.

 

Informations pratiques.

Les vendredi et samedi à 19 h 00 du 22 janvier au 27 février 2016, à la Comédie Nation, 77 rue de Montreuil à Paris (11e).Réservation par téléphone au 01.48.05.52.44 ou via Internet : www.comedienation.fr.

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LECTURE

Le livre du moment

« La vérité et autres mensonges » de Sascha Arango - Prix du Polar européen 2015

Auteur adulé de bestsellers, mari comblé, ami généreux : Henry aurait une vie de rêve si celle-ci n’était construite sur le mensonge. Survient un malheureux hasard, imputable à une maîtresse encombrante, et le château de cartes patiemment édifié menace de s’effondrer. Henry se retrouve face à un choix : révéler la vérité à sa femme, sans laquelle il ne serait rien, au risque de tout perdre. Ou éliminer l’obstacle...

Sascha Arango tisse en virtuose une toile où le lecteur se laisse prendre avec délice.

 

 

Éditions Gros Caractères

Nouveautés Feryane

« Check point » de Jean-Christophe Ruffin

Maud, vingt et un ans, cache sa beauté et ses idéaux derrière de vilaines lunettes. Elle s’engage dans une ONG et se retrouve au volant d’un camion, sur les routes de la Bosnie en guerre.Les quatre hommes qui l’accompagnent dans ce convoi sont bien différents de l’image habituelle des volontaires humanitaires. Un à un, ils lui révéleront les blessures secrètes de leur existence. Et la véritable nature de leur chargement.

Dans ce roman passionnant, à travers des personnages d’une force exceptionnelle, Jean-Christophe Rufin s’interroge sur la place de la neutralité de l’action humanitaire.

 

 

«La Cache » de Christophe Boltanski - Prix Femina 2015

Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre qui aurait pu tout engloutir ?

La cache est le roman des Boltanski, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Et la révélation d’un auteur.

 

« Histoire d’Irène » de Erri De Luca

 « Toutes les nuits, Irène rejoint la famille des dauphins, onze avec elle, guidés par une femelle adulte. »Dans une langue puissante, Erri De Luca nous offre l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque, qui passe ses nuits à nager avec les dauphins.

Ce texte est accompagné de deux autres courts récits.

 

 

« Les eaux troubles du mojito » de Philippe Delerm

Goûter aux plaisirs du mojito, se faire surprendre par une averse et aimer ça, contempler un enfant qui apprend à lire en bougeant les lèvres... Elles sont nombreuses, les belles raisons d’habiter sur terre. On les connaît, on sait qu’elles existent. Mais elles n’apparaissent jamais aussi fortes et claires que lorsque Philippe Delerm nous les donne à lire.

 

 

« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan - Prix Renaudot et Goncourt des Lycéens 2015

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.L. est le cauchemar de tout écrivain.  Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction.

 

 

Nouveautés Éditions de La Loupe

« La dernière nuit du Raïs » de Yasmina Khadra

 « Longtemps j’ai cru incarner une nation et mettre les puissants de ce monde à genoux. J’étais la légende faite homme. Les idoles et les poètes me mangeaient dans la main. Aujourd’hui, je n’ai à léguer à mes héritiers que ce livre qui relate les dernières heures de ma fabuleuse existence. Lequel, du visionnaire tyrannique ou du Bédouin indomptable, l’Histoire retiendra-t-elle ? Pour moi, la question ne se pose même pas puisque l’on n’est que ce que les autres voudraient que l’on soit. » Avec cette plongée vertigineuse dans la tête d’un tyran sanguinaire et mégalomane, Yasmina Khadra dresse le portrait universel de tous les dictateurs déchus et dévoile les ressorts les plus secrets de la barbarie humaine.

 

« Cette nuit la mer est noire » de Florence Arthaud

“J'ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l'eau. Il fait nuit noire. Je suis seule. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau.”

Le samedi 29 octobre 2011, alors qu'elle naviguait seule à bord de son voilier, Florence Arthaud tombe à l'eau, au large du cap Corse. Isolée, en pleine nuit, sans gilet de sauvetage, la navigatrice va affronter la mort pendant deux longues heures. Elle restera en vie grâce à une série de petits miracles : une lampe frontale, un téléphone portable étanche, du réseau et sa mère qui veillait en pleine nuit.

Dans ce livre confession, Florence Arthaud, première et unique femme vainqueur de la Route du Rhum en solitaire, revient sur cet épisode tragique. Elle livre les sentiments, les pensées et les souvenirs qui l'ont accompagnée alors qu'elle se noyait en pleine mer.

 

« Cristal noir » de Michelle Tourneur

À quelques mois de son mariage, Pearl quitte New York pour réaliser les photos d’un ouvrage sur la gastronomie française. Enivrée par les années folles, rien n’échappe à son regard, mais bientôt la fascination qu’elle éprouve pour le Paquebot, un somptueux et très select restaurant Parisien, la conduit à se focaliser sur cet unique établissement, ainsi que sur Charles- Henri qui cuisine comme on compose la musique et qui l’ensorcèle. Pearl ne répond pas aux télégrammes de son père qui la pressent de rentrer aux États-Unis. C’est la fin de l’été 1929. Si la ville-lumière n’a jamais mieux porté son nom, l’obscurité n’est pas loin. Mais la passion créatrice, le souffle de Charles-Henri ne sont-ils pas, comme le pressent Pearl, des ferments de résistance face au désastre de 29 qui se dessine ?

 

Couverture du livre "Les Forêts de Ravel" : peinture d'une forêt colorée.« Les forêts de Ravel » de Michel Bernard

Ravel n’aurait jamais dû faire la guerre car sa petite taille et sa constitution l’en dispensaient. Mais, alors qu’il est déjà célèbre, le compositeur fait des pieds et des mains, harcèle l’armée jusqu’à, enfin, obtenir le droit de partir. Il sera conducteur d’ambulance, chauffeur de camion, coursier... et musicien à ses heures perdues. Ensuite ce sera le difficile retour à Paris puis son installation à Montfort-l’Amaury avec en tête, toujours, “l’énorme concerto du front”. Une tranche de vie cueillie par l’auteur et admirablement écrite.

 

« Tu seras un raté mon fils ! » : Churchill et son père » de Frédéric Verney

Comment devient-on un grand homme ? L’auteur répond à partir du cas de Winston Churchill, en explorant sa relation avec son père, Lord Randolph, un grand aristocrate qui pendant toute sa vie a fortement méprisé son fils au point de le surnommer « le raté mondain ». C’est justement cette blessure qui a transformé un jouisseur indolent et spirituel et en a fait l’homme qui a gagné la Seconde Guerre mondiale. Ce livre vif et concis dresse le récit d’une vie à la fois remarquable et riche en péripéties incroyables.

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OURS

Revue de l’Association des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA)

Revue trimestrielle

5, avenue Daniel Lesueur - 75007 Paris - Téléphone : 01.47.34.30.00

Site internet : www.giaa.org / Courriel : giaa@giaa.org

Directrice de la publication : Marie-Renée HECTOR.

Comité de rédaction : Bertrand Bontoux Inès Duhesme, Odile Gnanaprégassame, Marie-Renée Hector, Stéphanie Zoccola.

Ont participé à la rédaction de ce numéro : Béatrix Alessandrini, Michèle Collat et Pascale de Moura.

Mise en page : Stéphanie Zoccola.

Coordination transcription supports adaptés : Stéphane Guasson.

Abonnements : GIAA

IMPRESSION GIAA

ISSN : 1772-4031

Nos délégations

GIAA Alsace

14 A rue de Mulhouse - 67100 Strasbourg

Tél. : 03.69.09.22.31

Mail : contact.alsace@giaa.org

 

GIAA Aquitaine

14 rue de la Réole - 33800 Bordeaux

Tél. : 05.56.31.48.48

Mail : contact.aquitaine@giaa.org

 

GIAA Auvergne

35 avenue Franklin Roosevelt

63000 Clermont-Ferrand

Tél. :04.63.79.70.55

Mail : contact.auvergne@giaa.org

 

GIAA Centre

288 Chemin Lucien Bonneau

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GIAA Île de France

5 avenue Daniel Lesueur

75007 Paris

Tél. : 01 47 34 30 00 – Mail : giaa@giaa.org

 

GIAA Lorraine

BP 23703

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Tél. : 03.83.27.70.33

Mail : contact.lorraine@giaa.org

 

GIAA Paca-Corse

Le Placer A - 72 avenue Benoît Malon

83100 Toulon

Tél. : 04.94.36.77.48

Mail : contact.paca-corse@giaa.org

 

GIAA Pays de Loire

109, rue Eblé

49000 Angers

Tél. : 02.41.86.13.25

Mail : contact.paysdeloire@giaa.org

 

 

Services du GIAA

Services audio :

- La bibliothèque = propose près de 7180 titres enregistrés sur CD DAISY

- Le kiosque sonore = service d’abonnement presse à 24 revues.

- L’enregistrement à la demande.

Services Braille et gros caractères :

- transcription à la demande de tout document, ouvrages, document professionnel…

- revues jeunesse et adulte.

La lecture directe :

Le GIAA met en contact la personne aveugle ou malvoyante avec un bénévole voyant. Le rôle du bénévole est d’assister pour la lecture : rechercher puis feuilleter des livres dans une bibliothèque, lire des documents manuscrits ou polycopiés, le courrier…

Un Club Emploi :

Le Club Emploi du GIAA propose un accompagnement individuel personnalisé, centré sur la spécificité de la personne déficiente visuelle en situation de recherche d’emploi.

Les boutiques du GIAA :

Le GIAA dispose pour ses adhérents de boutiques qui proposent, selon les délégations, des méthodes d’apprentissage du Braille, de matériels pour lire et écrire du Braille ou des gros caractères, et divers produits adaptés qui facilitent la vie quotidienne des aveugles et malvoyants (loupes, montres, ...).

 

Sections du GIAA

Amitiés Pouget : regroupe des prêtres, diacres, religieux et religieuses malvoyants ou non-voyants. Ils publient la "lettre d'Ananie.

 

GPEAA (Groupement des Professeurs et Éducateurs d'Aveugles et Amblyopes) : groupe de professeurs et éducateurs, acteurs sociaux, parents qui travaillent ou vivent pour/avec des personnes aveugles ou malvoyantes. Ils organisent les journées pédagogiques.

 

Views France : concerne les jeunes malvoyants et non-voyants qui souhaitent faire des échanges et organiser des voyages en Europe.