QSLD n°29 - Printemps 2018

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Débrouillards Volontaristes et /ou Déficients visuels !

Il est indéniable que la frontière sociale est ténue entre handicap et maladie. Mais la maladie n’entraîne pas toujours un handicap.
Pour faire court, on peut dire que la maladie devient handicap lorsqu’elle est la cause d’une invalidité durable avec laquelle la personne devra apprendre à vivre de façon aussi autonome que possible.
En effet, les personnes placées en situation de handicap ne sont pas toutes dans un état végétatif, sinon on les appellerait peut-être des personnes en situation de légumineuse. En fait, le handicap a deux facettes : la réalité de l’invalidité qu’il crée et le degré d’incapacité que la société lui attribue.
Il est certain que le handicap implique, pour celui qui doit vivre avec lui, une gêne ou une impossibilité d’utiliser un sens ou un membre. Cependant, tout ce qui lui reste de vivant et de valide lui laisse encore beaucoup de possibilité de développer ses capacités et donc ses aptitudes à vivre au milieu de tous.
Alors, osera-t-on encore déclarer qu’une personne en situation de handicap est en situation d’incapacité d’exister et de produire ? Ce qui différencie un handicapé d’un malade, c’est que le second ne pense qu’à guérir alors que le premier sait qu’il doit apprivoiser au mieux les conséquences de la maladie ou de l’accident qui l’ont mis en position de procéder différemment pour apprendre et agir. Il a les mêmes aspirations que les gens de son âge et de sa génération.
Celui qui est en situation de handicap visuel a conscience d’avoir eu ou d’avoir toujours une maladie oculaire, mais il ne se perçoit pas comme malade, une fois qu’il a compris comment gérer sa situation dans son quotidien, faire ses études et évoluer vers son avenir professionnel, voire familial.
Alors, quand les non comprenant cesseront-ils de nous imposer leurs visions stéréotypées, je vous le demande. Georges Brassens nous a malheureusement donné la réponse : ils ont un roi indétrônable ! On ne pourra jamais éradiquer toutes les formes d’intolérance à la différence car, lorsqu’un non comprenant accepte d’ôter ses œillères, il est trop souvent remplacé par un autre.
Et la lutte pour l’ouverture d’esprit doit recommencer !
C’est pourquoi il faudra encore bien des années, voire bien plus, avant que les préjugés séculaires s’effacent dans les esprits. Mais courage ! Des hommes et des femmes nous fournissent de magnifiques exemples de réussite professionnelle, avec peu ou pas de vision oculaire…
Différence et compétence ne sont pas incompatibles. Tout dépend de la façon dont on accepte la remise en question.

Marie-Renée HECTOR, Vice-Présidente du GIAA

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QSLD n°29

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