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Code de la rue
Pour tenter de pacifier la cohabitation entre les voitures, scooters, motos, vélos, piétons.. : la ville adopte un « code de la rue ».

La rue a son code. texte de l’article du Journa Sud Ouest du 20/09/07
Denis Lherm.
Alain Juppé a présenté hier le nouveau « code de la rue » adopté par la ville de Bordeaux, sur une idée du conseiller municipal écologiste Pierre Hurmic. En ces temps « d’ouverture », les deux hommes l’ont d’ailleurs présenté ensemble. Édité à des milliers d’exemplaires, le document est destiné à rappeler les règles de bonne conduite entre les divers usagers des rues. Un code identique est en préparation au niveau national, mais Bordeaux a tenu à honorer son rang de ville favorable à la mixité des transports en présentant sa version avant les autres.
Brochure du code de la rue Aller à la fin de l’article pour télécharger le code de la rue au format PDF
Il s’agit pour l’instant d’un document sans valeur règlementaire, rappelant les règles de base à respecter lorsqu’on se déplace en ville, que ce soit en voiture, à pied, à vélo, à roller, scooter, moto… Des règles basées sur le civisme et le bon sens, avec le code de la route comme Table de la loi. Deux mesures toutefois s’en écartent. La mise en place du contresens cyclable dans plusieurs rues de l’hypercentre, qui offre aux vélos la possibilité de rouler en sens interdit lorsqu’un panneau les y autorise. Cette mesure sera bientôt étendue à de nouvelles rues. Deuxième innovation : le tourne à droite au feu rouge. Elle est pour l’instant à l’étude et pourrait se traduire par l’autorisation pour les vélos de brûler un feu uniquement pour tourner à droite. Ce système déjà en vigueur à Strasbourg - et au Québec, a précisé Alain Juppé - sera testé dans quelques semaines à Bordeaux, sur une dizaine de carrefours.
Bientôt un Vélib ? En dehors de ces deux mesures fortes, le code de la rue se borne a lister les droits et devoirs, selon le véhicule qu’on utilise. Mais il a le mérite d’entériner le fait que, désormais, il existe d’autres modes de déplacements que la voiture. C’est d’ailleurs l’explosion de l’un d’eux - en l’occurrence le vélo -, qui a poussé à la création de ce code. En dix ans, le nombre de déplacements à vélo a été multiplié par trois dans l’agglomération. Bordeaux détient même le record de France des prêts de vélos : 173 vélos pour 10 000 habitants. Paris est deuxième mais loin derrière, avec 95 vélos pour 10 000 habitants. L’irruption des vélos mais aussi des motos, scooters, ainsi que la multiplication des espaces mixtes (mélange de piétons, vélos, rollers, skates, etc à Pey-Berland), au sein d .un univers où la voiture s’était habituée à régner sans partage, a semé une belle pagaille en ville. Au point qu’il est devenu nécessaire de repréciser les règles pour chacun. A plus long terme, le code de la rue devrait viser une plus grande protection des usagers en fonction de leur degré de fragilité et de leur caractère non polluant. Dans l’ordre : les piétons, vélos, rollers, scooters, moto, etc. Pour l’instant, celui de Bordeaux s’en tient au rappel des règles et des mesures adoptées depuis plusieurs années par la ville : pose d’arceaux, traçage de bandes cyclables, abaissement des trottoirs pour les fauteuils roulants, pose de bandes podotactyles… Selon Pierre Hurmic, il reste beaucoup de chemin a faire : « à Bolsano, en Italie, les déplacements à vélo représentent 25 du trafic urbain, alors quand on me dit que le vélo ne correspond pas aux pays latins… » Alain Juppé, enfin, a annoncé que la ville va bientôt se mettre en quête d’un opérateur pour un système de vélo en libre service, comme le Vélib de Paris. « Mais cela coûte très cher, donc on étudie encore ».
Didier Feneron : président de Vélo-cité (cyclistes). « Pour la première fois, on ne parle pas des problèmes de la route, mais de la rue.On liste des choses banales mais utiles : ne pas garer son vélo n’importe où, faire attention aux piétons, etc. On doit aller vers le respect du plus faible et du plus lent par le plus fort et le plus rapide. »
Béatrix Alessandrini : Présidente du Groupement des intellectuels aveugles et ambliopes. « Nous avons participé avec d’autres associations d’aveugles et obtenu la pose de plaques podotactyles sur les trottoirs. Nous insistons maintenant sur la pose de « fils d’ariane » avec ces mêmes bandes, en continu dans les rues. La mairie va aussi expérimenter une boîte de guidage sonore, pour indiquer où se trouvent les divers services. J’ai vu ça à Nancy, c’est formidable ».
Joël Solary : Président du GIHP (handicapés). « C’est un très bon code, qui permet de rappeler qu’il faut partager l’espace. Nous avons travaillé sur plusieurs aménagements, comme sur le cours Victor-Hugo, qui sera exemplaire. La ville s’ouvre, on s’y déplace plus facilement qu’avant, les trottoirs prennent en compte nos préoccupations. 700 places de stationnement ont été créées pour les handicapés ».
