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Qui était Guillaume Pouget ? (logo)Qui était Guillaume Pouget ?

par Marcel Chalaye
d’après la Lettre d’Ananie, année 2003.

Hommage à Guillaume POUGET.

Pourquoi les amitiés Guillaume Pouget ?

Le 30 novembre 1969, à la demande de prêtres handicapés de la vue, se tient à Paris, au siège du G.I.A.A., une réunion des responsables de l’association, qui décident d’ouvrir une section réservée aux prêtres aveugles ou mal voyants. C’est le Père Paul CAUCHOIS, Sulpicien valide, qui accepte la direction de ce groupe.

En 1970, a lieu la première rencontre de ces prêtres, à la maison des Sulpiciens, rue du Regard, à Paris. Très vite, ce groupe s’agrandit et se retrouve régulièrement chez les Pères Lazaristes, rue de Sèvres. Il prend le nom d’Amitiés Guillaume POUGET, rendant ainsi hommage au Père Guillaume Pouget, Lazariste, qui vécu les 25 dernières années de sa vie totalement aveugle et qui, malgré son handicap, su partager sa foi, son amour de l’Eglise, ses multiples connaissances, avec des universitaires Chrétiens (enseignants et étudiants), tel Jacques Chevalier, Jean Guitton, Emmanuel Mounier, Maurice Legendre et avec beaucoup d’autres personnes, dans la première moitié du XXe siècle.

Au fil des ans, en plus des prêtres, le groupe des Amitiés Guillaume Pouget a accueilli des religieux puis des religieuses, des évêques et des diacres, aveugles ou handicapés de la vue.

Mais qui était le Père Guillaume Pouget ?

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Guillaume Pouget - portrait
Une photo de Guillaume Pouget.

Guillaume Pouget est né dans le Cantal, le 14 octobre 1847, à Morsanges, hameau de la commune de Maurine, situé à 28 km de Saint Flour.

Premier né d’une famille de six enfants, ses parents, de pauvres cultivateurs, souhaitent qu’il devienne prêtre. A 5 ans, il lit couramment, il a appris tout seul. Il va pour la première fois l’école à l’âge de 12 ans et seulement pendant l’hiver. Le reste de l’année, il aide son père aux travaux des champs. Le curé de Maurine, frappé de ses dons exceptionnels, engage ses parents à lui faire entreprendre des études et à 15 ans, il entre au petit séminaire de Saint Flour.

A 19 ans ses études terminées, et devenu prêtre, il entre chez les Pères Lazaristes. De 1872 à 1905, il enseigne différentes matières, à Evreux, à Saint Flour, à Dax et à Paris. Mais le 20 juillet 1905, malgré le soutien de son supérieur, il est interdit d’enseignement, car il est jugé « trop en avance sur son temps ». Il obéit humblement sans se rebeller et lui qui ne possède aucun diplôme, (pas même le baccalauréat), va être jusqu’à sa mort, le 24 février 1933 - à plus de 85 ans, le Père spirituel, le directeur de conscience, le confesseur et le maître vénéré d’une foule de prêtres et d’intellectuels qui venaient chercher auprès de lui les réponses à leurs multiples interrogations.

De 1873 à 1895, sa vue ne cesse de se dégrader. En avril 1895, son œil droit est perdu ; il à 48 ans. En janvier 1909, son œil gauche le trahit et il devient totalement aveugle ; il a 61 ans.

Désormais, il va acquérir dans cette douloureuse épreuve, une très grande élévation spirituelle. Depuis la cellule numéro 104, du deuxième étage près de l’horloge, il va utiliser sa formidable mémoire et ses connaissances exceptionnelles, pour rayonner sa foi, son expérience de prêtre et d’enseignant, il va aussi composer des ouvrages où sa pensée se développe et se révèle au petit nombre de ses intimes. Ses livres et ses réflexions, jamais publiés, font qu’il sera et est encore aujourd’hui, inconnu de la majorité des Chrétiens. Il repose au cimetière du Montparnasse, à droite de l’entrée, dans le caveau de ses frères Lazaristes.

Le rayonnement de Guillaume POUGET.

Tous ceux qui ont connu Guillaume Pouget, ses élèves, et ceux qui venaient le consulter sont unanimes : « Monsieur Pouget était un prêtre hors du commun, un chercheur assoiffé de Dieu, un humble serviteur de l’Eglise et de sa congrégation, un savant érudit et autodidacte aux multiples dons. » Il était parfois difficile à comprendre, car sa pensée était si vive et si imprévisible, qu’une intelligence normale avait parfois des difficultés à le suivre. Mais tous sont formels : grâce à lui, ils ont été des Chrétiens, des hommes responsables.

Guillaume Pouget accueillait et écoutait avec la même attention les personnes les plus simples comme les plus importantes, d’où ces deux entretiens :
 le premier eu lieu chez les Lazaristes dans la salle des Reliques, le 14 juin 1927, avec Lord Halifax, qui consacra sa vie au rapprochement de l’Eglise Anglicane et de l’Eglise Catholique. Cette rencontre émouvante est relatée dans un livre de Jean Guitton ;
 le second eu lieu le 12 février 1933, avec Henri Bergson. Malgré son état de santé précaire, (il décéda 12 jours plus tard), Guillaume Pouget accepta de se rendre au domicile du grand philosophe. Cet entretien est consigné dans un livre de Jacques Chevalier. Quelques années plus tard, Henri Bergson écrivait dans l’un de ses ouvrages : « Au cour de ma vie, je n’ai rencontré qu’un seul homme vrai, c’est Monsieur Pouget. »

Aujourd’hui, que nous apporte Guillaume Pouget ?

Guillaume Pouget est vraiment un modèle, car c’est un exemple d’adaptation qui peut nous motiver pour développer toutes les ressources qui nous sont propres, pour que, malgré notre handicap, nous soyons fidèle à notre engagement ecclésial. Nous avons à notre disposition des techniques adaptées qui nous donnent une autonomie bien supérieure à celle qui existait à son époque. Il est également un modèle d’humilité, d’obéissance et de fidélité, à sa congrégation et à notre Eglise.

Guillaume Pouget ne sera sans doute jamais canonisé, mais nous pouvons le prier de venir à notre aide, dans les moments difficiles que nous rencontrons.
 

Ceux qui ont mis notre groupe, sous son patronage, ont bien choisi,
 c’est bien le plus bel hommage qui pouvait lui être rendu.

Pour découvrir la vie et la pensée de Guillaume Pouget :

Par Jean GUITTON, 3 livres sont disponibles :
 Monsieur POUGET.
 Portrait de Monsieur POUGET.
 Dialogues avec Monsieur POUGET.

Par Jacques CHEVALIER, 2 livres sont disponibles :
 Père POUGET, LOGIA.
 BERGSON et le Père POUGET.

Plusieurs cours et études sont disponibles, ainsi que le livre de Guillaume Pouget (imprimé à environ 50 exemplaires mais jamais publié) : Origine surnaturelle ou Divine, de l’Eglise Catholique, d’après les données de l’histoire .

Cet ouvrage nous a été offert par le père Georges Estieule ; il lui avait été légué par Monseigneur Antoine de Castelgeaux.


Je veux remercier
 le Père Georges ESTIEULE,
 le Père BALDAQUINO, Lazariste,
 Monsieur Albert COATS :
 grâce a leurs recherches et leurs découvertes, nous avons pu réunir les ouvrages et les documents, qui ont tous étés enregistrés.

Merci également à tous les lecteurs et lectrices bénévoles, du G.I.A.A., qui ont réalisé avec compétence ce très volumineux travail.

Vous trouverez la liste complète de ces enregistrements à la sonothèque de Challes les Eaux.

Marcel Chalaye, diacre,
 Président des « Amitiés Pouget »,
 Section du GIAA.