Question écrite au Ministre de la Culture

Situation faite aux personnes aveugles et malvoyantes en matière culturelle 13 ème législature

Question écrite n° 17061 de M. Marcel-Pierre Cléach (Sarthe - UMP) publiée dans le JO Sénat du 10/02/2011 - page 288

M. Marcel-Pierre Cléach appelle l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la situation faite en France aux personnes aveugles et malvoyantes en matière culturelle.

Dans notre pays, une personne sur cent est aveugle et une personne sur cent est malvoyante, soit au total plus de un million et demi de nos compatriotes qui souffrent d’un handicap visuel. Et, selon l’Organisation mondiale de la santé, la déficience visuelle va dramatiquement s’amplifier dans les prochaines années au point de devenir l’un des fléaux de santé publique les plus préoccupants de demain.

La Fédération des aveugles et handicapés visuels de France (FAF), jugeant que les droits de ces citoyens s’amenuisent petit à petit sans que personne ne s’en alarme, a eu l’intelligence de rappeler avec humour la situation faite aux personnes déficientes visuelles.

En matière culturelle, la FAF souligne, par exemple, le peu de recours fait à l’audio-description, système permettant de décrire en voix « off » les scènes d’un film aux personnes aveugles. Elle regrette aussi le fait que seulement 3 % des ouvrages publiés en France le sont également en braille et déplore tout particulièrement qu’il n’existe aucune version récente d’un dictionnaire de langue française édité en langue braille, alors même que le braille est un code universel !

Si la taille du marché et l’essor des livres audio peuvent, peut-être pour partie, expliquer le faible nombre d’ouvrages édités en langue braille, il se demande s’il ne serait pas à la portée de son ministère d’aider à assurer le financement d’un dictionnaire de langue française en langue braille ? Plus globalement, il aimerait connaître quelles sont les dispositions prises par son ministère pour non seulement favoriser l’accès à la culture de nos concitoyens touchés par un handicap visuel mais aussi inciter les entreprises culturelles à s’intéresser à cette problématique. Il le remercie pour sa réponse.