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Le journal de la délégation aquitaine, automne 2008
Edito
L’été indien invite à la paresse mais ce n’est vraiment pas le moment de lambiner. Après la période de reprise, pendant lesquelles il nous a fallu remettre les machines en route, (les vacances ont tendance à rouiller les neurones) nous voilà prêts pour le service. Service avec un grand S, car il fut une époque où les associations telles que la notre pouvaient se permettre d’être d’une certaine manière des patronages. Ce mot n’a rien de péjoratif en soi mais il a un petit relent d’ouvroir du 19ième siècle qui n’est plus de mise à l’heure actuelle. La sophistication des technologies modernes et la multiplicité de leurs applications ont créé un vrai besoin de professionnalisation du bénévolat tout au moins dans nos activités. A l’heure actuelle, si l’on veut rendre service aux personnes handicapées, on se doit d’être compétent. Cela n’exclut pas la compassion ni l’aide morale pour affronter les affres de la perte de la vision, mais une solution précise à un problème précis convient mieux que des paroles qui pour être amicales restent vaines. Être compétent, cela signifie que l’on connaît le problème dans son ensemble, que l’on sait le gérer où sinon orienter le demandeur vers un organisme capable de lui fournir l’écoute adaptée à son cas.
Si je mets en évidence la compétence dans les services rendus, c’est parce que bien des personnes souffrantes viennent dans notre association, après de labyrinthiques recherches d’aides et de soutien, avec l’amertume de ces personnes que l’on renvoie d’un organisme à l’autre sans réponse vraie à leurs attentes. Et pourtant, certains de ces organismes utilisent des méthodes publicitaires en vigueur dans notre société en promettant monts et merveilles, promesses qui bien sûr ne se peuvent concevoir sans un accompagnement personnalisé, attentif, humain mais aussi et je le répète compétent. Ces organismes donc, ont une vision du handicap qui s’apparente à une « marchandise » que l’on peut utiliser à sa guise. En parler c’est bien, mais faire c’est mieux. Malheureusement, notre monde se calque sur l’apparence alors que seule l’efficacité devrait être mise en exergue. L’obligation de résultats dont on nous a beaucoup parlé à une époque me semble ne pas avoir eu l’impact souhaité. Et c’est pourquoi, notre association, fidèle à ses principes de base qui font de l’être humain en souffrance l’objet de toute son attention, sans mercantilisme aucun, se débat dans des difficultés financières pour avoir toujours privilégié l’efficacité à la publicité.
Béatrix Alessandrini
Les coups de cœur du comité de lecture.
« L’Elève Gilles » de André Lafon, un auteur aquitain injustement oublié. C’est le récit d’une enfance passée au bord de l’estuaire, entre Blaye et Saint-Ciers sur Gironde. Un beau roman, à l’écriture sensible, dont l’auteur fut un ami de F. Mauriac.
« Palestine » de Hubert Haddad. Un roman bouleversant sur un sujet d’actualité, le conflit israélo-palestinien. Né en Tunisie en 1947 l’auteur, juif et arabe, a principalement vécu à Paris et écrit en français. Il a publié de nombreux textes, son écriture est appréciée pour son style raffiné et poétique.
« Le Fer et le feu » de Bruce Alexander. Un roman policier dont l’intrigue se situe à Londres, au 18e siècle. Le juge Fielding qui est aveugle, doit combattre une dangereuse secte. Récit alerte, intrigue bien menée.
