Le journal de la délégation aquitaine printemps 2008

EDITO AVRIL 08

Fin de l’hiver, fin des rhumes et des grippes, c’est le renouveau, enfin le printemps est arrivé. Faut-il pour cela afficher une mine éclatante de bonne santé ? C’est mal connaître les aléas de la gestion d’une association : un jour vous respirez librement mais le lendemain il faut se remettre à la tâche, trouver de nouveaux financements et recommencer. Si cela a, par bien des côtés, un effet stimulant, cela peut devenir usant.

Les dernières périodes que nous venons de connaître, je veux parler des élections, nous ont fait passer par de bien curieux moments. Pré-élection : tout le monde s’agite ; bien des points qui auraient du être traités en temps utile ne l’ont pas été et vite, vite, on organise des réunions pour être aux normes. On nous précise cependant, qu’étant données, devinez quoi, les élections, les décisions ne sauraient être prises. Autrement dit, on nous consulte - les mairies, la communauté urbaine, le conseil général, la Région - peut être seulement pour nous consulter, mais que voulez-vous, nous devons nous montrer et surtout nous exprimer en attendant la période post électorale où nous verrons peut être se réaliser nos efforts.

Nos besoins sont grands et surtout nous devons faire comprendre à tous que si l’accessibilité nous facilite la vie, elle est pour tous un progrès et une nécessité. Alors le handicap me direz vous ? Hé bien oui, le handicap se doit de rendre la vie de tous plus confortable. Si vous n’avez pas à enjamber de grandes marches en vous déplaçant dans la ville, si vous pouvez monter dans un TER directement à hauteur du quai en faisant glisser votre valise, etc etc… c’est grâce à nous. On n’a pas des jambes, des yeux de vingt ans tout au long de la vie et en fait nous travaillons pour l’avenir. 1 enfant sur 3 né en 2000 a quelques chances d’atteindre les 120 ans, atteindre c’est bien dit mais sera t-il aussi ingambe à 90 ans qu’il l’était à 30 ? Lors d’une réunion un représentant d’une association de personnes âgées exposait le dégoût de ces personnes devant le mot « handicap » : « surtout ne nous mettez pas avec les z’ handicapés » disait-il ; comme si le mot lui-même comportait honte et rejet. Se faisant le porte-parole des personnes qu’il représente, ce monsieur demandait une catégorie à part pour ses ouailles afin qu’on ne puisse pas les assimiler à des personnes handicapées, (serions-nous peu fréquentables ou contagieux ?) Quiconque s’est cassé la jambe une fois dans sa vie, au ski ou ailleurs, se trouvera reconnaissant de pouvoir se déplacer avec ses béquilles, il dira en riant : ah ! Je suis bien handicapé sans complexe aucun et il sera bien content de pouvoir accéder partout sans ennui et cela grâce à qui ? : à tous ces représentants, la plupart, handicapés eux-mêmes, qui viennent au cours des longues réunions de concertation défendre leurs intérêts qui demain peut être seront les vôtres. Pour ceux qui ont la chance de voir clair, rien ne les empêche de faire de la varappe ou de l’escalade durant leurs week-ends, mais courir en ville pour attraper le Tram ou sauter du quai pour accéder droit dans le train, ça vous a un petit côté confort tel qu’ils pourront être reconnaissants aux personnes qui pendant des années de fastidieuses réunions ont aussi pensé à eux.

Béatrix Alessandrini

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La Tablette, printemps 2008
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