Couverture du Numéro 20 du "Qu'on se le dise"
Dossier : Sports, adaptés, adaptables ?
L'intégration professionnelle des déficients visuels avec SAFRAN
Et toujours : La sélection de spectacles en audiodescription, les nouveautés en gros caractères.

GIAA : Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes

 

Sommaire

EDITO.. 3

 

ACTUALITÉS. 6

Des polytechniciens se forment au handimanagement 6

Déficients visuels d’Ile de France : Coupon de transport 8

LEGO : L’art au bout des doigts. 8

A 12 ans, il crée une imprimante braille. 9

Emploi et handicap : Banque Populaire et Caisse d’Epargne s’engagent 9

Un boîtier télé pour l’audiodescription. 10

Invention Google Lab : des lentilles de contact pour aider les diabétiques. 10

Mesure de la douleur avec l’oeil : le pupillomètre. 11

 

DOSSIER – Sports adaptés, adaptables ?. 12

Le Vieux Tandem du Plaisir 12

Une virée à la piscine. 13

Cécifoot et foot : Joga bonito ! 14

Le Showdown, un sport de raquette qui se joue à l’oreille. 16

Le Torball, sport de balle et de contact 17

Un adolescent aveugle réalise son rêve : jouer au football américain. 18

Les échecs sont-ils un sport ?. 18

Sites et liens utiles. 20

 

VIE DU GIAA.. 21

Les nouveautés de la bibliothèque et du kiosque du GIAA.. 21

Nathalie Sassier quitte le GIAA.. 21

Les 50 ans du GPEAA.. 21

Soirée enchantée avec les conteuses du GIAA de Lorraine. 24

La Fondation SAFRAN s’engage pour l’intégration professionnelle des déficients visuels. 25

Exposé, lecture, exposition : le Centenaire de la Grande Guerre. 28

Projet ARTOUCH : « L’art accessible à tous ». 28

Nécrologie : Un grand ami du GPEAA nous a quittés. 29

 

CULTURE ET LOISIRS. 29

Se baigner en toute sécurité avec Audioplage. 30

Cinéma audio-décrit sous les étoiles. 31

Une audiodescriptrice parle de son métier 31

Accueil Vacances en Poitou. 34

Spectacles en audiodescription. 36

 

LECTURE. 37

Le livre du moment 37

Editions Gros Caractères. 37

 

COURRIER DES LECTEURS. 39

Nos délégations. 41

Services du GIAA.. 41

Sections du GIAA.. 41

 

 

 

 

P.M.R... “Pour Mieux Râler”

Portrait de Mme Marie-Renée Hector, présidente du GIAA, avec son chien guide Bishka.Voici que maintenant, on affuble les déficients visuels du terme « PMR » ! Cette manie de tout généraliser ne fait qu’alimenter la confusion dans l’esprit du public pour qui toutes les formes de handicaps se rangent pêle-mêle dans le même tiroir ; un handicapé est obligatoirement en fauteuil roulant. Il faut reconnaître que, depuis quelques années, l’accueil et l’assistance ont beaucoup progressé dans les aéroports et les gares... Les services rendus sont bien meilleurs qu’ils ne l’étaient il y a dix ans ! C’est indéniable.

Mais quand même, il ya de quoi se mettre en rogne quand on entend : « Monsieur, venez, il y a une PMR à conduire » et qu’on contraint un déficient visuel à s’asseoir dans un fauteuil parce que « c’est plus facile » et que « c’est le règlement pour une PMR »!

Personne à Marche Ralentie !Et pourquoi pas : Personne Mieux Réceptive ! Personne Merveilleuse à Regarder!

Assez de qualificatifs inappropriés ou négatifs ! Lesdéficients visuels qui courent, font de l’équitation, du ski,de la natation etc... n’ont-ils pas des membres et une tête qui fonctionnent ? Ce sont leurs yeux qui ne perçoivent pas ou perçoivent insuffisamment.Leur mobilité n’est pas physiquement réduite comme on le laisse supposer avec ce terme de PMR! Elle est entravée par une perception déficiente ou nulle de l’espace inconnu. Alors, il faudrait utiliser des termes appropriés et celui de déficient visuel convient, à ce qu’il me semble ! Avoir besoin d’un guide qui marche à vos côtés n’interdit pas d’utiliser ses jambes quand elles sont encore valides.Personne Mal Rafistolée ! Personne Moins Réactive !C’est fou ce qu’on peut faire dire à trois malheureuses lettres ! Pardonnez-moi le ton quelque peu irrité de cet éditorial. Mais, selon moi, la langue est un instrument qu’il faut utiliser à bon escient. Puisque le thème du dossier de notre revue estivale est le sport, on verra aisément que « mens sana in corpore sano » se vérifie chez bon nombre de déficients visuels très sportifs. Bravo aux champions des Jeux Paralympiques qui nous montrent qu’ils sont des Personnes à Mobilité Rapide !

Dans ce numéro, nous avons essayé d’informer sur les sports particuliers aux déficients visuels, tels que le showdown et le torball. Ne pouvant traiter de tous les sports, l’information sur certains dispositifs ou sports adaptés nous a paru la plus indispensable. Il y a peu d’années qu’existent des plages aménagées pour aveugles. Bien des choses progressent, malgré tout, et nous sommes tous heureux de vous faire partager ce que nous faisons et aimons découvrir. Bien sûr, comme nous, soyez, chers lecteurs et amis, des Personnes Magnifiquement Réconfortées par le dynamisme du partage, qu’il soit sportif ou culturel.

 

 

Marie-Renée HECTOR

Présidente du GIAA

 

 



ACTUALITÉS

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Des polytechniciens se forment au handimanagement

 

Dans le cadre du Comité de pilotage handicap du Pôle Diversité et Réussite de l’École polytechnique, le réseau Companieros a ouvert aux polytechniciens sa formation en ligne d’handimanager.

2 étudiants écoutent attentivement M. Jacques Bédhet.

Pendant six semaines, 25 polytechniciens de la promotion 2012 ont suivi la formation HandiManagement en social learning proposée par le réseau Companieros et financée par Orange puis Dassault Système. Consacré aux sujets de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et à leurs implications sur le management, le programme Companieros a pour objectif de former des élèves responsables et engagés en faveur de l’intégration des personnes handicapées dans l’enseignement supérieur mais aussi dans le monde professionnel.

 

Casser les préjugés sur le handicap

Responsable du pôle Handicap de l’Action Sociale de la Kès (ASK), une association fédérant toutes les actions caritatives des élèves de Polytechnique, Camille Metz a été la première à tester le programme Companieros, avant de le proposer à ses camarades.« En deux jours seulement, les 20 places disponibles pour la formation étaient prises. C’est très encourageant, car cela montre qu’il y a un réel intérêt des polytechniciens autour de la problématique du handicap », se félicite Camille. Pour elle, il s’agissait de « casser les préjugés sur le handicap, tout en mettant en avant la capacité d’écoute et d’adaptation des élèves. »

 

Une formation handimanagement souple et interactive
La formation Companieros comprend plusieurs étapes. Une étape théorique qui consiste à briser les préjugés tout en développant les connaissances personnelles sur le handicap (à travers l’étude des lois et des chiffres) ; une étape de rencontres et d’échanges avec des personnes handicapées ; et enfin une étape plus concrète de mise en situation permettant à l’étudiant de se mettre dans la peau d’un handimanager. À la fin de la formation, un test permet ensuite aux inscrits d’obtenir le label d’handi manager. « Le format inspiré des MOOCs (cours massifs en ligne) m’a permis de suivre le programme facilement et sans contrainte, en parallèle de mes études. Sans cette souplesse, je n’aurais pas pu y participer », explique Clément Le Priol, X 2012.

Former des managers handi-accueillants
Si la loi du 11 février 2005 impose aux entreprises de plus de vingt salariés d’avoir au moins 6% d’employés en situation de handicap, de nombreux progrès restent à faire.« L’acceptation du handicap au travail passe par les lois mais aussi par un changement des mentalités. En tant que futurs managers, ce sera à vous de changer les choses. Un top-manager définit les valeurs de l’entreprise. Il les communique, les démontre dans son comportement et les fait vivre », insiste Jacques Bédhet.

M. Bédhet de profil.

Ancien cadre supérieur à laretraite, administrateur bénévoledu Groupement des IntellectuelsAveugles ou Amblyopes (GIAA),diplômé de SUPAERO* et d’un MBA àl’INSEAD*, Jacques Bédhet a perdupeu à peu la vue suite à une maladiede la rétine. C’est le témoignagede sa vie qu’il a souhaité partageravec les polytechniciens suivant laformation Companieros. « Lorsque j’aicommencé à perdre la vue vers l’âgede 40 ans, j’étais directeur généraldans une multinationale américaine.Les top-managers ont été formidables. Ils m’ont tout simplement demandé « Jacques, de quoi as-tu besoin pour continuer à contribuer à la performance de notre entreprise ? ». En adaptant les outils informatiques, en mettant à ma disposition un assistant, ils m’ont permis de garder la confiance de ma hiérarchie et de mes équipes. À l’extérieur, je véhiculais une image positive du groupe. Mais les valeurs d’une entreprise ne sont pas éternelles, elles sont réversibles et tout peut changer très rapidement. De ce fait, 18 ans plus tard, j’ai soudainement été satellisé !»

Grâce à cette rencontre, les élèves ont pu ainsi s’approprier les enjeux managériaux face au handicap et intégrer les règles de savoir-être vis-à-vis d’une personne en situation de handicap au travail, sans tomber dans l’assistanat, ni la surprotection. « Un bon manager doit chercher à transformer un regard bienveillant en un regard de confiance », expliquait Jacques Bédhet aux polytechniciens attentifs.

 

*SUPAERO : L’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace *INSEAD : L’Institut européen d’administration des affaires

> Plus d’informations : www.companieros.com

Cet article a été rédigé par Virginie Bourdais. Il est extrait de la newsletter de l’École polytechnique, DIXIT n°17 (avril 2014) disponible à l’adresse suivante : https://www.polytechnique.edu/accueil/actualites/dixit-n-17-la-newsletter- de-l-ecole-polytechnique-est-parue-308721.kjsp?RH=ACCUEIL-FR

 

 

Déficients visuels d’Ile de France : Coupon de transport

 

A partir de mars 2015, toutes les personnes qui voudront renouveler leur coupon ONAC devront adresser un courrier à la SNCF avec les éléments suivants :
- une enveloppe timbrée à leur adresse,
- une photocopie recto-verso de leur carte d’invalidité et
- leur coupon ONAC.
L’ensemble est à adresser à :SNCF Paris EstVO Transilien/ Service ONAC Agence10 place du 11 novembre 1918 - 75010 Paris
Il y aura donc une période de quelques jours sans coupon.

 

 

LEGO : L’art au bout des doigts

La marque LEGO s’est associée au Musée Lenbachhaus de Munich, à la BBSB, association bavaroise pour les aveugles et malvoyants, et à l’agence Serviceplan pour créer le « Blind Art Project ». L’objectif est de permettre à de jeunes enfants aveugles et malvoyants, à travers des ateliers, d’accéder aux oeuvres d’art et par la même occasion, de démontrer qu’avec LEGO on peut matérialiser tout ce qui sort de l’imaginaire.

 

5 enfants manipulent des éléments construits en LEGO.

 

 

Une première session pilote a déjà eu lieu et donné naissance à un mini-documentaire diffusé en janvier dernier sur Youtube. Durant cet événement, des experts en art ont présenté « Le Cavalier Bleu » de Franz Marc. L’oeuvre a été expliquée et ils ont répondu aux questions et effectué des comparaisons, tout en essayant de stimuler l’intuition et l’imaginaire des enfants. Ces derniers ont ensuite reconstitué le tableau à l’aide des petites briques. Le Professeur Helmut Friedel, Directeur du Lenbachhaus, a été impressionné par les résultats : «Les enfants ont créé des chefs-d’oeuvre des plus imaginatifs, des paysages de rêve et des chevaux arcs en ciel ».

D’autres enfants sont alors venus à leur rencontre. Voyants et non-voyants ont ainsi pu échanger sur les créations : les enfants aveugles ont eu accès au monde de l’art et les enfants voyants au monde des non-voyants. LEGO, dans tout ça, a mis en avant sa propension à la polyvalence et à la créativité.

Le Lenbachhaus est un musée de renommée mondiale à Munich, il abrite la plupart des oeuvres du mouvement Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu) créé en 1911. Entièrement rénové, il a rouvert ses portes en mai 2013 et souhaitait attirer une clientèle plus jeune que ses habitués (45 à 65 ans). Blind Art Project participe à cet élan : depuis la première session, trente associations nationales d’enfants malvoyants et dix internationales ont participé aux ateliers.

 

 

A 12 ans, il crée une imprimante braille

Shubham Banerjee, jeune californien de 12 ans, est l’inventeur d’une imprimante braille qui a la particularité d’être faite en Lego.

 

Le jeune Shubham Banerjee tient dans ses mains son invention.

 

Ce petit génie a construit son invention à partir d’un modèle de Lego Mindstorms, la gamme “robotique programmable” de la marque et quelques petits accessoires (comme des punaises) à moins de 4 euros. Il a baptisée son impressionnante construction : Braigo (contraction de braille et Lego). Son prix : environ 250 euros. Un prix dérisoire quand on sait qu’une imprimante braille coûte presque 10 fois plus chère (soit 2000 euros en moyenne).

Dans sa vidéo sur Youtube, Shubham explique avoir programmé son invention pour imprimer de A à Z. Braigo travaille ensuite lettre par lettre en perçant des trous dans le papier à l’aide de simples punaises.

Grâce à la médiatisation de son invention, Shubjam espère que son imprimante et son programme pourront être améliorés par des développeurs. « Il y a 285 millions de personnes malvoyantes à travers le monde et 90% d’entre elles vivent dans des pays en voie de développement », peut-on lire

 

 

Emploi et handicap : Banque Populaire et Caisse d’Epargne s’engagent

La direction des Ressources humaines du Groupe BPCE et les organisations syndicales ont renouvelé leur engagement en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap en signant deux nouveaux accords de branche Banque Populaire et Caisse d’Epargne pour

une durée de trois ans

De nouveaux objectifs de progression ont été fixés à l’horizon 2016 pour atteindre des taux d’emploi respectivement de 4,3% pour les Banques Populaires et 4,8% pour les Caisses d’Epargne. De nouvelles actions et dispositions doivent permettre aux entreprises du groupe de poursuivre leur dynamique en faveur de l’insertion professionnelle et du maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

Les nouveaux accords s’articulent autour de quatre priorités. Les deux premières sont liées à l’évolution des collaborateurs en situation de handicap au sein des effectifs :

• Renforcer les mesures de maintien dans l’emploi ;

• Favoriser le parcours professionnel des collaborateurs en situation de handicap;

• Amplifier le montant des achats auprès du secteur protégé et adapté ;

• Diversifier le recrutement.



 

 

Un boîtier télé pour l’audiodescription

Illustration du boîtier.

 

Nouvelle invention qui va révolutionner le quotidien des aveugles, malvoyants et de leur famille : un décodeur qui permet de profiter de la télé ensemble. L’inventeur : Lucien Zoromi qui en avait fait la promesse à sa fille, Canelle, devenue malvoyante à l’âge de 5 ans.

Grâce à ce boîtier baptisé « Le Griot », l’audiodescription est diffusée dans un casque et la piste audio « classique » est diffusée via les haut-parleurs de la télé. « Sans Le Griot, écouter un film à côté d’un malvoyant, c’est comme si on écoutait le film dans plusieurs langues à la fois », précise Lucien. Une vraie cacophonie qui, généralement, provoque un éloignement durable du voyant loin du téléviseur.

Ce boîtier permet également de trouver facilement les programmes calibrés pour les malvoyants, évitant ainsi de fastidieuses manipulations de la télécommande souvent peu adaptée à leur vision. « Trouver la télécommande, composer la séquence de touches pour sélectionner le bon canal sonore d’audiodescription, pour un malvoyant, ce n’est juste pas possible, explique Lucien. Avec quatre boutons, on peut arriver à tout ce que l’on veut. »

Après trois ans passés dans l’incubateur de l’École des Mines d’Alès (Innov’Up), ce produit est prêt à être industrialisé. Reste à trouver le financement pour lancer la première série de boîtiers. Lucien et son équipe ont lancé un appel au don sur la plateforme collaborative Ulule. 55.000 € sont nécessaires pour commencer. Ensuite, 150.000 euros supplémentaires seront à trouver pour financer la production des cent premiers exemplaires.

 

En savoir plus : http://fr.ulule.com/le-griot/

 

 

Invention Google Lab : des lentilles de contact pour aider les diabétiques

Illustration de la lentille posée sur un doigt : elle est translucide hormis un mince réseau orangé.

 

C’est la toute dernière innovation du Google X Lab. Des chercheurs du groupe ont annoncé, en janvier dernier, qu’ils étaient en train de mettre au point des lentilles de contact susceptibles d’aider les personnes diabétiques à gérer leur taux de sucre. « Nous sommes en train de tester des lentilles intelligentes fabriquées pour mesurer le taux de glucose dans les larmes », ont expliqué Brian Otis et Babak Parviz, à l’origine du projet, dans une publication sur un blog (en anglais).

Ces lentilles fonctionnent en « utilisant une petite puce connectée et un capteur de glucose miniaturisé, qui sont enfermés entre deux couches de matériaux dont on fait les lentilles de contact », ont-ils ajouté. Selon eux, des tests cliniques ont déjà été effectués sur ce projet et des discussions sont en cours avec la FDA, l’Agence américaine du Médicament.

Les prototypes de ces lentilles peuvent déterminer la quantité de glucose dans les larmes à chaque seconde. Les chercheurs étudient la possibilité d’intégrer des signaux lumineux qui préviendraient les utilisateurs quand certains seuils de glucose sont dépassés.

« Nous avons toujours dit que nous cherchions à travailler sur des projets qui peuvent paraître étranges, ont expliqué Brian Otis et Babak Parviz. Mais alors que la Fédération internationale du diabète a déclaré que le monde était en train de “perdre la bataille du diabète”, nous pensions que ce projet valait la peine d’être développé », ont-ils conclu.

On connaissait déjà les Google Glass et la Google Car, mais d’autres innovations encore plus folles seraient en cours de développement dans les cerveaux des chercheurs du Google X Lab. Près d’une centaine, selon le New York Times.

 

 

Mesure de la douleur avec l’oeil : le pupillomètre

Depuis un peu plus d’un an, l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon utilise un pupillomètre : une petite machine capable de mesurer en moins d’une seconde le niveau de douleur d’un patient depuis les blocs opératoires et les services de réanimation.

 

Illustration : utilisation du pupillomètre. L'engin est posé directement par le praticien sur l'oeil d'un patient qui cache son autre œil de sa main.

 

Quand un patient était dans l’impossibilité de s’exprimer ou lors de l’anesthésie, on se fiait alors à l’oeil nu, aux gestes, à la pression artérielle ou cardiaque pour administrer le dosage de produits antidouleur. Avec ce nouvel outil, les médecins regardent la taille de la pupille de l’oeil pour déterminer le niveau de souffrance d’une personne. Beaucoup plus rapide qu’une stimulation sur la main, cela permet de définir des dosages très précis.

Ainsi, les patients se réveillent mieux et récupèrent davantage de leur opération. L’appareil a déjà permis de mesurer la douleur des femmes en train d’accoucher ou encore de surveiller l’état de douleur de Michael Schumacher pendant son coma.

Des développements sont encore à prévoir pour ce pupillomètre.

 

 

DOSSIER – Sports adaptés, adaptables ?

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On ne peut pas parler de sport pour personnes handicapées sans penser aux Jeux Paralympiques ni à la Fédération Française Handisport.

C’est la face émergée de l’iceberg.

Dans ce numéro, nous vous proposons de découvrir des pratiques sportives adaptées, c’est-à-dire clairement dédiées aux déficients visuels. Mais également des pratiques adaptables ou celles auxquelles les pratiquants malvoyants ou non voyants s’adaptent qu’ils soient champions ou simples pratiquants.

 

Le Vieux Tandem du Plaisir

Par Marie-Réne Hector

 

Lorsqu’on ne peut pratiquer la compétition faute de club local, il est agréable de pratiquer un sport, à son rythme, avec ses amis ou sa famille, juste pour le plaisir. En tandem de Paris à Saint-Pétersbourg, en faisant le tour de l’Afrique, ou plus modestement le long des routes de sa région, l’essentiel est de partager des moments de joie et de les vivre intensément, qu’ils soient de compétition ou de simple randonnée.

Dans les années 80, mes parents firent la connaissance d’un très vieil homme fort souriant qui, sans me connaître, apprenant par mon père que j’étais très malvoyante, déclara un beau matin qu’il avait un cadeau que j’apprécierais peut-être.

Lorsque je me rendis au domicile de mes parents pour des vacances au soleil, il en fut averti et nous rendit visite. Après avoir complimenté ma mère sur son délicieux gâteau à l’abricot, il me demanda si je savais faire du vélo.

 

Carte postale "EN TANDEM Quel plaisr de pédaler Sans jamais se quitter"
Carte ancienne, manifestement colorisée, d'un couple d'amoureux souriants et en selle. La jeune femme, à l'arrière, tient un bouquet de roses dans une main, l'autre est posée sur le dos de son compagnon.

 

Lorsque, l’air étonné par sa question, je lui répondis que j’adorais le vélo et que j’en avais souvent fait avec mes frères quand j’étais plus jeune, il voulut savoir si j’aimerais en faire encore.

« Bien sûr, lui répondis-je, mais, à part sur la plage en plein hiver lorsqu’il n’y a plus personne, c’est impossible puisque ma vue a trop baissé.

-- Cela serait possible si vous aviez un tandem. Je suis certain que vous trouveriez un ou une pilote.

Je restai bouche bée. J’avais rêvé d’un tandem mais n’en avais pas fait l’acquisition.

Alors, il se tourna vers mon père et lui dit de venir chercher le tandem qu’il ne pouvait lui-même plus utiliser vu son grand âge.

Puis il me dit, avant que j’aie eu le temps de prononcer le moindre remerciement : “ne me remerciez pas déjà; vous le ferez quand vous l’aurez essayé!”

Deux jours plus tard, j’étais sur le tandem avec une cousine. Il fallut régler les pédaliers pour qu’ils soient synchronisés et tournent bien en même temps, pédale du pilote dans la même position que celle du copilote; en effet, il faut pédaler du même pied en même temps pour ne pas chuter ou simplement perdre l’équilibre.

Ce tandem, je l’ai toujours; il est bien plus âgé que moi, car il est sorti de l’usine en 1936, année du Front Populaire ! Mais que de plaisir il a donné depuis ses premiers utilisateurs partant sac et tente au dos ! Il aime les routes bien bitumées et a bien du mal à monter les côtes un peu sablonneuses de notre village maritime. Heureusement pour nous, celles-ci n’y sont pas trop nombreuses et peuvent être contournées par d’autres itinéraires plus longs mais tout aussi agréables.

Pas de compétition envisageable avec ce tandem très lourd; mais quel bonheur de respirer le bon air en appuyant sur les pédales ! Souvent, le long de la route, de fortuits spectateurs, assis à des tables de pique-nique, nous applaudissent, tout amusés de voir une si vieille machine circuler encore et nous forcer à marcher auprès d’elle quand la côte se refuse à nos efforts, son changement de vitesse ayant rendu l’âme. Par moins 8 degrés comme en plein été, j’ai ainsi parcouru les routes avec ma fille aînée ou ma cousine, partageant la joie et les rires des autres membres de la famille qui nous suivaient à vélo et, sur le plat, avaient même parfois du mal à ne pas être distancés.

Ce tandem a une longue histoire, il est toujours, vaillant, prêt à nous porter, docile malgré les ans. C’est peut-être moi qui devrai renoncer la première si un jour mes genoux s’épuisent. On peut bien lui pardonner son poids car il nous a déjà fait partager tant d’heures de bonheur.

S’il m’arrive de faire l’acquisition d’un modèle récent, donc plus léger et avec des vitesses qui fonctionnent, je n’oublierai jamais ma découverte de ma campagne environnante : rires des enfants, meuglements des vaches, hennissements des chevaux, accompagnés des aboiements des chiens de ferme, odeurs de la terre épaisse et de l’herbe des prés au soleil ou sous la pluie, celles des routes bordant la plage. Se laisser griser par l’effort physique et la vitesse, lorsque le vent vous fouette le visage ou que le soleil vous chauffe le dos, tout cela procure un sentiment de liberté qui m’a souvent fait oublier l’absence de ma vue. Vivre autrement quelque temps, quelques heures, en toute simplicité, le long de routes étroites et sinueuses vous procure une félicité dont la vie citadine nous tient éloignés.

Cependant, pour que ces randonnées soient intensément bienfaisantes, avec votre tandem préféré, il faut être en bonne entente avec votre pilote qui, lui aussi, doit ressentir le plaisir de cette randonnée où il est votre guide. Pour moi, le tandem, c’est comme la musique, cela ne se partage pas dans n’importe quelle condition. Il est nécessaire de pouvoir pédaler en se sentant en confiance et en harmonie pour que pilote et copilote, comme joueraient deux musiciens, soient unis à la fois dans l’effort et le plaisir.

 

 

Une virée à la piscine

Dialogue imaginé par Marie de Saint Blanquat

 

- La piscine, environ une heure, une fois par semaine ?

- Ce n’est pas assez, à partir du moment où on a décidé d’y aller !

- Ouais ... La piscine, c’est pas mal... Mais je n’ai pas le temps. Et puis en hiver, c’est galère. Tu imagines aller dans de l’eau froide alors qu’il gèle dehors ?

- Justement, les muscles en ressortent assouplis et réchauffés ! Sans compter que l’on s’habitue vite à la température ambiante, qu’il y a souvent la possibilité de faire de l’aquagym, qui est une bonne partie de rigolade, et enfin que vestiaires et douches sont évidemment chauffés...

- Ouais... Moi, j’ai plutôt peur de l’eau !

- Je ne t’ai pas dit qu’il y a un maître-nageur ? Et tous ceux ou celles que nous avons eus étaient très sympathiques et ils savent décomplexer les timides à l’égard de l’eau. Dans mes premières heures, il m’a aidée pour mettre la tête sous l’eau au moment où s’exerce la poussée des bras et des jambes. Ce n’était rien, mais c’est tellement plus efficace que la tête toujours dehors et tellement reposant.

- Ce qu’il y a aussi, c’est que..., ce que je n’aime vraiment pas, c’est le bruit et la bousculade...

- Tout faux ! Le créneau horaire est toujours réservé pour nous et nous nous répartissons suivant notre niveau dans les lignes d’eau. Les débutants, ou les plus craintifs, restent près du bord. Quoi d’autre?

- Ben ...oui... non... je ne sais pas.... c’est plutôt tentant, mais ...

- Mais... Si tu n’as qu’un vieux maillot de bain, c’est les soldes en ce moment et j’en ai vu des plutôt chouettes chez Machin-truc. Allons-y ! »

Fin de l’épisode.

Dans notre prochaine livraison : Philomène aura-t-elle acheté un superbe maillot de bain ?

 

2 vues de la piscine

 

 

Cécifoot et foot : Joga bonito !

Par Guillaume Duhesme

 

Au moment où nous publions ces pages les bureaux auront retrouvé leurs salariés, les cafés et les grand’places auront éteint leurs écrans. L’équipe reine de la Coupe du Monde de football sera connue.

Son sport frère, le cécifoot, a été inventé en Espagne. Les Français y jouent depuis 1987. Ce sport est devenu une discipline paralympique aux Jeux d’Athènes en 2004. Aux derniers Jeux Paralympiques d’été, en 2012 à Londres, la France a été médaillée d’argent, s’inclinant en finale, face au Brésil.

Le cécifoot, ce sont d’abord des règles adaptées : un coach se trouve derrière les buts adverses pour guider les tirs des attaquants à la voix; obligation de signaler vocalement par l’expression « Voy » (j’arrive en espagnol) au porteur du ballon adverse que l’on arrive pour lui prendre le ballon; tir à 7 mètres ressemblant à un penalty (les dimensions étant celles d’un terrain de handball) quand on a commis 3 fautes « collectives » contre l’équipe adverse.

 

3 joueurs les yeux bandés. Une personne s'apprête à tirer.

 

C’est ensuite une adaptation « au radar » aux limites du terrain : les joueurs repèrent à l’écho la distance qui les sépare de la palissade bordant le terrain. La conduite de balle est également spécifique : au lieu de pousser le ballon devant eux à chaque foulée, sans savoir à quelle distance se trouve le prochain adversaire, ils font progresser le ballon en le faisant passer rapidement d’un pied à l’autre, comme s’ils naviguaient au près. Le ballon n’est donc jamais devant eux mais entre leurs pieds, il donc très difficile à récupérer pour les adversaires.

Combinée à la vitesse que les attaquants acquièrent en conduisant leur ballon avec de l’entraînement, cette technique très «brésilienne », dérivée du foot en salle et du jeu dans un petit périmètre, peut produire des effets dévastateurs sur les défenses adverses. C’est ainsi que le meneur de jeu de l’équipe de France de cécifoot, Frédéric Villeroux, réalise un «petit pont» sur un défenseur espagnol, lui passe le ballon entre les jambes, avant d’aller «crucifier» le gardien pour ouvrir le score lors de la demi-finale France-Espagne des Jeux Paralympiques de Londres 2012.

Si on ajoute que le défenseur a toujours un temps de retard sur l’attaquant, retard accru par rapport au football traditionnel puisque le porteur sait ici beaucoup mieux que son adversaire où se trouve le ballon, le cécifoot donne donc un véritable bonus à l’attaque par rapport à la défense, et produit des actions personnelles de dribbles spectaculaires qu’on ne voit pas sur les pelouses des voyants. Lors du match cité plus haut, le même joueur français, au charisme digne d’un Platini, bute en effet sur un défenseur central après avoir ouvert le score, mais se relève et repart balle au pied battre le gardien avant que le défenseur espagnol ait eu le temps de se remettre dans le sens du jeu. Là encore, la position face au jeu privilégie l’attaquant par rapport au défenseur qui joue dos au but qu’il doit défendre. Score final : 2-0 pour la France, qui sera médaille d’argent après avoir perdu en finale contre le Brésil sur un penalty et un but contre son camp... alors que le tir brésilien filait en sortie de but à petite vitesse. Tout pour l’attaque, vous dis-je...

 

Sources

A voir Vidéo A vous de voir sur France 5

Cécifoot France, Les sélections nationales: https://fr-fr.facebook.com/cecifootfrance

www.cecifootsolidaire.org

 

 

 

Foot et cécifoot : Match amical

Football

Se joue à 11

Cécifoot B1 (aveugles)

Se joue à 5

Organisation du championnat des clubs (villes)

Ligue 1 de Football : 20 clubs qui jouent tous les uns contre les autres chaque week-end pendant une saison Exemple : PSG/OM

Ligue nationale de foot à 5 (Cécifoot) Défi­cients Visuels (DV) : 7 clubs qui jouent tous les uns contre les autres chaque week-end pendant une saison

Exemple : Saint-Priest/Bordeaux

Règle d’attribution des points du classement du championnat

Le club qui a le plus de points (victoires et nuls) à la fin de la saison gagne. 1 victoire = 3 points

1 match nul = 1 point

1 défaite = 0 point

Le club qui a le plus de points (victoires et nuls) à la fin de la saison gagne. 1 victoire = 4 points

1 match nul avec but = 1,5 point

1 match nul sans but = 1 point

1 défaite = 0 point

Organisation de la Coupe de France

Plusieurs milliers de clubs amateurs et pro­fessionnels s’affrontent en matchs à élimi­nation directe jusqu’à la finale.

Exemple: PSG-Quevilly

Les équipes s’affrontent en poules de 4 équipes (toutes les équipes se rencontrent ; celle qui a le plus de points se qualifie pour la phase à élimination directe).

Puis les équipes ayant gangé les poules s’affrontent en matchs à élimination directe jusqu’à la finale.

Organisation de la coupe du Monde des équipes nationales

 

Les équipes s’affrontent en « poules » de 4 équipes (mini-championnats dans lesquels toutes les équipes se rencontrent et dont l’équipe qui a le plus de points se qualifie pour la phase à élimination directe). Exem­ple: France-Equateur-Suisse-Honduras

Puis les équipes ayant gagné les poules s’affrontent en matchs à élimination directe jusqu’à la finale. Exemple: France-Brésil.

Pas de coupe du monde des équipes na­tionales

Organisation des Jeux Olympiques entre les équipes nationales

Tous les 4 ans, les équipes nationales s’affrontent en matchs à élimination directe jusqu’à la finale. Exemple : France-Brésil.

Tous les quatre ans les équipes nationales s’affrontent en matches à élimination di­recte jusqu’à la finale : Exemple : France-Brésil

 

Le Showdown, un sport de raquette qui se joue à l’oreille

Par Inès Duhesme et Marie-Renée Hector

 

Dans les année 60, un athlète canadien aveugle, Joe Lewis, voulut créer un sport destiné aux malvoyants sans assistance visuelle. Bien que présenté comme sport de détente à divers Jeux Paralympiques dans les années 80 et 90, il ne répond pas aux critères d’un jeu paralympique et n’a pas encore été homologué comme tel.

Les joueurs sont, soit déficients visuels, soient voyants : ils portent des lunettes de protection, noires pour les voyants. Ces derniers peuvent ainsi développer leur sens de l’ouïe, complètement sous-utilisé, et ressentir les quatre dimensions de l’espace sonore : longueur, largeur, profondeur et temps de parcours de la balle.

 

Des joueurs de Showdown, yeux bandés, en intérieur.

 

De quoi s’agit-il exactement ?

Une table allongée aux bords arrondis et surélevés. Des deux côtés un but comme au babyfoot, et au milieu de la table un écran.

Les deux joueurs se placent au bord de la table face à face, munis d’une raquette rectangulaire et plate, et doivent envoyer dans le but de l’autre une balle sonore remplie de billes d’acier.

Pour l’instant ce sport très intéressant est encore artisanal : il souffre d’un manque d’organisation et de structuration. Les clubs sont peu nombreux, le matériel lourd à transporter. Mais une Union Française du Showdown a été créée à Yerres dans l’Essonne. Il existe également un club en Seine-Maritime, près de Rouen.

 

Sources

www.showdownclub.com

www.showdown.fr : Club de Normandie- Lorraine : 58 route de Darnétal , 76240 Le Mesnil-Esnard. Tel : 02 32 86 51 60

www.tthandisport.org

 

 

 

Le Torball, sport de balle et de contact

Par Inès Duhesme et Marie-Renée Hector

 

Vivent les filles ! La coupe de France féminine de Torball a été organisée à Clermont-Ferrand le 3 mai 2014. La finale a opposé l’équipe poitevine aux Clermontoises, victorieuses.

 

En quoi consiste ce sport ?

Il est dérivé d’une méthode de rééducation des soldats allemands devenus aveugles pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il se joue avec un ballon sonore. Il voit s’affronter deux équipes de trois joueurs munis de protections en deux mi-temps de 5 minutes chacune. L’objectif est de marquer un but à l’équipe adverse en lançant le ballon à la main en le faisant passer sous trois cordes tendues en travers du terrain, à 40 cm de haut, et équipées de deux clochettes afin de les entendre lorsqu’on les touche.

Le torball se joue impérativement en intérieur. Le terrain mesure 16 mètres de long par 7 de large sur un parquet ou un sol souple. Les buts occupent toute la largeur et mesurent 1,30 mètre de haut. Il se joue en silence pour permettre la meilleure concentration des joueurs.

Les joueurs de torball sont alternativement attaquants, puis défenseurs. Le geste du tir au but s’apparente à celui du lancer au bowling. Les défenseurs utilisent tout leur corps pour dévier, arrêter ou attraper le ballon.

 

Le torball en action, le joueur lance la balle au ras du sol.

 

Le torball est un sport très physique soumettant les joouers à de nombreux contacts entre eux ou avec le sol. Pour se protéger, les joueurs utilisent des équipements hybrides empruntés à d’autres sports : pantalon de gardien de but de football, genouillères et coudières de volley-ball, coquille pour les sports de combat et masque de ski alpin. Celui-ci a pour fonction de protéger les yeux mais également de mettre tous les joueurs dans les mêmes conditions d’obscurité puisque l’écran a été rendu opaque par un film noir.

Près de 400 joueurs et joueuses sont licenciés auprès de la Fédération Française Handisport. Le championnat de France regroupe 32 équipes masculines réparties en 3 divisions masculines et une division de 8 équipes féminines. Toutes les équipes d’une même division se retrouvent deux fois par an.

Le torball n’est malheureusement pas un sport paralympique bien qu’il soit pratiqué dans beaucoup de pays en Europe, France, Allemagne, Belgique, Suisse, Italie, Danemark, Pays-Bas, Malte, Roumanie, Pologne et République Tchèque, ainsi que sur le continent africain, Tunisie, Algérie, Cameroun et au Nigéria.

Il s’est aussi développé en Amérique latine, en Argentine, Uruguay et au Honduras, où on le connaît sous le nom de « torballito ». En France Aveugles et voyants peuvent jouer ensemble.

 

 

Un adolescent aveugle réalise son rêve : jouer au football américain

 

Jake, maillot de football sur les épaules et lunettes noires, marche avec un camarade dans un couloir de son lycée.

 

Jake est un jeune homme doté d’un incroyable caractère. À 16 ans à peine, ce jeune aveugle n’a pas laissé son handicap prendre le dessus et a poursuivi son rêve de jouer au football américain dans l’équipe de son lycée.

Alors que Jake Olson n’était encore qu’un bébé, il a dû se battre contre un cancer. Au terme de cette lutte, il a perdu la vision de son oeil gauche. Les années suivantes furent remplies de défis et de challenges. Malgré son courage impressionnant et sa persévérance, il perdit malheureusement l’usage de son deuxième oeil à l’âge de 12 ans.

Mais voilà, Jake avait une passion : celle du football. Quand il perdit donc l’usage total de la vue, plutôt que de laisser tomber son rêve, il fit preuve de courage et de détermination. C’est ainsi qu’il a continué de jouer à son sport favori malgré le handicap. Personne n’aurait parié à ce moment-là sur son retour sur le terrain et pourtant. Jake a passé les essais pour se faire sélectionner dans l’équipe de football de son lycée et il y est parvenu.

Aujourd’hui, il occupe le poste de snapper qui est adapté à son handicap puisqu’au aucun jouer de l’équipe adverse n’a le droit de le toucher.

Le « long snapper », selon la terminologie exacte du football américain, est un joueur spécialisé pour une phase précise du jeu : le field goal, la transformation après touchdown (la finalité de ce sport, l’équivalent de l’essai au rugby). À l’origine de la phase de jeu, sa tâche est de donner le ballon aussi rapidement et précisément que possible.

 

 

Les échecs sont-ils un sport ?

Par Marie-Renée Hector et Inès Duhesme

 

Oui ! Ils ont été reconnus officiellement comme tels par un arrêté du ministère de la Jeunesse et des Sports le 19 janvier 2000. C’est logique si on en croit l’étymologie puisque « Desport » en ancien français signifie « Divertissement physique ou de l’esprit ». En Belgique, le Conseil d’État par contre leur a refusé ce statut en juin 2013.

Les trentièmes championnats de France des malvoyants et non-voyants ont été organisés par l’A.E.P.A, l’Association Échiquéenne Pour Aveugles. Ceux-ci ont réuni 26 joueurs déficients visuels à Arras, du 29 mai au 1er juin 2014. Ils ont été remportés par Adrien Hervais.

 

Comment les joueurs aveugles font-ils ?

A côté du gros échiquier de la partie, les joueurs ont un petit échiquier adapté où les cases noires sont surélevées. Les pièces blanches sont surmontées d’un petit picot. Ils touchent les pièces et regardent quelles cases sont libres et demandent à l’adversaire d’annoncer ses coup (« cavalier D5 ») et de jouer à leur place ceux qu’ils annoncent. Chaque joueur inscrit les coups joués en noir, en braille ou sur dictaphone. A Paris, le Club d’échecs 608, 33 rue de Vaugirard, Paris 6eme, accueille des déficients visuels.

L’A.E.P.A. organise aussi un tournoi sur Skype, dans quatre salons mis à disposition, où une vingtaine de nationalités s’affrontent tout au long de l’année. Un cinquième salon servira bientôt aux cours délivrés aux débutants.

La cotisation annuelle est de 30 euros.

Le président de l’A.E.P.A. est Bernard Duthoit. Son courriel est : bernard.duthoit45@free.fr

Site de l’association : www.aepa64.asso.fr.

 

Merci à Christian Poncin de la revue du GIAA-Lorraine ainsi qu’à Guillaume Duhesme.

 

Sites et liens utiles

 

Fédération handisport

www.handisport.org

 

Cecifoot

Club de l’AVH Paris

Entraîneur Hugo de Almeida

de.almeida@gmail.com

Renseignements et inscriptions : sports @avh.asso.fr

 

Showdown

http://sc.showdown.fr

À Paris : devisport@devisoprt.org

Torball

Club AVH

Mme Miranda 0145454645

http://torball-handisport-france.com

 

Tandem

ISVHN

Marc Morin 06.52.61.98.24

STAARP

Jaseem Arif 06.51.74.72.06

CSNINI ( Invalides)

csini@wanadoo.fr

ASLAA

secretariataslaa@wanadoo.fr

ASPAR Créteil (94)

jc.drouhin@laposte.net

 

Gymnastique Paris

sports@avh.asso.fr

asserap@free.fr

 

Course à pied

www.courir-en duo.net

 

Natation à Paris

sports@avh.asso.fr

Invalides

csini@wanadoo.fr

ASSERAP

asserap@free.fr

 

 

 


VIE DU GIAA

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Les nouveautés de la bibliothèque et du kiosque du GIAA

Le fonds “tintinophile” du GIAA s’enrichit avec de nouveaux albums sur CD audio-décrits réalisés sous la direction de Nicolas Bardinet :

- Tintin au Tibet

- L’Oreille cassée

- Les Bijoux de la Castafiore

- Les 7 boules de cristal

- Le Temple du soleil

- Le Secret de la Licorne

- Le Trésor de Rackham le Rouge.

Contact : contact.aquitaine@giaa.org

Tel : 05.56.31.48.48

 

Nouvelles revues du GIAA

Depuis avril dernier, le GIAA vous propose Le Canard Enchaîné et le Nouvel Observateur, que vous pouvez obtenir sur abonnement, soit en CD soit en téléchargement.

Pour vous renseigner, contactez Laurence Hays : laurence.hays@giaa.org ; Tel : 01.47.34. 30.00 (demander son poste).

 

 

Nathalie Sassier quitte le GIAA

Par Sylvie Coelho et Inès Duhesme

Le 11 avril dernier, Nathalie Sassier est partie pour d’autres aventures. Arrivée en 2009 au GIAA, elle était, depuis 2010, chargée de communication et rédactrice en chef du QSLD. Avec son humeur toujours égale, son sourire malicieux, elle était une collaboratrice efficace, une collègue très sympathique, y compris pour les bénévoles, qui se souviennent de sa patience et de sa disponibilité.

Bon Vent Nathalie !

 

Nathalie ouvre l'un de ses nombreux cadeaux de départ.

 

 

Les 50 ans du GPEAA

Du 9 au 11 octobre prochain, le GPEAA fêtera ses 50 ans lors de ses journées pédagogiques, à l’Institut National des Jeunes Aveugles. Le thème en sera : 50 ans d’évolutions et de perspectives. On y traitera entre autre de la recherche scientifique et des innovations pédagogiques.

Renseignements disponibles sur le site www.gpeaa.fr

 

 

Café Littéraire : Rencontre avec Daniel Maximin,

évocation d’Aimé Césaire

Par Philippe Lumbroso

 

Il faisait un beau soleil ce jour-là, presque trop beau pour une après-midi consacrée à la littérature dans la grande salle du François Coppée. Nous étions réunis autour de Daniel Maximin, grand poète et écrivain guadeloupéen qui venait de publier sa passionnante évocation d’Aimé Césaire, Aimé Césaire, frère volcan (Seuil).

 

MArie-Renée Hector, Daniel Maximin et Philippe Lumbroso, tout sourire.

 

Césaire, dont le nom ne m’était bien sûr pas inconnu, je n’ai vraiment découvert sa stature qu’en préparant ce Café. A sa lecture, j’ai compris la grandeur de sa conscience morale, la justesse de son combat, la puissance de sa poésie. Commençant ma préparation en lisant autour de l’esclavage, c’est La Mulâtresse Solitude d’André Schwarz-Bart qui a été le choc initial, l’éveil de ma conscience à la « négritude », et qui m’a permis de comprendre l’éruption du magnifique Cahier d’un Retour au Pays Natal, toute de souffrance et de colère, jaillissant contre l’oppression, pour retrouver une identité, des racines, se cramponner au rocher, à la vie, comme l’algue laminaire.

 

Daniel Maximin lisant micro à la main.

 

Césaire est un homme « qui a pris soin de sa parole », et Daniel Maximin est son « frère », frère antillais, frère poète, frère humain. Daniel : drôle, malicieux, élégant, avec tantôt des yeux rieurs et un sourire presque enfantin, tantôt une prestance qui en impose. Lors de notre rencontre préparatoire au GIAA, autour d’une table avec Nathalie Sassier, nous étions juste convenus de nous donner un « cadre » général, mais emportés par la discussion et une chaleureuse sympathie, trois heures plus tard nous joutions encore.

 

Je ne me rappelle que confusément du Café lui-même, tant j’étais à la fois concentré et porté par l’ample parole de notre invité, qui lui aussi prenait soin de sa parole, véritable griot captivant son public avec fièvre. Quelques moments d’émotion, pour ne pas dire de grâce, sont pourtant restés gravés dans ma mémoire. La lecture par Marie-Renée Hector, directement du braille, du magnifique article Le Grand Camouflage de Suzanne Césaire, la femme adorée du poète, sur la luxuriante végétation des Antilles, - îles des quatre continents, des quatre éléments, des quatre catastrophes naturelles (volcans, séismes, raz de marée, cyclones) -, camouflant mal les grandes souffrances de son peuple. Ou l’écoute de la voix d’Aimé Césaire lui-même, grâce à l’ordinateur de Nathalie, racontant sa rencontre au Lycée Louis-le-Grand avec Léopold Sédar Senghor. Et bien sûr les lectures sobres, posées de Daniel, donnant à entendre mais aussi à comprendre. Mais, j’ose le croire, si l’émotion nous a étreints, nous, convives de ce Café Littéraire, elle était sûrement due à la présence dans l’air de l’esprit libre d’Aimé Césaire, cet « homme-juif », cet « homme-cafre », cet « homme-hindou de Calcutta », révolté contre l’injustice, toutes les injustices, « bouche des malheurs qui n’ont point de bouche », roseau pensant et chantant, roseau prophète. Cette conscience des souffrances dues à l’oppression, et son refus radical, ce « non à l’ombre », c’est cela, la Négritude.

Daniel Maximin, nous laissant lessivés et heureux, a clos notre réunion par ces trois derniers vers de l’épitaphe d’Aimé Césaire, le poème Calendrier Lagunaire : « la pression atmosphérique ou plutôt l’historique agrandit démesurément mes maux même si elle rend somptueux certains de mes mots ».

 

 

Mise en oeuvre d’un projet de sensibilisation :

Marche d’orientation GIAA / Faculté du Sport de Nancy

Par Christophe Goutaudier, Pascale de Moura, Dominique Boucherat, Danielle Meunier

 

Pour la troisième année consécutive, une expérience de sensibilisation a été reconduite entre le GIAA et les étudiants de troisième année de la Faculté du Sport de Nancy, inscrits dans la filière APAS (Activités Physiques Adaptées et Santé).

La place de la Commanderie et le secteur gare, à Nancy, ont été choisis cette année, car ils sont souvent fréquentés par les adhérents du GIAA qui les trouvent complexes pour leurs déplacements. De plus, l’ordre des trois séances a été pensé, afin de mettre d’abord les étudiants en situation de handicap visuel, pour leur demander de créer un parcours lors des séances suivantes.

 

Essai tactile du plan en relief

 

Pour préparer la première séance, Le vendredi 14 mars, 5 déficients visuels (3 aveugles et 2 malvoyants), membres du GIAA, accompagnés de deux bénévoles voyantes, se sont rendus sur le secteur de la place de la Commanderie afin de préparer un parcours à soumettre aux étudiants. Ils ont identifié les obstacles à contourner, les traversées de rues difficiles, les indices à prélever… Puis, le mercredi 26 mars, ces membres du GIAA ont accueilli les 22 étudiants pour leur faire effectuer le parcours conçu. Il a été réalisé par groupe de 3 : un membre du GIAA qui donnait les consignes et conseils, deux étudiants dont un avait les yeux bandés et utilisait une canne (le mouvement de la canne ayant été montré au préalable).

Les étudiants ont pu ainsi appréhender les difficultés des non-voyants et découvrir les manières d’interpréter l’environnement pour adapter le déplacement, par l’utilisation des modes de suppléances (odorat, ouïe, toucher) et des éléments de repérage (pente de la chaussée, odeurs de la boulangerie, fraicheur devant le passage Marceau couvert, bandes podotactiles…), tout cela à l’aide de la canne.

Afin qu’ils ne soient pas surpris par tant de passages devant leurs boutiques, les commerçants du quartier avaient été prévenus.

Suite à ce parcours yeux bandés, certaines confusions ont été constatées. Un étudiant imaginait être dans une parfumerie où le vendeur passait l’aspirateur, alors qu’il était en réalité chez un coiffeur qui utilisait un sèche-cheveux. Cela met en évidence l’importance du repérage du quartier pour les personnes non-voyantes ainsi que la sollicitation de tous les sens pour une bonne analyse et une bonne orientation.

Une difficulté majeure fut la traversée d’un passage piéton faite en diagonale, malgré la présence de bandes podotactiles de part et d’autres de la chaussée.

Il faut noter que les personnes déficientes visuelles se déplacent globalement plus lentement avec leur canne que les personnes valides, la ligne droite étant plus difficile à tenir sans la vue ; et, dans le cas présent, les étudiants l’ont constaté, la mise sous bandeau les mettant dans une situation inhabituelle pour la première fois.

Leurs efforts pour réaliser le parcours ont été à nouveau appréciés par les déficients visuels. La majorité des étudiants a souligné la concentration nécessaire, la fatigue ressentie à l’issue de ce déplacement, ou encore l’éblouissement lorsque le bandeau fut retiré en fin de parcours.

Une deuxième séance s’est déroulée au GIAA, au cours de laquelle les étudiants et les membres du GIAA présents se sont rencontrés et ont dû faire découvrir les cartes adaptées à des non-voyants. Deux plans thermo gonflés avaient été réalisés, représentant l’intérieur et l’extérieur de la gare de Nancy. Il arrive souvent qu’un plan ne se suffise pas à lui-même, une explication peut être nécessaire pour le comprendre. Les étudiants ont bien joué ce rôle de guide, la première séance réalisée le 26 mars leur ayant sans doute permis de mieux appréhender le handicap visuel (par exemple, en prenant la main du non-voyant pour lui montrer un endroit précis).

Tenant compte des conseils de l’an passé, des améliorations de la carte avaient été apportées :

- coupure du coin en haut à gauche du plan pour faciliter le repérage de son orientation ;

- variation des motifs tactiles (pointillés, vagues...) pour préciser des éléments particuliers ;

- carte allant à l’essentiel (pas trop de détails pour ne pas perturber la lecture tactile);

- légendes ajoutées.

Ainsi, les plans ont-ils été lus assez aisément par les membres du GIAA, leur permettant de se construire une représentation mentale de la gare et de ses alentours avant de s’y rendre.

Le 23 avril, pour la troisième séance, un groupe plus important encore (10 déficients visuels et 22 étudiants) s’est retrouvé devant la gare, pour réaliser des parcours d’une durée d’une heure et demie environ, conçus par les étudiants.

Ces parcours ont été réalisés par groupe de 3 (un membre du GIAA et deux étudiants). Ils furent globalement appréciés des membres du GIAA. Les efforts des étudiants pour s’adapter et contribuer à la bonne évolution du groupe ont été soulignés.

Les membres du GIAA pouvaient à nouveau, si besoin, consulter les plans thermo gonflés pour se déplacer d’un point à un autre. Un des participants présent, qui n’avait pas pu consulter les plans lors de la séance n°2, a d’ailleurs rencontré plus de difficultés que les autres.

Nous avons pu constater que longer les murs n’est pas toujours possible, et que le déplacement du déficient visuel devient complexe dans des zones plus ouvertes. Il faut alors trouver une autre stratégie, en faisant parfois de longs détours pour éviter de se désorienter.

Les étudiants se sont bien adaptés aux demandes et remarques des membres du GIAA, acceptant parfois de modifier leur projet.

Ces trois séances furent très riches et ont permis aux étudiants d’identifier les difficultés que rencontrent les déficients visuels pour s’orienter et se déplacer dans des lieux souvent encombrés d’obstacles inattendus. Ce type d’échanges est fondamental pour ces étudiants qui devront savoir adapter leurs activités physiques et sportives lorsqu’ils travailleront dans le milieu des activités physiques adaptées.

Les membres du GIAA furent plus nombreux encore que l’an passé et sont partants pour mener un nouveau projet l’an prochain. Ils envisagent d’explorer un secteur complètement inconnu.

 

 

Soirée enchantée avec les conteuses du GIAA de Lorraine

Par Christian Poncin

 

Il y avait une fois, dans un théâtre de poupées, six aimables conteuses qui contaient, con­taient à l’infini. Que peuvent faire des conteuses, sinon conter ?

Il y avait Isabelle et son manteau, Dominique et son petit sapin, Gilberte et son oranger magique, Michèle et son arbre à oiseaux, Danielle et sa chance, Pascale et sa petite robe en soie, enfin Claudine et sa petite moufle rouge.

La magie des voix, le verbe enchanteur ont ouvert toutes grandes les portes du paradis à ceux qui savent se laisser emporter sur les ailes de la poésie.

Le samedi 30 novembre 2013 à la salle Raugraff à Nancy, « Les Joyeuses Conteuses » qui ont déjà réjoui nos oreilles par leur prestation de qualité après l’AG du GIAA se sont à nou­veau produites sur scène devant notre présidente nationale, Marie-Renée Hector qui nous avait fait l’honneur de venir de Paris pour les applaudir. La qualité de leur diction, la sûreté de leur mémoire ont fait merveille : grand merci à elles d’avoir offert ce moment privilégié d’art et de convivialité à64 paires d’oreilles charmées et attentives. C’était, avant l’heure, l’atmosphère des contes de Noël.

Vous voulez vous aussi vous laisser emporter : venez quand elles monteront à nouveau sur scène, vous ne le regretterez pas. Nous ne manquerons pas de vous avertir du jour, de l’heure et du lieu de leur nouvelle prestation car elles préparent un nouveau spectacle.

 

 

La Fondation SAFRAN s’engage pour l’intégration professionnelle des déficients visuels

Par Véronique MOUTIEZ, Responsable du Club Emploi

et Sylvie COELHO, Responsable Mécénat & Partenariat

 

La Fondation d’entreprise SAFRAN pour l’insertion a choisi en février dernier de soutenir le Club Emploi du GIAA. Claude LEGOUIX, Secrétaire Général des fondations d’entreprise SAFRAN, est venu à la rencontre de l’équipe fin avril. L’occasion de faire connaissance, et de réaliser que nous avons de grands défis à relever, ensemble.

 

Portrait de M. Claude Legouix

 

 

SC – Derrière la création d’une fondation, il y a souvent l’histoire d’un Homme. Quelle est celle des fondations d’entreprise SAFRAN ?

CL – Le groupe Safran a en effet deux fondations, chacune issues de deux entreprises.

La première est la Fondation SAFRAN pour la musique, créée en 2004 à l’initiative de Mario COLAIACOVO, Président de SAGEM, un mélomane plus qu’averti de musique classique.

La deuxième, créée en 2005 par la SNECMA, est la fondation SAFRAN pour l’insertion.

SNECMA et SAGEM ont fusionné et les deux fondations ont été regroupées sous l’étiquette Fondations d’Entreprises Safran. Leurs axes d’interventions ont été conservés, mais précisés.

Côté musique, nous soutenons de très jeunes interprètes, instrumentistes mais aussi des voix, autrement dit des jeunes talents, à démarrer une carrière. La Fondation intervient par un soutien financier pour permettre l’achat d’instrument, la réalisation d’enregistrement discographique et/ou médiatique ou encore sous forme de bourse d’étude. Le concours SAFRAN pour la musique récompense chaque année l’un d’entre eux.

Côté insertion, l’axe principal est l’aide à l’insertion des personnes handicapées, tout handicap confondu. Qu’il soit social ou physique.

 

SC – Quel est le lien entre les actions des Fondations et les activités du groupe SAFRAN ?

CL – SAFRAN est un grand groupe de technologies de pointe dans les domaines de l’aéronautique, la sécurité, la défense.

Du côté de la musique, le lien n’est pas évident, si ce n’est que nous pouvons parler d’insertion, puisque nous aidons les jeunes musiciens à lancer leur carrière. Cependant de Jeunes Talents sont quelque fois recommandés et soutenus par des membres du personnel Safran.

Concernant la fondation pour l’insertion, nous faisons le lien en impliquant nos ingénieurs. Par exemple, nous soutenons l’association Frateli. Celle-ci s’adresse aux bacheliers ayant obtenu leur diplôme avec mention, qui souhaitent poursuivre des études longues et dont les parents sont en manque de moyens. Nous intervenons de deux façons : financièrement et via le mécénat de compétences. Nos ingénieurs deviennent parrain d’un élève et l’accompagnent durant toute sa scolarité. Ce sont souvent des élèves brillantissimes destinés à des carrières d’ingénieurs. Certains rejoignent Safran à l’issu de leurs études.

 

SC – Quels projets soutenus ou mis en oeuvre par vos Fondations illustrent le mieux vos ambitions/ orientations ?

CL – Si je pense au handicap sensoriel, la Fondation SAFRAN pour l’insertion a aidé il y a plusieurs années, l’association Consortium l’Accès, qui au sein de l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand permet aux étudiants malentendants de suivre des formations adaptées et de passer leurs examens dans des conditions aussi confortables que celles d’un autre étudiant.

Autre exemple : j’ai constaté en arrivant aux fondations que les enfants handicapés visuels n’avaient pas accès au chien-guide. J’ai rencontré des représentants de l’association Handi’Chiens qui justement mettaient en place une structure pour éduquer des chiens destinés à être remis à des adolescents aveugles.

L’un des projets phares que nous avons initié et mis en oeuvre avec la Fondation Garches porte sur le développement de fauteuils innovants pour les personnes handicapées. Nous avons associé trois écoles à la conception de ces fauteuils destinés à deux types de publics : les personnes âgées vieillissantes et les personnes “handicapées dynamiques”, qui ont une vie active ou un travail, mais dont les fauteuils roulants ne sont pas adaptés. En plus du soutien financier de la fondation Safran pour l’Insertion, le personnel Safran intervient en mécénat de compétences : nos ingénieurs participent régulièrement en partageant leur expertise et en validant les travaux des étudiants.

 

SC – Comment vos collaborateurs perçoivent-ils la Fondation ?

CL – Je suis assez bien placé pour en parler puisque avant d’arriver en responsabilité aux fondations d'entreprise Safran, j'étais salarié du groupe. À l’époque, j'observais de loin les actions des Fondations. J'étais plutôt satisfait de l'engagement du groupe sans avoir une idée précise des missions des Fondations. Depuis deux ans, les opérations de communication relatives aux Fondations sont plus claires et plus cohérentes, ce qui participe de la mobilisation d'un mécénat de compétences. Il y a aussi les nouvelles générations d’ingénieurs, plus jeunes, souvent plus impliqués que les anciennes générations sur de tels sujets.

 

SC – Les Fondations d’entreprise SAFRAN sont-elles beaucoup sollicitées ?

CL – On pourrait doubler les budgets qu’on les consommerait ! La Fondation SAFRAN pour la musique fonctionne avec un budget de 150 000 € par an, celle pour l’insertion, avec 300 000 €.

Depuis qu’elles ont été créées, les fondations musique et insertion ont été partenaires de 450 projets. Chacune des Fondations reçoit chaque année plus d’une centaine de candidatures.

 

SC - Comment sont choisis les projets dans lesquels vous investissez ?

CL – Chaque fondation est pilotée par son Conseil d’Administration, souverain sur le choix des projets retenus. Concernant la fondation SAFRAN pour l’insertion, il y a une première sélection qui est faite communément afin d’écarter les projets n’entrant pas dans son objet social. Suivent une ou plusieurs réunions de bureau qui sont des séances de présélection. Le bureau formule des observations, portées à la connaissance du Conseil d’Administration. Puis lors de sa séance, le Conseil d’Administration est contraints de faire des choix, à travers des débats quelquefois passionnés, mais toujours sympathiques ! Les projets qui arrivent devant le Conseil sont de bons projets, des projets généreux.

 

VM – Pourquoi avoir choisi de soutenir le handicap visuel, pourtant peu représenté et peu représentable au sein du groupe, fondé sur des métiers nécessitant une très haute technicité ?

CL – C’est très simple. En recevant la candidature de votre association, je me suis demandé si, dans les filiales du groupe dans lesquelles j’ai eu l’occasion de passer, j’avais eu l’opportunité de croiser une personne handicapée visuelle … J’ai dû reconnaitre n’en n’avoir pas rencontré …

Votre dossier était dans l’axe de la Fondation et je me suis donc dit qu’il fallait sensibiliser l’entreprise. Et comment sensibiliser ? En portant votre projet. J’en ai parlé à Jean-Luc BERARD, DRH du Groupe SAFRAN, il est administrateur de chacune des deux fondations. Il a immédiatement adhéré au principe d’une sensibilisation au recrutement de ses équipes. Votre dossier a été retenu car nous nous sommes dit que nous avions là un excellent levier pour qu’un grand groupe comme SAFRAN ouvre ses portes au handicap visuel.

 

VM – Comment préparez-vous vos collaborateurs à l’accueil et à la collaboration avec les travailleurs handicapés ?

CL – C’est le rôle de l’équipe de la diversité qui est très au fait de tous les handicaps. Peut-être moins le handicap visuel encore une fois. Pour information, en 2012, en France, le taux d’emploi des travailleurs handicapés était de 4,46 % au sein du groupe. Je me demande s’ils ne sont pas en manque de candidat, compte tenu de l’échelle du groupe (NDLR : 65 000 salariés dans le monde). Chez SAFRAN, les besoins portent souvent sur des technologies de pointe, nécessitant des études de haut niveau, et malheureusement les personnes handicapées sensorielles sont souvent dès le départ défavorisées à cause de l’inadaptation des formations. C’est ce qui nous a incités à soutenir l’université que je mentionnais précédemment.

Insérer des personnes déficientes visuellement, cela commence déjà par leur donner le même accès aux études. Pour un groupe comme SAFRAN, je ne suis pas sûr qu’il soit facile de trouver des candidats handicapés visuels avec les profils requis. C’est une véritable difficulté. Mais ce n’est pas incontournable. C’est souvent une histoire d’hommes. Encore une fois Jean-Luc BERARD avec qui j’ai échangé, a totalement soutenu la démarche de votre association. Je pense qu’il faut favoriser des associations comme la vôtre et que vos bénévoles fassent le tour de nos filiales, au moins celles françaises du groupe, pour sensibiliser nos recruteurs.

 

VM – Selon vous, quel est point fort du Club Emploi ?

CL – Nous avons mis en avant 2 points pour argumenter auprès du Conseil d’Administration : la sensibilisation des recruteurs et l’accompagnement des personnes déficientes visuelles dans le parcours de recherche d’emploi. Cela me semble fondamental.

 

VM – Que peut apporter le Club Emploi à la Fondation SAFRAN pour l’insertion et au groupe ?

CL – Côté fondation, concentrez vos efforts sur les projets que vous avez d’accompagner et de sensibiliser.

Côté groupe, il faut faire en sorte que d’ici quelques mois ou années, grâce à vos interventions, on ait des collaborateurs déficients visuels.

 

Logo SAFRAN "Fondation pour l'insertion"

 

Plus d’infos sur www.safran-group.com, Rubrique “Engagements”.

 

 

Le saviez-vous ?

Le mot SAFRAN désigne la partie maîtresse du gouvernail d’un bateau et évoque l’idée de direction, d’objectif, de cap, de mouvement, de stratégie.

SAFRAN est également le nom de l’une des épices qui ont été à l’origine du commerce mondial et de l’ouverture des grandes voies de communication entre l’Orient et l’Occident.

 

 

 

Exposé, lecture, exposition : le Centenaire de la Grande Guerre

Par Inès Duhesme

L’occasion fait la larronne (et les larrons), telle est ma devise : dans le cadre du Centenaire de la guerre de 14-18, un apéro Lecture a été organisé le dimanche 16 mars à la très accueillante Cantine du 18 ème, rue Ramey dans le quartier de la Goutte d’or à Paris : Séda Melik-Stépanian, Paule Rault, enseignantes en histoire ainsi que moi-même, « historienne de Paris », avons présenté un exposé commun sur la guerre, entrecoupé de lectures confiées aux soins de Philippe Lumbroso et de Claudine Duclos, sans oublier, comme de coutume, petit vin et saucisson.

Sujet grave mais ambiance légère !

Puis, en mai un dîner-lecture eut lieu, grâce au généreux accueil d’Hélène, abonnée au GIAA, qui nous permit de faire le tour de ce vaste sujet et de recevoir, pour notre grande joie, Wolf Joeckel, historien allemand des relations franco-allemandes, très ému de notre accueil nous a-t-il dit.

Nous avons ainsi redécouvert Orage d’acier de Jünger, Genevoix , Remarque, Les Carnets de Louis Barthas au plus près des tranchées, Dorgelès, les lettres de Barbusse à sa femme Hélyonne; mais aussi des War poems britanniques et un poème allemand chanté de Tucholsky. Merci à Marie-Renée d’avoir trimbalé sa guitare : les textes des chansons n’avaient pas été oubliés. Craonne, La Butte rouge, jusqu’à Brassens ont terminé la soirée en beauté.

Enfin, le 11 juin, nous avons visité la passionnante exposition L’été 1914, les derniers jours de l’ancien monde, à la Bibliothèque Nationale de France. Cette fois, nous avions un conférencier spécialisé dans la présentation aux déficients visuels. Les tableaux, les compositions peintes, étaient reproduits en petit formats accessibles et présentés à hauteur d’homme couverts d’un transparent en relief. L’un de nous, non-voyant, a trouvé le dispositif satisfaisant.

Tous les textes lus lors de nos rencontres ont été envoyés aux participants en format texte ainsi que la bibliographie BNFA faite pour nous par Julien Véron : Merci à lui.

 

 

Projet ARTOUCH : « L’art accessible à tous »

Pour que tous les publics puissent vivre une expérience sensorielle dans sa totalité, « ARTOUCH » est une exposition d’art contemporain dont les créations sont dédiées à l’exploration de chacun de nos 5 sens : le toucher, l’ouïe, l’odorat, la vision et le goût.

Dans le cadre de la Nuit Blanche 2014, le 15 octobre prochain à Paris, un événement unique se profile : une grande exposition multisensorielle conçue de façon volontaire, pour que les personnes voyantes, non-voyantes et malvoyantes partagent une expérience artistique atypique.

Les oeuvres seront spécialement commandées à de jeunes artistes seront présélectionnées par l’équipe « ARTOUCH » en collaboration avec des personnes en situation de handicap visuel abonnées au GIAA.

« ARTOUCH » va plus loin que le simple fait de pouvoir toucher les oeuvres. Nous tous pouvons être touchés par le contact avec l’art. L’expérience sensorielle promue par la rencontre entre les visiteurs et les oeuvres d’art a le pouvoir de susciter en nous plusieurs sensations de façon simultanée. Nous pouvons nous émouvoir, enrager, être dégoûté voire même détester ou adorer ce que nous voyons. Il est rare que l’on sorte d’une exposition sans avoir été “touché” par cette expérience. « ARTOUCH » propose donc une ouverture sensorielle et exploratrice de l’art. Une découverte … pas uniquement de l’univers artistique de jeunes artistes contemporains mais aussi de soi-même.

Pour rendre la découverte plus ludique, de cache-yeux seront proposé au public voyant dès l’entrée.

La collaboration avec le Groupement des Intellectuels Aveugles et Amblyopes s’est avèré très importante pour « ARTOUCH ». Il est clair que la participation active des personnes aveugles et malvoyantes lors de la sélection des projets présentés fut essentielle au bon déroulement de ce projet.

 

 

Nécrologie : Un grand ami du GPEAA nous a quittés

Notre ami Claude Schepens, est décédé le jeudi 3 juin dernier à Jette, en Belgique.

 

Portrait de Claude Schepens

 

Né le 28 mai 1935, Claude Schepens, lui-même malvoyant, était devenu un psychologue remarquable, apprécié pour ses compétences et ses qualités humaines

Pour nous, enseignants et éducateurs pour aveugles et amblyopes, il fut toujours un actif compagnon et collaborateur. Depuis la création du GPEAA (Groupement des Professeurs et Educateurs d’Aveugles et Amblyopes), section du GIAA, il a rarement manqué une réunion ou un colloque. Lors de nos Journées Pédagogiques – ainsi appelons-nous nos colloques annuels – il était toujours parmi les premiers à poser une question ou à apporter son témoignage.

Dès sa création, le GPEAA eut également parmi ses membres de nombreux psychologues, et Claude fut l’un deux, très actif, avant que ne se crée, au début des années 70, l’Association des psychologues de langue française pour les déficients visuels (APLFHV) dont Claude fut président durant de nombreuses années.

Le 12 juin, pour ses funérailles, nous avons représenté le GPEEAA, mais aussi tout le GIAA où il avait pris pour habitude de réunir l’Association des psychologues. Nous continuerons à les accueillir lorsqu’ils en auront besoin.

Nous garderons en mémoire le souvenir de notre ami qui nous a laissé de nombreux écrits dont la lecture demeurera profitable à bien des déficients visuels.

Merci Claude.

 

 

CULTURE ET LOISIRS

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Se baigner en toute sécurité avec Audioplage

 

Le dispositif Audioplage® permet à des personnes mal ou non voyantes de se baigner librement, en toute autonomie, et dans des conditions de sécurités optimales.

Il a été développé par la société URTECH spécialiste en télécommunications, créée en 1996 dans les Alpes maritimes.

Ce concept est modulable et s’adapte à tous les lieux de baignade recevant du public (piscine, plage, lac, ...).

Le dispositif est constitué :

- d’un totem d’accueil, permettant d’informer l’utilisateur des modalités de la baignade

- d’un bracelet micro-émetteur équipant l’utilisateur et disposant de trois boutons : demande de localisation, retour plage, demande d’assistance

- d’un totem de plage qui décrit le nombre et le positionnement des balises en mer.

Les balises tactiles permettent aux utilisateurs de positionner leur emplacement sur la plage. Ces balises sont repérées par symboles tactiles (dauphin, étoile de mer...).

Le totem de plage décrit le nombre et le positionnement des balises en mer.

Les balises en mer, sur interrogation de l’utilisateur par le bracelet montre, annoncent le positionnement de la balise (numéro de la balise, distance de la plage, profondeur).

Le poste de secours est équipé d’une valise radio, et il est obligatoirement jumelé à l’équipement d’une baignade pour personnes en fauteuil.

 

Borne Audioplage

 

Le dispositif Audioplage® équipe déjà de nombreux lieux de baignade :

Aquitaine : Lac St Estèphe (24), Saint Jean de Luz (64)

Basse-Normandie : Cabourg (14)

Corse : Ajaccio (2A), Propriano (20)

Haute-Normandie : Le Havre (76)

Ile de France : Cergy Pontoise (95)

Languedoc-Roussillon : Balaruc-les-Bains (34), Carnon (34), Gruissan (11), La Grande Motte (34), Le Grau du Roi (30), Marseillan (34), Narbonne (11), Palavas les Flots (34),

Midi-Pyrénées : Arvieu (12)

Pays de la Loire : Pornichet (44)

Poitou Charentes : Pressignac (16), Rivedoux-Plage (17), Saint Denis d’Oléron (17)

Provence Alpes Côte d’Azur : Antibes (06), Cagnes sur Mer (06), Cannes (06), Hyères (83), Monaco (98), Nice (06), Saint Laurent du Var (06), Six Fours les Plages (83)

Rhône-Alpes : Meyrieu les étangs (38)

Espagne : Ibiza, Malaga (3 plages équipées), Melilla, Roquetta de mar, Valencia (3 plages)

Grèce : Ile de Syros

 

 

Informations complémentaires auprès de URTECH

www.urtech.net

Tél : 04.93.24.41.40.

Mail : urtech@wanadoo.fr

 

 

 

Cinéma audio-décrit sous les étoiles

A Paris Cinéma en plein air à la Villette, du 23 juillet au 24 août 2014.

 

Un beau film dans un parc, lové dans un transat et casque aux oreilles, à la tombée de la nuit... Cela se passe au parc de la Villette, comme les années précédentes.

 

Vue sur le grand écran gonflable et ses spectateurs en chaise longue.

 

Les films sont sous-titrés en français et audio-décrits (par l’A.V.H.). Des programmes en braille sont à disposition, ainsi que la location de transats.

Cette année le festival a pour thème l’adolescence. Avec les réalisateurs Gus van Sant, Jacques Doillon, l’un des premiers films du genre : American graffiti de George Lucas. Beaucoup moins connu le film de l’argentine Julia Salomonoff.

 

 

Vendredi 25 juillet : Camille redouble de Noémie Lvovsky, France 2012

Jeudi 31 juillet : A nos amours de Maurice Pialat, 1983

Samedi 9 août : Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch, 1996

Dimanche 17 août : Lolita de Sranley Kubrick,1962

 

Informations pratiques :

http://www.villette.com/fr/agenda/cinema-en-plein-air-2014.htm

Tel. 01 40 03 75 75

 

 

 

Une audiodescriptrice parle de son métier

Par Philippe Lumbroso

 

Le 7 juin dernier, la Cité des Sciences (Porte de la Villette, Paris 19) a accueilli un passionnant atelier “audiodescription”, animé par Marie Diagne, audiodescriptrice (et voyante). Cet atelier-conférence avait lieu dans le cadre de l’exposition sur la Voix qui avait cours à la Cité, et a réuni une bonne vingtaine de personnes de tous âges, en majorité déficientes visuelles mais pas seulement, -un garçonnet d’une dizaine d’années avait même accompagné sa maman aveugle -, dans la bien-nommée salle Louis Braille. J’avoue que je ne savais pas vraiment de quoi il allait retourner : conférence, cours magistral, visionnages ou séance d’écoute, tout était ouvert dans mon esprit. D’entrée, Marie Diagne nous a tous mis à l’aise en nous demandant de succinctement nous présenter, nous plaçant au coeur de son intervention, qu’elle nous annonça résolument interactive et “sensible”. Ce mot, prononcé très tôt, m’est resté. C’est bien de cela qu’il s’agira cet après-midi : faire appel à nos sens, tous nos sens disponibles (sauf peut-être l’odorat), aussi à notre sensibilité, et enfin, en sollicitant questions ou interventions, à notre parole.

L’atelier s’est déroulé en deux temps majeurs : le premier, uniquement sonore, a consisté en l’écoute de quelques minutes, sans visuel, de la bande-son d’un film dont elle ne nous a

révélé le titre qu’à la fin. Deux écoutes de la bande-son du film tel quel, et une dernière fois audiodécrite. Après chaque écoute, bien sûr le dialogue s’est noué, dialogue permettant à Marie Diagne de dégager les grandes lignes de son métier, mettre en exergue ce qu’il exige et ce qu’il interdit. Dans le deuxième temps, elle nous a projeté le début d’un “film scientifique”, cette fois image et son réunis, puis dans sa version audiodécrite ; film tout d’abord pas évident à comprendre, ni pour les non voyants ni pour les voyants, mais dont la révélation progressive s’est avérée bouleversante. Là encore, très riches échanges entre la conférencière et le public, chaque perception d’auditeur, très subjective, apportant aux autres.

 

Au coeur du métier d’audiodescripteur

A la première écoute, il est apparu que nous n’avions pas tous perçu les mêmes choses : d’évidence la scène, un dialogue entre un jeune homme et une dame, (peut-être sa mère) se passait dans une gare, probablement en temps de guerre, et l’un des deux allait prendre le train. La plupart des auditeurs aveugles avaient aussi perçu des voix allemandes qui m’avaient tout à fait échappées, et le garçonnet avait même deviné de quel film il s’agissait à la première écoute ! Nous apprendrons qu’il s’agissait d’Au revoir les enfants, de Louis Malle. Sont ainsi apparus trois modes de perception : ce qui est perçu avec acuité, les éléments manquants, et un domaine intermédiaire, celui du trouble, du mystère, où sont perçues des choses dont le sens nous échappe, voire incompréhensibles, et donc qui nous interrogent. Constat important : la première écoute est très importante, il y faut tout noter, car on n’écoute qu’une fois, une première fois. L’audiodescripteur, qui doit transmettre au mieux le film, doit donc avoir une compréhension profonde du film et des intentions du réalisateur : plus il est sensible, pénétré par le film, moins il interprète. Fondamental est le respect de l’oeuvre : ce n’est pas son film que l’audiodescripteur doit transmettre, ni bien sûr que l’on se pâme devant sa prose, mais bien le sensible, les émotions voulues par le réalisateur. En particulier, la description, tout en livrant les informations apportées par l’image, (en particulier, le descripteur doit distinguer ce qu’il y a sur l’image que la bande-son ne permet pas de percevoir) doit néanmoins fidèlement conserver l’ambiguïté, le trouble, les ellipses du film, sans intervenir, ni rien élucider que le film n’indique pas. Un film est aussi fait, pour les non voyants comme pour les voyants, de ce qu’on ne voit pas, mais que l’on imagine, fantasme, du film qu’on se fait “dans sa tête”, et l’audiodescription doit respecter cela. Une fois le texte écrit et lu, la version finale sera un mixage des bandes-sons, soit dans une salle de cinéma pourvue de casques, soit par un ingénieur du son pour un film passant à la télévision. Bien sûr, le travail d’écriture, -choix des mots, concision - , de lecture, -choix des voix -, et le travail de “calage” , - à l’image près, c’est-à-dire au 24ième de seconde près ! -, nécessite pour Marie Diagne à la fois l’aide d’un non voyant ayant une compétence littéraire et cinématographique , et celle d’un ingénieur du son. (Une formation au métier, ouverte aux déficients visuel, sera peut-être mise en place en septembre 2014 à l’INA ). En résumé, ce qui est fortement ressorti de ce premier temps, c’est que les descripteurs ne sont pas des traducteurs d’images, encore moins des “cannes blanches”, qu’il ne s’agit pas pour eux seulement d’écrire un texte, mais qu’il est au contraire pour eux plus important d’entendre, et, pour préserver l’émotion du film, de créer une partition sonore, tissée sur la bande-son d’origine.

Dans le deuxième temps, nous avons travaillé sur un documentaire scientifique. Marie Diagne nous a rappelé que des quelques 3000 documentaires scientifiques de la bibliothèque de la Cité des Sciences, il n’y en a simplement aucun d’audiodécrit ! Le film en question, de Gabriel Gerll, sur un texte de Zig Blanquet, avait pour titre Vos désirs sont-

ils des échos ou des ego ? (ou plus simplement Vos désirs). Les premières images du film, sur une voix susurrante créant un sentiment un peu oppressant d’extrême intimité, sont difficiles à décrypter : un maillage sombre avec des trouées de lumière, - personnellement, j’ai eu l’impression d’être plongé in utero -, puis des marionnettes dessinées au trait fin, puis le plan s’élargissant, un homme enfin allongé sur un lit, que l’on éponge, un fauteuil pour handicapé moteur puis, nouvel élargissement, vues sur la mer ensoleillée et miroitante, et enfin, une vue générale sur une ville portuaire. Je me demandais ce qu’en comprenaient les participants, moi-même jugeant le texte et l’image, tous deux magnifiques, mais difficiles à relier l’un à l’autre. Bien sûr, la poésie et la force d’émotion de ce film venaient justement de l’écart, l’espace entre ces deux expressions. Comme l’a superbement exprimé Marie Diagne, cet écart entre la bande-son et la bande visuelle crée, comme entre deux parois, un espace virtuel, qui est la place même du spectateur, dans lequel sa compréhension et son imaginaire vont pouvoir se déployer. Quand un sens fait défaut et que cet espace est endommagé, il est alors nécessaire de le recréer, et c’est tout l’art de l’audiodescription. En l’occurrence, le film voulait faire appréhender comment se passent les affaires de désir, de corps, de couple, quand un partenaire (Zig Blanquet) est tétraplégique. Puis nous avons vu le film dans sa version audiodécrite. Ce qui m’a alors frappé, c’est que la voix rajoutée, féminine, s’harmonisait parfaitement avec la voix masculine de la bande-son du film : même niveau sonore, même débit, mais bien plus, -et c’est là où j’ai trouvé ce travail génial -, c’est que le rapport en les deux voix était, au niveau sonore ou même musical, empreint d’une grande sensualité, comme un duo d’amour parlé, chant et contrechant. Bien sûr les voix ne se parlaient pas du tout l’une à l’autre, en tout cas pas au niveau du sens, mais pour ce film traitant de l’intimité au sein du couple, ce rapport musicalement sensuel entre les deux voix respectait parfaitement les intentions du réalisateur Gabriel Gerll.

Marie Diagne a conclut l’atelier en nous montrant rapidement un exemple de film impossible à audiodécrire : un « produit télévisuel », magazine scientifique, dans lequel une voix parle en continu, et où les images, complètement écrasées par la bande-son, servaient seulement d’illustrations à cette étouffante logorrhée. Exemple cependant très instructif : d’abord pour glisser une voix descriptive dans la bande-son, il y faut du silence; et surtout, pour que se crée l’espace virtuel dont nous parlions, un équilibre, ou au moins une relation fine entre l’image et la voix sont indispensables, bref que le film soit un « vrai film », du vrai cinéma.

Une très belle après-midi en tout cas : Marie Diagne nous a remarquablement bien transmis les enjeux de son métier, mais aussi sa richesse, ses moments d’émotions, et nous avons réalisé la très fine sensibilité qu’il exige, demandant aux audiodescripteurs d’intégrer très précisément aux films, tout en restant scrupuleusement fidèles aux intentions artistiques des réalisateurs, de véritables partitions sonores, les transformant en d’authentiques compositeurs-interprètes du langage.

 

Film “Vos désirs” de Gabriel Gerll :

http://vosdesirs.tumblr.com/film

Cité des Sciences, expo : La Voix qui vous parle, jusqu’au 28 septembre 2014 :

http://www.cite-sciences.fr/au-programme/expos-temporaires/la-voix/

AFA (Association française d’audiodescription) qui organise tous les ans en mars un festival à l’UGC Gobelins :

https://audiodescriptionfrance.wordpress.com/category/festivals/

 

 

 

Chanter un Oratorio de Mendelssohn

l’année prochaine (2014-2015)

Par Inès Duhesme

 

Vous avez envie de chanter ? Même si vous ne l’avez jamais fait, si ce n’est dans votre salle de bain ou aux scouts, vous êtes bienvenus aux Choeurs Paris 13.

 

Trois choeurs existent suivant le niveau musical et vocal de chacun : le choeur de formation, pour les débutants (150 personnes), dirigé par Jacqueline Renouvin, le choeur de perfectionnement destiné aux confirmés, et le petit choeur, dirigés par Pierre Molina.

Les répétitions ont lieu le lundi de 19h à 22h et environ deux week-ends par trimestre. On peut y suivre des cours de solfège ou de technique vocale. Les oeuvres chantées appartiennent en général au répertoire sacré même si le choeur est laïque : la Messe du Couronnement de Mozart, les Requiem de Verdi et de Mozart. Nous chantons tous ensemble, les trois choeurs réunis, au concert de fin d’année. L’oeuvre retenue pour la saison prochaine est le magnifique et peu connu oratorio Paulus de Felix Mendelssohn, créé en 1836, qui raconte la conversion de Saint Paul.

Les ténors et sopranos sont particulièrement recherchés mais tous les pupitres sont bienvenus.

 

Informations pratiques

http://www.cp13.org/

Tel. 06.07.56.49.43

Lycée Maurice Ravel 89 cours de Vincennes tout près du métro Cours de Vincennes, sortie Général Niessel ou tout près de l’arrêt du tram (Terminus T3A et T3B).

 

 

 

Accueil Vacances en Poitou

Madame Guichard reçoit en famille toute l’année des personnes non-voyantes seules ou en couple, en hébergement complet, comprenant le transport à la gare, des visites culturelles, randonnées dans la campagne, la messe le dimanche. Le Futuroscope est à 16 km.

Tarifs à la semaine :

550 euros pour une personne

1.000 euros pour un couple

Contact : Mme Geneviève Guichard, 18 route de Thurageau, Boussais, 86380 Vendoeuvre du Poitou.

Tel : 06.21.41.69.04 Mail : genevieve.guichard@gmail.com

 

 

Voile et handicap

L’espace maritime s’ouvre à tous

 

L’association Sillage organise un week end voile et handicap le samedi 20 et dimanche 21 septembre 2014 à Pornichet en Loire-Atlantique.

 

Le goût des embruns sur les lèvres, le vent marin dans les cheveux, la fraîcheur de l’onde océane ne sont pas l’apanage des valides. Régulièrement, l’association Sillages organise un week-end de sortie en mer à bord de voiliers à destination des publics handicapés. Le prochain aura lieu les 20 et 21 septembre prochain à Pornichet (44). Sous la responsabilité des bénévoles de l’association, cette structure dynamique regroupe des entreprises, des marins, des médecins, des acteurs de la vie sociale et médicale et toutes les personnes voulant partager un moment fort auprès d’une population handicapée.

 

Vue des voiliers sur l'océan.

 

 

L’origine de Voile et Handicap

“Depuis sa création, Sillage a beaucoup travaillé avec le centre marin de Pen Bron pour organiser des journées ou des transferts maritimes, expliquent les reponsables de Sillages. Le Docteur Moutet est à l’origine de ces relations privilégies avec notre association. Avec lui, nous avons appris à ne plus appréhender la prise en charge des personnes vivant un handicap. Depuis 1999, nous avions délaissé un peu nos activités en faveur des personnes handicapées et nous avons voulu, par l’intermédiaire d’une structure spécifique « Voile et handi-cap », redonner vie à nos actions maritimes en leurs faveur ».

Deux jours de mer sont ainsi organisées chaque année avec l’aide d’entreprises locales et de plaisanciers.

 

Programme

Un salut de l'équipage au photographe

 

Le samedi :

- Accueil des participants autour d’un petit déjeuner convivial sur le port de Pornichet.

- Embarquement sur les bateaux et découverte des équipages.

- Largage des amarres pour une navigation d’une journée en flotte. La zone de navigation s’étend de la Pointe du Croisic à Saint Nazaire.

- Pendant la journée de navigation, il est prévu des jeux permettant aux équipiers de mieux connaitre le milieu marin. A midi, pique nique sur le bateau.

- Retour des bateaux en flotte vers 16 heures au port de Pornichet.

- Goûter offert à terre à tous les participants. Retrouvaille et récit de retour de mer.

- Les animations se poursuivent sur le quai puis un dîner festif est prévu avec l’ensemble des acteurs de la journée.

Le dimanche :

La journée se déroule de la même manière jusqu’au goûter qui sonne la fin des festivités.

Il est possible de participer à 1 seule journée ou éventuellement aux 2 jours en fonction des places disponibles.

 

Coût de la journée :

- 15 euros par jour et par personnes embarquées (handicapés comme accompagnateurs)

- 15 euros de participation au repas du soir

 

Inscriptions :

Toutes les formalités d’inscription sont à effectuer en ligne sur le site de l’association, à l’adresse suivante : http://www.sillage.asso.fr/VHInscription.html

La feuille d’inscription doit être accompagnée d’une fiche de renseignement médical.

Les animaux d’accompagnement sont admis à bord des bateaux.

Compte tenu du grand nombre de demandes, l’association donne la priorité aux personnes vivant à leur domicile, mais déclare rester attentive à toute demande.

 

 

Spectacles en audiodescription

Opéra Comique (Paris)

« La Chauve-souris » de Johann Strauss

Direction musicale : Marc Minkowski

Mise en scène : Ivan Alexandre

 

Dans sa villégiature des environs de Vienne, le prince Orlofsky organise un bal masqué que Me Falke va mettre à profit pour se venger de son ami Eisenstein, lui-même sous le coup d’ennuis judiciaires. Lors de la fête, complots et mensonges emportent dans un tourbillon tous les acteurs de la société – mais ne faut-il pas être un peu faussaire pour profiter de l’existence ?

Le chef-d’oeuvre de Strauss sera interprété en français grâce au travail mené sur les sources par Marc Minkowski, Ivan Alexandre et Pascal Paul-Harang. Plus viennoise et endiablée que jamais, notre Chauve-Souris conjuguera l’inspiration musicale à l’insolence d’une satire… très actuelle.

 

Représentations adaptées :

dimanche 21 décembre 2014 à 15h

mardi 23 décembre 2014 à 20h

 

Réservations : 01.32.44.45.47

 

 

Opéra national de Paris

« La Traviata » de Giuseppe Verdi

Mise en scène : Benoît Jacquot

 

« Et cette pauvre Mariette Duplessis qui est morte… C’est la première femme dont j’ai été amoureux, qui se trouve dans je ne sais quel cimetière, livrée aux vers du sépulcre ! Elle me le disait bien il y a quinze mois : “Je ne vivrai pas : je suis une singulière fille et je ne pourrai y tenir à cette vie que je ne sais pas ne pas mener et que je ne sais pas non plus supporter. Prends-moi, emmène-moi où tu voudras ; je ne te gênerai pas, je dors toute la journée, le soir tu me laisseras aller au spectacle et la nuit tu feras de moi ce que tu voudras !” Je ne vous ai jamais dit de quel singulier attachement je m’étais pris pour cette charmante créature. Maintenant la voilà morte… Et je ne sais quelle étrange corde d’élégie antique vibre dans mon coeur à son souvenir. »

Ainsi Franz Liszt évoquait-il à Marie d’Agoult le fantôme inoubliable de celle qui allait devenir la Dame aux camélias. Après Dumas fils, c’est Verdi qui lui donna son immortalité dans un chef-d’oeuvre singulier, l’un des portraits de femme les plus étreignants du répertoire, à la fois cruel et sublime.

 

Représentations adaptées :

dimanche 14 septembre à 14h30

dimanche 21 septembre à 14h30

mardi 30 septembre à 19h30

Réservations : 01.40.01.18.50 du lundi au jeudi 10h-13h et 14h-17h

 

 

Comédie française (Salle Richelieu)

« Le Tartuffe ou l’Imposteur » de Molière

Mise en scène : Galin Stoev

 

Orgon et sa mère, Madame Pernelle, ne jurent que par Tartuffe, qui se dit dévot et vit à leurs crochets. Les autres membres de la famille partagent quant à eux le sentiment de la suivante Dorine, scandalisée par l’emprise de l’homme d’église sur son maître. Ils vont tout entreprendre pour convaincre Orgon que Tartuffe est un hypocrite de la pire espèce. Rien n’y fait, ni les mises en garde du beau-frère Cléante, ni les supplications de Mariane – la fille promise en mariage à l’imposteur. Il faudra toute la ruse d’Elmire, sa femme, pour qu’Orgon ouvre enfin les yeux sur les desseins de Tartuffe. Au moment d’être chassé de la maison, ce dernier brandit un acte de donation qui en fait le nouveau propriétaire. Et seule une intervention royale, véritable Deus ex machina, sauvera la famille de la ruine.

 

Représentations adaptées :

dimanche 5 octobre à 14 h 00

samedi 11 octobre à 20 h 30

mercredi. 15 octobre à 20 h 30

vendredi 14 novembre à 20 h 30

samedi. 06 décembre à 14 h 00

 

Réservations : 01.44.58.15.02

 

Le programme complet sur le site d’Accès Culture : www.accesculture.org

LECTURE

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Le livre du moment

«Le dernier poilu – Lazare Ponticelli » de Véronique Fourcade

Le nom de Ponticelli restera désormais dans l’Histoire comme celui du dernier témoin des atrocités de la Première Guerre mondiale. On sait moins qu’il figure, plus discrètement il est vrai, dans les annales du monde économique et industriel français. Car la vie extraordinaire de Lazare Ponticelli ne se résume pas à ses faits d’armes, ses six ans de mobilisation, sa « croix de guerre » italienne.

 

 

 

 

Editions Gros Caractères

Nouveautés Feryane

« La première chose qu’on regarde » de Grégoire Delacourt

Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, vêtu de son caleçon fétiche, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à la porte. Il ouvre. Scarlett Johansson.

Il a vingt ans, il est garagiste. Elle a vingt-six ans, et quelque chose de cassé.

Après le succès de La liste de mes envies, Grégoire Delacourt signe un roman virtuose sur la naissance de l’amour et la vérité des âmes.

 

«L’échange des princesses » de Chantal Thomas

 En 1721, Philippe d’Orléans est Régent de France. Afin de consolider la paix entre les deux royaumes, il propose à Philippe V d’Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans. Il propose aussi de marier sa propre fille, Mlle de Montpensier, âgée de douze ans, à l’héritier du trône d’Espagne.

La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent en place. L’échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, à la frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu...

 

« L’âge du doute » de Andrea Camilleri

 Plus que jamais, sous le soleil de Sicile, les apparences sont trompeuses... Une jeune ingénue peut se révéler une redoutable manipulatrice qui va mener Montalbano sur les traces d’un trafic maritime international.

Les hésitations de Montalbano à céder aux charmes de la séduisante Belladonna, lieutenant de la Capitainerie, vont déclencher un engrenage meurtrier.

Dans cette enquête, retrouvons avec bonheur le petit monde du commissariat de Vigàta et son commissaire, amateur de rougets de roche.

 

 

Nouveautés Editions de La Loupe

« L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » de Romain Puértolas

 Il était une fois un hindou un peu fakir, assez escroc, qui débarqua un jour à Roissy pour acheter un lit à clous chez Ikea. Tel est le point de départ de cette incroyable aventure aux quatre coins de l’Europe, qui est aussi le reflet, sur le mode humoristique, du combat que mènent chaque jour les clandestins sur le chemin des pays libres.

 

« 80 ans et toujours fringants » de Daniel Moreau

 Danielle Moreau a rencontré vingt des plus grandes personnalités, tels Charles Aznavour, Annie Cordy ou Michel Galabru : ces hommes et femmes octogénaires amoureux de la vie sont joyeux, passionnés et impertinents comme des adolescents. Ces portraits décapants prouvent qu’on peut continuer de croquer la vie quel que soit l’âge.

 

 

 

« Charlie Chaplin, biographie intime » de Pierre Pernez

 Tout le monde connaît le Charlot devenu mythe, la légende du burlesque et du cinéma muet, avec son éternel pantalon trop court, son chapeau melon et sa canne. Mais derrière cette image se dissimule un homme à l’enfance difficile qui apprit très tôt à se battre. C’est cet homme malmené par l’Amérique de l’après-guerre que l’auteur présente ici.

 

 

COURRIER DES LECTEURS

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Il fut une fois... Madagascar

 

Bien chères et chers bénévoles du GIAA, salariées et salariées, administratrices et administrateurs présent(e)s et passé(e)s,

Voici un peu plus de 2 ans, courant mai, lors d’un déjeuner “anodin” à la “cantine”, le Duroc, j’ai eu l’occasion de parler de Madagascar où j’avais passé trois années de mon adolescence.

Etaient présents Frédérique Droulez et Emmanuel Ader ... J’y ai très probablement mis une certaine flamme ... et voici que quelques semaines plus tard, au “pot” suivant ma dernière AG de présidente, vous m’avez offert une enveloppe bien rembourrée en me disant que ce serait pour un voyage à Madagascar ou ...toute autre chose.

Alors, merci, mille fois merci ! Un cadeau, je pouvais m’y attendre un peu car je ne suis pas près d’oublier tous les amis que le GIAA m’a donnés ; mais je suis sûre que je n’aurais jamais pensé à Madagascar si vous ne me l’aviez pas suggéré; non, je ne le crois pas.

Merci, merci : Il a fallu trouver le moment où l’une de mes soeurs pourrait m’accompagner et le mardi 13 mai, vers 11h, nous nous envolions vers Ivato, aéroport de Antananarivo, dite Tana, où nous avons atterri en début de soirée; en période estivale, il n’y a qu’une heure d’avance sur les horaires français.

S’en est suivie une douzaine de jours de retrouvailles, mais aussi de découvertes...

Autrefois, mon père travaillait principalement à l’ouest, non loin de la côte du Mozambique (là où l’île a un rétrécissement, entre les embouchures des fleuves Tsiribihina et Manambolo....

Et donc nous voici parties avec un guide, nommé Tina (en raccourci) d’abord plein sud vers Antsirabé, pour remonter ensuite vers Miandrivazo où, je crois, naît la Tsiribihina du confluent de deux rivières ... Quelques pépins mécaniques plus loin, nous sommes arrivées à Morondava, sur la côte qui s’est évidemment beaucoup agrandie ; mais les barques des pêcheurs, matins et soirs, me semblent assez conformes à mes souvenirs ...

Le lendemain nous partons vers le nord, Belo sur Tsiribihina, maintenant haut-lieu touristique (c’était avec Morondava la destination habituelle pour le ravitaillement, la Poste, terrains d’atterrissage et autres nécessités de l’époque et de l’endroit ...)

Les pistes étaient, paraît-il, trop mauvaises pour aller jusqu’au village où nous rejoignions notre père pour les vacances des saisons sèches....

L’arrivée à Belo est précédée de la traversée de la belle Tsiribihina, très rouge, sur un bac, peut-être plus moderne, mais le bruit n’avait rien à envier à celui de la fin des années 50.

La suite ? Nous arrivons le soir au Manambolo que nous traversons aussi sur un bac; nous sommes ici à la sortie des gorges de ce fleuve, c’est là un des sites de “Stinggy”, formation géologique assez rare où l’érosion a tailladé en profondeur une roche plutôt friable ainsi transformée en lames de pierre sur lesquelles il n’est pas question de s’aventurer.

Délicieuses balades en pirogue et à pied en forêt à la recherche de lémuriens: ce n’est pas exactement l’endroit mais nous avons entraperçu des “micro-lémuriens” de la taille d’une souris !!... C’était le point extrême de notre périple.

Le retour a donné lieu à d’autres visites passionnantes comme le lac Tritriva au fond duquel gît une tragique histoire d’amour... C’est un cratère de forme allongée de 800 m de long, vaguement de la forme de la “GrandeIle”, des falaise sombres et striées verticalement, l’eau, au fond , peut passer du bleu nuit au turquoise ; et sur ce fond, un petit oiseau tout rouge (un cardinal) est passé....

Et, j’ai été submergée par une émotion profonde à l’idée de montrer ces photos à ceux de ma fratrie qui, autrefois, ont vu cet endroit avec moi...

Alors, ce que je veux vous dire, au-delà du bonheur de retrouver des amis (en fin de séjour, à Tana), au-delà du tourisme et des endroits beaux ou étranges et toute cette sorte de choses, il y a eu cette émotion intense; et puis, à plusieurs autres moments dans des contextes tout à fait banals : cahotée dans la voiture et l’esprit vagabond, ou bien en train d’attendre quelque chose ou quelqu’un ou je ne sais quoi, j’ai à plusieurs reprises ressenti le simple bonheur d’être là, d’être sur cette terre, presque comme si elle me reconnaissait et m’agréait ou me prenait dans ses bras ...et je n’y ai passé que trois années; il en fut de même pour les retrouvailles avec les amis: il y a presque 55ans et la qualité de souvenance des amis qui ont vu passer tellement d’autres amis, enfants de fonctionnaires, administrateurs, missionnaires, etc.

Et puis, retrouver les sons de cette langue et le phrasé des conversations ...je me souvenais d’un certain nombre de mots usuels, mais en écoutant j’en ai retrouvé d’autres (azafady veut dire pardon ou s’il vous plaît, par exemple).

Bon, je ne vous ai pas tout raconté... Mais nous préparons (principalement ma soeur) un petit livre avec photos et textes qui sera déposé au GIAA....

Vous l’avez peut-être compris, je dois aussi beaucoup à ma soeur qui a pu m’accompagner en dépit d’une vie bien remplie, mais qui fut heureuse, m’a-t-il semblé, de voir un certain nombre d’endroits dont elle avait évidemment beaucoup entendu parler...

Merci, merci à tous, à chacune et à chacun d’entre vous...

Merci aussi de faire suivre aux bénévoles, aux membres, à tous mes amis... dont je n’ai pas les adresses.

 

Marie de Saint-Blanquat

Ancienne présidente du GIAA

 

 

 

OURS

Revue de l’Association des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA)Revue trimestrielle5, avenue Daniel Lesueur - 75007 ParisTéléphone : 01 47 34 30 00Site internet : www.giaa.org                                  Courriel : giaa@giaa.org Directrice de la publication : Marie-Renée HECTOR

Comité de rédaction : Paul Allard, Daniel Belin, Inès Duhesme, Stéphane Guasson,

Marie-Renée Hector, Philippe Lumbroso, Alain Masson, Marie-Christine Mouttet, Marie de Saint-Blanquat, Stéphanie Zoccola

Mise en page : Stéphanie Zoccola

Coordination transcription supports adaptés : Stéphane Guasson

Version audio : Sophie Chéreau

Relecture : Guy Béranger, Michelle Collat
Abonnements : GIAA
IMPRESSION GIAA

 

ISSN : 1772-4031

 

 

 

 

Nos délégations

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GIAA Alsace

14 A rue de Mulhouse - 67100 Strasbourg

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Mail : contact.alsace@giaa.org

 

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GIAA Ile de France

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Mail : contact.paysdeloire@giaa.org


 

Services du GIAA

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Services audio :

- La bibliothèque = propose près de 7180 titres enregistrés sur CD DAISY

- Le kiosque sonore = service d’abonnement presse à 24 revues.

- L’enregistrement à la demande

 

Services Braille et gros caractères :

- transcription à la demande de tout document, ouvrages, document professionnel…

- revues jeunesse et adulte

 

La lecture directe :

Le GIAA met en contact la personne aveugle ou malvoyante avec un bénévole voyant. Le rôle du bénévole est d’assister pour la lecture : rechercher puis feuilleter des livres dans une bibliothèque, lire des documents manuscrits ou polycopiés, le courrier…

 

Un Club Emploi :

Le Club Emploi du GIAA propose un accompagnement individuel personnalisé, centré sur la spécificité de la personne déficiente visuelle en situation de recherche d’emploi.

 

 

Les boutiques du GIAA :

Le GIAA dispose pour ses adhérents de boutiques qui proposent, selon les délégations, des méthodes d’apprentissage du Braille, de matériels pour lire et écrire du Braille ou des gros caractères, et divers produits adaptés qui facilitent la vie quotidienne des aveugles et malvoyants (loupes, montres, ...).

Sections du GIAA

-    Amitiés Pouget : regroupe des prêtres, diacres, religieux et religieuses malvoyants ou non voyants. Ils publient la "lettre d'Ananie.

 

-    GPEAA (Groupement des Professeurs et Éducateurs d'Aveugles et Amblyopes) : groupe de professeurs et éducateurs, acteurs sociaux, parents qui travaillent ou vivent pour/avec des personnes aveugles ou malvoyantes. Ils organisent les journées pédagogiques.

 

-    Views France : concerne les jeunes malvoyants et non voyants qui souhaitent faire des échanges et organiser des voyages en Europe.